NARAYAMA Dans un village japonais, isolé au cœur des montagnes, les habitants sont pauvres mais on ne s’apitoie pas. On survit. On fait face. Et la vie est rythmée par des comptines qui véhiculent les nouvelles et transmettent les enseignements. L’auteur fait mine de les étudier comme si elles étaient authentiques.
La vie est rude et l’on vit dans l'angoisse de la faim. La répartition de la nourriture est donc importante. La loi qui la concerne est impitoyable Lorsqu’un villageois se met à voler, les autres villageois pénètrent dans sa maison, sortent toutes les réserves alimentaires et se les partagent. Il ne suffit pas d’affamer la famille du voleur, on passe à l’exécution de tous ses membres.
Lorsqu’ils approchent soixante-dix ans, les vieillards sont conduits et abandonnés, livrés aux corbeaux au sommet de Narayama (
la montagne aux chênes), un lieu sacré où l’on s’en va mourir de froid et de faim. C’est une tradition d’inspiration bouddhique. A l’arrivée d’un nouvel enfant dans la famille, afin de ne pas imposer à la famille une bouche de plus à nourrir, les vieillards s’y résignent, comme ORin, la grand-mère de l’histoire. Elle installe avant de partir un climat de sérénité dans sa famille puis demande à son fils Tappei de la conduire à Narayama.
C’est un conte à la fois doux et cruel.
Un conte !...né de l’imaginaire de
Fukazawa.
Il fut publié en 1956 sous le titre :
Etude à propos des chansons de Narayama et devint un événement littéraire au Japon, apportant la célébrité à son auteur.
De cette nouvelle de Fukazawa fut tiré le film de Shohei Imamura : La Ballade de Narayama. (Palme d'or à Cannes en 1983.)
Le Monde :
Mort en 1987 à l'âge de 73 ans, Shichirô Fukazawa était un musicien et un écrivain mystérieux, effacé. Un autodidacte de la campagne qui hérita de son modèle Tanizaki l'art de s'immiscer dans les zones troubles du comportement humain, à la limite de la perversité.
Foncièrement bon, naïf pour certains, et habité par une religiosité désarmante, il publia en 1960 un songe dans lequel il relatait le massacre de la famille impériale, scandalisant des militants d'extrême droite qui menacèrent de le tuer, et l'obligèrent à vivre retranché.
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"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)