TSUBAME Merci Nezumi de m'avoir fait découvrir cet auteur!
Est-ce que je me suis habituée peu à peu au dépouillement de cette écriture qui n’en laisse pas moins percer une vive émotion ?
C’est un vrai coup de cœur que j’ai pour ce livre !
Dans la série du
Poids des Secrets, d'un roman à l'autre, on retrouve les mêmes personnages. Tel qui était secondaire dans l’un des romans devient le personnage principal d'un autre roman. Il en est aussi le narrateur.
Ici, c’est l’histoire de Yonhi. Racontée en deux parties.
- Dans la première, on est à Tokyo, en septembre 1923. La maman de Yohni est coréenne. Elle vit seule au Japon avec l’enfant, tout comme son frère qui travaille au pont d’Arakawa.
Le Japon a colonisé la Corée et des mouvements nationalistes coréens s’élèvent contre cette situation. Les deux adultes, menacés pour appartenir à ces mouvements, ont fui la Corée.
Mais au Japon, la situation est tendue pour les réfugiés coréens, victimes de discriminations et de violences terribles.
Le 2 septembre 1923 : tremblement de terre à Tokyo !
Yohni et sa maman sont sauvées car elles trouvent refuge sur une colline…
Mais au lendemain du tremblement de terre, les japonais prennent les réfugiés coréens comme des boucs émissaires, leur attribuant la responsabilité du malheur.
La maman dépose Yohni chez un prêtre européen qui abrite d’autres enfants, tous orphelins. Elle veut retrouver son frère.
Pour sauver l’enfant, le prêtre lui donne un prénom et un nom japonais et lui fait obtenir la nationalité japonaise.
- Dans la seconde partie, Yohni qui s’appelle désormais Mariko, est une grand’mère proche de sa petite-fille Tsubaki…
Dans la famille personne ne connaît ses ascendances coréennes. Elles les a tues pour protéger son mari et son fils. Le poids du secret, du silence, est bien lourd à porter.
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Je ne parle à personne de mon origine. Mon fils croit, comme autrefois mon mari, que ma mère et mon oncle sont morts pendant le tremblement de terre, en 1923. La défaite du Japon et l'indépendance de la Corée n'ont rien changé à l'attitude des Japonais contre les Coréens au Japon. La discrimination est toujours là. Avoir du sang coréen cause des soucis insolubles. Je ne pourrai jamais avouer l'histoire de mon origine à mon fils et à sa famille. Je ne veux absolument pas que notre vie en soit perturbée."
Yohni-Mariko a encore entre les mains le journal de sa mère qu’elle ne sait pas lire.
Des fouilles sont entreprises au pont d’Arakawa…
Je continue à travers cette histoire familiale tragique à découvrir la grande Histoire du Japon, tragique elle aussi. .
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Tsubame", Aki Shimazaki l’a écrit directement en français.
Tsubame, c’est l’ hirondelle, et c’est le surnom donné au prêtre qui a sauvé Yohni-Mariko.
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"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)