Parfum de livres…parfum d’ailleurs

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 Yôko Ogawa

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kenavo
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Jeu 19 Mar 2009 - 14:10

pagesapages a écrit:
Je viens de finir l'Hôtel Iris et je suis "entre deux". J'ai l'impression d'avoir assisté à une longue chute, très lente.
Je ne sais pas si j'aime ou pas, mais je suis sûre que c'est un auteur hors du commun !
Hôtel Iris était aussi mon premier livre d'elle.. et même si j'étais aussi plutôt 'entre deux' - je me sentais quand même attiré du monde de cette auteure.. et depuis je suis adepte et je ne l'ai pas regretté Wink
pagesapages a écrit:
Je vais remonter le fil pour en lire un peu plus sur vos impressions...
bonne lecture Very Happy

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pagesapages
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Jeu 19 Mar 2009 - 14:19

Je crois que La mer me dit bien. Je vais essayer de me le procurer.
En fait, j'ai l'impression d'avoir raté des symboles, de ne pas avoir compris des métaphores que je soupçonne d'exister. Un peu comme si je n'avais pas le code pour décrypter.
Elle est très prolifique cette auteure en tout cas.

Au fait, rien à voir, mais comment vous dites chez les Parfumés : "auteure" ? "écrivaine" ? "femme de lettres" ? ou rien du tout ? Very Happy

(moi je dis "auteure", mais c'est faute de mieux...)
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Jeu 19 Mar 2009 - 15:38

pagesapages a écrit:
Au fait, rien à voir, mais comment vous dites chez les Parfumés : "auteure" ? "écrivaine" ? "femme de lettres" ? ou rien du tout ? Very Happy

(moi je dis "auteure", mais c'est faute de mieux...)


Pareil : "auteur".
Parce que "femme de lettres", c'est le féminin de "homme de lettres", non ?
Et "écrivaine", c'est moche. L'écrivain est vain, et l'écrivaine est vaine...

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pagesapages
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Jeu 19 Mar 2009 - 16:08

Ecrivaine, c'est très moche, je suis d'accord.
Et femme ou homme de lettres, ça sent la naphtaline. (il me faudrait un smiley qui hume l'air, là)
Mais si ça n'embête personne je vais continuer avec mon "auteure". Un petit e en plus pour que mon côté féministe dépasse de quelque part Very Happy
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LaurenceV
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Mer 22 Avr 2009 - 17:29

Hôtel Iris est le premier livre d’un auteur japonais que je lis. Et je me suis plongée dans ce roman avec délectation… C’est une pure merveille de poésie. Effectivement, l’histoire est assez troublante et pourrait être choquante. Une jeune fille, fascinée par un vieil homme lors d’une scène théâtrale dans les couloirs de son hôtel, le suit et entame une liaison avec lui. C’est une liaison remplie de fraîcheur malgré l’âge de l’homme, du traducteur, de douceur mais également de violence, de fantasmes et de désirs. J’ai beaucoup pensé aux photos de Araki pendant ma lecture. C’est une histoire forte et dérangeante que nous raconte Yoko Ogawa mais elle passe avec douceur et beauté grâce à son écriture et à la manière de nous transmettre les émotions. La fin du roman est vraiment terrible.
Il s’agit d’une très belle découverte pour moi. :heart:
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LaurenceV
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Mer 22 Avr 2009 - 17:31

Avec La Marche de Mina, j'ai découvert une autre facette de l’auteure. Elle plonge dans la douceur des souvenirs d’enfance qui construisent l’adulte en devenir. On suit Tomoko envoyée par sa mère chez sa tante et son oncle charismatique. Tomoko tombe dans une famille particulière où la vie est différente, enchanteuse et vibrante. On aime cette famille comme Tomoko l’aime. Le lecteur fait partie de la famille et vit les événements avec elle. On plonge avec nostalgie dans ce passé merveilleux entraîné par la plume poétique de l’auteure.
Je suis désormais sous le charme et conquise par Yoko Ogawa.
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LaurenceV
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Mer 22 Avr 2009 - 17:33

pagesapages a écrit:

Mais si ça n'embête personne je vais continuer avec mon "auteure". Un petit e en plus pour que mon côté féministe dépasse de quelque part Very Happy


J'écris aussi auteure... Même si ça n'avait pas très bien été apprécié quand j'ai écrit mon mémoire sur Pauline Réage.
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Mer 22 Avr 2009 - 18:45

LaurenceV a écrit:
Avec La Marche de Mina, j'ai découvert une autre facette de l’auteure. Elle plonge dans la douceur des souvenirs d’enfance qui construisent l’adulte en devenir. On suit Tomoko envoyée par sa mère chez sa tante et son oncle charismatique. Tomoko tombe dans une famille particulière où la vie est différente, enchanteuse et vibrante. On aime cette famille comme Tomoko l’aime. Le lecteur fait partie de la famille et vit les événements avec elle. On plonge avec nostalgie dans ce passé merveilleux entraîné par la plume poétique de l’auteure.
Je suis désormais sous le charme et conquise par Yoko Ogawa.

Je suis en pleine lecture de ce roman qui fait découvrir un autre aspect de l'écriture de l'auteure. Pour moi, La marche de Mina est proche de La formule préférée du professeur.

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Mer 22 Avr 2009 - 21:12

Chatperlipopette a écrit:
LaurenceV a écrit:
Avec La Marche de Mina, j'ai découvert une autre facette de l’auteure. Elle plonge dans la douceur des souvenirs d’enfance qui construisent l’adulte en devenir. On suit Tomoko envoyée par sa mère chez sa tante et son oncle charismatique. Tomoko tombe dans une famille particulière où la vie est différente, enchanteuse et vibrante. On aime cette famille comme Tomoko l’aime. Le lecteur fait partie de la famille et vit les événements avec elle. On plonge avec nostalgie dans ce passé merveilleux entraîné par la plume poétique de l’auteure.
Je suis désormais sous le charme et conquise par Yoko Ogawa.

Je suis en pleine lecture de ce roman qui fait découvrir un autre aspect de l'écriture de l'auteure. Pour moi, La marche de Mina est proche de La formule préférée du professeur.

Oui, c'est ce que la quatrième de couv' appelle "un cycle voué à la tendresse et à l'initiation".
Ca change d'Hôtel Iris...

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Jeu 23 Avr 2009 - 19:54

Hotel Iris que je n'ai pas encore lu Wink

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Lun 4 Mai 2009 - 18:11

J'ai terminé La marche de Mina....et j'avoue avoir adoré même s'il y a un petit goût d'inachevé à la fin.
Comm' bientôt

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Lun 4 Mai 2009 - 18:28

Chatperlipopette a écrit:
J'ai terminé La marche de Mina....et j'avoue avoir adoré même s'il y a un petit goût d'inachevé à la fin.
Comm' bientôt


J'ai lu pratiquement toute l'oeuvre d'Ogawa. Celui-ci est mon préféré. Pour une fois c'est lumineux.

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Dim 10 Mai 2009 - 8:12

La marche de Mina


Tomoko part passer un an chez son oncle: après le décès de son père, sa mère part à Tokyo parfaire sa formation professionnelle. Tomoko a douze ans et va découvrir un monde qu'elle était loin de douter qu'il puisse exister. Elle rencontre son oncle, dont la mère, Grand-Mère Rosa, est allemande, souvent absent, sa tante qui oublie sa solitude entre l'alcool et la recherche des coquilles d'impression, et sa cousine, la tendre et rêveuse Mina, souffrant d'asthme et grande collectionneuse de boites d'allumettes à partir desquelles elle invente d'incroyables histoires. Elle fait al connaissance aussi de Pochiko, l'hippopotame naine, ultime animal du zoo de l'entreprise dirigée par son oncle.
Alors que Mina est une grande lectrice et est attirée par la culture européenne, Tomoko regarde ces choses de loin, étonnée par les particularité de ce qui vient de l'étranger.
"La marche de Mina" est à inscrire dans la continuité de "La formule préférée du professeur": un roman initiatique dont les racines appartiennent à l'enfance qui lentement s'enfuit, qui doucement apporte les éléments pour accéder au monde adulte. L'admiration amoureuse pour le cousin vivant en Suisse, la tendresse éprouvée envers Pochiko, original animal de compagnie, la douceur des moments passés aux côtés de Grand-Mère Rosa et de Mme Yoneda, l'enquête secrète sur le livreur de Fressy amenant à découvrir le pourquoi des absences prolongées de l'oncle, le Noël aux parfums européens orchestré par Rosa et ses souvenirs, la complicité avec Mina dans la salle de bain de lumière mais aussi l'apprentissage de la mort. L'enfance, moments merveilleux de l'éphémère, de ce fragile éphémère que l'on regarde avec tendresse par-dessus son épaule une fois adulte. La sérénité d'un temps qui sera vite révolu, l'époque d'une génération unique: la sienne.
Ogawa nous promène dans les années 70 au Japon avec comme point d'orgue les Jeux Olympiques de Munich en 1972: "La marche de Mina" tire un fil de cette pelote, le fil de l'équipe japonaise de volley-ball, celle qui remportera le titre olympique, celle qui scande les heures de Mina et Tomoko, fervente supportrices des volleyeurs. Une pelote des souvenirs de Grand-Mère Rosa dont on déroule, subrepticement, quelques mailles: son mariage l'emmenant vivre au Japon et la sauvant de la déferlante nazie, sa capacité à ne pas oublier d'où elle vient, son attachement aux Noëls allemands, son regard chargé de tristesse devant la prise d'otages israëliens par un groupuscule palestinien, miroir lui renvoyant la disparition des siens.
Lentement, le tricot d'enfance de Tomoko s'achève, rang par rang: le monde des adultes est rempli de secrets qu'il ne fait pas bon de découvrir, l'attachement enfantin envers le cousin qui a la beauté du métissage, la découverte d'un ailleurs non japonais, une comète traversant le ciel, instant unique dans une vie, le partage virtuel de lectures avec le bibliothécaire, ouverture sur un monde inconnu mais fascinant.
"La marche de Mina" se lit comme on sirote un diabolo grenadine et se déguste comme une pâtisserie que l'on mangeait enfant: on retourne aux sources de nos souvenirs couleurs sépia et des instantanés aux couleurs devenues pâles avec le temps, sur un doux air accompagnant cette tendre plongée dans les derniers feux de l'enfance.
...Les plus beaux souvenirs sont ceux que le temps et ses transformations n'effacent pas.

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Mer 3 Juin 2009 - 20:47

pagesapages a écrit:
comment vous dites chez les Parfumés : "auteure" ? "écrivaine" ?
Je suis passée assez facilement à "auteure" il y a plusieurs années (je pense que ça m'est venu du Web), mais j'ai définitivement banni "écrivaine" qui est un peu à écrivain ce qu'est la bouchère à la femme du boucher... Wink
Je n'ai pas le courage de Chatpy pour évoquer longuement et si harmonieusement mes lectures en ces temps de non-compte-rendu de lecture, mais je me suis arrêtée sur La Marche de Mina.
Après La Grossesse, Le Musée du silence et Les Abeilles, je suis très surprise de découvrir un roman de cette auteure ( Wink aussi poétique. L'écriture coule en un ruisseau paisible et tiède dans le courant duquel je suis étonnée qu'un fait extraordinaire ne vienne pas maltraiter mon attention vers la chute glauque et tourmentée à laquelle je m'étais habituée...

P-S : quand j'évoque La Grossesse d'Ogawa, je ne peux m'empêcher de penser à Animal, à cause des pamplemousses.

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Chaque - Oiseau - A la couleur - De son cri.
(poèmes, Malcolm de Chazal)
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Sam 6 Juin 2009 - 17:26

Ah oui les pamplemousses à toutes les sauces dans La grossesse....génial!

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