
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
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kenavo Zen Littéraire

Messages: 22980 Inscription le: 08/11/2007 Age: 43 Localisation: Luxembourg
 | Sujet: Herman Bang [Danemark] Jeu 8 Oct 2009 - 17:34 | |
|  Herman Joachim Bang (né le 20 avril 1857 à Als, Jutland - mort le 29 janvier 1912 à Ogden City, Utah) était un écrivain et journaliste danois. Fils de pasteur presbytérien, Herman Bang fut très tôt orphelin de sa mère. Toute sa vie, il en ressentit une certaine frustration qui transparaîtra dans son oeuvre et notamment dans son premier roman Haabløse slægter (Familles sans espoir) écrit en 1880. Herman Bang fut également journaliste littéraire dont les articles paraîtront dans divers recueils, les premiers parus alors qu'il avait à peine 20 ans. La deuxième moitié des années 1880 le vit séjourner à l'étranger (Berlin, Vienne, Prague) d'où il écrivit de nombreux articles pour la presse danoise. Ces années furent les plus prolifiques d'Herman Bang. Influencé dans ses premiers romans par le naturalisme français, il évoluera ensuite vers l'impressionnisme. Ses oeuvres décrivent des existences manquées ou malheureuses. Homosexuel, refoulé par les codes moraux de l'époque, ses sentiments transparaîssent dans les relations hétérosexuelles de ses personnages. Il est considéré comme l'un des maîtres de la littérature danoise en ce qui concerne les descriptions de portraits psychologiques féminins. Il fut plusieurs fois adapté au cinéma. Il est mort aux États-Unis où il s'était rendu pour une tournée de conférences. Romans et nouvelles Haabløse Slægter (Familles sans espoir), 1880 Excentriske Noveller (Nouvelles excentriques), 1885 Ved Vejen (Au bord de la route), 1886. Porté à l'écran par Max von Sydow en 1988 sous le titre Katinka Stuk (Stuc), 1887 Tine, 1889. Porté à l'écran par Knud Leif Thomsen en 1964 Under Aaget (Sous le joug), 1890 Ti Aar (Dix ans), 1891 Mikaël, 1904. Porté à l'écran par Mauritz Stiller en 1916 et par Carl Theodor Dreyer en 1924 De uden Fædreland (Les Sans-Patrie), 1906source: wikipedia _________________ Celui qui se perd dans sa passion a moins perdu que celui qui a perdu sa passion. Saint Augustin
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 | Sujet: Re: Herman Bang [Danemark] Jeu 8 Oct 2009 - 17:34 | |
| Maison blanche / Maison grise| Citation: | Editeur Avec Maison blanche (1898) et Maison grise (1901). Herman Bang se tourne vers la pureté de l'enfance, et se livre à une sorte de "Recherche du temps perdu" intimiste et sensible, rythmée par le miracle des saisons, dominée par la figure d'une mère lumineuse bien-aimée et de personnages attachées déjà croisés dans Tine, roman admirable où il saisit la vie dans ses aspects les plus fugitifs et les plus significatifs. |
Pas pour rien que je pense au peintre Vilhelm Hammershoi ici quand je pense à Herman Bang - ses livres ont été édité en allemand avec pour la pluspart des cas une image de Hammershoi en couverture
Dans ces deux romans - qu'on peut lire indépendamment - il s'agit de l'enfance et de la jeunesse de Herman Bang. À chaque fois les maisons d'éditions ont quand même décidé de les réunir dans un livre. Pour cause. On devient ainsi témoin du changement du monde de l’enfant vers l’adolescence. Dans la maison blanche toute est paix, harmonie, joie. Il adore sa mère, elle est au centre de ce récit, de la famille, des enfants.. elle rayonne sur tout. Il y a la description des us et coutumes lors de fêtes, p.ex. Noël, des moments partagés avec des gens du village.
Tandis tout change avec le déménagement dans la maison grise. La mère n’est guère plus présente, on ressent qu’entre elle et le père il y a une mésentente.. et ainsi la jeunesse se termine. Il doit faire face de grandir, de se faire des soucis pour les études, l’argent…
La première partie est pour moi un peu trop mielleux (cet angle de vue des hommes pour leurs mères qui les transforment si facilement en Saintes est parfois étrange) – mais c’est tout à fait son style, j’adore l’écriture, c’est lumineux, clair, jolie.. La deuxième partie m’a un peu troublé parce que c’est assez souvent pas évident de savoir qui est en train de parler – les personnes n’ont plus de noms, mais des ‘titres’ : et s’est souvent pas facile de se retrouver entre ‘il – excellence’ et ‘il – autre chose’ et encore un autre ‘il – je ne sais plus qui’
Mais néanmoins ce livre m’a donné envie de vous ouvrir un fil – et j’en ai aussi trouvé un commentaire qui en dit que du bien, je vais le poster après. _________________ Celui qui se perd dans sa passion a moins perdu que celui qui a perdu sa passion. Saint Augustin
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 | Sujet: Re: Herman Bang [Danemark] Jeu 8 Oct 2009 - 17:35 | |
| Ecrits et chuchotementsGrisolia MichelMaison blanche, Maison grise: dans ce diptyque d'une saisissante beauté, le Danois Herman Bang (disparu en 1912) part à la recherche du temps perdu. Beau comme du Bergman
Au royaume de Danemark, la madeleine de Proust se sert avec des fruits rouges. Sous la lampe à huile de la mélancolie, comment se souvenir mieux de son enfance au presbytère que le visage tout barbouillé de jus de mûre, de la même manière que l'on faisait la nique à un père pasteur luthérien maniaque de la propreté, à une mère généreuse, sublime, un peu folle, qui déguisait ses servantes et prenait les poupées pour des êtres humains?
Avec une infinie douceur, que son nom n'annonce pas, Herman Bang (1857-1912) consacre à la recherche du temps perdu et, surtout, de cette mère que la tuberculose lui enleva quand il avait 14 ans, un diptyque d'une beauté saisissante. Baigné par ces lumières du Nord qui ont ici la transparence du cristal, Maison blanche, le premier volet (1898), égrène en flocons d'allégresse, parfois de tristesse, l'éphéméride d'une vie à la ferme, au tournant du siècle, pendant ces hivers qui durent des années. Ce sont des fragments de mémoire impressionnistes, des confidences suspendues au bord de l'inavouable, des tableautins discrètement musicaux, ineffaçables: voici un sapin de Noël qui s'embrase, des perce-neige sur le chapeau du palefrenier, un air de clavecin, la marmaille du forgeron, monsieur le Maire et madame, la fille du maître d'école, les ragots qui entrent par la porte de la buanderie ou la chanson qu'on voudrait entendre à l'instant de mourir, dans un dernier rougeoiement de braises. Sans oublier tous les fantômes qui glissent entre les pages, souriant aux enfants de la cave au grenier. Fanny et Alexandre, le chef-d'oeuvre tardif de Bergman, n'est pas loin, avec le rigorisme et la magie, les rires, l'angoisse profonde et la douleur; on ne s'étonnera pas que Max von Sydow, le grand acteur bergmanien, ait choisi pour son premier essai de réalisateur un autre admirable récit de Bang, Katinka. Au bord de la route (Calmann-Lévy).
Daté de 1901, le second volet, Maison grise, durcit le ton autour de la figure du grand-père, dont le coeur serait moins amer si ses écrits avaient su émouvoir un éditeur. On y retrouve la mère souveraine et d'autre personnages croisés précédemment dans Tine (Stock), histoire d'une jeune femme sacrifiée. Ainsi que la fascination de l'auteur pour les destins solitaires, l'inéluctable déclin, le froid de la terre et de l'homme.
Herman Bang eut beau écrire Existences tranquilles, la sienne ne le fut pas. Son premier roman, Familles sans espoir - tout un programme! - fit scandale: dans cette Phèdre à Copenhague, Hippolyte soupire non pas pour Aricie mais pour des éphèbes. Bang vivra sa différence en voyageant. Metteur en scène, comédien, il monte Ibsen au théâtre de l'?uvre, à Paris, Strindberg à la Renaissance, avec Réjane. Son anxiété chronique frappe Lou Andreas-Salomé. Thomas Mann, Musil le lisent et s'enthousiasment. Dans Le Tournant, Klaus Mann loue les vieillards pétrifiés de Maison grise. Claude Monet, que Bang campera dans Mikaël, le fête comme un égal pour sa manière sensible, discontinue, qui montre plus qu'elle ne raconte. Au nombre des admirateurs on compte aussi Dreyer et Murnau; l'un et l'autre adapteront Bang à l'écran. Peu avant de mourir, dans l'Utah, lors d'une tournée de conférences, Herman l'errant refusa le Nobel, pour le bonheur de Maeterlinck. Rien de plus naturel, au fond, que ce dédain des ors et des honneurs chez un écrivain des ténèbres qui sut si bien ramener parmi nous ses chers revenants, un peu à la façon des Gens de Dublin tels que les filma Huston, dans leur écrin de désolation, de silence et de neige, juste avant la nuit.source _________________ Celui qui se perd dans sa passion a moins perdu que celui qui a perdu sa passion. Saint Augustin
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 | Sujet: Re: Herman Bang [Danemark] Jeu 8 Oct 2009 - 17:37 | |
| message de Burlybunch, pris du fil 'vos lectures du mois'| Burlybunch a écrit: | | kenavo a écrit: | | Burlybunch a écrit: | | autrement, je termine Katinka d'Herman Bang, | et??  |
Eh bien c'est assez curieux, il ne livre rien de ses personnages/leur interiorité explicitement, mais laisse au lecteur le soin d'en saisir un portrait par touches disséminées ci et là (Monet lui aurait d'ailleurs dit, dixit la préface du livre: "Vous êtes le premier écrivain impressioniste!"), à travers un geste/une parole etc. apparement insiginifiants et en se permettant parfois de glisser lui-même une allusion/un jugement en insistant légèrement sur un mot, par la construction ou le passage à l'italique. L'écriture est dans ce sens vraiment très scénique et subtile, et pas toujours évidente à suivre. Plutôt qu'une action propre/dynamique, on passe généralement par une série de plans figés extrêmements riches, et j'ai pour ma part souvent du mal à ordonner ce qu'il s'y trouve. Sans ça, ça me plaît beaucoup. C'est une façon de faire très intéressante, bien que Bang est assez fataliste dans ses études, celles-ci semblant toutes devoir mener à la souffrance. C'est un auteur que j'approfondirai! |
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 | Sujet: Re: Herman Bang [Danemark] Jeu 8 Oct 2009 - 18:20 | |
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