Ah oui, Maryvonne, N*P était quand même plus noir, même si je n'avais pas été emballé.
Je n'avais pas publié la petite critique que j'avais griffonnée à l'époque
- N*P (Rivages, 180 pages) (1990, publié en 1997. Traduction de Dominique Palmé et Kyôko Satô). Plus d'un million d'exemplaires vendus au Japon. Le thème principal du roman est le suivant : un écrivain japonais - mais émigré aux Etats-Unis - se suicide, laissant un recueil de nouvelles. Le livre est publié aux Etats-Unis, mais pas au Japon, car la traduction de la 98° nouvelle pose problème : trois traducteurs successifs se sont suicidés avant d'être parvenus au bout de leur tâche. Etrange, non?
Dans N*P, l'héroïne a perdu l'usage de la parole pendant un certain temps, après une grippe. Les premiers jours, elle continuait de penser avec des mots mais, peu à peu, ils se sont effacés, et elle a commencé à "voir les couleurs qui se déployaient derrière les mots". C'est un poncif que de dire que les mots empêchent de voir ce qu'il y a derrière, la Signification Cachée. Mais elle le dit joliment. En fait, c'est assez puéril, avec de la philosophie à la petite semaine (vivez en regardant la nature autour de vous, en faisant le bien, etc.). Il est donc clair que le livre parle du poids des mots, de leur sens véritable dissimulé derrière une apparence différente due aux langues (japonais, anglais). Pas un mauvais livre, mais beaucoup moins fort que Kitchen. Il reste néanmoins très agréable à lire.
Peut-être l'avais-je moins aimé que Kitchen parce que je l'ai lu
après.
Et tu me rappelles opportunément que je n'ai pas encore lu "dur dur".
Je lis Yoshimoto Banana comme je lis Nothomb : un certain plaisir masochiste. Ou bien parce que j'aime bien critiquer.
Concernant le renouvellement et Ogawa, peut-être ne suis-je pas très objectif, la concernant. Encore qu'elle a essayé de se renouveller en changeant de style.
Enfin, je dis ça en attendant un roman d'Ogawa qui, je crois, devrait être publié cette année...
Concernant Banana, je me demande s'il faut s'attendre à quoi que ce soit de nouveau...
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Quand les gens sont de mon avis, il me semble que je dois avoir tort. - Oscar Wilde