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 Imre Kertész

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bertrand-môgendre
Sage de la littérature


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MessageSujet: Imre Kertész   Sam 28 Avr 2007 - 11:10


Le refus de Imre Kertész
Poche: 350 pages Editeur : Actes Sud (29 août 2006) Collection : Babel
ISBN-10: 274276285X ISBN-13: 978-2742762859

Présentation de l'éditeur
Autobiographie romanesque à la troisième personne, Le Refus est la pièce centrale d'un triptyque de "l'absence de destin" également composé d'Etre sans destin et de Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas. Le Refus est d'abord celui des éditeurs de la période stalinienne en Hongrie qui rejettent le roman Etre sans destin. Empêché de rendre publique son approche littéraire de l'expérience concentrationnaire, Kertész entre dans une sorte de douloureuse paralysie. Le Refus est ensuite celui de l'écrivain qui n'abandonne pas et reprend la plume. La deuxième partie du roman raconte l'histoire d'un personnage étrange qui revient dans sa ville après une longue absence et se confronte aux nouveaux maîtres du pays... Souffrance, lucidité, ironie, refus de tout totalitarisme : tels sont les éléments essentiels de l'œuvre d'Imre Kertész. Et telle est la valeur universelle de son art.

Biographie de l'auteur
Né dans une famille juive de Budapest en 1929, Imre Kertész a connu la déportation en 1944. Ecrivain de l'ombre pendant quarante ans, il a reçu le prix Nobel de littérature en 2002. En France, son œuvre est publiée par Actes Sud.

Mon commentaire : l’auteur (l’être (face à lui-même (donc seul) (sans arrière-pensée))) écrit vrai.

Ecriture : par une profusion de parenthèses, tirets et autres répétitions de texte compulsif, l’auteur annonce très clairement qu’il nous présente :
-soit un ouvrage inachevé, les parenthèses révèlent alors les brouillons des idées à développer ;

-soit un cri chuchoté, face à l’adversité d’un pouvoir en place, le taiseux bien ordonné petit soldat de plomb (les fans d’Abdel Malick aprècieront), à plus de chance de survie que le révolté.
La cachette, seule refuge dans le secret duquel il peut murmurer par écrit ses ressentiments envers les représentants de l’ordre, charger entre autre de détruire le mâle pensant (je n’emploierai pas le mot Kärcher, pour éviter les poursuites).
Signer ainsi son écriture avec autant de non-dit, de mots tus, de pensées étouffées dénote la puissance du pouvoir totalitaire hongrois.

-soit qu’il signifie, la constance du romancier de vouloir en permanence trouver le mot juste. Des précisions méticuleuses gageures d’un esprit en effervescence.

En Hongrie, s’exprimer, même par écrit, relève du parjure, tout comme la franchise se paye le luxe d’une abnégation dévote, rutilante.

Une manière de rentrer dans les circonvolutions passives d’un auteur à la recherche d’espace libre. Avant de camper un personnage, avant de construire son décor, l’écrivain hésite, se rassure, revient sur une idée, la complète ou l’abandonne, la repêche jusqu’à ce que, peu à peu se métamorphose la logique de sa recherche, la certitude de sa quête d’absolu.

Dépouillé jusqu’à la complexité des empilement asymétriques, l’architecture assimile les défauts des matériaux pour en extraire l’ultime huile essentielle nécessaire au ravissement de sa prose féconde.

Du langage écrit comme pensées multicouches sans ligne de conduite prioritaire
C’est une caserne. C’est une prison. C’est une cellule à porte blindée ouverte, avec du bleu noirci, du vert grisé ou du rouge limé. Ces affres de lumières éponymes de clartés, s’embouchonnent l’échappatoire côté sud par un feu tricolore au rouge ultra vif, en un sens interdit tentant.

Qui tire en soi les fins fils d’espoir incongru ? L’avenir, au ciel constellé de miettes de pain pré-maché passe t'il à travers les murs ?

Imré je te sens, je te vis, tu m’en vis sourdine collusion de notre rencontre peu probable, laquelle est choc et choppe ta bière contre mon verre pas encore délétère.

Récit des espoirs, habillé de petites mains fécondes, d’où colère et envies ont quitté la crasse de sous tes ongles
Chaque centimètres carrés s’arroge le droit d’existence, qu’il soit meuble auvent, ils sollicitent l’un des ordres, l’autre comme des nids de l’ignorance, le suivant comme la peur de l’absence.
Une fois retrouvés, il faut sans cesse contrôler la présence des proches pour s’assurer d’eux si vivant, d’eux seuls, si vrais.(bertrand-môgendre)
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Imre Kertész   Dim 24 Fév 2008 - 15:59

Pour dépoussiérer, je dépoussière... Mais les écrivains hongrois ont attiré mon attention, surtout Kertesz.

À date, j'ai lu le livre Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas. De plus, j'ai vu le film Être sans destin. Sa philosophie d'un certain univers concentrationnaire, en même temps que lumineuse... a de quoi faire voir la vie autrement.

À mon sens, Être sans destin est ce qui approche le plus de ma vision de l'Option Sourde.
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Bibi
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MessageSujet: Imre Kertesz et le Cortège de Hérons blancs   Jeu 17 Avr 2008 - 23:36

Il y a quelques années, je ne me souviens plus, j’étais tombé sur “Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas” et j’avais poursuivi avec “Etre sans destin“, deux livres qui m’avaient bouleversé. A cette époque, je cherchais – sans trouver - d’autres choses de l’écrivain hongrois, Imre Kertész. Aujourd’hui, je viens de finir « Dossier K. » (chez Actes-Sud), un livre d’entretiens avec un de ses amis. Imre Kertesz, rescapé d’Auschwitz et de Buchenwald, rapporte ce mot allemand « Weltvertrauen » qu’il a emprunté à Jean Améry, autre survivant. Ce mot, on pourrait le traduire par « la confiance accordée au monde », confiance basique, indestructible.

Malheur à qui la perd : il est perdu.

« Il est difficile de vivre sans cette confiance. Une fois qu’on l’a perdue, on est condamné à vivre éternellement seul parmi les hommes. On ne voit plus jamais en autrui son prochain, mais son ennemi. »
Mais ce qui m’a frappé et pris à la gorge, c’est la façon dont Imre Kertesz règle, dans l’entretien, la formule de son interviewer qui lui demande ses « gouts littéraires ». Là, on sent poindre l’agacement, la colère rentrée d’Imre Kertesz. Rappelons que les deux auteurs qui ont changé sa vie furent Thomas Mann ( avec la nouvelle : « Les Enfants de Wotan » et le roman « Mort à Venise » ) et Albert Camus ( avec « L’Etranger » traduit en hongrois en 1957).
Imre Kertesz remet alors - respectueusement mais fermement - les choses à leur juste place :
« Cette expression de goûts littéraires recèle quelque chose d’arbitraire qui ne correspond pas à la réalité. On dirait que je feuillette avec suffisance un très gros livre de « littérature », puis que je pose le doigt sur ces deux auteurs : voici mes goûts littéraires. En réalité, ça ne s’est pas passé ainsi. Ces deux auteurs ont fait irruption dans ma vie comme une catastrophe, au sens de bouleversement radical. Il est vrai que je les avais choisis, ces auteurs, mais je n’aurais pas pu ne pas les choisir ».

Là, une révélation décisive par la rencontre fortuite de ces deux écrivains.
Ailleurs encore, d’autres bascules, d’autres humains qui connaissent ces bouleversements, ces points-pivots qui vous changent une vie entière. Rama Krishna par exemple. C’est Hugo Von Hofmansthal qui rapporte ce qui fut décisif dans la vie du sage hindou, cette expérience qui le singularisa entre les hommes et fit de lui un Saint.

« Il se passa simplement ceci : il allait par la campagne, au milieu des champs, jeune garçon de seize ans, quand il leva son regard vers le ciel et vit un cortège de hérons blancs traverser le ciel à une grande altitude et rien d’autre, rien que la blancheur des créatures vivantes ramant sur le ciel bleu, rien que ces deux couleurs l’une contre l’autre, cet ineffable sentiment de l’éternité, pénétra à l’instant dans son âme et détacha ce qui était lié , lia ce qui était détaché, au point qu’il tomba comme mort ; et lorsqu’il se releva, ce n’était plus le même qui s’était effondré ».

La Vie : toujours plus grande, plus riche, plus incroyable que ce qu’on croit.

BiBi ( Tu peux mettre le lien vers ton blog dans ton profil mais pas dans les posts – il apparaîtra à la fin de chaque message sous le bouton WWW. Portouverte Wink )
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MessageSujet: Re: Imre Kertész   Ven 18 Avr 2008 - 8:22

Bonjour bibi bonjour Ce serait bien que tu écrives un petit mot de présentation afin de que nous te connaissions un peu plus Wink
C'est ICI

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MessageSujet: Re: Imre Kertész   Ven 18 Avr 2008 - 9:35

Imre Kertesz ...un auteur que je dois découvrir...

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"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
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Wittgen
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MessageSujet: Re: Imre Kertész   Mar 13 Oct 2009 - 11:15

Bibi a écrit:

"Cette expression de goûts littéraires recèle quelque chose d’arbitraire qui ne correspond pas à la réalité. On dirait que je feuillette avec suffisance un très gros livre de « littérature », puis que je pose le doigt sur ces deux auteurs : voici mes goûts littéraires. En réalité, ça ne s’est pas passé ainsi. Ces deux auteurs ont fait irruption dans ma vie comme une catastrophe, au sens de bouleversement radical. Il est vrai que je les avais choisis, ces auteurs, mais je n’aurais pas pu ne pas les choisir ».

[/color])


Beaux mots.


Je suis étonné que le fil n'ait pas eu plus de succès. Même si, plus encore que Müller peut-être, Kertész était un Nobel surprise peut-être déjà un peu oublié.

Je voulais lire ce fil car j'ai entendu le début d'une rediffusion d'entretien avec lui à France Culture cette nuit (minuit et demie) mais je me suis rapidement endormi et l'émission n'est pas réécoutable sur le site.
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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Imre Kertész   Mar 13 Oct 2009 - 22:41

J'ai lu Etre sans destin qui m'a aussi impressionnée que le fameux témoignage de Primo Lévi.

J'ai également lu Liquidation qui parle des séquelles de la guerre chez un adulte né dans un camp de concentration, sans avoir cette chance de connaître sa mère.

_________________
Et ce qui fait la beauté des choses, c'est notre attitude personnelle. Olivier de Kersauson
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Imre Kertész

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