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Hellébore Posteur en quête

Inscrit le : 11 Fév 2008 Messages : 96
| Sujet: William Styron Mer 13 Fév 2008 - 11:35 | |
|   Je n'ai pas trouvé de fil sur cet auteur ; c'est un de ceux qui m'ont le plus marquée. Je me permets de citer La République des Lettres pour le présenter :
"Né le 11 juin 1925 à Newport (Virginie, États-Unis) où son père était ingénieur sur un chantier naval, William Styron a perdu sa mère à l'âge de 13 ans. Il a suivi des études littéraires avant de servir dans la Marine pendant la Seconde guerre mondiale. Son premier roman, Un lit de ténèbres, sort en 1951 et connaît immédiatement le succès. Suivront ensuite notamment La longue Marche (1956), La Proie des flammes (1961), Les Confessions de Nat Turner (1967, Prix Pulitzer 1968) et le roman qui l'a rendu célèbre dans le monde entier, Le Choix de Sophie (1979, adapté à l'écran en 1982 par Alan J. Pakula, avec Meryl Streep). Il est également l'auteur d'un texte autobiographique intitulé Face aux ténèbres: Chronique d'une folie (1990) où il relate la grave dépression dont il fût victime en 1985 / 1986 à la suite d'une cure de désintoxication alcoolique. Son dernier livre publié, Un matin de Virginie (1993), est un recueil de 3 nouvelles autobiographiques où il raconte des épisodes de sa jeunesse. Il était marié depuis 1953 avec la poétesse Rose Burgunder de qui il a eu quatre enfants. L'oeuvre de William Styron, consacrée en majeure partie à explorer de grands sujets historiques (la décadence d'une famille américaine, l'esclavage, l'holocauste,..) et métaphysiques ou moraux (le destin tragique de l'homme, la culpabilité,...) se situe dans la veine littéraire des grands écrivains du Sud des Etats-Unis et a parfois été comparée à celle de William Faulkner. Elle lui a valu aussi des accusations de racisme et de cynisme commercial."
La République des Lettres, lundi 16 avril 2007 |
|  | | Hellébore Posteur en quête

Inscrit le : 11 Fév 2008 Messages : 96
| Sujet: Re: William Styron Mer 13 Fév 2008 - 11:44 | |
| | Je n'ai lu de lui que le Choix de Sophie. Une histoire terrible sur l'horreur nazie. Deux voix se répondent dans le roman : celle du passé et du drame des camps et celle du présent lourdement entachée par ce qui s'est déroulé pendant la guerre. Etonnamment, on sourit aussi dans ce livre, grâce aux déboires amoureux du héros. Mais le choix que doit faire Sophie reste quand même le sommet de la monstruosité. C'est poignant et admirablement raconté. |
|  | | sousmarin Sage de la littérature

Age : 43 Inscrit le : 31 Jan 2007 Messages : 2442 Localisation : Pays de Loire
| Sujet: Re: William Styron Mer 13 Fév 2008 - 13:22 | |
| Très bonne idée que d’ouvrir un fil sur lui…il était d’ailleurs dans ma LFAO (liste des fils à ouvrir).
Bien sûr Le Choix de Sophie a fait de lui un écrivain célèbre mais je trouve que Les Confessions de Nat Turner est son livre le plus abouti. Il évite, entre autre, tout manichéisme. Subtil, dérangeant, ce roman raconte la révolte aveugle et mystique d’un noir, Nat Turner, au cours de la guerre de Sécession. Même si Styron condamne l’esclavage, il le fait en démontant patiemment les mécanismes de chaque camp de l’époque, en faisant surgir les contradictions de ces personnages, en particulier de son héros, et évite très adroitement l’écueil ‘bien pensant’.
Ce roman est écrit à la 1ère personne et relate ce qu’a été la vie de Nat Turner et ce qui l’a poussé à devenir un tueur aveugle de blancs (hommes, femmes, enfants ; ceux qui l’ont aidé comme ceux qui ont fait du mal). Il s’approprie ce que lui a enseigné le pire de ses ‘propriétaires’ pour combattre son sentiment de vide : à ses propres yeux, il n’est rien.
En fait, tout simplement, ce livre montre avec beaucoup de talent que, blancs ou noirs, nous sommes tous égaux devant nos démons… _________________ Dans l’espoir d’un ailleurs, quand le futur nous fuit, Est-ce que nos larmes, se perdent sous la pluie ? |
|  | | Marie Zen littéraire

Inscrit le : 26 Fév 2007 Messages : 4155
| Sujet: Re: William Styron Mer 13 Fév 2008 - 19:45 | |
| Ah, Le choix de Sophie.....Je viens de regarder, c'est arrivé en France en 93. Ce livre , je l'ai lu plusieurs fois, et il a été à l'origine d'une vraie prise de conscience- tardive,je sais mais je n'ai pas eu le temps de grand chose pendant pas mal d'années - de la Shoah. Et Face aux ténèbres est un admirable témoignage sur la dépression... _________________ Buvez du cacao Van Houten! |
|  | | coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 13116 Localisation : Nord Auvergne
| Sujet: Re: William Styron Jeu 14 Fév 2008 - 1:27 | |
| | Hellébore a écrit: | | Je n'ai lu de lui que le Choix de Sophie. Une histoire terrible sur l'horreur nazie. Deux voix se répondent dans le roman : celle du passé et du drame des camps et celle du présent lourdement entachée par ce qui s'est déroulé pendant la guerre. Etonnamment, on sourit aussi dans ce livre, grâce aux déboires amoureux du héros. Mais le choix que doit faire Sophie reste quand même le sommet de la monstruosité. C'est poignant et admirablement raconté. |
Un roman inoubliable...et ce fameux et terrible choix que Sophie fut contrainte de faire... _________________ "Bienheureux les fêlés, ils laissent passer la lumière." (Audiard) |
|  | | Hellébore Posteur en quête

Inscrit le : 11 Fév 2008 Messages : 96
| Sujet: Re: William Styron Ven 15 Fév 2008 - 11:33 | |
| | D'ailleurs, je viens de penser à un autre trait d'originalité de ce roman. Il réside dans la narration.. L'auteur brouille les pistes en racontant une histoire fausse au début, histoire qui s'éclaire au fil des pages. Je trouve ça très intéressant... |
|  | | Marie Zen littéraire

Inscrit le : 26 Fév 2007 Messages : 4155
| Sujet: Re: William Styron Jeu 3 Avr 2008 - 2:19 | |
| Un lit de ténèbres ( Lie down in darkness) traduit de l'américain par Michel Arnaud
Dans une ville de Virginie, un père attend le cercueil de sa fille aînée, Peyton. Dans un style - retrouvé avec plaisir - d'incessants retours en arrière, monologues, introspections qui font vivre ces personnages d'une telle façon qu'il est impossible de les quitter même si ce roman dépasse le tragique, enfin le tragique très commun,William Styron va nous raconter peu à peu l'histoire de cette famille de la bonne société virginienne à la fin des années 40. Il y a le père, Loftis. Aimant, trop aimant avec sa première fille. Pesant. Faible et pathétique. L'ombre de l'inceste plane en permanence, c'est souvent suggéré sans que l'on sache de façon certaine s'il y a eu passage à l'acte. Un alcoolique, ce père , qui noie dans le whisky son malheur conjugal . La mère, Helen. Puritaine, forte de ses convictions, idéale dans le rôle de mère-martyre ( voyez ce que votre père m'a fait, et haïssez les hommes, mes filles). Détestant sa fille aînée pour son besoin de liberté , sa beauté, l'amour que lui porte son père. Adorant la deuxième, handicapée, qui de ce fait est totalement dépendante- le rêve! - et ne pourra ni lui échapper,ni lui faire grand tort.. Absolument incapable de la moindre remise en question ... Culpabilisante en permanence . Abstinente, bien sûr, contrairement à sa fille aînée qui partage avec son père le goût des boissons fortes.Elle, ce sont les médicaments. Vois, ma fille, comme toi et ton père me conduisez à la mort... Ah, les chantages maternels!! Il n'y a qu'à son confesseur, qu'elle parle, Helen. Beaucoup... Et celui- ci finit par lui dire de se faire soigner.
Et puis Peyton.. cette pauvre Peyton.. qui se cogne partout et essaie de fuir par tous les moyens, l'alcool, le mariage avec un Juif ( un noir, elle n'a pas osé, mais à l'époque et en Amérique profonde, ça se vaut..), la séduction à tout prix et le sexe partout et avec n'importe qui, Peyton qui expie..La mort de sa soeur, le malheur de ses parents.Et qui massacre tout, en commençant par elle-même.
Que du classique, du bon vieux classique. Le récit d'un gâchis. C'est d'une finesse psychologique incroyable, c'est désespérant , ça date de 1951, c'est le premier roman de William Styron, et ça n'a pas pris une ride. _________________ Buvez du cacao Van Houten! |
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