Parfum de livres…parfum d’ailleurs

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 Les gens...

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coline
Parfum livresque


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MessageSujet: Re: Les gens...   Ven 14 Sep 2007 - 9:23

bounce bounce bounce
On continue!...On continue!... bounce
Encore un fil que j'adore!... :)

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"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
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JDP
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MessageSujet: DES GENS   Ven 14 Sep 2007 - 9:48

Rebecca, la fille de Big John, avait vingt ans quand elle a connu son mari, le député bourgmestre. Jeune, elle n’était ni belle ni laide, elle était quelconque ; elle l’est restée. Certains lui trouvaient et lui trouvent encore cependant un certain charme. Son léger strabisme y serait pour quelque chose, dit-on. Les sexologues n’estiment-ils pas que cette singularité aurait des effets érotiques ? Son strabisme se manifeste surtout dans les périodes d’énervement. Elle essaye alors de le camoufler par le port de lunettes à verres fumés. Elle les garde d’ailleurs tout le temps sur le nez, à titre préventif.

La rencontre avec son mari fut pour elle un véritable coup de foudre. Il était gentil, attentionné, câlin aussi. Pour lui, elle représentait un accès direct à Big John, son idole politique. Comme elle lui était sympathique et qu’il la trouvait séduisante, voire excitante, parfois, il l’a courtisée de très près. Le député bourgmestre qu’on appelait alors simplement Etienne, vivait en couple avec Madeleine. Catherine, leur fille, venait de naître, elle avait quelques mois. Il s’est détaché de Madeleine pour se rapprocher de Rebecca et finir par l’épouser. Les choses ont été très vite. Etienne était pressé de faire partie des gens influents. Le mariage s’est fait en présence du ban et de l’arrière-ban.

Six mois après leur mariage, un jour, ou plutôt une nuit, que Rebecca aspirait aux caresses de son mari, elle lui en donna pour en recevoir, comme toujours. Il se tourna vers elle pour s’exécuter en prononçant le nom de Madeleine à plusieurs reprises. Rebecca n’a pas dit un mot. Il l’a prise avec rage, comme jamais il ne l’avait prise auparavant. Puis, il est revenu à sa position initiale, sur le dos, les yeux fermés. La chose s’est répétée, souvent. Rebecca a prétexté des maux de tête pour faire chambre à part. Elle lui demande parfois de la rejoindre. Elle ne parvient pas à s’en passer. Il lui rend visite quand elle insiste. Depuis, elle boit tout et n’importe quoi, du whisky de préférence. Elle se donne au premier venu. Les connaissances de son mari en profitent et bien d’autres encore. Son penchant pour la boisson n’en arrête aucun. Tous veulent posséder la fille de Big John, du grand Big John. Marcel, le syndicaliste, a été du nombre, au début. Il s’est épris d’elle, par la suite. Leur rencontre sur les courts de tennis a facilité les contacts et la salle des douches leurs relations intimes. Ils se sont connus là, dans les douches, un jour que Marcel essayait avec succès de réparer une arrivée d’eau défectueuse. Marcel a une formation d’ouvrier de bâtiment. Il a exercé ce métier quelques années avant d’entrer dans le syndicalisme.
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JDP
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MessageSujet: DES GENS   Ven 14 Sep 2007 - 11:25

Très bien à Nibelheim, Monilet et sousmarin. Je viens de lire leur texte. Je me demande si j'aurai dû vous envoyer les miens...
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coline
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MessageSujet: Re: Les gens...   Ven 14 Sep 2007 - 15:41

JDP a écrit:
Très bien à Nibelheim, Monilet et sousmarin. Je viens de lire leur texte. Je me demande si j'aurai dû vous envoyer les miens...


Heureusement que tu l'as fait! :)
Tu es une "belle plume" de plus dans ce forum qui en compte déjà quelques unes (si discrètes)...

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MessageSujet: Re: Les gens...   Mar 9 Oct 2007 - 12:57

Sept heures vingt en banlieue

Le bus est ordinaire, trivial. Il est plein.
Des gens assis, d'autres debout. Direction : la gare.
Le jour n'est pas levé.
Les passagers debout dans l'allée sont ballottés au gré des cahots. Passablement de Blacks, pas que. Un quart environ.
Ici une casquette de travers, là quelqu'un bâille, la bouche grande ouverte. Non, c'était le même.
Tous se ressemblent, tous se taisent. Les yeux se cherchent, se fuient.
Certains sont réfugiés dans la musique de leur baladeur. Le bruit
du moteur ne permet pas de savoir si elle est envahissante.
Probablement pas trop.
Les yeux semblent s'attarder sur un détail à l'extérieur. Ils ne voient rien.
Le bus se traîne. Il suit une balayeuse , au rythme de la marche. À
l'avant deux ouvriers à pied, croix vert fluo devant et derrière sur
la poitrine, balancent de droite et de gauche un soufflant qui pousse
les feuilles mortes . On ne l'entend pas.
Ça dure. Le bus double. Trop tard, ils vont rater leur train. Les
visages semblent contrariés mais à peine, presque indifférents.
Courir, pour la forme ... s'il était en retard, hein ...

Il y a un instant, les yeux !
À quoi rêvaient-ils ? ... Les factures, la fin de mois, les
enfants...ou alors la lumière blanche et rasante d'un lever de jour sur
l'alpage , dans la pureté de l'air ? Mystère !

On ne connaîtra pas ces "ailes du désir *".








* Titre d'un film de Wim Wenders, RFA , 1987.[i]

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MessageSujet: Re: Les gens...   Mar 9 Oct 2007 - 23:26

L’alcoolique

Depuis que Nathalie n’avait jeté, je m’éparpillais de bar en bar…néanmoins, l’un de ces établissements m’attirait irrésistiblement, l’un de ses occupants plutôt...
Il parlait, parlait, parlait constamment que d’un seul sujet : l’amour de sa vie. Ce flot verbal coulait sans discontinuité.
Soir après soir, il m’abreuva de son amour avec tant de passion, tant de descriptions précises et fines, tant d’envolées lyriques, qu’il finit par me contaminer…je suis tombé amoureux de son amour !

Un soir, où plutôt un matin vers les 1:00, une femme entra dans le bar et il me sembla apercevoir, dans les brumes de ma conscience, une lueur étrange dans l’œil de mon compagnon…
Elle, je la reconnus instantanément, dans sa démarche à la fois volontaire et timide mais cette sensation s’évapora en quelques centièmes de secondes.
Plein d’espoir, je ne pus m’empêcher de lui demander : « C’est-elle ? »
Il me regarda en me souriant mais ne me répondit point. Il régla au bar et me chuchota avant de partir : « C’est ma femme.»
Troublé et tremblant, je bus encore plus que de coutume pour éteindre cet éclair de futur regret en moi, provoqué par la vision d’une âme nue ; quand elle était là, légèrement tremblante, une écharpe en soie couvrant, en partie, l’une de ses épaules, la gorge dénudée et, me sembla t-il, de minuscules mais irrésistibles gouttelettes perlant derrière ses oreilles. Elle rosit en entrant et je sentis le souffle de sa main lorsqu’elle passa près de moi et que son bref regard fit ressortir ma honte.

Tout cela n’est, bien sûr, qu’imaginaire ou provoqué par le manque et l’alcool…on ne peut, l’espace d’un instant, voir une personne si forte dans toute sa somptueuse vulnérabilité, hurler en silence.
Je ne l’ai jamais revue mais quand elle entra dans ce bar, elle éclipsa Nathalie. Je ne bois plus depuis que j’ai appris qu’elle avait quittée son mari...ce jour là.

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MessageSujet: Re: Les gens...   Mer 10 Oct 2007 - 4:33

L'amante

I.
Elle pense...
Elle imagine la rencontre, les regards, l'étincelle dans les yeux et peut être le geste discret de la joie de l'approche.
Elle rêve...

Il pense...
Il imagine sa venue, ses yeux comme des étoiles, le mouvement abrégé et révélateur de son attrait pour lui.
Il rêve...

Ils seront tout à l"heure enlacés et les doigts écriront sur les corps des phrases soyeuses et profondes, qu'ils se liront sensuellement en phases successives et sensuelles, coupantes et ravisseuses d'émotions.

Ils le savent tous deux...

En attendant, devant le monde, ils ne peuvent que se vérifier des yeux, s'accorder une complicité espérée, l'extrapoler, peut-être la sublimer.
Ils ne peuvent que s'approcher, se rapprocher, se confondre dans les regards anonymes, s'explorer encore de loin, s'aventurer dans les méandres de l'espoir et du désir ; le désir des Plaisirs.
Ils ne les connaissent pas tous... qui les connaît tous ???
Ils en ont sans doute traversé plusieurs l'Un sans l'Autre. Ils le savent et cela ne les gêne pas.
Il Lui fera deviner l'indicible à l'avance, elle Lui fera toucher d'autres choses en échange...

Elle arrive et le rejoint, et observe ce petit mouvement d'attente et de bienvenue...
Elle-même est dans l'attente...
Il retient son élan, la transperce de sa flamme amoureuse et l'étreint secrètement.
Il est dans l'impatience...

II
Leurs corps s'emmêlent. Quatre mains exploratrices, tour à tour, se frôlent à fleur de peaux. Les gestes furtifs ou vigoureux ont réveillé les envies tout en apaisant les espérances. L'espoir était justement cet éveil là.
Les corps décorent ensemble une petite parcelle de vie gémissante et intime. La plainte est heureuse.
Les bouches rôdent sur des reliefs chauds.
Les langues s'attardent dans l'humidité tiède des secrets.
Les yeux se répondent et les soupirs écoutent l'autre.
Les sens excités, et la joie partagée des doigts les emmurent tous les deux. L'environnement leur parvient ouaté, lointain et extrêmement flou.
Les regards jouissent.
Les soupirs chantent.
L'important est la complicité.
Maladroitement ou de façon experte, les accords restent dans l"amplitude de leurs appétits.
Gémir est un arpège.
Le plaisir découpe des lames puissantes de bien-être. L'allégresse peut se substituer à la simple satisfaction.

...Nul ne peut décrire les situations inconnues. Chacun peut les espérer.
Le rêve est leur réalisation...

Ils refusent tous deux la valeur conventionnelle fidélisant et emprisonnant l'amour ; comme tant d'autres. Ils en ont redécouvert ses paysages cachés et l'attirance de l'exploration ; Ils ont intégré depuis longtemps la puissance de l'échange éphémère et osé en prendre l'espace et le temps.

Elle a envie de Lui, elle veut le toucher, le faire frémir, le sentir, l'observer, et le boire.
Il La désire, et souhaite la toucher, la faire frémir, la sentir, la regarder, la pénétrer.
Elle peut apprendre et comprendre, Il peut comprendre et apprendre. Ils pourront même être surpris de leur audace ! Sourire...

III
Elle a cherché à explorer le corps de l'Amant. Sa joue a lissé le torse du Compagnon et sa main s'est faite tendre pour découvrir le creux des cuisses et de la nuque.
Lui l'a emmenée vers des positions insolites et l'a étreinte avec force. Ses bras l'ont entourée et rassurée.
Les gestes se sont faits tendres et fermes, les mouvements se sont construits vigoureux et pénétrants. Comment s'arrêter ? Le calin est nécessaire. La tendresse est une fleur indispensable au bouquet...
La lumière redevient saine fatigue, le repos se quémande ; les yeux vont devoir s'entrouvrir sur ce qui les entoure.
La pensée se reconstruit au fil de l"autre et se sépare.
Le lien doit se poursuivre et se revivre en pensée.

Ils sont géographiquement tous deux éloignés, ce qui est finalement une bonne chose, car chacun veut vivre partiellement avec l'autre dans la clandestinité. Cette attache furtive est ce qu'ils pouvaient feuilleter de mieux dans leurs vies routinières et entravantes, mais cependant vitale à leurs habitudes et à leurs affections.
C'est leur jardin secret. Un moment passionné et exceptionnel de découverte pour deux, des moments inaccoutumés bien qu'habitués à ce genre de situation.

...Ils s'embrasent partout...

Ils se sont pénétrés de tant de manières qu'ils ne savent plus très bien laquelle fut la plus grandiose...l'une a-t-elle été plus conséquente que l'autre ? Les regards, les corps ?
Un peu agacés, leur parvient une pensée sauvage et insolite de temps à autres...
: « Comment ont-ils pu être attirés ainsi et venir se rejoindre en toute confiance, abolissant toute crainte et toute retenue ? »

Elle se souvient de cet Homme qui la déconcertait depuis longtemps en lui murmurant parfois à l"oreille...« tu viens ? »

Elle sourit en écrivant tout ça...

L'âme hante encore.

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MessageSujet: Re: Les gens...   Mer 10 Oct 2007 - 8:27

la galerie de portraits, "des gens" commencent à s'étoffer. Seriez-vous prêts à décrire "les gens : ces citadins" ?
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MessageSujet: Re: Les gens...   Mer 10 Oct 2007 - 8:28

C'est-à-dire?
je suppose que tous ses portraits sont des fictions, donc !

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MessageSujet: Re: Les gens...   Mer 10 Oct 2007 - 8:31

feuilllle, c'était juste pour savoir qu'elle pouvait être la source d'inspiration des participants, en reliant les mots "gens" et "citadins".
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MessageSujet: Re: Les gens...   Mer 10 Oct 2007 - 8:36

Perso j'ai vu ces gens là dans une gare et c'était flagrant..; et très doux...
leur anonymat me faisait penser à la chanson de Jacques Brel, Orly, sauf que si l'amour nétait pas caché, la relation devait l'être, elle!
et je souriais de les voir, sans moquerie ni jugement, simplement car ils étaient beaux.

nous sommes descendus dans le même hôtel de la gare et avons du reste discuté un peu le lendemain.
alien

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MessageSujet: Re: Les gens...   Mer 10 Oct 2007 - 8:54

Beau texte, feuilllle. je regrette presque que tu l'aies intitulé l'Amante, même si c'est vu par elle.
On a l'illusion qu'ils se rejoignent... et sont... Les Amants.

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MessageSujet: Re: Les gens...   Mer 10 Oct 2007 - 8:55

J'aime beaucoup ce fil. Tout ce que vous dites, vos portraits, tout est touchant, merci ! Very Happy
Je vais relire ceux postés plus haut car je n'ai pas toujours eu le temps de les lire tranquillement, mais continuez...Basketball

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MessageSujet: Re: Les gens...   Mer 10 Oct 2007 - 8:55

Tu as raison, mais instinct féminin, j'avais plus observé la Femme; bon à corriger car tu as raison!

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MessageSujet: Re: Les gens...   Mer 10 Oct 2007 - 9:03

Je ne l'avais pas vu ce fil Aériale, et me suis régalée ce matin de vos écritures, toutes différentes, toutes prenantes.

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