Parfum de livres…parfum d’ailleurs

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 Les gens...

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sousmarin
Zen littéraire


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MessageSujet: Le prêtre   Ven 28 Mar 2008 - 11:45

Le prêtre est mourant. Il fut un de ces prêtres que l’on ne voit que dans les livres : bon, attentif aux autres, donnant de son temps sans compter…un prêtre tel que l’église aime à les présenter ; il est bien vivant, en chair et en os, mais plus pour bien longtemps.
Sa bonne, dégoulinante de pleurs, ne peut s’arrêter de le regretter déjà…

- Ne t’inquiète pas, dit-il en souriant faiblement, je vais le rejoindre, je vais le voir, aspirer sa lumière et vivre dans l’éternité.
Bien sûr, dans le village, tout le monde sait que Clotilde est amoureuse de son curé ; on en rit beaucoup au café de la place.
- Je vous aime, monsieur le curé, éclate-t-elle brutalement.
- Moi aussi je t’aime, Clotilde, et le seigneur nous aime tous. Nous devons nous aimer tous.
- Le saigneur a gâché nos vies, je vous aime de l’amour qui doit s’exprimer physiquement, monsieur le curé…donnez-vous à moi !
- Cela m’est impossible, sacerdoce oblige… sans compter mes petits ennuis de santé, ajoute-t-il plus doucement.
- C’est maintenant ou jamais crie-t-elle en arrachant ses vêtements.
- Trop tard lui répond le prêtre en expirant.

Le novice se réveille brusquement dans sa cellule.
- J’ai vu la lumière s’écrie-t-il et il rompt immédiatement ses vœux pour s’enfuir vers sa promise.
Il se précipite, par monts et par vaux, volant d’espoirs ressuscités et, se présentant devant Clotilde, lui fit une déclaration pleine d’une douce fougue, délicate et sincère, mais empressée.
Elle lui rit au nez.

Le prêtre fut détesté et mourut seul, sans lumière au bout du chemin.

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Steven
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MessageSujet: Re: Les gens...   Mer 14 Mai 2008 - 22:32

Le vieil artisan

C'était un vieil homme. Quoiqu'il ne devait pas avoir plus de cinquante ans. Mais c'était un vieil homme.
Le vieil homme travaillait minutieusement, assis sur son petit tabouret, au milieu de son échoppe. Au burin et au petit marteau. Sa boutique était ouvert à tous, baignée de la lumière du soleil. Plats, carreaux de céramique, tajines, tasses couvraient les murs d'un camaïeu de couleurs ; les rayons de soleil jouaient avec ces couleurs, les mettaient tour à tour dans la pénombre et dans la clarté... Il travaillait, suait, s'appliquait amoureusement ; il aimait expliquer son art, ses secrets... Mais les clients ne venaient pas pour ça, ils ne lui parlaient que rarement.
Et pourtant, lorsque sa voix rauque résonnait, les mots s'enchaînaient, créaient de véritables poèmes. : il parlait de couleurs, de beauté, d'amour, de lumière, d'art.
Mais la plupart du temps, il parlait prix, il marchandait. Dans ces moments-là, il se tassait, paraissait encore plus vieux et la clarté qui animait son regard disparaissait. Il s'arrêtait de travailler.
Alors que quand il parlait de son art, le bruit du burin rythmait ses mots. Des mots rares mais des mots forts.
Ce matin-là, il m'avait expliqué le mariage des couleurs, avec ses mots dansant sur le rythme du burin. Sa boutique, son travail irradiait dans ses yeux.
Mais elle est arrivée, avec toutes ses certitudes, son assurance. Le regard du vieil homme s'est éteint, sa voix est devenue fluette... Elle emplissait tout l'espace, bouchait la lumière du soleil qui ne pouvait plus jouer avec les couleurs... Elle a choisit deux plats, a mimé une moue méprisante, s'est tournée vers le très vieil homme... "Combien tu me les vends, ces deux plats ?" La voix du vieil homme, étrangement faible, a murmuré un prix. Elle s'est de suite offusquée, a envahi tout l'espace, m'a pris à témoin. Elle en a demandé un prix, un prix moitié moins cher que ce que lui demandait le vieil artisan.
Le vieil homme avait les yeux fermés. Soudain, il les a ouvert ; ses yeux brillaient. Il m'a même semblé qu'il m'adressait un clin d'œil.
Il a vendu les deux plats au prix exigé. Et elle est partie, emmenant ses certitudes avec elle.
Cela faisait trois jours que je venais dans sa boutique, que je l'écoutait me parler de son art, que je reposais mes yeux fatigués sur les merveilleuses couleurs qu'il arrivait à si bien ordonner. Je ne lui avait jamais rien acheté, mais il m'avait enrichi. Ce jour-là, je choisis deux plats, très belles œuvres de l'artiste. Les mêmes que l'horrible femmes. Je sortis les billets pour le payer. Mais à nouveau, il me sembla voir un clin d'œil ; il repoussa mes billets, m'adressa un sourire et me demanda un prix moitié inférieur à ce que la femme avait payé. Il triomphait, définitivement amoureux de son travail.
Et elle était partie, pleine de ses certitudes...

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Le jour où les terriens prendront figure humaine, j'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène.

Hf Thiéfaine


Dernière édition par Steven le Ven 16 Mai 2008 - 17:01, édité 1 fois
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coline
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MessageSujet: Re: Les gens...   Mer 14 Mai 2008 - 22:34

Encore un fil que j'affectionne sur Parfum de Livres... content

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(Jean Louis Barrault)
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feuilllle
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MessageSujet: Re: Les gens...   Mer 14 Mai 2008 - 22:35

je viens de le lire... :)

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Les ivoires deviennent ’ dans la nuit couleur d’ombre..."
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Steven
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MessageSujet: Re: Les gens...   Mer 14 Mai 2008 - 22:42

coline a écrit:
Encore un fil que j'affectionne sur Parfum de Livres... content


Je l'affectionne particulièrement également ce fil ! aime

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monilet
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MessageSujet: Re: Les gens...   Jeu 15 Mai 2008 - 8:13

Effectivement, il est varié à souhait. C'est coline qui en a eu l'heureuse idée.

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coline
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MessageSujet: Re: Les gens...   Jeu 15 Mai 2008 - 9:38

monilet a écrit:
Effectivement, il est varié à souhait. C'est coline qui en a eu l'heureuse idée.


Mais je n'y participe pas assez... honte

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JDP
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MessageSujet: Nos créations (textes ou autres) par auteur et nos récits co   Jeu 15 Mai 2008 - 12:52

L’associé de Suzanne, Monsieur Maurice, est un vieux monsieur aux usages insolites. Il enregistre des bouts de conversations entre femmes, à leur insu. Il capte des mots et des phrases dans la rue, au restaurant, au café, dans le métro. Puis, de retour dans son magasin, il découpe un morceau de dialogue entre deux femmes pour y insérer la voix d’une autre ou de plusieurs autres. Après ce montage, il écoute attentivement. Il n’efface rien. Il classe les enregistrements par date. Suzanne a déjà entendu certains d’entre eux. C’est surnaturel. Des inconnues parlent entre elles sans le savoir. Elles ont des discours décalés. Elles répondent à des questions jamais posées. Elles émettent des affirmations inappropriées. Monsieur Maurice ne s’intéresse qu’aux femmes qui parlent français ou allemand. Détaché du contexte, l’allemand apparaît manifestement comme une langue d’interrogatoire. Depuis trente ans, Monsieur Maurice est à la recherche de la femme qu’il aime. Elle l’a quitté le jour anniversaire de ses vingt ans. Il en avait quarante. Ils vivaient ensemble depuis cinq ans. Elle est partie sans rien dire. Est-elle vivante ? Sûrement. Monsieur Maurice n’envisage pas le contraire. Il aurait ressenti sa mort, dans sa chair. Au début, il fouinait dans les endroits qu’elle fréquentait. Peu à peu ses yeux l’ont trahi. Sa vision des choses et des êtres s’est faite floue. Il lui a été prescrit des lunettes à verres épais. Depuis quelque temps, il craint ne plus être à même de la reconnaître physiquement. Alors, il vole des voix. Celle de son aimée lui est restée dans l’oreille. Il la reconnaîtrait entre toutes. Il dit que si les chattes parlaient, elles auraient sa voix. Originaire d’Alsace, elle s’exprime en français et en allemand. Le jour de son anniversaire, il enregistre des bribes d’entretien dans le quartier où elle est née et dans les endroits qu’elle aime. Le mixage lui permet de se détacher du sens des phrases et des dialogues, pour se concentrer sur la musique des voix. Un jour, sait-on jamais… La crédulité de Monsieur Maurice le rend sympathique aux yeux de Suzanne. Quand il évoque celle qu’il recherche du ton de celui qui va aboutir, il est bouleversant de certitude.
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JDP
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MessageSujet: Nos créations   Jeu 15 Mai 2008 - 17:02

Attentive, Suzanne écoute volontiers Monsieur Maurice lui parler de son père, Jean Erstein, juriste de renom. Il devint Monsieur Jean, vendeur de peignes itinérant. C’est l’époque où sa mère lui a cousu sur le côté gauche de son vêtement une étoile jaune à six branches, de la dimension de la paume d’une main adulte. Il a des photos de lui avec sa mère. L’étoile est comme une cible. Elle désigne la place du cœur.
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monilet
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MessageSujet: Re: Les gens...   Ven 30 Mai 2008 - 8:07

IMPRESSIONS DE VOYAGE

7 h 35.
Le joli mai n'est plus qu'un concept.
Le train du matin semble filer plus vite pour échapper à cette grisaille. Un brouillard diffus coiffe la nature d'une gaze blanc sale qu'aucun rayon ne perce.
Le soleil lui-même est absent. Dehors les maisons reposent ; tout comme les voisins de banquette. La vie en veilleuse.
Gagnés par cette torpeur universelle, les voyageurs qui ne somnolent pas se taisent. ... Une vie qui se cache...
Ah, soudain, un peu plus loin, deux personnes venant de prendre place dans la voiture - un homme et une femme, avec des voix caractéristiques - papotent.
Elle préférait le silence à présent rompu à ces propos insipides. Ils troublent le recueillement. Agaçant.
Ça dure. Elle ne se retourne pas. Est-ce l'habituelle tentative de séduction plus ou moins consciente ? le beau paraître ? Qu'importe.
Bien qu'elle n'y prête aucune attention, impossible d'éviter d'entendre le blabla. Le bruit seul est gênant.
Elle regarde enfin. Ce sont des étudiants qui parlent de leurs devoirs du jour avant d'aller en cours.
Les voix paraissaient plus âgées. Erreur donc. Toujours la gêne pourtant. À peine si elle arrive à se concentrer sur son écrit. Elle doit arrêter. Plus possible.
Son livre l'attend.
Le nouveau jour a repris ses droits.

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MessageSujet: Re: Les gens...   Dim 1 Juin 2008 - 6:48

La bulleuse

Elle se lève péniblement,douloureusement.S'accrochant à cette fichue canne, sa satanée bouée ,lentement elle sort de sa chambre.A petits pas,un pied après l'autre elle atteint la porte , l'ouvre. Encore trois ou quatre petits pas et enfin elle s'assoit.

Il fait bon dans sa petite véranda ,peu à peu ses os se réchauffent,c'est toujours un peu de douleur en moins.Car elle est là la douleur,toujours,partout.Elle vit avec , tente de l'apprivoiser.Le plus souvent en vain.

La bulleuse pousse un soupir de soulagement.Enfin elle va partir.Elle s'empare de la clé, la regarde fixement et entre en transe.
La bulle s'ouvre sur des paysages extraordinaires,des aventures époustouflantes.Tant de choses impossibles ailleurs.Elle est partie.

AÎE!!Le téléphone la ramène brusquement dans sa carapace de réel.
-"Très bon anniversaire ma chérie ! Je passe tout à l'heure avec le gateau , 25 ans ça se fête non ? N'oublies pas de prendre tes médicaments.Bisous!"

La Bulleuse se rassoit doucement.Elle pleure.Elle a perdu sa page.
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MessageSujet: Re: Les gens...   Lun 2 Juin 2008 - 8:59

très sympa les derniers textes.

dis donc monilet, ça t'inspire les trains non ? il me semble que tu as déjà écrits deux trois trucs avec le son des roues sur les rails content


xelle : un brin poétique au milieu d'un réalisme plombant. j'aime bien, j'en aurais aimé un peu plus.

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Softly I spoke, softly I'm dying
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monilet
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MessageSujet: Re: Les gens...   Lun 2 Juin 2008 - 9:52

J'écris souvent le matin en allant au turbin...

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MessageSujet: Re: Les gens...   Lun 25 Aoû 2008 - 10:19

L’enfant pressé

- Papa, pourquoi je suis petit ?
- Si tu manges de la soupe, tu grandiras, mon petit Nicolas.
- Je veux plein de soupe alors, pour toucher le ciel.
- C’est bien mon petit mais n’oublie pas de tourner 7 fois la langue dans ta bouche avant de faire travailler ta langue.
- Je veux de la soupe, je veux de la soupe, je veux de la soupe…

- Papa, pourquoi j’ai de moins beaux habits que Marie-Sophie à l’école ?
- Parce que son papa est plus riche que moi, mon petit.
- Je veux qu’il soit mon papa alors, pour m’offrir plein de soupe.
- Manger de la soupe ne suffit pas, mon petit, il faut l’assimiler pour grandir…l’estomac la digère tranquillement pour en tirer tous les éléments importants.
- Plus de soupe, plus de soupe, plus de soupe…

-« Pourquoi-je », arrête de courir et rentre en classe ?
- Maîtresse, pourquoi je devrais m’appeler « Pourquoi-je » ?
- Fait travailler moins ta langue et réfléchit plus, petit.
- Je ne suis pas petit, j’ai des talonnettes !

- Je t’aime, Marie-Sophie…
- Pas moi, Nicolas.
- Je ve… voudrais que tu sois ma copine, je…tu es très jolie et tu as une belle voix.
- Non !
- J’admire beaucoup ton papa.
- Tu ne le connais pas ! …et moi, pas beaucoup plus.
- Je…Il est rich… grand…excuse moi, je te disais donc que ton père est un homme qui s’est fait tout seul, un grand homme !
- Mais d’où as-tu sorti cette phrase.
- Je l’ai lu dans un livre. J’ai été enfermé dans la bibliothèque après mon 62ème « veux de la soupe » et je ne savais pas quoi faire, alors j’ai pris un livre pendant quelques secondes, puis un autre, puis encore un autre et je suis tombé sur cette phrase, je trouve que ça sonne bien…
- A 13 ans, il était temps de lire.
- Mais je ne savais pas que l’on pouvait trouver de quoi avoir de la soupe dedans !
- Quoi ?

A ce moment là, petit Nicolas compris qu’il fallait mentir pour avoir de la soupe, plein de soupe…

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mimi
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MessageSujet: Re: Les gens...   Ven 26 Sep 2008 - 0:00

Des sourcils parenthèses
Une phrase inachevée
Doucement tes yeux
déploient leurs ailes
et partent vers
je ne sais quels paysages

Je tends le cou
Et écoute
le cri aigu des oiseaux
en partance
Mon doigt tendu au ciel
dessine des sourires
suspendus
Ta bouche guillemets

Les gens sont loin
Les gens sont là.

(Et Vive la Bretagne !!!! Very Happy)

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« Dans un univers de cyclistes, seuls les sophistes se graissent la patte, les autres freinent. »
Le Concombre masqué.
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