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 John FanteVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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MessageSujet: John Fante   Mer 23 Jan 2008 - 23:26


Rien dans ce forum sur cet auteur exceptionnel??? Impossible, j'ai du mal regarder. Au risque de faire doublon, n'échappez pas à "demande à la poussière.


On découvre dans Demande à la poussière une bourrasque littéraire qui conte les aventures d'Arturo Bandini, Rital du Colorado. Dans la lignée de Faulkner, et avant Charles Bukowski ou Jim Harrison, Fante ouvre une piste balayée par les poussières chères à l'Ouest sauvage. Elle se termine sur l'océan Pacifique, après moult détours, cuites et amours sans lendemain. Arturo Bandini, c'est l'alter ego de John Fante, fils de maçon bouillonnant, arpenteur de la dèche, écrivain avant tout. Arturo Bandini, c'est aussi toute l'enfance de l'immigré italien, la misère, l'humiliation de la mère trompée, les raclées du père. Les romans de Fante sentent la chaleur écrasante ou le froid mordant, les routes interminables, les chambres d'hôtel moites et les amoureuses sensuelles. citation "Un soir, j'étais assis sur le lit dans ma chambre d'hôtel de Bunker Hill, en plein milieu de Los Angeles. C'était un soir important, car je devais prendre une décision pour l'hôtel. Soit je payais, soit je décampais ; c'est ce que disait le mot, le mot que la tenancière avait glissé sous ma porte. Un problème d'une telle importance méritait une grande attention. Je le résolus en éteignant la lumière et en m'endormant." Note : on trouve dans la traduction française de « Women » de Charles Bukowski une autre version du titre original « Ask the dursk » : « interroge la poussière », un titre qui à bien des égard reflète parfaitement le contenu du roman.
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MessageSujet: Fante bis   Mer 23 Jan 2008 - 23:29

et puisque j'ai commencé continuons par "Mon chien stupide" du même auteur

Coincé entre une progéniture ingrate et un talent de plus en plus incertain, le personnage principal de Mon chien stupide oscille entre un cynisme salvateur et des envies de fuite. Fils d'immigrés italiens, il caresse le rêve d'un retour à ses racines, fantasmant sur une vie paisible aux terrasses des cafés de la Piazza Navona à Rome. Mais pour l'heure, il faut courir le cachet, écrire des scénarios médiocres pour des séries télé affligeantes... ou le plus souvent aller encaisser un chèque des allocations de chômage. L'existence tumultueuse de la famille est bouleversée lorsqu'un gigantesque chien décide de s'installer dans la maison, pour le plus grand bonheur de l'auteur raté mais au grand dam du reste de sa tribu. Mon chien stupide est une tragicomédie de la crise individuelle : crises d'adolescence à retardement, démon de midi, couple en déliquescence. John Fante signe ici un roman touchant, débordant de compassion et d'acide lucidité.. Quatrième de couverture « Si vous avez des idées noires, plongez-vous dans Mon chien Stupide. Vous en sortirez revigoré. Le nouvel avatar de Fante, alias Bandini, est un quinquagénaire, vivant sur le bord du Pacifique avec sa femme et ses quatre enfants qui le font tourner en bourrique. Il recueille un énorme quadrupède, Stupide, un chien étrange qui complète la maisonnée. C'est à la fois drôle, ironique, tragique, bouleversant et merveilleusement écrit. A lire de toute urgence.
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MessageSujet: la biblio avec ca   Mer 23 Jan 2008 - 23:34

Fils d'émigré italien, John Fante naît au Colorado, États-Unis, en 1909, au sein d'une famille croyante et conservatrice. Son enfance de gamin des rues turbulent se fera au sein d'une école jésuite, où Fante découvrira douloureusement le besoin de liberté, la sexualité, et l'écriture.

Il commence à écrire très tôt et, si on en croit ses romans autobiographiques, se montre comme un enfant particulièrement sensible, enflammé, charismatique et avide de la beauté du monde.


Ses premières nouvelles attireront l'attention du célèbre H. L. Mencken, rédacteur en chef de la prestigieuse revue littéraire The American Mercury, qui publiera régulièrement la prose du jeune Fante (sa première nouvelle est publiée alors qu'il a 26 ans, mais il se fait passer pour plus jeune, par orgueil et goût de la mise en scène de son propre talent) et gardera même une correspondance de 20 ans avec le jeune écrivain (voir Correspondance Fante/Mencken, 10/1Cool.

Son premier roman Bandini, parait en 1938( bien qu'il ait déjà écrit précedemment le livre La route de Los Angeles' en 1933 et corrigé son ébauche vers 1936, lequel ne sera publié qu'après sa mort en 1986). Largement autobiographique, on y suit les pérégrinations du jeune Arturo Bandini, fils d'immigrés Italiens, habile rhéteur, manipulateur, joueur et jouisseur, chercher une place au soleil à partir de son Colorado natal. L'œuvre est habile, élégante, montre un Bandini/Fante sûr de lui et de sa folie, bien en adéquation avec la personnalité de Fante : menteur, joueur, il n'a pas hésité ici, et comme il ne cessera de le faire, de travestir la réalité, pour lui donner plus de substance, plus de goût, plus de puissance. Et l'effort marche à merveille : Bandini est un héros inimitable, border-line, toujours à chercher l'extrême et la nausée dans ses envies : l'art, la philosophie, les femmes. Bandini constitue le premier quart d'un cycle autobiographique constitué de La route de Los Angeles, Demande à la Poussière, et beaucoup plus tardivement de Rêves de Bunker Hill.

À l'époque de Demande à la poussière (1939), Fante est encore un gamin torturé et impulsif, qui s'est installé dans un petit hôtel tenu comme une pension de famille par une dame patronnesse. Fante vit alors seul, envoie de l'argent à sa mère dès que tombe un cachet de l'American Mercury, prophétise le monde, est sans cesse tendu entre deux abîmes : les femmes et la littérature.

Fante épouse en 1937 une jeune et belle éditrice, Joyce, puis publie Plein de Vie dont le succès lui ouvrira les portes d'une carrière de scénariste à Hollywood. Cette carrière fut vraisemblablement alimentaire pour Fante, qui regrettait la cruauté bruyante de son travail de romancier. Il ne quittera cependant jamais ce dernier, dictant encore à sa femme Joyce les épreuves de Rêves de Bunker Hill à 74 ans, aveuglé par des complications de son diabète.

Fante eut quatre enfant, dont l'écrivain Dan Fante.


Comme l'a relevé Charles Bukowski (qui a toujours vu en Fante un maître, le comptant comme une influence majeure sur son envie d'écrire ; il a même été l'artisan de la réédition des œuvres complètes de Fante chez Black Sparrow Press, éditeur de Charles Bukowski), l'œuvre de John Fante est marqué par le goût de l'excès, de la provocation, de la remise systématique en cause des certitudes, des conventions. Là où d'autres gosses font ce qu'on leur dit lorsqu'on leur demande de ne pas s'approcher de la fenêtre, Fante saute. Ce même besoin de goûter la vie ad-nauseam s'est reproduit dans sa vie, avec des situations de chaos permanent. John Fante/Bandini était un homme joueur, impulsif, et toujours effrayé à l'idée de passer à côté de la moëlle de la vie, angoissé par le train-train ronflant des gens heureux. Ce besoin de saveur a précipité l'auteur comme le personnage dans une vie troublée, infiniment riche, mais aussi invivable pour ses proches.

Bibliographie française

* La Route de Los Angeles, écrit en 1933, publié en 1986 chez Bourgois, existe aux éditions 10/18 (n°2028).
* Bandini, 1938, publié chez Bourgois en 1985, existe aux éditions 10/18 (n°1915).
* Demande à la Poussière, 1939, publié en 1986 chez Bourgois, existe aux éditions 10/18 (n°1954).
* Les Compagnons de La Grappe, 1977, éditions 10/18 ( n°2111).
* Pleins de Vie, 1952, éditions 10/18 ( n°2089).
* Mon Chien Stupide,1986, éditions 10/18 ( n°2023).
* Rêves de Bunker Hill, 1982, éditions 10/18 ( n°2056).
* L'Orgie 1933 fut une mauvaise année, 1985, éditions 10/18 (n°2071).
* Le Vin de la Jeunesse, 1985, éditions 10/18 (n°1998).
* Correspondance Fante/Mencken, éditions 10/18 (n°2344).
* Grosse Faim (nouvelles 1932-1959), publié chez Bourgois en 2001. Parution en 10/18.
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Hank
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MessageSujet: Re: John Fante   Jeu 24 Jan 2008 - 11:49

gunnmaiden a écrit:
Rien dans ce forum sur cet auteur exceptionnel??? Impossible, j'ai du mal regarder. Au risque de faire doublon, n'échappez pas à "demande à la poussière..


ça fait plaisir de lire des propos aussi enthousiastes sur ce grand écrivain, que je n'ai découvert que tout récemment, mais qui m'a marqué au point de me faire commander quasiment tous ses romans dans la foulée.

j'ai été estomaqué par la modernité de "Demande à la poussière", pour moi, ce roman aurait pu être écrit l'an dernier, on n'y verrait pas le moindre anachronisme. Et pourtant, Fante l'a écrit dans les années 30 Shocked J'aime ce genre d'autobiographie déguisée où l'auteur s'amuse avec lui même, mais lorsque c'est écrit avec une telle précision, une telle justesse, là je me régale !
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Snark
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MessageSujet: Re: John Fante   Lun 28 Jan 2008 - 19:46

Des 3 Fante que j’ai lu, un seul a été consommé en plus d’un jour… Passque ses mots sont à la fois légers et ployés par une implacable passion, on le sent; ils se cramponnent à sa vie tourmentée et jaillissent de son océan comme des bouées de sauvetage. Demande à la poussière est jusqu’ici mon préféré. Un roman remplit d’amour, d’humour et de tristesse. Livre idéal à glisser entre deux pavés de 600 p. de votre LLL. Wink
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Isidore Ducasse
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MessageSujet: Re: John Fante   Jeu 7 Fév 2008 - 22:12

J'adore John Fante, c'est un des écrivaisnq ue j'ai découvert grâce au forum, mais je n'en trouve pas très souvent en librairie, ou en bouquinerie, donc là je n'ai encore que "La route de Los Angeles" et "Arturo Bandini", et Bandini est un de mes personnages préférés, tous livres compris. C'est un des écrivains préférés de Bukowski, et je suis assez influencables par certains écrivains que j'aime, même morts.
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MessageSujet: Re: John Fante   Dim 10 Fév 2008 - 11:10

Demande à la poussière , un livre puissant, et un style à l'arrache, du genre écrit avec les tripes, j'ai eu le coup de foudre pour Fante avec ce livre là. aime
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MessageSujet: Re: John Fante   Dim 2 Mar 2008 - 23:15

Ils ont d'ailleurs fait un film récemment avec Demande à la poussière. Fante est l'auteur le plus cité par Bukowski outre Céline, dans ses louanges. Je pense donc le lire également, surtout pour sa légereté de plume tout de même coriace, qui fait la marque d'un Bukowski.

Si j'avais à choisir des écrivains à suivre, une tendance de plume, ce serait quelque part entre Tabucchi, Brautigan, Poulin, Vigneault, Laferrière, London et Malraux. Chaque auteur contenu dans mon pseudonyme est en réalité un durcissement de plume, comme pour parachever une quête encore embryonnaire.
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Queenie
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MessageSujet: Re: John Fante   Lun 12 Mai 2008 - 13:53

ai terminé Mon chien Stupide.
ça me laissera pas un souvenir impérissable. tout comme Les compagnons de la grappe que j'ai lu il y a quelques années.

c'est leger, ça se lit tout seul, c'est pas désagréable, mais franchement ça ne m'a pas fait un déclic. Question humour autour d'un mec râté et de l'embourgeoisement je préfère Tom Sharpe et sa réelle déconnade (là le chien qui veut baiser tous les mecs qui passent... ça m'a à peine décroché un sourire).
Il faut que je m'y fasse, je ne suis pas sensible à John Fante, et me demande pourquoi on en parle avec autant d'enthousiasme. Mais comme la vie est longue, je me dis qu'un jour je lirais Demande à la poussière et que je comprendrais peut être enfin le pourquoi du comment.

(Isidore Ducasse, stu veux, je te le file mon exemplaire de Mon chien Stupide, si t'es toujours à l'affût de ses livres et que tu n'as pas celui là)
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MessageSujet: Re: John Fante   Lun 12 Mai 2008 - 18:13

J'ai énormement aimé Demande à la poussière, Bandini, La route de Los Angeles, Le vin de la jeunesse. Mais après j'en ai lu deux autres sur lesquels je n'ai pas accroché (tellement d'ailleurs que j'ai même oublié les titres).
J'ai la sensation que c'est inégal, mais Queenie, il ya des merveille, et je pense que certains livres sont vraiment pour toi, je pense en particulier à Demande à la poussière, Le vin de la jeunesse (nouvelles) sont aussi à mon avis une excellente façon de rentrer dans cet univers.
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MessageSujet: Re: John Fante   Lun 12 Mai 2008 - 18:24

ouais, je le garde dans un coin de ma tête Arabella. Peut-être qu'à mon prochain tour en bouquinerie ou occaz je tomberais sur ceux que tu cites...

en fait, y'a des trucs biens dans ce livre (chien Stupide), même dans mes vagues souvenirs de la grappe, mais... il manque un peu de coup de poing dans ta face.. je sais pas, un truc. donc, je vais en essayer un troisième, parce qu'il a du potentiel le gars, suffit qu'on se trouve un terrain d'entente je pense.
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MessageSujet: Re: John Fante   Ven 13 Juin 2008 - 21:13

Queenie a eu la grande gentillesse de m'envoyer Mon chien Stupide. J'ai remarqué une grande différence entre ce livre et "La route de Los Angeles" et "Bandini", même si le personnage principal est toujours un immigré italien. Plus la même violence contenue. Mais plus d'humour, même si le fond est carrément tragique.

Au final, j'ai aimé. L'idée de centrer le livre sur un animal, à mon avis, rehausse bien cette sensation sous-latente de vide dans la vie du personnage, son manque, sa douleur d'être passé à côté de quelque chose. Quand on préfère son chien à ses enfants, c'est qu'il y a un problème. Le personnage n'est pas réellement attachant, mais on le comprend facilement, et il est tout de même touchant.
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MessageSujet: Re: John Fante   Sam 14 Juin 2008 - 9:00

contente qu'il t'est plu (en tout cas, plus qu'à moi)

bon. ça me conforte dans l'idée qu'il faut que je lise autre chose de cet auteur. One Day.
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MessageSujet: Re: John Fante   Lun 16 Juin 2008 - 16:55

Tu n'as lu que Mon chien Stupide? Ah, si c'est le cas, effectivement, il ressemble epu aux deux autres que j'ai lu, mon préféré étant "sur la route de Los Angeles". La personnalité de son Arturo Bandinni est bien plus drôle, plus complexe, plus cruelle aussi.
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