Parfum de livres…parfum d’ailleurs

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 John Cheever

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Bédoulène
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MessageSujet: John Cheever   Jeu 1 Nov 2007 - 20:58



le 1er livre que je lis de cet auteur :




Ce livre est judicieusement composé. J'aime beaucoup l'écriture directe.

"Ce fut assis sur une plage l'été suivant
(j'avais déjà vu la photographie dans le magazine dentaire),
que je décidai, en vertu d'une ficelle de cerf-volant,
que le projet de ma vieille mère folle
- crucifier un homme - était judicieux et que j'irais
m'installer à Bullet park afin d'assassiner Nailles."




à bientôt


Dernière édition par le Jeu 1 Nov 2007 - 22:11, édité 1 fois
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Babelle
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MessageSujet: Re: John Cheever   Jeu 1 Nov 2007 - 22:01

Je n'ai pas lu John Cheever, mais voilà un style qui me plait bien!
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kenavo
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MessageSujet: Re: John Cheever   Mar 29 Avr 2008 - 12:07

Puisque le nom de John Cheever est apparu ces derniers temps lors d'une discussion sur des auteurs créant de forts sentiments dans leurs nouvelles - je me suis demandée, s'il avait déjà un fil parmi les Parfumés.
Il y est.. mais un peu sous-développé Wink

Pour l'instant on pourrait peut être parler de lui, parce que son roman Les Wapshots vient d'être publié en poche.


Citation:
Résumé
Saint-Botolphs est un vieux bourg au fond d'un estuaire. Peuplée de loups de mer et de vieilles dames excentriques, la petite ville a connu ses jours de gloire au temps des grands voiliers avant de glisser dans la somnolence du déclin. Léandre Wapshot, dont le journal intime constitue une grande partie du roman, tourmenté par son épouse et l'étonnante et tyrannique tante Honora, assiste à la dislocation de son univers. Il voit ses deux fils, Moïse et Coverly, les derniers Wapshot, quitter la ville pour voir le monde et faire leurs preuves, l'un à Washington, l'autre à New York…



John Cheever a obtenu le National Book Award pour Les Wapshot, son premier roman, auquel il donnera plus tard une suite avec The Wapshot Scandal. À la fois tragique et drôle, ce récit picaresque et grivois dévoile les faux-semblants et les excentricités provinciales, la fragilité des rituels sociaux des authentiques Yankees, et inscrit cette chronique familiale dans la tradition de Trollope, Dickens et Henry James.



J'ai fait la connaissance de cet auteur avec ce livre.
On approche de plus en plus de l'été.. des vacances.. quoi de plus joli de partir avec un livre qui garantie de passer un bon moment Wink

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: John Cheever   Mar 29 Avr 2008 - 21:11

Euh, hélas oui Kenavo je n'ai pas su trouver les mots pour défendre Bullet Park, mais c'est vraiment un livre à lire.

La description des personnages, de leur évolution, dans la vie est surprenante.
Les relations entre les couples, les voisins sont parfois déroutantes mais traduisent bien de la mentalité de cette classe à cette époque.
Certains sont heureux parce qu'ils croient l'être.

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kenavo
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MessageSujet: Re: John Cheever   Mar 29 Avr 2008 - 21:15

Bédoulène a écrit:
Euh, hélas oui Kenavo je n'ai pas su trouver les mots pour défendre Bullet Park, mais c'est vraiment un livre à lire.
Oh non, ma chère Bédoulène, je ne voulais en aucun cas te faire un reproche - mais je trouvais justement que cet auteur était un peu 'caché' - et voulait remonter le fil pour donner peut-être à d'autres l'envie de faire connaissance avec lui.

T'as déjà bien fait d'ouvrir le fil.. et on n'a qu'à faire un peu de pub pour que cet auteur trouve des lecteurs parmi les Parfumés Wink

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bix229
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MessageSujet: John Cheever   Mar 17 Juin 2008 - 20:11

DEJEUNER DE FAMILLE. - Joelle Losfeld. - 2OO7

Dans toutes ses nouvelles, Cheever décrit un moment de crise dans la vie de ses personnages.
Quelque chose arrive soudain, souhaité ou non, et tout s'emballe et se précipite alors.
L'univers de Cheever, c'est la classe moyenne américaine. Et dans cet univers-là, rien n'est sur ni garanti. On se console comme on peut en attendant le pire. On essaie de le devancer ou de le fuir...
Et après l'explosion, on finit par se replier sur un endroit personnel, toujours plus petit, mais jamais à l'abri de rien. Et surtout pas de l'absurdité.
A preuve, cette nouvelle qui raconte l'histoire d'un puisatier qui, pour fuir les avances pressantes d'une cliente, s'enfuit en Union Soviétique, au moment précis où Krouchtchev est démis de ses fonctions.
Pendant les 48 heures de son séjour, il tombe raide amoureux d'une interprete,
et comme on ne badinait pas avec l'amour dans ce pays et à cette époque, il est renvoyé dans son pays précipitamment.
Il a une correspondance amoureuse et poétique avec son interprète, jusqu'au jour où il est convoqué au Département d'Etat. Et là, on lui
apprend que leur correspondance a été ouverte et qu'il est soupçonné
d'échanger des informations codées avec une espionne soviétique.
Et on lui propose de collaborer avec le Département d'Etat pour désinformer
le camp d'en face !

"Il n'entendit plus jamais parler du Département d'Etat. Avaient ils fait une
erreur ? Etaient ils idiots ou désoeuvrés ? Il ne le sut jamais. Il écrivit à Natasha quatre lettres très circonspectes... Il n'y eut pas de réponse. Il attendit une lettre d'elle pendant environ un mois... Quand le temps se réchauffa, il fut content d'entendre le bruit apaisant de la pluie, il y avait au moins cela.
L'eau, l'eau."
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kenavo
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MessageSujet: Re: John Cheever   Mar 17 Juin 2008 - 21:42

bix229 a écrit:
DEJEUNER DE FAMILLE. - Joelle Losfeld. - 2OO7

Dans toutes ses nouvelles, Cheever décrit un moment de crise dans la vie de ses personnages.
Quelque chose arrive soudain, souhaité ou non, et tout s'emballe et se précipite alors.
L'univers de Cheever, c'est la classe moyenne américaine. Et dans cet univers-là, rien n'est sur ni garanti. On se console comme on peut en attendant le pire. On essaie de le devancer ou de le fuir...
C'est bien de mentionner les nouvelles de Cheever.
Après que j'avais fait mon petit message sur ce fil, il y a quelque temps, j'ai trouvé par la suite un recueil de ses nouvelles en anglais.. et je prends ces dernières années de plus en plus plaisir dans cette forme de littérature Wink

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aériale
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MessageSujet: Re: John Cheever   Mer 18 Juin 2008 - 8:08

C'est intéressant ce qu'en dit Bix ...Justement je tournais autour de cet auteur depuis un petit moment ayant repéré Déjeuner de famille à la librairie (belle couverture en plus Wink )

Télérama du mois dernier lui consacre un très bon article à propos du suivant: Le ver dans la pomme
Citation:

John Cheever (1912-1982), électron libre de la nouvelle, de la phrase langoureuse, sinueuse jusqu'à la menace sourde, semble écrire à l'intuition. Il est maître de l'imperceptibilité, des aveux refoulés, des amours cadenassées. Il cherche derrière des pots de confiture, s'attarde sur des fleurs fanées, tambourine à une porte close, se fige devant un paysage muet, et met en scène l'ivresse du rien, du vide. Il emmène tout son petit monde, hommes, femmes, enfants, dans des défaites intimes sans jamais les accabler. Il embraye sur quelques phrases faussement anodines, accélère, et, au détour d'un mot, révèle l'entourloupe. Cheever est un pudique, un écrivain qui fait de l'élégance et du non-dit un art à part entière ...
Cheever ironise, s'amuse de tous ces petits arrangements bêtement humains, pique ici ou là ses personnages, ses compatriotes, comme s'il voulait les réveiller, leur donner une seconde chance, et se sortir lui-même d'une aliénation latente, d'une décadence inévitable. La subversion, chez ce dandy de Cheever, a des allures de vieilles dames effarouchées aux cris imperceptibles - de tout petits « oh ! ».

C'est signé Martine Laval et en général je ne suis jamais déçue par ce qu'elle cite...Alors je pense commencer par celui-ci miammiam

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Après tout, la meilleure façon de parler de ce quel'on aime est d'en parler légèrement.
Albert Camus
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MessageSujet: Re: John Cheever   Jeu 26 Juin 2008 - 17:32

Citation:
L'imparable fragilité de l'être

Éric Neuhoff

John Cheever - On retrouve dans ce recueil de nouvelles la fameuse touche de désastre qui caractérise sa vision de l'humanité.
Il doit bien y avoir un secret, quelque chose. Leurs vies ne peuvent pas être aussi désespérantes, avoir un tel goût de ratage. Les personnages de John Cheever ont tous cette fêlure dont parlait Fitzgerald. Ses nouvelles possèdent la mélancolie, la fausse limpidité des morceaux d'Erik Satie. Elles se lisent entre les lignes : c'est là qu'on repère la fameuse touche de désastre. Ça a l'air simple comme bonjour, mais ces paragraphes recèlent des profondeurs insondables.

Qui, mieux que Cheever, aura décrit la middle-class américaine, ces trains de banlieue, ces pelouses impeccablement tondues, ces cocktails entre voisins où les invités se mettent soudain à parler un peu trop fort. Un détail, une bricole, et le vernis craque. Sous les costumes Brooks Brothers, le dépit, la frustration, la violence. Il s'agit de grands mots. Cheever n'en utilisait aucun dans le genre. Le quotidien était son domaine. On se rend au bureau par habitude. Les vacances se déroulent à Long Island. Les maisons jouent souvent dans ces textes un rôle qui n'est pas mince. Les disputes commencent dans la cuisine. Les larmes se cachent au premier, dans les chambres. Les drames se produisent dans le jardin. Qui a empoisonné les lapins des enfants ?


Maintenir les apparences

Évidemment, on accuse le gardien. La belle-sœur a tendance à boire sérieusement. Voici quelques déclassés, obligés de déménager dans des quartiers de moins en moins huppés. Le tout est de maintenir les apparences. Des frères et sœurs se déchirent autour d'un héritage. Sur son lit de mort, un vieil oncle lâche : « J'ai vécu les cinquante meilleures années de l'histoire de ce pays. Prends le reste. »

Dans ce quatrième recueil, Cheever (1912-1982), qui fut un pilier du New Yorker, magazine où on ne prenait pas la nouvelle à la légère, élargit ici son horizon. En route pour l'Europe. À Paris, une femme dans un ascenseur a votre livre sous le bras. L'image a l'évidence, la luminosité d'un film en couleurs des années 1960. Dans le rôle, Candice Bergen, Jennifer O'Neill ? Direction l'Italie. À Rome, les accords de Silent Night s'échappent des fenêtres d'un palazzo, le soir de Noël. Un poète célèbre espère le prix Nobel et bascule dans une érotomanie tardive (pensez, il déchire ses feuillets obscènes aussitôt après les avoir noircis).

Noblesse décatie, princesses avares, châteaux à l'abandon, ces gens-là trimbalent avec eux leur désenchantement. Un touriste prend des leçons d'italien ; un compatriote se fait délester de 400 dollars. Un scénariste de télévision se souvient de l'époque où il avait d'autres ambitions, mais au café du village tout le monde regarde son feuilleton en applaudissant. Le vertige envahit les héros pour trois fois rien : lorsqu'ils ne se rappellent plus quel était le prénom de Byron, par exemple.

Le soleil n'empêche pas les regrets, la mélancolie. Cheever multiplie les épiphanies : cette histoire qu'on se raconte en famille et qu'on enjolive d'année en année, avec la complicité de chacun. Il n'y a que lui pour saisir « cette blondeur propre à la Nouvelle-Angleterre » ou pour avoir des phrases comme « le port de Naples doit être rempli de larmes aujourd'hui, tant il en est versé chaque fois qu'un bateau prend la mer avec son chargement d'émigrés ». La classe.
Le Ver dans la pomme de John Cheever traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Dominique Mainard Joëlle Losfeld
Le lien: ICI

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MessageSujet: Re: John Cheever   Mer 1 Juil 2009 - 21:49

On dirait vraiment le paradis, un roman. - J. Losfeld éd.
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MessageSujet: Re: John Cheever   Dim 5 Juil 2009 - 20:36

J'ai lu Les lumières de Bullet Park la semaine dernière, c'est un bon livre. J'aime bien l'idée de créer deux parcours dans l'écriture par l'analyse des deux personnages principaux, autant j'ai vraiment apprécié la première partie (surtout à travers l'histoire du fils de Nailles), autant celle (la seconde partie) qui traitait du personnage de Hammer m'a moins accrochée, le personnage est intrigant, mais parfois Cheever passe des éléments à vitesse TGV, c'est un peu dommage. Je n'ai jamais lu ses nouvelles mais ça me donne envie de les lire, on m'a d'ailleurs dit qu'il faisait preuve d'un humour un peu caustique dans celles-ci.
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MessageSujet: Re: John Cheever   Dim 5 Juil 2009 - 22:13

kenavo a écrit:
L'imparable fragilité de l'être

Éric Neuhoff
La classe.


Eric Neuhoff est un grand admirateur de Joyce Carol Oates (il dit que c'est un génie!) alors c'est un argument de plus pour découvrir Cheever.... Je lui fait d'ailleurs plus confiance pour les livres que pour les films (il est critique au masque et la plume et au cercle de canal+) laugh

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MessageSujet: Re: John Cheever   Dim 5 Juil 2009 - 22:21

attentif voilà des indices qui vont m'aider la prochaine fois.. si je veux que tu lis un livre, je vais glisser la remarque que Eric Neuhoff l'a recommandé Razz

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MessageSujet: Re: John Cheever   Dim 5 Juil 2009 - 22:38

kenavo a écrit:
attentif voilà des indices qui vont m'aider la prochaine fois.. si je veux que tu lis un livre, je vais glisser la remarque que Eric Neuhoff l'a recommandé Razz


laugh Mais non! Rien ne remplacera l'avis éclairé de mes chers parfumés! innocent ça va? Je me suis bien rattrapé?

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MessageSujet: Re: John Cheever   Lun 6 Juil 2009 - 6:46

Marko a écrit:
ça va? Je me suis bien rattrapé?
Very Happy oui.. pas si mal Wink

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