
Probablement l’un des écrivains les plus controversé des années 80-90, il décrit dans ses romans une jeunesse riche et oisive sous les années Reagan. Devenu une idole des Yuppies en présentant un monde ou le seul culte est le culte du Dollars, où les relations sociales sont dictées par la mode et l’apparence.
C’est cependant à tord qu’on l’y associe lui-même, ces romans étant de féroces satyres de mode de vie et il se considère lui-même comme moraliste.
C’est surtout son roman «
American Psycho », l'histoire d'un golden-boy farci de tendances homicides, qui à fait l’effet d’une bombe, couvert de lettre de haineuse, sortie menacée par les lobby féministes. On peut reprocher plus sérieusement à Ellis pour ses 4 premiers livres de s’être enfermé dans une routine, mais on peut espérer que son dernier roman
Lunar Park clos la boucle.
Moins que Zéro - 1985Premier roman qu’il écrit, il contient déjà l’essentiel de son œuvre ainsi que certains des personnages que l’on retrouvera de roman en roman. Clay un étudiant de Camden -où se passera l’action des
lois de l’attraction- va passer ses vacances à Los Angeles revoir ses amis. Il passera là-bas de bar en boite ayant des relations d’un soir avec homme ou femme.
Les relations entre les amis, sont froide, l’émotion semble toujours absente et l’on regarde hypnotiquement les clips de MTV. Les rares fois où une émotion semble présente est lors de transgression de tabou comme le visionnage de snuff movies, ou la découverte d’un homme mort dans la rue.
Les lois de l’attraction - 1987On arrive donc à Camden, et si y a bien un début et une fin, mais on a très nettement l’impression que l’on pourrait lire le livre en boucle, ou en tout cas que la vie de ces étudiants tourne en rond. Et bien qu’il s’agisse d’une école d’art, ce qui se rapproche le plus d’un examen est lorsqu’une fille accepte d’avoir une relation « oral » avec un des professeurs.
Les étudiants passent leur temps dans des fêtes, les fameuses « fin du monde » ou l’on consomme autant de drogue que d’alcool, et se terminent souvent dans le lit de n’importe qui. L’histoire se déroule selon le point de vue de divers personnage, mais leur perception des événements sont radicalement différent les uns des autres au point que chacun vit dans son propre monde sans comprendre, ni même essayer de comprendre les autres.
Un des points culminants, est le suicide d’une fille qui se fait dans l’indifférence générale et dont la raison échappe à tout le monde.
A noter une excellente adaptation (contrairement à American Psycho) de Roger Avary que j’encourage à voir, du moins si vous n’êtes pas trop sensible.
Trailer
ici Mais je conseille plutôt
cet extrait qui est un condensé Ellis, attention langage cru
(c’est presque du mot pour mot de la présentation de Victor dans le livre)
American Psycho - 1991Le livre qui défraya la chronique. L’univers des personnages est l’apparence, une page de
American Psycho est souvent à moitié constitué de noms de marque. Les discutions des personnages sont hautement futiles, et un des éléments les plus important de leur vie sociale est sans doute la police de caractère utilisé pour les cartes de visites.
Le personnage principal Sean Bateman (le grand frère d’un des étudiants de Camden), est un riche businessman, mais comme les étudiants de Camden qui n’étudiaient pas, on le voit guère faire de business. Il semble juste attendre dans son bureau, ses revenus venant surtout de la fortune de son père.
Mais le trait le plus caractéristique de Bateman est qu’il est un psychopathe – quoiqu’on ne soit jamais vraiment sûr si les scènes de meurtre sont imaginaires, réelles ou métaphoriques de la violence réelle et morale de l’Amérique– En tout cas j’espère que vous avez l’estomac bien accroché, ces scènes de meurtres sont les deuxièmes plus horribles que j’ai put lire.
Zombie - 1996
Recueil de nouvelles toujours dans le même univers et liée entre elles, on aborde ici un peu le fantastique puisque des vampires hante les rues de L.A.. Cependant quoique buvant le sang des gens, on a du mal à faire la différence entre eux, et les autres personnages. D’ailleurs à part boire le sang des gens, ils n’ont pas vraiment de caractéristique de vampire, un fantasme encore ?
Glamorama - 1999Le roman de Ellis sans doute le plus complexe. On ne sait jamais si on est dans le fantasme ou le réel. Le héros, le Victor de l’extrait, est devenu un organisateur de soirée de boite de nuit, contrairement aux autres romans il travail effectivement, et à même une ambition qui serait de posséder une boite de nuit.
Cependant, il s’attire des ennuies et s’enfuie en Europe. Sur le bateau qui l’y amène, il commence à avoir l’impression d’être suivit par des caméras. Cette impression ne s’arrêtera pas et la confusion sera de plus en grande s’agit-il d’un film, est-il simplement fou ?
Il ne sera pas aider à retrouver sa santé mentale par les « Beautiful People » qu’il rencontrera (si les marques constituaient une bonne partie de
American Psycho, on a ici droit a du name-dropping continu), ceux-ci s’ennuient et pour se distraire se transforment en poseur de bombe.
Lunar Park - 2005On change radicalement de décors. Enfin, plus ou moins, la drogue coule toujours à flot et le personnage principal est un paumé. Mais ce personnage est Bret Easton Ellis !
Mi-autobiographique Mi-fantastique à la Stephen King, c’est aussi et surtout un grand retour sur ces précédents livres. Au niveau fantastique on a ainsi un Patrick Bateman (le psycho) qui semble réel, des peluches hantées et des enfants qui disparaisse a priori sans raison, peut-être en ont-ils assez de ce monde ? Au niveau autobiographique on a les problèmes d’Ellis avec de la responsabilité d’être un père dans le monde moderne. Mais en fait difficile de dire ce qui est autobiographique ou non (Ellis ne s’est jamais marié par exemple), mais peu importe le mélange fiction-réalité est particulièrement réussi ne serait ce qu’au niveau de l’horreur.
C’est aussi un retour sur ces livres, qu’ils jugent souvent sévèrement, ainsi les premières pages de
Lunar Park sont un retour sur les premières lignes de ses romans qu’ils trouvent de plus en alambiqué et perdant de punch.
Bref, on peut reprocher à Ellis de ne se centrer que sur un monde : celui des stars, du fric et des paillettes. Mais son style froid, et les extravagances de ses personnages mêlés à une réalité bien trop présente donne un sentiment à la fois de dégoût et de plaisir coupable à les voir évoluer.