
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
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| Auteur | Message |
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sousmarin Zen littéraire

Messages: 3055 Inscription le: 31/01/2007 Age: 45 Localisation: Sarthe
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Dim 17 Fév - 18:02 | |
| | Cachemire a écrit: | | sousmarin a écrit: | Cet écrivain japonais, plutôt traditionaliste et conservateur, voire réactionnaire, n’en est pas moins un grand auteur. Certains de ces livres sont, de par leurs sujets, rébarbatifs mais sa bibliographie comportent quelques perles, certaines connues comme Le combat de taureaux ou Le fusil de chasse d’autres beaucoup moins, comme par exemple Paroi de glace, son meilleur ouvrage d’après moi.
Ce livre est à la fois un véritable enchantement, une profonde réflexion philosophique et même un roman (presque policier) à suspense… Il nous parle de passion… amoureuse ou « montagneuse »…de rapports humains, de bonté…de superbes paysages que l’on voit à travers les yeux du narrateur où chaque chose retrouve sa place.
Paroi de glace appartient à ces récits qui nous enveloppent d’une atmosphère le temps de le lire, il nous emmène dans un long, grand et merveilleux voyage. Une fois refermé, il flotte toujours dans l’air quelque chose d’indéfinissable… |
Tout à fait d'accord, très beau livre, mon préféré d'Inoué. Un livre qui nous transporte et nous transforme. | Il se livre sur cet ouvrage…ce qu’il ne fait qu’effleurer ailleurs en le camouflant derrière des rituels ou des traditions. Dans ses autres romans nous voyons surtout l’historien et le romancier, dans Paroi de glace nous voyons l’homme Yasushi Inoué. _________________ Le chêne qui plie, Défiant sa nature, Montre sa force.
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|  | | Cachemire Agilité postale

Messages: 916 Inscription le: 11/02/2008 Age: 43
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Ven 9 Mai - 13:51 | |
| Je conseille "Paroi de glace" (son meilleur roman, voir ci-dessus) ou bien "les chemins du désert" roman d'aventure et voyage initiatique que j'ai adoré à 20 ans !  _________________ Le monde est fait pour aboutir à un beau livre. Stéphane Mallarmé
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|  | | The Valuk Envolée postale

Messages: 178 Inscription le: 14/05/2008 Age: 25 Localisation: Pau
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Ven 16 Mai - 23:11 | |
| Je profite de ma lecture de cette section japonaise du forum pour émettre un avis sur Le fusil de chasse. Je l'ai personnellement trouvé très quelconque. Très vite lu, il ne m'a pas beaucoup intéressé. Je n'ai pas accroché au style et d'ailleurs je n'ai pas vraiment tout compris, je crois! J'ai eu du mal à voir l'intérêt du lien entre l'homme au fusil sujet aux 3 lettres, et le rédacteur du journal de chasse... Du coup je le déconseille, mais évidemment, ça n'engage que moi!  |
|  | | Arabella Zen littéraire

Messages: 4182 Inscription le: 02/12/2007 Age: 47 Localisation: Paris
 | |  | | eXPie Zen littéraire

Messages: 4059 Inscription le: 22/11/2007 Age: 36 Localisation: Paris
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Sam 17 Mai - 9:05 | |
| Ah oui. Je compte le relire bientôt, histoire de voir s'il y avait vraiment quelque chose de profond là-dedans. A force de lire nombreuses critiques positives sur un livre que l'on a trouvé quelconque, on en arrive à douter de soi... _________________ Quand les gens sont de mon avis, il me semble que je dois avoir tort. - Oscar Wilde
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|  | | Queenie Administrateur

Messages: 9977 Inscription le: 02/02/2007 Age: 29 Localisation: -Monolithe-
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Sam 17 Mai - 9:31 | |
| LE fusil de chasse ne m'a laissé à peu près.... aucun souvenir.. pourtant quand je relis ma note de l'époque je vois que je l'avais beaucoup aimé. | Citation: | "Comment pouvais-je imaginer un amour que le soleil n'illumine pas et qui coule de nulle part à nulle part, profondément encaissé dans la terre, comme une rivière souterraine ?" |
_________________ Shielded from unexpected fury Frightened survivor in my world too shy to see Softly I spoke, softly I'm dying Crushed by your power, by my wilingness to bleed
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|  | | eXPie Zen littéraire

Messages: 4059 Inscription le: 22/11/2007 Age: 36 Localisation: Paris
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Mar 1 Juil - 22:21 | |
| Pour revenir sur Shirobamba, il y a une suite : Kosaku. Sauf que le titre en japonais est le même... Je me demande s'il ne s'agit pas d'un même livre coupé en deux pour que les lecteurs Français passent deux fois à la caisse... J'avais commencé à lire Kosaku, que je trouvais bien sympathique (des souvenirs d'enfance : village isolé, un gosse, une vieille sympathique qui l'élève, ses parents habitant une autre maison, un typhon...) avant de me rendre compte, 50 pages plus loin, qu'il s'agissait d'une suite, en fait. Ce que c'est que de ne pas lire les quatrièmes de couverture... _________________ Quand les gens sont de mon avis, il me semble que je dois avoir tort. - Oscar Wilde
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|  | | eXPie Zen littéraire

Messages: 4059 Inscription le: 22/11/2007 Age: 36 Localisation: Paris
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Dim 20 Juil - 20:56 | |
| Shirobamba (Shirobamba, 1960-1962 ; 249 pages, Folio, traduit en 1991 par Rose-Marie Fayolle avec la collaboration d'Anne Rabinovitch). | Citation: | | "C'était pendant la quatrième ou cinquième année de l'ère Taishô, il y a donc environ quarante ans. Les enfants avaient l'habitude, le soir, de courir çà et là, sur la route du village, en criant « Les shirobamba, les shirobamba ! ». Ils poursuivaient ces petites bêtes blanches qui flottaient comme des flocons d'ouate dans le ciel commençant à se teinter des couleurs du crépuscule. Ils essayaient en sautillant de les attraper à mains nues, ou faisaient tournoyer une branche pour tenter de les faire s'accrocher aux feuilles. Le mot shirobamba, qui signifiait « vieille dame blanche », était en fait le surnom de ces insectes. On ne savait pas d'où ils venaient, mais on n'était pas étonné de les voir apparaître le soir venu. D'ailleurs, on ne savait pas exactement si c'était le soir parce que les shirobamba étaient là, ou inversement. Ces insectes étaient blancs quand il faisait encore jour, mais bleuissaient progressivement au fur et à mesure que la nuit tombait." (page 9). | Kôsaku, un petit garçon, est le héros de l'histoire. C'est l'auteur, petit : le livre est "très largement autobiographique" (quatrième de couverture). Kôsaku vit avec celle qu'il appelle "grand-mère" Onui , mais qui est en fait la maîtresse de son arrière-grand-père, décédé depuis longtemps. | Citation: | | "La véritable demeure de Kôsaku, que l'on appelait « La maison d'en-haut », se trouvait en face de la mairie. Son grand-père et sa grand-mère y habitaient, ainsi que les frères et soeurs de sa mère, des garçons et des filles qui étaient donc ses oncles et tantes. Mitsu, la plus jeune, avait le même âge que lui." (page 10). |
Ses parents (le père est militaire) et sa soeur vivent très loin de là, à Toyohashi. "Là", c'est un petit village, Yu-ga-Shima, la toile de fond du roman. Pour aller voir ses parents, il lui faut prendre la voiture à cheval, le tramway et le train. C'est une expédition. D'ailleurs, quand Kosaku et grand-mère Onui vont voir les parents de l'enfant, puis reviennent au village, on a ceci :
| Citation: | | "La grand-mère de la maison d'en haut arriva tout essoufflée et se répandit en salutations comme si elle accueillait des voyageurs qui revenaient des pays étranges. Les voisins qui s'étaient précipités les saluèrent en termes excessivement polis, sans doute parce qu'ils ne les avaient pas vus depuis plusieurs jours. Ils employaient vis-à-vis d'eux les paroles qu'ils auraient adressées à des gnes qu'ils voyaient pour la première fois, et tous sans exception regardaient avec curiosité en direction des bagages empilés aux pieds de grand-mère Onui. Celle-ci alors s'exprima avec une certaine arrogance, comme si le fait d'être allée à Toyohashi l'avait fait s'élever d'un cran dans la hiérarchie [...] (pages 122-123). |
C'est un monde où | Citation: | | "Les enfants, surtout ceux des petites classes, pensaient qu'il n'y avait rien de plus effrayant que les instituteurs. Les parents, de leur côté, quand les enfants ne leur obéissaient pas, disaient volontiers : « Je le dirai au maître d'école ! » et les gosses avaient si peur que, dans la plupart des cas, ils faisaient aussitôt ce qu'on leur demandait. C'étaient les parents qui inculquaient à leurs enfants la pensée que l'école était un endroit épouvantable et que les maîtres étaient redoutables. "(page 36). |
Shirobamba, c'est la campagne, les baignades dans la rivière, les jeux entre gosses, les différences entre les gens des villes et des campagnes, les événements qui ponctuent les années (fêtes de l'école, courses de chevaux), mais aussi les histoires de familles, les ragots ; et, d'un point de vue plus personnel concernant Kôsaku, c'est le récit des "premières fois", sa découverte de la vie, de la mort, tout ça.
Un très bon roman, vraiment très agréable à lire, très "vivant". On sent du vécu derrière. La suite juste après. _________________ Quand les gens sont de mon avis, il me semble que je dois avoir tort. - Oscar Wilde
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|  | | eXPie Zen littéraire

Messages: 4059 Inscription le: 22/11/2007 Age: 36 Localisation: Paris
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Dim 20 Juil - 20:57 | |
| Kôsaku (Shirobamba, 1960,1962 ; 251 pages, Denoël - Empreinte, traduit en 1995 par Geneviève Momber-Sieffert). Deux ans se sont écoulés depuis la fin du volume précédent ( Shirobamba). Kôsaku a maintenant onze ans. | Citation: | | "Le nouveau directeur du Bureau impérial d'administration des Eaux et Forêts d'Amagi devait arriver ce jour-là au village de Yu-ga-Shima, et les enfants étaient tout excités par la nouvelle. Comme ils savaient déjà que cet homme avait une fille de douze ans et un garçon de neuf, ils étaient très curieux de voir à quoi ceux-ci ressemblaient." (page 7). |
Fascinants, ces gens qui viennent d'ailleurs. La fille, Akiko, est d'ailleurs spécialement fascinante aux yeux de Kôsaku.
| Citation: | "« Ah, quel magnifique coucher de soleil ! Je n'en ai jamais vu d'aussi beau ! » Kôsaku regarda vers l'ouest, dans la direction duquel le visage d'Akiko était tourné. Effectivement les nuages, qui couvraient une partie du ciel, étaient incendiés par les rayons du soleil couchant. Il trouvait lui aussi ce spectacle splendide, mais il aurait été bien en peine de dire si c'était le plus beau coucher de soleil qu'il ait jamais vu, tout simplement parce qu'il ne lui était encore jamais venu à l'idée de les comparer les uns aux autres. Maintenant qu'Akiko le lui avait fait remarquer, cependant, il se dit qu'il était bien possible que celui-ci fût particulièrement admirable. [...] Kôsaku se sentit étrangement mélancolique d'un seul coup. Ce n'était pas vraiment de la tristesse ni du chagrin qu'il éprouvait, mais une sorte d'apathie devant la grande banalité de la vie. C'était la première fois qu'il ressentait quelque chose de ce genre." (page 35). |
Eh oui, encore une première fois !
Des ruptures se profilent à l'horizon, et tout particulièrement un événement majeur en ligne de mire : le collège. Mais avant cela, il faut réussir l'examen d'entrée, et donc travailler très dur, surtout pour intégrer un bon collège d'une ville. En effet, le niveau n'est vraiment pas le même entre les écoles de la ville et celles de la campagne. Un instituteur lui dit :
| Citation: | | "« Il paraît que tu es la meilleur de ta classe, ici, mais en ville, avec ce niveau, si tu ne te réveilles pas, tu risques de ne réussir à entrer nulle part, même pas dans une école moyenne. [...]»" (page 163). |
Grand-mère Onui n'encourage pas vraiment Kôsaku : travailler trop, ça abîme la santé, et la santé, c'est ce qu'il y a de plus important.
Typhon, découvertes diverses liées à des visites à de la famille qui habite dans des villes... Kôsaku élargit son horizon.
Pour résumer : la suite des aventures de Kôsaku, son initiation à la vie, dans la lignée du volume précédent. Très bien.
Juste une question : pourquoi ce roman n'est-il pas disponible en poche ? Les lecteurs de Shirobamba ne savent même pas forcément qu'il existe une suite... C'est vraiment dommage pour eux. _________________ Quand les gens sont de mon avis, il me semble que je dois avoir tort. - Oscar Wilde
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|  | | Steven Sage de la littérature

Messages: 2809 Inscription le: 26/09/2007 Age: 37 Localisation: Saint-Sever (Landes)
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Mer 13 Aoû - 21:08 | |
| Paroi de glaceJe viens de finir ce livre ; une histoire simple, où les personnages sont respectueux du Japon traditionnel et de sa culture. Mais peut-être pas tant que ça . Sans être subversifs, chacun des personnages amène beaucoup de profondeur au voyage que nous propose Inoué. Ils jouent tous un rôle fondamental dans ce récit et amènent le dénouement qui apparaît presque une évidence. Ce livre, je l'ai dévoré, porté par ces personnages : Il y a Uozu et Kosaka, alpinistes confirmés qui partent en montagne alors qu'Uozu découvre une face ignorée jusque-là chez Kosaka. Il s'aperçoit qu'il ne connait pas tant que ça cet homme, son ami. Il ne connait que l'alpiniste. Minako, cause de bien des tourments, femme qui déchaîne les passion (malgré elle ?) ; elle est marié à Kyonosuke, beaucoup plus âgé qu'elle, chef d'entreprise industrielle, ingénieur rigoureux, prêt à aucun compromis. Il entre en âge où il ne rêve plus que de vivre seul, dans une petite maison avec jardin dans lequel il enterrerait ses économies... Kaoru, jeune soeur de kosaka, très présente, prêt à bousculer les traditions, les on-dits pour obtenir ce qu'elle veut. Et Tokiwa, tonitruant patron du Uozu, vociférant, donnant son avis, même quand on ne lui demande pas, éructant contre tous... mais aussi bienveillant, et protecteur pour Uozu. Chacun de ces personnages est confronté au drame du début du roman, drame qui fait évoluer leur champ de vie respectif, leurs relations intimes. "Le drame du début" : Uozu et Kosaka partent en montagne escalader, le premier jour de l'année 1956, l'Hodaka. Ils utilisent pour la première fois une corde synthétique en nylon. Or, sans raison, la corde casse après une glissade de Kosaka. Or elle n'aurait pas du casser... Kosaka mort, cela va déchaîner une suite d'évènements pour tous les protagonistes qui vont nouer et dénouer des fils entre eux. Cela va devenir le lien qui relie leurs multiples existences... jusqu'au dénouement qui arrive lentement mais inéluctablement !!! Beaucoup aimé ce roman, les personnages et la description de certaines scènes traditionnelles, coutûmes en montagne, comme celle du bûcher funéraire... | Citation: | Si un jour je meurs dans la montagne, C'est à toi mon vieux compagnon de cordée : QUe j'adresse ce testament Va voir ma mère, Et dis-lui que je suis mort heureux. Que je n'ai pas souffert, puisque j'étais près d'elle Dis à mon père que j'étais un homme. Dis à mon frère, que c'est à lui que je passe [maintenant le relais. Dis à ma femme que je lui souhaite de vivre [sans moi Comme j'ai vécu sans elle. Dis à mes fils qu'ils trouveront les traces de mes ongles dans le granit des Etançons. Et toi mon compagnon : Prends mon piolet, Je ne veux pas qu'il meure de honte, Emporte-le dans quelque belle face Et cale-le là sur un petit cairn que tu auras fait [rien que pour lui. Poème de Roger Duplat, alpiniste Lyonnais, cité par Inoué . |
Et à la fin :
| Spoiler: | | | | Citation: | | Le lendemain et le surlendemain, elle serait accaparée par ces rangements. ensuite, elle se rendrait dans la province natale du jeune homme. Et une fois le calme revenu, il faudrait, même si cela était au-dessus de ses froces, qu'elle escalade le Hokada, avant l'automne. Comme dans le poème de Duplat, elle chercherait une belle face, pour y batir un petit cairn et y caler le piolet de son frère, Otohiko Kosaka, ainsi que celui de Kyôta Uozu... |
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_________________ Le jour où les terriens prendront figure humaine, j'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène.
Hf Thiéfaine
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|  | | Nezumi Zen littéraire

Messages: 7932 Inscription le: 07/02/2007 Age: 39
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Mer 13 Aoû - 22:25 | |
| J'ai lu Paroi de Glace pendant mes vacances et j'ai été globalement déçue, je m'attendais à autre chose. J'ai trouvé les considérations sur l'honneur et la philosophie des "hommes de la montagne" assez stéréotypées et grandiloquentes, les passages sur la montagne bien trop rares (l'essentiel de l'histoire se déroule à Tôkyô), éclipsés par des descriptions techniques,ennuyeuses et répétitives, des mérites respectifs du nylon et du chanvre... Dans le genre romanesque alpin, j'ai préféré et ai été plus émue par Frison-Roche... Restent quelques portraits de personnages intéressants, celui de Minako, jeune femme frémissante brimée par son vieux mari, Tokiwa, le chef de bureau grande gueule... Mais celui des deux jeunes alpinistes m'a vraiment laissée...de glace!  _________________ Car ce sont bien de menus accidents qui nous font chérir un livre plutôt qu'un autre. (Roger Caillois)
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|  | | Steven Sage de la littérature

Messages: 2809 Inscription le: 26/09/2007 Age: 37 Localisation: Saint-Sever (Landes)
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Mer 13 Aoû - 22:32 | |
| Pour moi aussi, la figure de Tokiwa domine ce roman de tout son poids. L'honneur et la philosophie des hommes de montagne ne m'ont pas semblé omniprésents dans le roman, et souvent mis à mal par Tokiwa justement. _________________ Le jour où les terriens prendront figure humaine, j'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène.
Hf Thiéfaine
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|  | | Nezumi Zen littéraire

Messages: 7932 Inscription le: 07/02/2007 Age: 39
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Mer 13 Aoû - 22:54 | |
| Heureusement qu'il y a Tokiwa et son bon sens pour contrebalancer un peu cet héroïsme! Le personnage de Uozu ne m'a pas touchée parce qu'il est trop cliché, et que l'évocation de son amour de la montagne manque de naturel. Inoue voulait faire le portrait d'un homme prisonnier d'une passion tragique, mais la sauce ne prend pas, hélas.  _________________ Car ce sont bien de menus accidents qui nous font chérir un livre plutôt qu'un autre. (Roger Caillois)
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|  | | sousmarin Zen littéraire

Messages: 3055 Inscription le: 31/01/2007 Age: 45 Localisation: Sarthe
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Jeu 14 Aoû - 9:51 | |
| Cela fait un certain temps que j’ai lu ce livre, je vous livre donc mes impressions « à froid » si l’on peut dire… Le personnage d’Uozu ne m’a pas semblé cliché mais dévoré par une passion qui l’occupe en permanence malgré le peu d’heures qu’il y consacre réellement. Il reste lucide sur les risques mais ne peut réellement vivre que dans cet état d’équilibre entre vie et mort, comme suspendu… C’est le cas de beaucoup de passionnés extrêmes, pour ne pas dire tous, de côtoyer la mort, de la tutoyer en permanence en essayant de l’éviter… pour ressentir la vie. Les considérations techniques (comme la corde) prennent, dans ce cas, une importance primordiale ; elles sont la différence entre la vie et la mort. Ce roman n’est pas sur la montagne, il est sur la passion…quand elle est l’essence de la vie même, rien ne peut l’arrêter. Ni l’amour, ni la raison, ni les ainés, ni même ce qui représente l’autorité et la figure paternel, une contrainte extrêmement forte dans le japon d’hier. La passion balaie tout et, comme la montagne, le plus souvent sans bruit… Ce roman réussit à transmettre tout cela, à petit pas, tranquillement mais inéluctablement…il nous entraîne vers le gouffre sans juger si cette fin est tragique ou grandiose…il nous balaie. _________________ Le chêne qui plie, Défiant sa nature, Montre sa force.
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|  | | Cachemire Agilité postale

Messages: 916 Inscription le: 11/02/2008 Age: 43
 | Sujet: Re: Yasushi Inoué Jeu 14 Aoû - 17:14 | |
| | sousmarin a écrit: | Cela fait un certain temps que j’ai lu ce livre, je vous livre donc mes impressions « à froid » si l’on peut dire…
Ce roman n’est pas sur la montagne, il est sur la passion…quand elle est l’essence de la vie même, rien ne peut l’arrêter. Ni l’amour, ni la raison, ni les ainés, ni même ce qui représente l’autorité et la figure paternel, une contrainte extrêmement forte dans le japon d’hier. La passion balaie tout et, comme la montagne, le plus souvent sans bruit…
Ce roman réussit à transmettre tout cela, à petit pas, tranquillement mais inéluctablement…il nous entraîne vers le gouffre sans juger si cette fin est tragique ou grandiose…il nous balaie. |
Tu défends magnifiquement et à raison ce grand roman. Comme toi, je l'ai lu il y a un certain temps mais il m'est resté en mémoire comme un roman sur la passion et sur la vie (la survie au bord du gouffre) d'une rare intensité et d'une réelle portée philosophique. Il scintille encore en moi comme un "grand moment littéraire" ! _________________ Le monde est fait pour aboutir à un beau livre. Stéphane Mallarmé
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