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 Joyce Carol Oates

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sousmarin
Zen littéraire


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MessageSujet: Joyce Carol Oates   Mer 31 Jan 2007 - 17:40

Vous aimez la littérature qui bouscule les idées reçues, des histoires subtiles, très bien écrites et agrémentées d’une critique acide des comportements humains mais avec des personnages attachants ?
Dans ce cas vous aimerez ses livres!
Couverte de prix littéraires mérités, cette américaine de 68 ans dépeint les travers de la société américaine, sans concession et avec une grande finesse.

Tous les ados devraient lire « Nulle et grande gueule » chez Gallimard Jeunesse. Une belle histoire d’amour que l’on pourrait qualifier de civique…
Pour ma part, j’ai une tendresse particulière pour ses œuvres de jeunesse « Le pays des merveilles », « Haute enfance » et « Amours profanes » mais ses livres qui m’ont le plus ému sont « Corky » et « Nous étions les Mulvaney ».

Pour ceux qui aiment les romans policiers, elle en écrit sous le pseudonyme de Rosamond Smith. Ils n’ont rien à envier aux meilleurs du genre…


Nulle et grande gueule :
2 adolescents américains. La première est mal sa peau, navigue entre colère et désespoir ; sa force de caractère et sa hargne en sport lui apportent un respect distant des autres élèves. Le second est un modèle, délégué de classe, journaliste dans la feuille de chou du lycée…
Ces surnoms se sont La Nulle qui les donne :
Joyce Carol Oates a écrit:
Je voyais bien que mes professeurs ne savaient pas quoi penser de moi. Il y avait Ursula Riggs, qui était une excellente élève, une fille sérieuse s'intéressant à la biologie et à l'art, et il y avait la Nulle, qui jouait au basket comme un Comanche et qui tenait des propos sarcastiques. C'était la Nulle qui était prédisposée aux sautes d'humeurs — lesquelles allaient du Noir d'Encre au Rouge Feu. Il pouvait m'arriver de quitter un cours en bâillant, ou de partir en plein milieu d'une interrogation écrite, d'empoigner mon sac à dos et de sortir. Mes notes se baladaient entre A+ et F. Dans un état d'esprit à peu près raisonnable, je savais que je courais le risque de rater mon test d'aptitude et de ne pas entrer dans une université d'un niveau acceptable à mes yeux mais, l'instant d'après, je haussais les épaules et éclatais de rire. Qui ça intéresse ? Pas la Nulle.
Ursula Riggs était une froussarde, qui avait peur de l'opinion des autres et de l'avenir. La Nulle n'avait rien d'une froussarde et se fichait de l'avenir. La Nulle, femme de guerre.

Arrive une accusation d’attentat à la bombe envers Grande Gueule et tous les masques sociaux vont exploser…

Dans ce roman se combine une grande tendresse envers ses « héros » et une critique acerbe de la société américaine. Où comment rester serein au milieu de l’hystérie collective…
Ce roman, sans hasard, ressemble au besoin des adolescents ; de l’espoir pour utiliser leurs forces et accepter leurs doutes…



Nous étions les Mulvaney :
La famille américaine idéale : Religieuse mais pas trop, pleine de bonnes intentions envers leurs prochains, très bien intégrée socialement, le père d’origine modeste mais ayant réussi à force de travail à monter sa propre entreprise, 2 garçons (le premier très bon en sport, l’autre surdoué) et une fille très belle…
Et puis le grain de sable, l’événement qui va faire exploser cette famille idyllique. Une chute inéluctable d’abord sociale puis morale et pour finir une désintégration totale !

Une très grand travail sur les personnages auquel on s’attache et que l’on ne peut plus lâcher. Le déroulement des faits est d’une logique implacable sans que la responsabilité de l’un ou de l’autre soit déterminante, on ne peut que se sentir en empathie avec chacun des membres de la famille qui participe pourtant à la destruction de l’ensemble.

La fin, comme toujours ambiguë chez Oates, mais plutôt heureuse, nous montre la fragilité du « bonheur » humain. Rien d’exceptionnel n’arrive dans ce roman, mais lui l’est…exceptionnel !


Le pays des merveilles :
Comment survivre au massacre de sa famille par son père ? Comment survivre dans ce « pays des merveilles » qu’est l’Amérique…
Nous plongeons, à travers les personnages, dans ce territoire excessif, tantôt miséreux voire terrifiant, tantôt fastueux et offrant une façade attrayante.
Jesse, le survivant, explore, s’interroge et nous voyons sur nos pages sa psychologie disséquée au scalpel et le corps des Etats-Unis est étalé devant nos yeux ébahis.
Ne faites jamais confiance à ce que vous croyez détenir comme vérité…


Blonde :
Blonde est un roman biographique sur la vie de Marilyn Monroe de sa naissance jusqu'à sa mort…Pendant près de 1000 pages nous sommes Marilyn car l’auteur a pris comme postulat de se mettre dans la peau de celle-ci !
Les faits sont scrupuleusement respectés…sauf ceux qu’elle invente mais qui sont d’une parfaite crédibilité, d’ailleurs sont-ils vraiment fabulés ? Puis l’auteur imagine, et elle imagine très intelligemment, les cheminements psychologiques qui amènent Marilyn à tel ou tel comportement…

Cette véritable descente aux enfers, nous la vivons, nous devenons fou ou plutôt folle…est-ce agréable ? Certes non…mais nous ne pouvons refuser cet enivrement…curiosité, compassion, colère nous en empêchent et nous lisons encore et encore ce « petit » chef d’œuvre que nous finissons le temps d’un souffle sur une robe blanche...


Dernière édition par le Lun 5 Fév 2007 - 19:39, édité 1 fois
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coline
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MessageSujet: Re: Joyce Carol Oates   Jeu 1 Fév 2007 - 13:57

Premier amour

Josie a onze ans. Après avoir quitté le domicile conjugal, sa mère l’a amenée à Ransomville. Elles y vivent dans la grande et austère maison d’une tante non moins austère. C’est la maison du révérend, en lisière des marais. Et la tante Esther, la veuve du révérend, un pasteur presbytérien, en est la gardienne.

« Sois sage pendant notre séjour ici, mon chat. Nous sommes aussi pauvres que des rats d’église et vois-tu, l’église, nous y sommes. »

La mère de Josie, Délia, est une belle femme, une séductrice, plus préoccupée d’elle-même et de ses amours que de la fillette. La petite est donc livrée à elle-même, à ses questions, ses explorations, ses peurs, ses troubles, ses rêves, ses fantasmes.

Le pire des malheurs va fondre sur elle avec l’arrivée de l’étrange cousin Yared. Un futur pasteur de 25 ans, froid, autoritaire et énigmatique qui fascine la fillette.

« -Jared est malade ? Il va mal ?
- « Malade » ? C’est quoi « malade » ? Qui va bien ? Crois-tu vraiment que si l’on nous examinait attentivement, l’une ou l’autre, nous irions « bien » à cent pour cent ? »


Ce texte court est d’une force extrême…d'une violence diffuse qui me laisse "sonnée"...
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coline
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MessageSujet: Re: Joyce Carol Oates   Jeu 1 Fév 2007 - 14:16

Délicieuses pourritures

Mon deuxième livre de Joyce Carol Oates…après Premier amour.
Etrange tout de même, admirable aussi, cette façon de parler d’horreur sans vraiment le faire…Mine de rien…Avec froideur, distance plutôt, et élégance…

J’admire l’écriture mais les univers dans lesquels Joyce Carol Oates nous emmène sont si malsains que je ne suis pas mécontente de refermer ses livres…

Avec ces deux tout petits ouvrages, je frôle l’overdose…

Mais merci sousmarin de m'avoir fait découvrir cet auteur…
Je vais y aller à dose homéopathique pour continuer à la lire …Parce que ça vaut vraiment le coup…

Sousmarin tu as dit une chose très juste:

" littérature qui bouscule les idées reçues, des histoires subtiles, très bien écrites et agrémentées d’une critique acide des comportements humains mais avec des personnages attachants"
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sousmarin
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MessageSujet: Re: Joyce Carol Oates   Sam 17 Fév 2007 - 0:11

Joyce Carol Oates écrit sous les pseudonymes de Rosamond Smith (romans policiers) et Lauren Kelly.

Concernant les romans policiers, ils n’ont rien à envier aux meilleurs du genre…sa spécialité ?
La tension psychologique…
Dans double délice, les roses ont des épines, dans Double diabolique, l’amour déçu laisse des corps ornés de pentagrammes… la gémellité est l’un des thèmes favoris de Rosamond…
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leiloune
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MessageSujet: j'adore cette auteure   Mar 20 Fév 2007 - 0:39

J'ai adoré Delicieuses Pourritures que j'ai lu en un seul souffle et dont je suis sortie comme sonné, incapable de lire autre chose jusqu'au lendemain. Ce roman est dense, violent, dérangeant, d'une grande beauté et d'une grande poésie malgré la dureté du propos.

J'ai lu récemment plusieurs ouvrages de cette auteure dont vous n'avez pas parlé et qui sont très bien :


* les chutes : l'histoire d'une jeune femme qui se croie maudite après que son mari se soit jeté dans les chutes du Niagara le soir de leur mariage. C'est très romanesque, il y a quelques longueurs mais c'est ce livre qui m'a fait découvrir et aimé Joyce Carol Oates.

*Confessions d'un gang de filles : journal intime (fictif)à la 3ème personne d'adolescentes qui incomprises par la société et surtout par les hommes fondent leur propre gang. L'histoire vire au drame bien sûr. Assez violente et déstabilisant mais très intéressant même d'un point de vue sociologique. (surtout pour la féministe que je suis)

*Je vous emmène : le parcours d'une étudiante solitaire et un peu paumée qui tombe amoureuse d'un étudiant noir dans les années 60

et je vais emprunter nous étions les mulvaney à la bibliothèque
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sousmarin
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MessageSujet: Re: Joyce Carol Oates   Mar 20 Fév 2007 - 0:57

Oh…je vois que l’on va bien s’entendre tous les deux, je peux te dire que tu vas te régaler avec « Nous étions les Mulvaney »… sunny
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Lou
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MessageSujet: Re: Joyce Carol Oates   Sam 3 Mar 2007 - 15:15

j'ai découvert récemment Joyce Carol Oates, avec "Je vous emmène".
Comme j'avais fait une critique très longue sur mon site et que je ne me vois pas vous infliger un texte aussi long ici, je mets seulement le lien pour les curieux : http://myloubook.hautetfort.com/archive/2007/01/26/jeune-fille-en-detresse-cherche-chroniqueuse-energique.html

J'ai en tout cas beaucoup aimé le contexte et le style. Ce livre m'a étonnée, car j'ai été surprise par la distance que l'auteur parvient à instaurer entre sa narratrice et le monde qui l'entoure... il s'agit pourtant de la période trouble du Civil Rights Movement, à peine évoqué dans ce livre... les obsessions de la narratrice sont ailleurs, et c'est peut-être cette originalité qui fait aussi la force de ce roman.

Avant tout, il s'agit d'un roman psychologique très fin. Et encore une fois, l'écriture est superbe !

J'ai "Beasts" (délicieuses pourritures) en attente... je vais sans doute le lire cette semaine et vous donnerai mon avis !
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Joyce Carol Oates   Sam 3 Mar 2007 - 17:59

J'ai repéré quelques titres de Oates à la médiathèque....je les lorgne pour quand j'aurai le temps (j'ai du pain sur la planche en ce moment). Mais je suis à la torture car vous me donnez envie de lire cette auteure américaine par vos commentaires cat

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MessageSujet: Re: Joyce Carol Oates   Sam 3 Mar 2007 - 18:13

Chatperlipopette a écrit:
J'ai repéré quelques titres de Oates à la médiathèque....je les lorgne pour quand j'aurai le temps (j'ai du pain sur la planche en ce moment). Mais je suis à la torture car vous me donnez envie de lire cette auteure américaine par vos commentaires cat


Idem pour moi... Sousmarin nous a donné le premier l'envie et j'ai Premier Amour en attente aussi .. avec quelques autres .

Les commentaires de Lou et de Coline font que je ne vais pas tarder à me plonger sur cet auteur dès que possible ...(et vous allez peut-être trouver celà stupide , mais je suis aussi sensible à ses couvertures , la plupart éditées chez Babel ,je crois ...petite maison que j'aime bien !
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Lou
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MessageSujet: Re: Joyce Carol Oates   Sam 3 Mar 2007 - 18:33

Je ne savais pas qu'elle était aussi publiée chez babel (chouette collection!). Les couvertures des éditions américaines font aussi envie Wink... il n'y a pas de mal à apprécier les jolies couvertures :lol!:
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Marie
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MessageSujet: Re: Joyce Carol Oates   Dim 4 Mar 2007 - 1:06

Je n'ai lu aucun des romans de Joyce Carol Oates dont parle Sous-marin, mais, récemment,et c'est une lecture qui ne s'oublie pas, contrairement à d'autres, "Les chutes".
Je crois que le prochain sera " Nous étions les Mulvaney", c'est le genre de "gros roman" que j'adore........

Les Chutes
traduit de l'anglais (EU) par Claude Seban
Ed Philippe Rey

Je trouve difficile de parler de ce livre.....Le résumer, en raconter l'histoire,c'est raconter l'histoire d'un sombre mélo, or c'est plus que cela à mon avis.
C'est dans le décor, le contexte, que Joyce Carol Oates nous expose les violences, les malhonnêtés, les perversions de son pays. Ou plutôt de notre monde. Elle le fait en petites phrases sèches, d'un réalisme cru dans la moindre des descriptions ( d'un cadavre qui remonte après un séjour prolongé dans l'eau, ou de caves envahies de boue......) . Aucun détail n'est laissé au hasard, comme pour dire au lecteur: " là, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.."
Ici, le contexte, c'est Niagara Falls. Haut lieu touristique , petite, puis grande bourgade, avec ses chutes -qui attirent les couples en voyage de noces et les suicidaires , et même ceux qui se suicident après un voyage de noces ( ce qui est très mal élevé, convenez en!) - son élite , ses industries et ses zones d'ombre, en l'occurence les quartiers hautement insalubres ,suintant de benzène et autres produits toxiques aimablement déversés par les usines voisines où les pères se tuent à nourrir leurs enfants qui meurent prématurément de leucémies ou autres cancers directement induits par les toxiques.Les services d'hygiène , quelque peu corrompus, attribuent ces pourcentages très anormalement élevés de décès à des gènes défaillants chez cette population , et mettront des années à être contraints à reconnaitre les faits. Et encore.......
Dans ce décor, Joyce Carol Oates fait évoluer, au fil du temps, des personnages qui me semblent en lutte constante contre un destin tracé par leur milieu social , même si certains en sont tout à fait inconscients.
Ce sont toujours des personnages au bord d'un gouffre, prêts à être détruits à la moindre défaillance, ou le moindre écart hors des sentiers tracés.Prêts à tomber dans les eaux tourbillonnantes des chutes. Pas de place pour les faibles, pour les gentils, pour ceux dont le cerveau un jour s'attarde sur la question:
" Oh, Monsieur Burnaby! Pourquoi les gens sont ils aussi mauvais? "
Le premier personnage, constant au cours du roman, est une femme, Ariah. Et quelle femme! Grâce au suicide de son premier mari au matin d'une nuit de noces cauchemardesque, elle échappe donc à un destin assez lugubre ( les premiers chapitres sont saisissants......) . Et dès lors, enfin, c'est comme cela que moi je la vois, elle se construit des rôles. Dans lesquels elle s'investit entièrement, de façon passionnée et même psychiatrique à certains moments, mais dont elle se départit de même, brutalement, sans aucun altermoiement dès lors que ces rôles ne lui plaisent plus, où qu'ils ne remplissent plus dans son existence ce qu'elle leur a demandé d'être. Elle semble construire des cloisons, des murs entre les différents épisodes de sa vie, comme si ceux ci n'avaient en fait jamais existé.La reine du déni, cette Ariah.

Et donc le rôle de la "veuve blanche des Chutes",qui attend des jours sans aucun repos la remontée du fleuve de l'homme qui a préféré mourir que de vivre avec elle, et va jusqu'au bout de l'horreur.
Celui d'épouse d'un notable de la ville, sans aucun recul, aucune concession,et dont l'ego n'admettra pas que cet homme joue pour une autre femme ( et quelles qu'en soient les raisons) le rôle qu'il a joué pour elle, c'est à dire le sauveur, le bienfaiteur, celui qui se porte au secours.
Celui de mère, enfin, d'enfants qui ne sont que des petites créations personnelles, des revanches, qu'elle veut modeler à sa guise, ce sont ses possessions.

Le deuxième personnage est donc son mari, Dick Burnaby .Avocat, riche, membre important de l'élite de cette charmante cité.....Sauf que déjà, et sans le savoir, en léger décalage. Un des ses aieux ( le genre dont on ne parle pas...) avait, à une époque, amusé les foules en marchant sur un fil au dessus du fleuve, jusqu'à sa chute, prévisible.
Dick Barnaby, c'est l'innocence du bien-né, attiré malgré lui par autre chose. C'est celui qui par deux fois a trahi sa caste , et la deuxième lui sera fatale. Celui qui commet l'erreur, inacceptable ,de "sousestimer la pourriture morale de l'adversaire",simplement parce que l'adversaire était à son image.

Et enfin ( ça commence à être long, mon résumé....), les enfants de ce couple. Tous trois porteurs d'une fêlure, d'un manque, chacun le sien selon leur âge au moment de la mort du père ( devenue un secret de famille dont Ariah n'a jamais accepté de reparler), et ce qu'ils connaissent ou découvrent de lui. Et plus il y a d'absence et de secret, plus il y a de souffrance.
Tous les trois trouveront quand même la force de résister ,chacun, de même, à sa façon. Par la raison chez l'aîné , l'opposition chez le second, la marginalité chez la troisième. Ce seront eux qui redonneront ensemble une identité- et une valeur- à leur père.
C'est en tout cas un beau roman, un de ceux que l'on lâche difficilement, construit un peu à la manière d'une tragédie, vibrant d'émotions, de colère et de révolte......
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coline
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MessageSujet: Re: Joyce Carol Oates   Dim 4 Mar 2007 - 13:59

Mon troisième Joyce Carol Oates sera sans doute Les chutes: merci Marie!
Et merci aussi à Lou pour cette chronique généreuse de "Je vous emmène"...

Mais j'y vais à petites doses avec cet auteur car son univers est tout de même assez tourmenté...voire "glauque" (je ne sais pas si cet adjectif convient mais je n'en trouve pas d'autre...)

J'aime beaucoup son écriture mais elle met surtout en lumière la face noire des humains...

_________________
"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)
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MessageSujet: Re: Joyce Carol Oates   Dim 4 Mar 2007 - 14:30

Comme le dit Marie, Oates a une littérature « vibrant d'émotions, de colère et de révolte »...je ne crois pas qu’elle mette en lumière que la face noire des humains mais elle ne l’occulte pas et met l’homme face à ses contradictions et pose une question simple lorsqu’elle décrit une situation…voulons nous d’une société qui aboutisse à ça ?

Il est clair qu’elle n’est pas une partisane de la société américaine actuelle…

_________________
Le chêne qui plie,
Défiant sa nature,
Montre sa force.
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MessageSujet: Re: Joyce Carol Oates   Dim 4 Mar 2007 - 18:22

Je viens de commencer à feuilleter mon précieux magazine Lire, tout juste arrivé chez moi.
Je viens de voir que Joyce Carol Oates fait partie des cinq finalistes du prix Sorcières, apparemment un prix jeunesse. Le livre concerné est "Zarbie les yeux verts".
En avez-vous entendu parler ? Je ne savais même pas qu'elle écrivait des livres de jeunesse !
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Nezumi
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MessageSujet: Re: Joyce Carol Oates   Dim 4 Mar 2007 - 18:30

Je suis aussi une grande fan de Joyce Carol Oates.

Ce qui me frappe (et me ravit) chez elle c'est son incroyable cadence de publication Shocked .

Car elle sort à peu près un roman tous les ans non ? Et presque toujours d'une grande qualité...
Mais comment fait-elle ???
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Joyce Carol Oates

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