aériale Zen littéraire

Messages: 9898 Inscription le: 01/02/2007 Age: 54 Localisation: Le Sud
 | Sujet: Claudia Pineiro [Argentine] Ven 3 Juil 2009 - 8:48 | |
| Claudia Pineiro Claudia Piñeiro est née en 1960, dans la province de Buenos Aires. Elle est romancière, dramaturge et auteur de scénarios pour la télévision. Ce roman a été récompensé par le prix Clarín 2005. Les Veuves du jeudi Traduit de l'espagol par Romain Magras
Présentation de l'éditeur | Citation: | | Au-delà des grillages et des barrières de sécurité se cache un écrin de verdure à la périphérie de Buenos Aires ; un havre de paix pour "gentlemen", à l’abri du tumulte d’une capitale grouillante et tentaculaire. Ici, on est entre gens de bonne compagnie. Une poignée d’amis se réunissent chaque semaine, loin des regards, pour discuter entre hommes. Les épouses, exclues de ces soirées, s’appellent avec humour "les veuves du jeudi". Un veuvage somme toute agréable, jusqu’à ce funeste jour de la fin septembre 2001 où la plaisanterie s’avère prémonitoire : les hommes sont retrouvés électrocutés au fond d’une piscine. L’attitude du seul rescapé laisse à penser que ce pourrait ne pas être le tragique accident qu’il y paraît. Derrière les façades clinquantes on découvre les grands secrets et les petites misères de ces nantis. Le regard est ici sans complaisance sur une société hypocrite et ostentatoire, dénuée de scrupules, tandis qu’approche l’effroyable crise économique qui a mis l’Argentine à terre. Déliquescence, chute annoncée d’une bourgeoisie affairiste, à mesure que la situation économique se dégrade croît l’impérieuse nécessité de nier l’évidence, de maintenir à toute force ce standing garant d’un certain statut social. Jusqu’à choisir l’impensable pour préserver les siens, les mettre définitivement à l’abri, tant du besoin que de la médiocrité de la plèbe |
Le roman débute par la voix d'une de ces "veuves", ainsi dénommées car leurs maris ont pris l'habitude de se retrouver entre eux le jeudi soir. On comprend tout de suite que quelque chose vient de se passer, mais quoi exactement? L'auteur nous fait ainsi plonger dans cette atmosphère trouble à la façon d'un cinéaste de film noir, s'attachant à des détails qui prendront leur sens plus tard.
Pour l'instant on suit Virginia, elle est l'agent immobilier qui a fourni la plupart des villas à ces habitants et elle les connait tous. Elle a même des fiches...Mais derrière les élégantes fenêtres, au delà des pelouses bien tondues ou des habitudes bien réglées, se camoufle ce qui commence à se déliter sournoisement. Un standing de pacotille, une bourgeoisie qui s'ébranle, et une crise économique dont l'ampleur n'est pas encore évidente mais qui va dévaster peu à peu les fondements de ce microcosme déconnecté du réel, figé dans ses certitudes.
Claudia Pineiro est un maître en la matière. Sa façon de nous introduire à travers les pensées de chacun, dans leur intimité, et de nous révéler peu à peu leurs secrets, toutes ces choses que l'on cache pour maintenir coute que coute les apparences, est réellement prenant. On est proches d'eux (un peu plus de Virginia à cause du "je") mais on garde cette retenue de bon ton qui nous fait dévorer les pages pour en apprendre un peu plus. L'auteur sait magnifiquement jouer de cette bonne distance, ses anecdotes sont autant d'indices subtilement parsemés pour bien nous imprégner de cette atmosphère, feutrée mais subtilement féroce.
C'est la description d'un monde en perdition, cloitré derrière ses privilèges, qui refuse de voir au delà de ses murs parce que tout simplement il n'a plus de repères et qui fint par sombrer. Excellent!
| Citation: | je regardai devant nous, vers le chemin qui nous ramenait à la route; il était désert; Je passai mon badge devant le lecteur et la barrière se leva. Dans le rétoviseur, il y avait les yeux de Juani et de Romina; ils observaient les miens. Ronie me tapa sur la cuisse pour que je le regarde. Il avait l'air effrayé. Je lui demandai : "tu as peur de sortir?" |
_________________ Après tout, la meilleure façon de parler de ce quel'on aime est d'en parler légèrement. Albert Camus
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kenavo Zen Littéraire

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 | Sujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine] Ven 3 Juil 2009 - 16:28 | |
| Depuis que je l'ai eu en main dans ma librairie, ce livre me tente.. et maintenant il vient de me poursuivre jusqu'ici Merci en tout cas pour ton commentaire - vraiment très tentant Plus besoin de le noter, c'est déjà fait..  _________________ Celui qui se perd dans sa passion a moins perdu que celui qui a perdu sa passion. Saint Augustin
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 | Sujet: Re: Claudia Pineiro [Argentine] Ven 3 Juil 2009 - 17:58 | |
| Oui...laisse toi faire Kena, tu ne le regretteras pas! Il n'est pas encore très connu mais je suis tombée sur une critique d'une ancienne Parfumée (Sahkti) sur le web et elle a aussi adoré! | Sahkti a écrit: | | J'ai particulièrement aimé l'élégance de la plume de Claudia Piñeiro, sa manière sensible d'évoquer à pas feutrés ce qui ne peut être dit en pointant le doigt là où réside la douleur. Un excellent roman que je ne peux que conseiller tant il vous emporte dans un autre monde, pas vraiment glorieux mais terriblement envoûtant. |
Sources ici _________________ Après tout, la meilleure façon de parler de ce quel'on aime est d'en parler légèrement. Albert Camus
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kenavo Zen Littéraire

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