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 William FaulknerVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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lekhan
Main aguerrie



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MessageSujet: William Faulkner   Jeu 29 Nov - 12:51



La biographie wiki:

Citation:
Issu d'une famille aristocratique, Faulkner naquit sous le nom de William Falkner (et non Faulkner) à New Albany dans le comté de Union,(Mississippi) et fut profondément influencé par la vie des États du sud américain. Le Mississippi marqua son sens de l'humour, du tragique (par le clivage social entre Noirs et Blancs en vigueur à l'époque), sa capacité à forger des personnages typiques du sud (l'un d'eux étant celui de l'homme vif et intelligent, masqué derrière la façade du brave garçon un peu simple). Un de ses premiers éditeurs se trompa dans l'orthographe de son nom, le renommant « Faulkner », nom que l'auteur décida finalement de garder comme nom de plume.

Il s'engagea dans l'aviation canadienne durant la Première Guerre mondiale, mais l'armistice fut signé avant qu'il n'ait pu faire son premier vol. Il s'installa peu après son mariage à Oxford, Mississippi.

Son premier recueil Treize Histoires (1931) réunit ses nouvelles les plus connues, parmi lesquelles Une rose pour Emily. Dans les années 1930, à la recherche d'un succès commercial, Faulkner écrivit un roman à sensation intitulé Sanctuaire (1931), qui mêle le thème du mal et de la corruption à une tonalité gothique sudiste. Écrite comme une suite à ce roman, Requiem pour une nonne est la seule pièce de théâtre qu'il ait jamais publiée. Son introduction est faite d'une phrase qui se répand sur deux pages. Il reçut le prix Pulitzer pour Parabole ((en) A fable), puis le National Book Award à titre posthume pour l'ensemble de son œuvre.

Plus tard dans sa carrière, Faulkner partit pour Hollywood et devient scénariste, écrivant entre autres pour le réalisateur Howard Hawks et en collaboration avec Francis Scott Fitzgerald le scénario du film Le Grand Sommeil, tiré du livre de Raymond Chandler, ainsi que celui du film "Le Port de l'angoisse" , tiré du livre d'Ernest Hemingway En avoir ou pas. Il eut à cette époque une liaison avec la secrétaire de Hawks, Meta Carpenter.

Il reçut le prix Nobel de littérature en 1949 (cinq ans avant Hemingway). Il but peu de temps avant de partir chercher la récompense à Stockholm (Faulkner était un alcoolique notoire), où il donna un discours, déclarant « [refuser] d'accepter la fin de l'Homme [...]. L'Homme ne fera pas que subir, il prévaudra [...] ». Faulkner donna la somme reçue afin « d'établir un fonds de soutien aux nouveaux romanciers », qui devint le PEN/Faulkner Award for Fiction.

Il fut « écrivain-résident » à l'Université de Virginie, de 1957 jusqu'à sa mort en 1962.


Je vais m'attarder sur Sanctuaire. Réinterprétation du Huis Clos et écriture du décharnement, de la déchéance, les personnages s'écroulent, ils sont diminués. Quand le huis clos se laisse dompter, que l'on peut sortir, le mal est fait, les personnages s'enfoncent encore plus.
Je ne révélerais rien de l'intrigue, car je crois qu'il faut la garder pour soi, elle est si prenante, si poignante.
Néanmoins c'est l'histoire de Temple, et d'un jeune garçon qui l'aide un peu ivre alors à s'échapper du collège pour se rendre à une fête étudiante. Trame classique, postulat réaliste en somme.
Seulement, le reste, les adjuvants, les moments déclencheurs sont inattendus et ambitieux. Ambitieux pour la société américaine, car on a presque à faire à une écriture nouvelle pour eux, on y explore une certaine forme d'errance, une déchéance, et un réduit si décharné...

Bref, je crois qu'il était temps de réparer l'injuste faite à Faulkner de ne pas avoir de fil dans ce forum, et je vous invite à lire Sanctuaire comme un Poe de l'errance, de la déchéance, du décharnement, et de la décomposition.
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Sahkti
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MessageSujet: Re: William Faulkner   Jeu 29 Nov - 20:46

L'intrus

Ce que je me suis ennuyée... Je n'aime pas dire cela, surtout à propos d'un auteur encensé comme Faulkner, je me dis que j'ai dû passer à côté de l'essence même de ce livre présenté comme un chef-d'oeuvre mais non, rien à faire, je ne suis pas entrée dans l'histoire. Les digressions multiples, l'avalanche de détails, la lenteur caricaturale, un style que je n'ai pas trouvé très convaincant (écriture bâclée, brouillonne par moments), un sujet difficile mais si souvent traité... bref tout cela a fait que je me suis complètement perdue dès les premières pages. J'ai subi plus qu'autre chose, ressentant rarement de l'empathie pour les personnages.
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Sahkti
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MessageSujet: Re: William Faulkner   Jeu 29 Nov - 20:47

Le hameau

Que ce soit dans Le hameau, La ville ou Le domaine, les portraits humains que dresse Faulkner semblent noirs et pessimistes (il en va d'ailleurs dans d'autres récits de sa plume, De bruit et de fureur, par exemple).
J'associerais cela à du réalisme, un peu comme le fait, à sa façon, Sam Shepard dans ses pièces de théâtre.
La trilogie des Snopes est misérabiliste par moments, c'est souvent cette image du Sud que les écrivains américains nous livrent, en particulier quand, comme Faulkner, ils y ont vécu. Est-ce que le fait d'avoir grandi au sein d'une famille sudiste ultra traditionaliste a influencé Faulkner dans son travail d'écriture ? Je le pense et étant donné qu'il appartenait au monde de la haute bourgeoise, c'est l'envers du décor qu'il a voulu nous montrer, ce que lui regardait par les fenêtres teintées de la voiture familiale.
A la fois beaucoup de pessimisme et d'attachement aux personnages. On observe les Snopes, on découvre leur univers, avant de le partager (Faulkner a ce talent des ambiances et des détails en apparence anodins et qui pourtant créent l'atmosphère générale) et de constater qu'il est loin d'être gai, même si parfois certains moments d'humour émaillent le récit.
Une belle fresque, à lire ou non dans l'ordre, même si la chronologie a son importance. J'aime l'idée de tableaux qui s'imbriquent mais peuvent aussi se découper les uns des autres
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Sahkti
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MessageSujet: Re: William Faulkner   Jeu 29 Nov - 20:48

L'arbre aux souhaits

Un conte, une fable, une histoire magique... au choix. Un William Faulkner destiné à la jeunesse, qui raconte l'histoire d'un arbre merveilleux censé accomplir les souhaits les plus secrets. Un rituel à respecter et hop, le tour est joué.
Ce texte a été écrit par l'auteur en 1967 pour les huit ans de sa belle-fille.
Un texte simple, dans un langage quelque peu différent de ce que l'on connaît de Faulkner, même si on y retrouve son sens du détail et des ambiances. Les amateurs d'histoires sombres et de misère humaine en seront pour leurs frais.
C'est un univers magique qui s'esquisse là sous les yeux du lecteur, empli d'une fantaisie fraîche et légère. Faulkner a réussi à créer une dynamique qui donne le sourire, celle des souhaits qui se réalisent sous nos yeux.
J'ai bien aimé cette histoire, même si je ne la trouve pas exceptionnelle et que l'écriture de Faulkner a connu de meilleurs jours.
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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: William Faulkner   Jeu 29 Nov - 20:58

J'ai lu "Le bruit et la fureur" il y a malheureusement trop longtemps pour pouvoir donner un avis détaillé de cet extraordinaire roman. A relire donc.
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"Brûlez de vieux bois, buvez de vieux vins, lisez de vieux livres, ayez de vieux amis."
(Alphonse XI le Justicier.)
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animal
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MessageSujet: Re: William Faulkner   Ven 30 Nov - 22:08

j'ai lu il y a... un an et demi ou deux ans "the unvanquished"... l'histoire d'un gamin et de son compagnon de toujours...

wikipedia a écrit:
En effet L'Invaincu se lit comme un roman, le roman de formation du jeune Bayard Sartoris, le fils du légendaire John Sartoris. Il s'agit de chroniques du temps de la Guerre de Sécession (dont l'ombre plane sur presque tous les livres de Faulkner). La guerre est vue à travers le regard d'un très jeune adolescent, trop jeune pour pouvoir y prendre part. Le roman aborde plutôt les "dommages collatéraux" : la faim, les destructions matérielles, la mort d'être chers qui se passent surtout au loin et qu'on apprend bien après. Les femmes sont les personnages forts de ces récits : Drusilla, tante Louisa et surtout Rosa Millard ("Granny"). Cette chronique de guerre loin des champs de bataille est une impitoyable condamnation de la violence et de la folie des hommes indifférents à la souffrance qu'ils peuvent infliger.


impressionnant... viscéral... le sentiment d'inévitable et de destinée... c'est ce que j'ai perçu comme de trame de fond avec cette sensation très physique de confrontation, d'opposition, d'affirmation. une sacrée prise de contact avec l'auteur auquel je me suis promis de revenir !
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Vous savez, "Qu'importe" est une maladie qu'on ne soigne pas encore...
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bix229
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MessageSujet: William Faulkner   Sam 1 Déc - 16:36

[b]
"Je protesterai jusqu'au bout : pas de photographies, pas de documents personnels. C'est mon ambition d'etre, en tant qu'individu, supprimé, évacué de l'histoire, sans y laissser aucune trace, aucun déchet hormis mes llivres imprimés [...]. Mon but, auquel tendent tous mes efforts, est que la somme et l'histoire de ma vie tiennent dans la meme phrase qui sera à la fois ma nécrologie et mon épigraphe : il fit les livres et mourut."
Voila ce qu'écrivait Faulkner et cette phrase est citée dans la biographie que André Bleikasten consacre à l'écrivain américain : William Faulkner, une vie en romans (Ed. Aden, 2OO7).
Je pense, comme lui, qu'il n'est pas indispensable de connaitre la vie d'un écrivain. Dans certains cas, ça vaut meme beaucoup mieux...
Mais quand on connait la vie de Faulkner, on est d'autant plus sidéré par son génie.
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Snark
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MessageSujet: Re: William Faulkner   Sam 1 Déc - 19:45

Tandis que j’agonise m’a secoué. Faulkner part de la captivante idée de composer un récit en enchaînant différents narrateurs intra-diégétiques pour raconter la progression de l’intrigue…
C’est l’histoire d’une famille de paysans; au départ, la mère, femme docile d’un homme fatalement égoïste, meurt... Les trois fils et le père partent à la recherche d’un cimetière convenable pour elle… Les obstacles les plus ordinaires prennent alors des proportions démesurées… Les malheurs, tjs palpitants grâce à l'inventivité de l'auteur, s’enchaînent…
Ainsi, on voit de l’intérieur comment l’un des fils, coincé dans une idéologie rigide, s’enfonce dans l’abîme de la folie… Plus généralement, on voit comment la famille entière réalise la destinée d’une idéologie défectueuse, se détériore tragiquement...
Le ton est simple et familier, les émotions sont exprimées de manière brute. Je me souviens aussi de descriptions fabuleuses des plaines. D’une utilisation de la répétition donnant un aspect musical et émouvant à ce récit sombre.
C’est pas gai, mais ça prend aux tripes.


Sur l’œuvre scénaristique de Faulkner :
http://wm06.allmovie.com/cg/avg.dll?p=avg&sql=2:89444
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MessageSujet: Re: William Faulkner   Dim 10 Fév - 22:28

bix229 a écrit:

Je pense, comme lui, qu'il n'est pas indispensable de connaitre la vie d'un écrivain. Dans certains cas, ça vaut même beaucoup mieux...
Mais quand on connait la vie de Faulkner, on est d'autant plus sidéré par son génie.


mmmh... (oui je rebondis depuis le fil Tennessee Williams), un peu mytho veux tu dire ? ... ce n'est pas lui qui faisait des plans de ses romans/relations entre personnages sur les murs de son bureau ? (je confonds peut être avec ???)

brrrr... des impressions me reviennent... sauvage !
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bix229
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MessageSujet: william faulkner   Dim 10 Fév - 22:51

Faulkner vivait dans un bled paumé du Mississipi, prés d'une ville qui s'appelle Oxford -et qu'il a nommée Jefferson dans son oeuvre-.

Ce type là était bien trop souvent ivre et solitaire, et pourtant il est arrivé
à écrire des livres puissants, lyriques, au style incroyablement sophistiqué -et parfois meme obscur-

Ce qui a étonné aussi des écrivains français tels que Bergougnoux ou Michon qui ne tarissent pas d'éloge à son sujet.

Oui, pour moi, Faulkner est un véritable écrivain de génie. Et ils ne sont pas très nombreux...
colibri
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coline
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MessageSujet: Re: William Faulkner   Dim 10 Fév - 23:57

bix229 a écrit:
Ce qui a étonné aussi des écrivains français tels que Bergougnoux ou Michon qui ne tarissent pas d'éloge à son sujet.



conciliabule Je dérive un peu...Bix...serais-tu un lecteur de Michon?...Je me sens un peu seule sur le fil Michon...
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bix229
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MessageSujet: william faulkner   Lun 11 Fév - 1:51

Si je suis un lecteur de Michon, Coline ?

Je pense bien ! C'est peut etre notre meilleur romancier vivant...

Meme s'il n'avait écrit que Vies minuscules...

De temps en temps, me donner un bon coup de coude dans les cotes, Coline !surpris
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Arabella
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MessageSujet: Re: William Faulkner   Mar 12 Fév - 22:20

bix229 a écrit:


Ce type là était bien trop souvent ivre et solitaire, et pourtant il est arrivé
à écrire des livres puissants, lyriques, au style incroyablement sophistiqué -et parfois meme obscur-

Ce qui a étonné aussi des écrivains français tels que Bergougnoux ou Michon qui ne tarissent pas d'éloge à son sujet.

Oui, pour moi, Faulkner est un véritable écrivain de génie. Et ils ne sont pas très nombreux...
colibri


Pour moi aussi Bix Faulkner est un de grands génies de la littérature, et je trouve étonnant qu'il ait si peu de chose sur lui sur le forum. Je vais essayer, un jour où j'aurais un peu plus de temps (mais là j'ai peur que ce ne soit pas bientôt) de parler de quelques uns de ses livres. J'ai lu tous ses romans, certains plusieurs fois, et j'avoue que je ne m'en lasse pas.
Quand à l'obscurité de certains écrits, je préfére parler de compléxité, et c'est en fin de compte une bonne raison pour les relire Razz
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bix229
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MessageSujet: william faulkner   Mar 12 Fév - 22:54

Quel est le ou les livres que tu préfères de Faulkner, Arabella ?

Complexité, si tu veux, mais quand tu lis Absalon ! Absalon ! il vaut mieux suivre ...!
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Arabella
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MessageSujet: Re: William Faulkner   Mar 12 Fév - 23:07

Abalon, Absalon fait partie de mes préférés justement. Je trouve qu'il faut prendre ce texte comme un très long poème en prose, se laisser envouter par le rythme de la phrase avant d'essayer d'en comprendre le sens.

Parmi mes autres préférés, il y a Lumière d'août, Le bruit et la fureur, Descends Moïse, Si je t'oublies Jérusalem, Le Hameau.....
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