
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
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| Auteur | Message |
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bix229 Zen littéraire

Messages: 5045 Inscription le: 24/11/2007 Localisation: Lauragais (France)
 | Sujet: Italo Svevo Dim 16 Nov 2008 - 19:10 | |
| J'ai parlé longuement de La Conscience de Zeno, mais en y réfléchsissant, c'est Senilita que je préfère pour des raisons personnelles. Comme chez les autres personnages de Svevo, les traits dominants des personnages sont la lucidité, l'instrospection, l'anticipation des évenements de la vie, de l'échec, de la vieillesse, de la mort. La difficulté d'etre en prise avec la réalité et la douleur de le ressentir ainsi. A lui, Emilio, il n'était jamais rien arrivé d' heureux, rien meme d' inattendu, car dans sa vie, le malheur s' annonçait de loin, se dessinait peu à peu.Il avait toujours eu le temps de le regarder longuement en face et quand, sous une forme ou sous une autre - pauvreté, mort des etres qui lui étaient chers - il avait eu à subir, il y était déjà préparé. Quand l'image de la mort envahit une intellignce, elle suffit à l' occuper tout entière. Les efforts qu 'on fait pour la rejeter ou la retenir sont titanesques, car chacune de nos fibres épouvantée d'en avoir éprouvé le voisinage, en garde la mémoire tandis que chaque molécule de notre corps la repousse dans l'acte meme de conserver et de produire la vie.La pensée de la mort est comme une maladie de l'organisme.La volonté ne l'évoque pas plus qu'elle ne l'écarte. |
|  | | coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Italo Svevo [Italie] Mar 30 Déc 2008 - 20:26 | |
| COURT VOYAGE SENTIMENTALLe récit commence par une parodie d’adieux un tout petit peu émus, mais pas trop, entre un homme qui va prendre un train pour Venise seul et sa femme qui reste sur le quai. Parodie parce que l’homme est très content de partir seul…Et pour cause !...Lisez plutôt…c’est horrible ! « M. Aghios avait besoin de vivre, et c’est pourquoi il voyageait seul. Il se sentait vieux, et plus vieux encore auprès de sa femme qui était vieille, et de son fils qui était jeune. »
« M. Aghios attribuait à la vieillesse chacun de ses malaises, mais il pensait qu’une bonne partie de ses maux provenait de la famille. Bien sûr, il n’avait jamais été aussi vieux que maintenant, mais jamais autant qu’à présent il ne s’était senti non seulement vieux mais rouillé. Et cette sensation découlait sûrement de la famille, milieu clôt où tout moisit et se rouille. Comment ne passe rouiller au milieu d’une telle monotonie ? »
« Voir tous les jours les mêmes visages, entendre les mêmes propos, être tenu aux mêmes prévenances et aux mêmes simulations, car il continuait néanmoins de caresser tous les jours sa femme, laquelle le méritait assurément. Même le sentiment de sécurité dont on jouit en famille endort, engourdit, et mène à la paralysie. Se sentirait-il plus de vigueur s’il respirait l’air vif, hors de son entourage ? Ce bref voyage tiendrait lieu d’expérience. »Voilà donc notre M. Aghios parti !… Une dernière pensée pour sa chère femme : « Et tandis qu’il s’acheminait vers sa solitude, M. Aghios voulut avoir une pensée précise et sincère, et il se dit : « Plus je m’éloigne d’elle et plus je l’aime. »Et le voyage commence par deux « aventures amoureuses » !…Entendons-nous bien, il ne s’agit que d’un vague désir pour deux belles passagères…C’est seulement dans la tête de M. Aghios. D’ailleurs, l’essentiel se passe dans la tête de M. Aghios. Ce qu’il y a de plus intéressant pour le lecteur, ce sont les pensées de M. Aghios au cours de son voyage, et non les péripéties et les rencontres. « En voyage, il faut se faire des amis; autrement on risque de parcourir cette terre, qui est notre vraie patrie, avec le visage renfrogné de l’étranger. »Aussi M. Aghios va bien faire quelques rencontres…La plus intéressante étant celle d’une petite fille qui pleure parce qu’elle voudrait voir le train dans lequel elle se trouve. « M. Aghios fut ému. Lui seul ressentait et connaissait la douleur que l’on éprouve de ne pouvoir se voir soi-même en train de voyager.[…] Voir à la fois la campagne, le train et soi-même, voilà ce qui aurait constitué le vrai voyage. »Le viaggio fut corto…et je ne m’en plains pas…Plus long, le temps m’aurait vraiment duré!… Je reconnais toutefois que le portrait du personnage et son discours intérieur sont d’une grande justesse. Il faut avoir un immense talent pour donner un tel intérêt à un personnage principal d’une si grande banalité… Le regard est désabusé sur la famille et les mensonges qui vont avec … Je me demande , l’ayant terminé, ce que ce récit m’a apporté…sinon un regard un peu plus déprimé… _________________ "Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie." (Jean Louis Barrault)
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|  | | bix229 Zen littéraire

Messages: 5045 Inscription le: 24/11/2007 Localisation: Lauragais (France)
 | Sujet: Italo Svevo Mar 30 Déc 2008 - 22:32 | |
| Mais Italo Svevo était lui-meme angoissé, déprimé, frustré. Et c' est pour cela que ses personnages lui ressemblent tellement... Pour lutter contre son pessimisme naturel, il n' avait que l' humour, une imagination débordante et... l'espoir qu' il quitterait le monde industriel pour écrire un nouveau livre, puique c' était sa seule vocation... Et nous parler des " petites ironies de la vie ", pour citer un autre grand pessimiste, Thomas Hardy... Mais existe t'il - un grand écrivain conscient et optimiste ? Rabelais ? Je ne sais pas... |
|  | | coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Italo Svevo [Italie] Mar 30 Déc 2008 - 22:37 | |
| | bix229 a écrit: | Mais Italo Svevo était lui-meme angoissé, déprimé, frustré. Et c' est pour cela que ses personnages lui ressemblent tellement...
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Oui...C'est ce que j'ai cru comprendre d'après ce que j'ai trouvé sur le Net après avoir rédigé mon commentaire qui n'était dicté que par ma seule lecture... Je n'ai pas été touchée du tout par le personnage de M. Aghios...Mais Italo Svevo écrivait très bien et je tenterai peut-être de lire un autre de ses livres... _________________ "Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie." (Jean Louis Barrault)
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|  | | bix229 Zen littéraire

Messages: 5045 Inscription le: 24/11/2007 Localisation: Lauragais (France)
 | Sujet: Re: Italo Svevo [Italie] Mer 7 Jan 2009 - 15:54 | |
| Relire un livre longtemps après est une chose étonnante. Le livre n'a pas changé, mais nous oui, et notre regard aussi. J' ai relu La Conscience de Zeno avec plaisir, et mon étonnement tient au fait que j'avais presque tout oublié... A part le fait que c'est un livre remarquable. J' avais surtout oublié à quel point Zeno est un personnage immoral. Cynique, calculateur, puéril, inconséquent, égocentrique, lubrique. Le but de sa vie : satisfaire ses exigences et ses plaisirs, et tant pis s'il s'agit pour cela de mentir, de détruire... Et en plus, avec la meilleure conscience du monde. Une lucidité, une ironie sans pareille. Zeno n'est jamais dupe de lui meme, mais parfois, il fait semblant de s'interroger pour savoir s'il est bon ou s'il est méchant. Et il n'a aucun mal à conclure en sa faveur. Un personnage intelligent et pervers. De l' étoffe des Tartuffe... |
|  | | bertrand-môgendre Sage de la littérature

Messages: 1194 Inscription le: 03/02/2007 Age: 54 Localisation: ici et là
 | Sujet: Re: Italo Svevo [Italie] Mer 21 Oct 2009 - 13:33 | |
| Una vita m'invite à partir à la rencontre d'Italo Svevo. http://www.flickr.com/photos/mogendre/3598103951/ Son écriture est des plus conventionnelle. Pas franchement emballé par le bonhomme qui même s'il reste une gloire locale à Trieste, n'en demeure pas moins qu'un écrivain "classique" et sans surprise. |
|  | | bix229 Zen littéraire

Messages: 5045 Inscription le: 24/11/2007 Localisation: Lauragais (France)
 | Sujet: Re: Italo Svevo [Italie] Mer 21 Oct 2009 - 14:13 | |
| Difficile de juger un auteur par un seul livre, surtout quand il s' agit du premier qu' il a écrit. Ecriture classique ne veut pas dire conventionnelle. Il y a des écritures classiques qui tiennent le coup à travers les ages. Et des écrivains qui se veulent novateurs et le paraissent, et qui sont très vite démodés ou carément illisibles comme Finnegan's Wake de Joyce... |
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