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 Genyû Sôkyû

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eXPie
Zen littéraire


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MessageSujet: Genyû Sôkyû   Dim 11 Oct 2009 - 18:53



Gen’yû Sôkyû est diplômé de littérature chinoise de l'université Keio de Tokyo. Après ses études, il écrit tout en exerçant divers métiers. À 28 ans, il se fait moine bouddhiste. En 2000, il publie L'Arc d'eau, qui est sélectionné pour le prix Akutagawa. En 2001, il reçoit ce prix pour Des fleurs dans les limbes qui fait sensation à cause de la profession de son auteur. Gen’yû Sôkyû est maintenant « père prieur adjoint » au temple Rinzai Zen dans le département de Fukushima. " Source : JLPP.

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MessageSujet: Re: Genyû Sôkyû   Dim 11 Oct 2009 - 18:54

Au-delà des terres infinies. (Chuin no hana, 2001). Traduit du japonais par Corinne Quentin. 118 pages. Editions Philippe-Picquier.
Ce roman a reçu le prix Akutagawa en 2001 (ce qui ne figure nulle part sur le livre, bizarre...).
Le titre original est donc Des fleurs dans les limbes.

Le principal protagoniste de l'histoire, Sokudô, est moine zen. Il a pris la suite de son père et s'occupe d'un temple d'une petite ville. Sa femme, Keiko, vient d'une grande ville.
Citation:
"Née et élevée dans un quartier animé d'Ôsaka, Keiko trouvait sans aucun doute passablement rustre la vie quotidienne dans une petite ville de vingt mille habitants, perdue au milieu des montagnes. Au début, lorsqu'elle répondait au téléphone, il lui arrivait souvent de ne pas comprendre le patois si particulier au sud de la région du Tôhoku." (page 15).

Six ans se sont écoulés depuis son arrivée. Elle aide son mari dans ses tâches, notamment en s'occupant des fidèles lors des cérémonies diverses.
Citation:
"Keiko se disait à peu près satisfaite de cette vie, mais Sokudô avait le sentiment qu'elle prenait un peu trop sur elle. Elle était plus menue et petite que la moyenne et il lui semblait qu'elle avait tendance à dépasser ses capacités. Sokudô craignait parfois qu'elle finisse par craquer, tant physiquement que moralement. Il aurait eu du mal à expliquer pourquoi mais, par exemple, il était inquiet de la voir, depuis plus de quatre ans, conserver les emballages des cadeaux reçus au temple, les couper en fines lamelles et en faire des tresses." (page 16).
"Quand ils n'étaient que tous les deux, Keiko reprenait son accent d'Ôsaka et Sokudô, qui avait vécu plus de dix ans à Tôykô, parlait dans une langue se rapprochant à peu près du japonais standard d'où émergeait parfois une expression propreà Ôsaka, ce qui les faisait rire tant l'un que l'autre. " (pages 17-18).


Le roman, c'est vraiment cela : un entre-deux, ou une tentative de rapprochement de deux mondes, de plusieurs conceptions qui semblent s'exclure. Tradition et modernité, par exemple : c'est un cliché, bien sûr, mais pour le coup, c'est vrai... Ainsi, après un décès, le mort n'est définitivement dans l'au-delà qu'au bout du quarante-neuvième jour. Eh bien, on peut lire ceci, page 30 (Sokudô parle à sa femme) :
Citation:
"- On dit que le paradis bouddhiste, la Terre pure, se trouve « au-delà des dix milliards de terres ». Il y a des gens qui ont calculé cette distance. Ils ont essayé d'évaluer à quelle vitesse il faudrait la parcourir pour arriver au but en quarante-neuf jours.
- C'est vrai ?
- Oui. Et à ton avis, cette vitesse correspond à quoi ?
- Je n'en ai aucun e idée !
- 300 000 kilomètres à la seconde.
- Hein ?
- Ce qui correspond à la vitesse de la lumière ! Sept fois et demie le tour de la Terre en une seconde.
- C'est un peu trop beau, non ?
- Pourquoi ? C'est bien ce qui est beau !"

Mais il n'y a pas que l'astronomie à passer à la moulinette Zen, la physique des particules y a droit aussi !
Notre moine fait aussi des recherches sur Internet... bref, il vit avec son temps.

Il y a donc une tentative de rapprochement entre la science et le Zen, mais également (et c'est plus le sujet du livre) une étude (enfin, c'est un bien grand mot) des relations entre le Zen et les croyances populaires.

Ainsi, le déclencheur de l'histoire est Mme Ume, une femme voyante, qui a annoncé le jour de son décès...
Lorsque Sokudô se réveille, au début du roman :
Citation:
"Il se demanda si Mme Ume allait effectivement mourir dans la journée, comme elle l'avait annoncé. Sa première prédiction pour le 9 mai ne s'était heureusement pas réalisée, mais après qu'on l'eût ranimée, elle avait de nouveau proclamé qu'elle mourrait le 29 du même mois. C'est-à-dire aujourd'hui." (page 7).
Cette prédiction ratée, de la part d'une voyante... comment dire... très compétente, est assez perturbante...
Le surnaturel et la religion sont au centre du roman. A propos de Sokudô :
Citation:
"Pour lui, le zen était une philosophie de la vie quotidienne extrêmement concrète. Pourtant, les gens semblaient souvent attendre, non seulement du zen mais de la religion en général, une « gestion du surnaturel »." (page 62).
C'est cette gestion du surnaturel qui est fournie par les croyances populaires.


Un bon mais court roman, vraiment intéressant (d'autant plus qu'il est écrit par un vrai moine Zen), dans la catégorie qui ne met pas tous les points sur les "i". La meilleure des catégories.

Des notes, très bienvenues, expliquent des subtilités intraduisibles, ou bien des détails du bouddhisme.

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MessageSujet: Re: Genyû Sôkyû   Dim 11 Oct 2009 - 20:04

J'avais repéré ce livre, grâce à ton commentaire je le note sur ma LAL. Merci !
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Nezumi
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MessageSujet: Re: Genyû Sôkyû   Dim 11 Oct 2009 - 20:40

Intéressant, je note aussi.

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Car ce sont bien de menus accidents qui nous font chérir un livre plutôt qu'un autre. (Roger Caillois)
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Genyû Sôkyû

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