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 Yôko Ogawa

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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Sam 6 Juin 2009 - 19:21

Babelle a écrit:

Après La Grossesse, Le Musée du silence et Les Abeilles, je suis très surprise de découvrir un roman de cette auteure ( Wink aussi poétique. L'écriture coule en un ruisseau paisible et tiède dans le courant duquel je suis étonnée qu'un fait extraordinaire ne vienne pas maltraiter mon attention vers la chute glauque et tourmentée à laquelle je m'étais habituée...

P-S : quand j'évoque La Grossesse d'Ogawa, je ne peux m'empêcher de penser à Animal, à cause des pamplemousses.


Ce roman surprend en effet par sa quiétude. C'est une facette méconnue d'Ogawa. Une lecture agréable.

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Nathria
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Dim 7 Juin 2009 - 9:33

Fini La mer, jolies petites nouvelles avec l'écriture tranquille de ses deux derniers romans, toujours poétique.

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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Dim 7 Juin 2009 - 12:12

Nathria a écrit:
Fini La mer, jolies petites nouvelles avec l'écriture tranquille de ses deux derniers romans, toujours poétique.


Aurait-elle pris une nouvelle orientation ?

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Nathria
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Dim 7 Juin 2009 - 16:01

Ses premiers textes sont empreints de ses "démons intérieurs", j'ai ressenti plus d'inquiétudes, de tensions sous-jacentes. Avec les trois derniers, on dirait que l'écriture s'est apaisée sans pour autant perdre sa poésie: une certaine sérénité? J'aime beaucoup lire Ogawa drunken

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Dim 7 Juin 2009 - 21:53

Eve Lyne a écrit:
Aurait-elle pris une nouvelle orientation ?

Oui, c'est ce que dit la quatrième de couverture de La Marche de Mina en parlant d'"un cycle voué à la tendresse et à l'initiation".
Cycle qui se poursuit apparemment...

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Mer 24 Juin 2009 - 22:21

La marche de Mina.

Chatperlipopette a fait un superbe commentaire de ce très joli livre, aussi je ne rajouterai pas grand-chose.

J'ai aimé suivre la petite Tomoko débarquant dans cette famille qui lui semble tellement extraordinaire. Une grande maison occidentale, une salle de bain de lumière, deux vieilles dames si différentes en apparence et pourtant si semblables, et surtout, une cousine fragile physiquement et d'une rare maturité, qui collectionne les allumettes et va à l'école à dos d'hippopotame.
Une atmosphère en apparence sereine, où tous s'entendent pour choyer Mina, la petite poupée de porcelaine, mais qui cache tout de même quelques fêlures : le cousin écrit à tout le monde sauf à son papa, le papa lui répare tout ce qui est cassé dans la maison sauf peut-être dans les coeurs, la maman s'enferme toute la soirée dans son bureau... Mais malgré tout, il fait bon vivre dans cette maison pour Mina et Tomoko.
Et puis les petites ont aussi leurs propres préoccupations : la mystérieuse collection de Mina ( qui donne lieu à de très jolis passages) , le mystère du taciturne garçon du mercredi, le sourire du Monsieur de la bibliothèque.

Tout un univers qui enchante Tomoko, l'intrigue, la trouble. L'année vécue par les deux filletes dans cette maison sera celle du passage entre l'enfance et l'adolescence, de la transition entre innocence et début de maturité.

Rien d'exceptionnel certes, mais vraiment un très joli livre à l'écriture fluide et à l'atmosphère tendre et nostalgique.

Un petit extrait qui devrait "parler" aux lecteurs à PAL impressionnante... Wink

"Plus que n'importe quelles précieuses sculptures ou poteries, dans la maison d'Ashiya les livres étaient considérés comme importants. De manière à pouvoir mettre la main dessus dès que l'on y pensait, il y avait des bibliothèques dans toutes les pièces et même les enfants pouvaient librement prendre des livres pour adultes. Les manuels spécialisés de pharmacie en langue allemande, les albums de Mina ou les suppléments de" l'Ami du foyer" de madame Yoneda, tous étaient traités équitablement, d'une manière impartiale.
Dans la maison d'Okayama, il n'y avait pas une seule étagère à livres, et comme les seuls imprimés à portée de main se limitaient aux magazines de mode ou patrons de couture que ma mère utilisait pour son travail, au début j'avais été impressionnée de voir autant de volumes ailleurs que dans une bibliothèque. Je m'étais même demandé avec suspicion si une telle quantité de livres était nécessaire pour une famille.
Mais j'ai changé aussitôt d'avis. Sur les murs des pièces, les livres s'alignaient presque jusqu'au plafond. Ils se tenaient là, tranquilles, sans manifester leur présence par des cris, sans arborer non plus de décorations voyantes. Même si de l'extérieur ils ne ressemblaient à rien d'autre qu'à des boîtes carrées, il en émanait une beauté égale à celle générée par les sculptures ou les poteries. Alors que la signification des mots gravés page après page était profonde au point de ne pas pouvoir en réalité tenir dans cette boîte, n'en laissant rien paraître, ils attendaient patiemment d'être ouverts par quelqu'un. J'en vins à ressentir du respect pour leur persévérance. "
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Lun 13 Juil 2009 - 14:02

La Mer (Umi, 2006), 149 pages. Nouvelles traduites par Rose-Marie Makino. Actes Sud, 2009. Ce recueil contient 7 nouvelles.

1/ La Mer. 19 pages.
Le narrateur, professeur de technique au Collège,se rend pour la première fois dans la maison familiale de sa future femme, Izumi – également professeur - pour la demander en mariage. Le lieu n'est pas facile d'accès.
Citation:
"Jusqu’à la génération du grand-père, ils avaient été producteurs de raisin, mais ayant fait de mauvaises affaires ils avaient perdu leurs terres, si bien que son père avait été obligé de devenir fonctionnaire, et son petit cadet de vingt et un ans faisait de la musique. " (page 11).

Outre les parents d'Izumi, il y a également sa grand-mère, qui perd un peu la tête, et le "petit cadet" d'Izumi, qui a dix ans de moins qu'elle. Le narrateur va partager sa chambre pour la nuit.
C'est ainsi que l'histoire va se concentrer sur ce cadet, et son étrange musique… En dire plus ne serait pas bien.
Très bonne nouvelle.

2/ Voyage à Vienne. 18 pages.
Cette nouvelle commence ainsi :
Citation:
"Parmi les quatorze participants d’un voyage organisé intitulé “Six jours de voyage à Vienne dans la brise du début de l’été - free plan type”, nous n’étions que deux, Kotoko et moi, à voyager seules, si bien que nous nous retrouvâmes tout naturellement à partager la même chambre d’hôtel. Kotoko était une veuve corpulente d’une bonne soixantaine d’années." (page 33).
Pour la narratrice, c'est le "voyage souvenir de mes vingt ans que je réalisais enfin après avoir économisé sou à sou sur mes heures de répétitrice" (page 34).
On va découvrir très rapidement la vraie raison qu'a Kotoko (un pot de colle) de faire ce voyage.
Pas mauvais, mais inférieur à La Mer. Surtout, on voit la fin arriver très longtemps à l'avance…

3/ Le bureau de dactylographie japonaise Butterfly. 23 pages
Le bureau de dactylographie japonaise Butterfly, bien que situé à un endroit très fréquenté, n'est quasiment pas remarqué par les passants. Le bureau "paraît mener une existence misérable, à l'écart de l'animation." (page 53).
Il est fréquenté par les chercheurs de l'université de médecine.
Citation:
"Le bureau toute la journée résonne du bruit des machines à écrire. Les machines occidentales qui frappent les lettres de l'alphabet montées sur des ressorts font un léger bruit de castagnettes, mais celles pour taper le japonais, où il faut soulever avec un levier un caractère en plomb pour l'imprimer sur le rouleau, résonnent d'une manière bien plus brouillée et mal dégrossie." (pages 54-55).
"Au début, j'ai trouvé que Butterfly était un drôle de nom pour un bureau de dactylographie japonaise.
- Regardez le mouvement de la main tenant le levier qui cherche un caractère sur la casse, ne trouvez-vous pas qu'il ressemble à celui d'un papillon volant à la recherche du nectar des fleurs ? disait le directeur du bureau en désignant le travail de mes aînées." (page 56).
Parfois, un caractère japonais s'abîme, il faut en changer…
Classement, travail minutieux, termes médicaux… Une fin légèrement tordue. Vraiment très bien.

4/ Le crochet argenté. 3 pages.
Assise dans un train, la narratrice voit une vieille dame, en face d'elle, faire du crochet. Elle repense à sa grand-mère.
Toute petite nouvelle, une vignette. Pas mal du tout.

5/ Boîtes de pastilles. 2 pages. Une nouvelle toute mignonne, avec une petite pointe triste quand même.

6/ La camion de poussins. 22 pages.
Citation:
"La nouvelle chambre que louait l'homme se trouvait à l'étage d'une maison particulière où vivaient seules une veuve de soixante-dix ans et sa petite-fille. […] L'homme était portier dans l'unique hôtel de la ville. Depuis son adolescence et pendant quarante ans, il n'avait cessé de se tenir dans l'entrée de l'hôtel, et il n'allait pas tarder à atteindre la limite d'âge." (pages 89-90)
"Lorsqu'il rentrait après son travail, il ne se changeait pas, et restait un moment assis à la fenêtre à regarder dehors. C'est ainsi, en redressant la tête pour regarder au lointain, qu'il mettait un point final à la journée qu'il avait passée à baisser la tête devant les gens." (page 92).

L'histoire tourne autour de la petite fille, très taciturne, pour dire le moins. Elle fait des présents étranges…
Très belle nouvelle.

7/ La guide. 37 pages.
Le narrateur est un enfant. "Maman est l'une des deux guides agréés de la ville." (page 115)
Citation:
"La ville n'est pas un endroit aussi intéressant que ça, et pourtant elle est envahie de voyageurs. Il y a une rivière une citadelle et un lac, une roseraie. C'est seulement pour ça que les gens veulent se rassembler autour du drapeau de maman pour écouter ses explications."
Au début de l'histoire, elle a perdu son drapeau de ralliement. "Depuis, il ne s'est passé que des choses malheureuses." (page 117).
Un dimanche, le narrateur doit accompagner sa mère dans son travail… Tout ne se passera pas comme d'habitude, bien sûr.
Il y a, comme souvent chez Ogawa, des gens à la profession étrange, ou bien qui l'exercent de manière originale…
Encore une très bonne nouvelle.

En conclusion, un très bon recueil, largement supérieur aux précédents de l'auteur (Les Paupières, La Bénédiction inttendue), qui semblaient parfois être des brouillons de ses romans.

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Dim 13 Sep 2009 - 18:21

Le prochain Ogawa à paraître, un roman de plus de 300 pages semble-t-il, s'appellera Cristallisation secrète.
Parution actuellement prévue pour novembre 2009 (cf http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742788293 )

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Dim 13 Sep 2009 - 19:21

cheers bonne nouvelle.. merci pour l'annonce eXPie

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Lun 19 Oct 2009 - 14:17

Le réfectoire d'un soir et une piscine sous la pluie de Yôko Ogawa
Broché: 109 pages Editeur : Actes Sud (4 janvier 1999) ISBN-10: 2742718753

Présentation de l'éditeur

Quelque temps avant son mariage, une jeune femme rencontre un enfant et son père, qu'elle retrouve un soir plongés dans la contemplation d'un restaurant scolaire. Quand l'homme lui raconte pourquoi l'image d'un réfectoire le soir évoque pour lui le souvenir d'une piscine sous la pluie, la mélancolie s'installe tel un lien dont elle ne pourra plus se défaire... Une jeune femme apprend la mort d'un camarade. Elle le connaissait peu mais cet accident la trouble plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Dans l'ambiance étrange de la cérémonie funèbre, elle rencontre quelqu'un qui va faire basculer son quotidien. Avec finesse et subtilité, Yoko Ogawa effleure l'inconscient de personnages vivant des instants précieux, comme hors du temps, qui bouleversent leur existence. Attirés par l'autre, ils partent à la découverte des mystères de l'amour et de la mort aussi sereinement qu'ils se servent une tasse de thé.

Mon commentaire

Lorsque j'ai reçu le livre recommandé par les lecteurs écrivant de Vos Écrits, j'ai sauté à pieds joints dans cette piscine promise.
Surprise. Sur chacune de trente-sept pages de la nouvelle, l'eau s'appropria trente-sept fois l'encre des mots liquides sous la forme de goutte, de brume, de vapeur, de bière, de mer, de pluie, de flaque, d'éclaboussures. Au minimum une évocation à chaque page.
Étonnant. Est-ce pour noyer le lecteur ? Est-ce pour donner un ton humide à cette nouvelle ?

En lisant ce récit, la monotonie solitaire me fit repenser à la petite fille de monsieur Linh de Claudel. Pas de chance le personnage n'était pas japonais. Fausse route.

Puis, l'immobilisme mesuré des acteurs ravive ma mémoire lors des poses visionnées dans les plans-séquences de Wong Kar Wai pour les films In The Mood for Love ou 2046. Les protagonistes semblent enfermés dans une bulle, indifférents au monde vif qui les entoure. Mince, l'artiste est de Hong-Kong. Zut. L'univers est différent, les histoires n'ont rien à voir avec le Japon. Mauvais aiguillage. Tant pis je poursuis.

Et voilà Le passage de la nuit de Haruki Murakami qui refait surface au moment où l'homme raconte son histoire, car Yoko Ogawa a également cette manière dépouillée de mettre en lumière tour à tour les personnages. Le chien a sa part de gloire autant que l'enfant.

Pour résumer l'ensemble du propos, j'ai ressenti une certaine torpeur tout au long du récit, ce même genre d'engourdissement qui surligne les rares mots échangés entre les protagonistes.
À la manière des créateurs de minuscules petits jardins japonais où le ratissage méthodique du sable a autant d'importance que l'objet mis en valeur (une sculpture, une plante, un bois ou des cailloux) l'auteur(e) jardine avec une plume lente et courtoise, soucieuse d'apporter au lecteur un instant de calme.
Serait-ce le début de la Zen attitude ?

Je vais suivre certains conseils ici postés, pour découvrir cet auteur.
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Nathria
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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Mar 17 Nov 2009 - 21:35



Cristallisation secrète


Etrange histoire entre rêve et cauchemar… Yoko Ogawa imagine une île coupée du monde. Régulièrement, (quotidiennement ?) une chose disparaît irrémédiablement ; ce peut être un objet comme un être vivant ou encore comme une partie d’être vivant. Il est impossible de vivre l’absence ou le manque puisque le pouvoir a mis en place une police du souvenir ou de la mémoire : il est interdit de se rappeler ou de garder des traces. Les contrevenants sont emmenés au risque de disparaître à leur tour. J’ai pensé à la façon dont certains régimes ont falsifié les photographies après avoir fait disparaître les individus, effacer les traces d’une existence. (Michel Guenassia explique bien le procédé dans « Le club des incorrigibles optimistes »).

La protagoniste, dont la mère, sculpteur, a été emmenée pour ne plus revenir, est écrivain. Le récit, contemplatif, évolue lentement autour de la rencontre entre un professeur et un navigateur et elle.
Oublier devient une habitude, se souvenir, un réel effort souvent vain.
A quoi se rattache un mot ?
Une écriture déroutante, un malaise sous-jacent, constant, une histoire sans fin, sans morale, sans espoir, un non-lieu terrible.
Yoko Ogawa m’a laissée seule face à l’absurde…

P 209 :
Citation:
« Ces derniers temps je sens mon corps s’éloigner de mon cœur. C’est comme si ma tête, mes bras, mes mamelons, mon tronc et mes jambes flottaient dans un endroit que mes mains n’atteindraient pas. Je ne peux que le regarder jouer avec. Cela aussi c’est parce que j’ai perdu ma voix. Ma voix qui reliait ma chair à mon cœur a disparu, et je ne peux plus mettre de mots sur mes sensations ou ma volonté. Je suis réduite en morceaux à toute vitesse. »


P 222 :
Citation:
« - Je ne me sens pas sûre de moi. Même ainsi, le mot « roman » commence à devenir difficile à prononcer. C’est la preuve que la disparition est en train de s’installer. Bientôt, j’aurai tout oublié. Impossible de me souvenir.
J’ai baissé la tête, glissé mes doigts à travers mes cheveux. Il s’est penché pour me regarder par en dessous, a posé ses mains sur mes genoux.
- Non, ça va aller. Vous croyez sans doute qu’à chaque disparition le souvenir s’efface, mais en réalité ce n’est pas cela. Il est seulement en train de flotter au fond d’une eau où la lumière n’arrive pas. C’est pourquoi il suffit d’oser plonger la main au fond pour arriver peut-être à toucher quelque chose. Que l’on ramène à la lumière. C’est insupportable pour moi de regarder sans rien dire votre cœur s’épuiser.
- En continuant à écrire des romans, on peut protéger son cœur ?
- Bien sûr que oui.
Il a hoché la tête. Son souffle a atteint mes doigts. »

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Mar 17 Nov 2009 - 21:50

Oui, plus que la chose, c'est l'essence de la chose, sa signification qui disparaît, et toutes les émotions qui y sont liées, et c'est parfois spectaculaire.

Il y a de bonnes choses dans ce roman (il faut que j'en fasse un critique un peu constructive), mais il y a des choses qui auraient mérité d'être expliquées/explicitées.

Spoiler:
 

On pourra me dire que tout cela est symbolique, d'accord...

Mais, plus grave : il y a un problème de cohérence interne au roman.
A un moment (vers la page 110), les photographies disparaissent. Pourtant, page 143, on peut lire "On m'a montré des photographies de gens que je ne connaissais pas [...]" C'est le grand-père qui parle. Or, les photographies ont disparues ! Ce que confirme la page 154, là, la narratrice ne sait pas ce que c'est.
Etrange, non ?
Comment l'expliquer ? Il me semble incompréhensible que personne ne l'ai signalé à Ogawa, ou bien qu'elle-même ne s'en soit pas rendu compte.
Alors, y a-t-il quelque chose de subtil qui m'a échappé ?

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Mar 17 Nov 2009 - 22:07

eXPie a écrit:
A un moment (vers la page 110), les photographies disparaissent. Pourtant, page 143, on peut lire "On m'a montré des photographies de gens que je ne connaissais pas [...]" C'est le grand-père qui parle. Or, les photographies ont disparues ! Ce que confirme la page 154, là, la narratrice ne sait pas ce que c'est.


Je vois ce que tu veux dire, on montre les photos au papi et elle n'a pas de réaction donc elle reconnait le mot alors que p 154, elle en recherche la signification. Elle l'a oubliée entre-temps? Un peu tordu...

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Mar 17 Nov 2009 - 22:26

Nathria a écrit:
eXPie a écrit:
A un moment (vers la page 110), les photographies disparaissent. Pourtant, page 143, on peut lire "On m'a montré des photographies de gens que je ne connaissais pas [...]" C'est le grand-père qui parle. Or, les photographies ont disparues ! Ce que confirme la page 154, là, la narratrice ne sait pas ce que c'est.


Je vois ce que tu veux dire, on montre les photos au papi et elle n'a pas de réaction donc elle reconnait le mot alors que p 154, elle en recherche la signification. Elle l'a oubliée entre-temps? Un peu tordu...

C'est carrément le papi qui raconte, qui utilise le mot "photographie"... et on lui montre des photos au commissariat, alors que les photos ont déjà disparu et que la signification liées aux photos a également disparu : les photos n'évoquent plus rien (alors, pourquoi en montrer ?). Le papi utilise le mot naturellement, les flics montrent des photos naturellement, et la narratrice comprend le mot. Ce n'est vraiment pas logique du tout...

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MessageSujet: Re: Yôko Ogawa   Mar 17 Nov 2009 - 22:35

Oui c'est vrai...Mais je suis sortie de ma lecture avec pas mal d'interrogations... (l'histoire du roman dans le roman par exemple, tu sais, lorsque tu te regardes dans un miroir qui fait face à un autre miroir: un reflet infini...)

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Yôko Ogawa

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