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 Giovanni Arpino [Italie]

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kenavo
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MessageSujet: Giovanni Arpino [Italie]   Dim 20 Sep 2009 - 11:44



Giovanni Arpino (né le 27 janvier 1927 à Pula en Croatie et mort le 10 décembre 1987 à Turin) était un écrivain, journaliste et scénariste italien, lauréat de plusieurs prix littéraires.

Un prix littéraire porte désormais son nom, décerné par la ville de Bra, qui lui a également dédié un important centre culturel.

Journaliste sportif à la Stampa et au Giornale, il contribue avec Gianni Brera à donner à ce genre ses lettres de noblesse et lui consacre un livre, Azzurro tenebra, en 1977. Au cours de sa carrière de romancier, il remporte plusieurs récompenses importantes, avec L'Ombra delle Colline (prix Strega 1964), Randagio è l'eroe (prix Campiello 1972) ou Il Fratello Italiano (prix Campiello 1980).

Dans le domaine du cinéma, Giovanni Arpino écrit en 1962 le scénario de Renzo et Luciana pour Mario Monicelli, aux côtés d'Italo Calvino et de Suso Cecchi d'Amico.

Deux de ses romans ont été portés à l'écran : d'une part, Il Buio e il miele, adapté par Dino Risi en 1975 sous le titre Parfum de femme, avec Vittorio Gassman et Agostina Belli, César du meilleur film étranger 1976, puis par Martin Brest en 1992 sous le titre The Scent of a Woman (Le Temps d'un week-end), avec Al Pacino ; d'autre part, Un'anima persa, adapté par Dino Risi en 1977 sous le titre Âmes perdues, avec Vittorio Gassman et Catherine Deneuve.

source: wikipedia

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kenavo
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MessageSujet: Re: Giovanni Arpino [Italie]   Dim 20 Sep 2009 - 11:44


Une âme perdue
Citation:
Présentation de l'éditeur
Bref et magistral, un antiroman d'apprentissage, la chronique ramassée en six jours d'un été étouffant dans le Turin des années 1960. Un chef-d'oeuvre de la littérature italienne, la redécouverte d'un écrivain majeur de l'après-guerre, dans la lignée d'un Mario Soldati, d'un Cesare Pavese ou d'un Italo Calvino.

A la veille de ses dix-sept ans, le jeune Tino s'installe chez sa tante Galla et son oncle Serafino, surnommé l' " Ingénieur ", pour y préparer son baccalauréat. Orphelin, adolescent frêle et gauche réfugié dans les livres, Tino attend de toucher l'héritage de sa mère, précieux sésame qui doit lui ouvrir les portes de la vie étudiante et du monde adulte.
Dès son arrivée, Galla et Anetta, la vieille servante, lui font une étrange confidence : au dernier étage de la maison, dans une chambre fermée à double tour, vit le " Professeur ", le frère jumeau de Serafino devenu fou à son retour d'Afrique.
D'abord troublé par cette révélation et angoissé par cette cohabitation forcée, Tino adopte petit à petit le rythme de la maison, partageant même les virées nocturnes de son oncle. Jusqu'à ce petit matin où il va découvrir le secret caché derrière ces persiennes closes, un terrible drame qui fera tomber tous les masques, un à un...


Les noms sur la 4e de couverture de Mario Soldati et Cesare Pavese, que j’adore lire, ont certainement aidé à ce que je m’intéresse pour ce livre.

Et je ne ressors pas déçue de cette lecture. On trouve le calme d’un Pavese pour situer un fil d’histoire et l’humour d’un Soldati pour ‘pimenter’ le trop-sévère.
Giovanni Arpino réussi à faire monter la cadence de son histoire à ce que le lecteur ne peut lâcher le livre et termine avec un final qu’on a pu deviner un peu au cours des pages, mais qui ne réduit pas le plaisir de la lecture.


Je connais le film Le Temps d'un week-end avec Al Pacino, mais après cette première rencontre avec l’auteur, j’ai envie de découvrir le livre de Giovanni Arpino.


Un commentaire de evene.fr pour Une âme perdue :

Citation:
Sous la forme d'un journal, Giovanni Arpino livre une fresque de la société turinoise de l'après-guerre. La peur au ventre, Tino quitte le pensionnat où il réside depuis la mort de ses parents, pour s'installer chez son oncle et sa tante à Turin, passer son baccalauréat et accéder à la “maturité”. Elève brillant, il est happé par ce qui se joue dans cette maison, où tout, poussiéreux et calme, semble être resté figé depuis bien longtemps. Les êtres évoluent, immuables, sous l'oeil avisé et lucide du jeune narrateur. Dans ce roman d'un apprentissage perverti, les seules sorties conduisent inexorablement d'un huis clos à un autre, à l'ivresse et aux salles de jeux clandestines que fréquente Serafino. En observateur attentif, Giovanni Arpino se glisse dans les pensées de Tino et signe un texte introspectif et profondément psychologique, saisissant les détails insignifiants qui accordent leur valeur aux choses. Il fait de la folie un élément clé de l’intrigue. Une folie à la fois allégorique, personnifiée et liaison sous-jacente à toute l'oeuvre. Et l’écrivain italien excelle dans l'art de rendre presque palpable la lenteur du temps ; les six jours de cette courte chronique semblent s'étirer, torturant ligne après ligne des personnages ambigus, qui ne laissent entrevoir qu'une once de leur complexité. 'Une âme perdue' ou des 'Ames perdues' ? Le dernier jour sonne le glas d'une semaine en crescendo, un point d'orgue qui illumine bien des interrogations. Un final dramatique, un coup de théâtre savamment orchestré, pour une oeuvre magistrale et sombre, aux allures de purgatoire.

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MessageSujet: Re: Giovanni Arpino [Italie]   Dim 20 Sep 2009 - 12:40

L'argument de ce roman donne envie de savoir ce qui va se passer... Je le note pour le jour où ma pile va redescendre un peu (comment ça impossible?)

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Peut-être n'y a-t-il pas d'auteurs littéraires véritablement ennuyeux, mais seulement des lecteurs impatients ou non avertis.
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MessageSujet: Re: Giovanni Arpino [Italie]   Dim 20 Sep 2009 - 13:16

Le sujet me plaît beaucoup, je le note pour bientôt, je trouve que ma PAL parfois ne m'offre pas assez choix Laughing

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kenavo
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MessageSujet: Re: Giovanni Arpino [Italie]   Dim 20 Sep 2009 - 16:37

Marko a écrit:
Je le note pour le jour où ma pile va redescendre un peu (comment ça impossible?)
on peut toujours espérer Wink

Epi a écrit:
je trouve que ma PAL parfois ne m'offre pas assez choix Laughing
enthousiaste je vais noter celle-là, je vais la proposer à Nezumi, qui est à la recherche d'excuses pour acheter des livres.. diablotin

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Nezumi
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MessageSujet: Re: Giovanni Arpino [Italie]   Dim 20 Sep 2009 - 17:30

kenavo a écrit:
enthousiaste je vais noter celle-là, je vais la proposer à Nezumi, qui est à la recherche d'excuses pour acheter des livres.. diablotin


laugh Je vois que tu prends ton rôle de coach-achats très au sérieux. Je devrais réserver une 2e place dans le train du retour rien que pour les sacs de livres. jemetate

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kenavo
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MessageSujet: Re: Giovanni Arpino [Italie]   Dim 20 Sep 2009 - 18:14

Nezumi a écrit:
laugh Je vois que tu prends ton rôle de coach-achats très au sérieux. Je devrais réserver une 2e place dans le train du retour rien que pour les sacs de livres. jemetate
Very Happy mais vous devriez le savoir dès à présent - si je fais quelque chose, je le fais à 150% Razz
oui.. prévois le tout: brouette, 2e carte Visa et une 2e place dans le train
.. Cool

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MessageSujet: Re: Giovanni Arpino [Italie]   Dim 20 Sep 2009 - 18:34

kenavo a écrit:

oui.. prévois le tout: brouette, 2e carte Visa et une 2e place dans le train .. Cool

Oh my god.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Giovanni Arpino [Italie]   Dim 20 Sep 2009 - 21:12

kenavo a écrit:
Epi a écrit:
je trouve que ma PAL parfois ne m'offre pas assez choix Laughing
enthousiaste je vais noter celle-là, je vais la proposer à Nezumi, qui est à la recherche d'excuses pour acheter des livres.. diablotin
laugh Il faudrait faire un recueil des meilleures excuses que l'on se trouve, je suis sûre que ce serait très drôle à lire.

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MessageSujet: Re: Giovanni Arpino [Italie]   Lun 19 Oct 2009 - 20:09

Une âme perdue (Un'anima persa, 1966). Belfond, 136 pages. Traduit de l'italien par Nathalie Bauer.
Ce roman, qui se présente sous la forme d'un journal, se situe dans les années 1960, à Turin (où l'auteur a vécu la plus grande partie de sa vie). Il se déroule sur quelques jours du mois de juillet.
Citation:
"J'ai toujours eu peur, mais aujourd'hui c'est encore autre chose, aujourd'hui je viens de me réveiller et je sens déjà entre les côtes un tressaillement angoissant qui bat, fait mal, que je n'arrive pas à calmer par la seule force de la raison.
Je dois ouvrir les yeux, regarder, me regarder et enfin me rendre compte que cette peur est absurde, que la chambre où j'ai dormi a beau être étrangère, elle ne dissimule pas de dangers, pas plus que la maison, la rue à l'extérieur, la ville." (page 11).

Notre héros, Tino, a 17 ans. Il est venu à Turin pour passer son bac. Ses parents sont morts dans un accident de voiture alors qu'il était encore un enfant. Il a été dans un pensionnat, qui lui laisse des souvenirs pas très bons :
Citation:
"Je dois oublier mes camarades, les sobriquets dont ils m'affublaient dans la salle de gymnastique, le respect intéressé qu'ils me réservaient pendant les heures d'étude, car j'étais le meilleur en dissertation et le seul à pouvoir traduire d'un coup d'oeil le latin et le grec." (page 12).

Le voici donc arrivé à Turin, chez son oncle et sa tante, pour passer son baccalauréat littéraire.

Citation:
"Je suis arrivé hier soir sous une chaleur accablante, dense, qui alourdissait les chevelures déjà poussiéreuses des marronniers d'Inde. Seul un léger souffle d'air, tiède comme du bouillon, pénétrait dans le taxi. C'était le crépuscule. Sous mes yeux défilaient de tranquilles demeures closes, des places et des avenues exsangues, des fantômes opaques dans l'ombre plus concrète des arcades.
Le taxi ralentit au milieu d'une petite rue qui se dirigeait tout droit vers la lointaine colline, de l'autre côté du Pô, et tante Galla apparut aussitôt sur le seuil, gazouillante cascade de bonjours. Ses bras vastes et parfumés se refermèrent sur moi, et j'eus contre mes joues ses joues imprégnées de veille poudre." (page 13).


Tino connaît le secret de son oncle et de sa tante : "un frère jumeau de l'ingénieur, un débile qui vit depuis vingt ans enfermé dans une pièce de cette demeure. J'en ai toujours entendu parler." (page 18).
Des cousins lui disaient :
Citation:
" « Tu serais riche si ta tante Galla, la soeur de ta mère, dont tu es le seul héritier en ligne droite, n'avait pas à sa charge un beau-frère idiot, une créature marquée par Dieu... Il a déjà dû lui coûter une somme rondelette. [...] » Ils disaient aussi, s'enlevant réciproquement les mots de la bouche « Ta tante, toujours en adoration devant son mari ingénieur, n'avouera jamais, par amour propre, l'argent que son beau-frère a englouti en soins, médicaments, manies et caprices... Et son mari ? Un ingénieur, un homme sérieux, personne ne le nie, mais il lui a fallu une belle dose d'orgueil pour imposer pareille croix à sa femme... »" (page 18).


Le beau-frère était professeur, il a vécu en Afrique, et un jour il est tombé malade...

La domestique, Annetta, confirme :
Citation:
"« [...] Votre tante et votre oncle tiennent tellement à combler le professeur qu'ils ne renoncent à aucun sacrifice, à aucune humiliation... Rien n'est assez riche, assez fin, assez précieux pour lui, pour cette bouche. Il finira par nous enterer tous, mais il comprendra alors ce que signifie l'asile, s'il y a encore une justice en ce monde ! Je me demande qui, de nous ou de lui, est le plus fou ! » " (page 36).

L'oncle, Serafino, n'est pas vraiment loquace.
Citation:
"Je revois les yeux d'oncle Serafino. On dirait que la miséricorde humaine les a dessinés de sa propre main. Ils se posent sur les objets comme ceux de certains saints se posaient autrefois sur un animal, un arbre, une créature innocente. Ils brillent d'une douceur qui ne faiblit jamais, une douceur apparemment infinie qui en devient gênante à la longue. [...]
Cependant, malgré son teint brouillé par l'insomnie, beaucoup moins frais que celui du professeur, malgré ses épaules déjà voûtées et les rides qui creusent un triangle entre ses sourcils, oncle Serafino ne m'a jamais semblé être un homme.
Comment m'expliquer ? On dirait un être humain encore inachevé, un acteur arraché à son masque, à ses fards, à ses déguisements. " (page 37).


Un livre bien écrit, qui installe une ambiance mystérieuse, lourde de secrets... Le lecteur essaie de deviner ce qui se passe dans cette maison, ce que cache le dévouement de l'ingénieur envers frère... L'oncle paraît vraiment pas net.

Une histoire assez tordue, du genre qui fait refeuilleter le livre après la fin.
Très bien.

A noter que ce livre a été adapté par Dino Risi (comme pour Parfum de Femme). Ce fut Âmes perdues, 1977, avec Vittorio Gassman et Catherine Deneuve.

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MessageSujet: Re: Giovanni Arpino [Italie]   Mar 20 Oct 2009 - 9:37

eXPie a écrit:
Une histoire assez tordue, du genre qui fait refeuilleter le livre après la fin.
Très bien.
contente que tu as aimé ce livre..

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