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 Mini-contes de Noël parfumés...

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Main aguerrie


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MessageSujet: Mini-contes de Noël parfumés...   Jeu 6 Déc 2007 - 22:21

A vos posts !
Ce fil dédié est aux mini-contes.
J'ai ouvert en parallèle un fil de commentaires afin de laisser ici la place entière à la qualité de lecture de nos merveilles !

Qui sera donc le premier mini-conte posté !
Fermeture du post à définir... plus tard ! Shocked

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Senhal
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MessageSujet: Re: Mini-contes de Noël parfumés...   Jeu 6 Déc 2007 - 23:15

Chouette idée !

Un extrait d'une vieille nouvelle (j'espère qu'il n'y a pas de règles spéciales pour poster ?).

"- Père, racontez-moi l'histoire de l'Ange qui passe.

- Ce n'est pas une légende Isabeau, l'Ange qui passe était déjà là quand les vieillards de la place avaient ton âge, et leurs pères avant eux le connaissaient déjà.

- Comment il est l'Ange du silence?

- Il est blanc comme la craie, il s'effrite un peu. Il a de grandes ailes mais on ne sait pas où elles finissent parce qu'elles sont transparentes au bout. Il a un grand doigt pour le poser sur les lèvres, des yeux comme des miroirs mais surtout...

- Il n'a pas de bouche !

- Non, il n'a pas de bouche, pas de cicatrice non plus, là où il devrait y avoir une bouche, il y a de la peau toute lisse.

- Vous l'avez déjà vu l'Ange qui passe?

- Non, mais lorsque le silence s'épaissit trop, on sent comme une présence qui se substancialise.

- Et si le silence continue?

- alors il apparaît, il pose son long doigt sur tes lèvres, et c'est fini, il emporte ta vie.

- Mais ici au château, ça ne peut pas arriver, n'est-ce pas?

- Non, nous sommes habitués à faire du bruit, à parler, à faire des banquets tard dans la nuit, tout le monde chante, tout le monde parle, la nuit les musiciens se relaient pour jouer. Le château ne connaît pas le silence. Bonne nuit Isabeau;

- Bonne nuit père."
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Malorie
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MessageSujet: Re: Mini-contes de Noël parfumés...   Ven 7 Déc 2007 - 10:49

Bon je tente le coup, voici mon "mini conte de Noël" :

Où est passé Noisette ?

Le pôle nord, le 24 décembre 2007.
La maison du Père Noël est en émoi. On entend la voix du gros bonhomme traverser l’étendue de neige et envahir l’air à des lieux à la ronde. Que se passe t-il ?

Mère Noël, prépare les quelques derniers biscuits qui se glisseront dans les chaussettes des enfants près de la cheminée, ce soir.
Interloquée par ces cris furieux, Mère Noël décide d’aller voir ce qui arrive à son mari.

Elle le trouve dans son atelier, entouré de tous ses lutins. Le Père Noël est rouge de colère.
Après avoir réussit à calmer le vieillard, Mère Noël comprend ce qui se passe. Noisette a disparu.

Noisette est le renne de tête du traîneau du Père Noël. Sans lui, impossible d’aller distribuer les cadeaux aux enfants du monde entier, ce soir. Où est –il passé ?
Les lutins ne comprennent pas. Ce matin à leur réveil, ils ont été nourrir les rennes du Père Noël et ils étaient tous là, dans l’enclos.
Comment faire pour le retrouver ?

Mère Noël pense que Noisette ne doit pas être bien loin. Il a dû aller flâner dans les bois alentour. Mais, le Père Noël répond qu’il l’a déjà appelé des dizaines de fois, et que malgré sa grosse voix, Noisette n’est pas revenu.
Le Père Noël est bien triste. C’est la première fois, depuis des centaines d’années qu’il ne pourra pas récompenser les enfants de leur sagesse tout au long de l’année écoulée. Des grosses larmes coulent sur sa joue et vont se perdre dans sa barbe blanche…

Tout à coup, Mère Noël a une idée.
Tous savent que Noisette est gourmand. Très gourmand. Tous savent que Noisette ne peut pas résister à un bon morceau de pain d’épices. Mère Noël décide donc de faire quelques pains d’épices afin de faire revenir le renne de tête du Père Noël.


Tous, lutins et vieil homme aux cheveux blancs se pressent à l’entrée de la cuisine, où Mère Noël s’empresse de préparer le fameux gâteau.
Sur la table, s’amoncelle le miel, la farine, les œufs, le beurre, la cannelle, le gingembre, et toutes les autres épices nécessaires.

Quelques minutes plus tard, Mère Noël enfourne quelques moules contenant le précieux gâteau qui à le pouvoir de sauver la fête de Noël.
Pendant la demi heure qui suit (c’est le temps nécessaire à la cuisson du pain d’épices), les lutins et le Père Noël trépignent d’impatience, suppliant la Dame de Noël d’aller plus vite…

Enfin, le gâteau est prêt et l’odeur se répand dans toute la maison.
Ne perdant plus une minute, le Père Noël donne un morceau de pain d’épice à chaque lutins, et leur demande d’aller au plus vite dans divers endroit du bois afin d’attirer Noisette. Lui-même, emportant quelques morceaux se rend près de la petite rivière qui coule au centre du bois.

Et voici, qu’en ce 24 décembre, le bois de Noël (ainsi nommé car il entoure la maison du Père Noël) embaume le pain d’épice. Sur des dizaines et des dizaines de lieux, l’odeur de miel, de beurre et d’épices se distille.
Tous tendent l’oreille… Noisette va – t – il réapparaître ?

Tout à coup, derrière le Père Noël, une branche morte craque. Tout doucement, il se retourne. Et là, que voit –il approcher ?
Noisette qui arrive vers lui, les yeux luisant de bonheur, la truffe tressaillant à l’odeur de ce subtil gâteau de Noël.
Avec un grand sourire, le Père Noël tend à Noisette les morceaux de pain d’épices contenu dans son grand sac. Il lui caresse l’encolure, en lui parlant gentiment tellement le bonheur de le revoir est grand. Promettant à Noisette plein d’autres morceaux de son gâteau, ils retournent, ensemble près de la cabane de Noël où les attendent tous les lutins en compagnie de la Mère Noël. Ainsi, le Père Noël pourra disposer au pied des sapins, comme chaque année, les millions de cadeaux aux enfants qui ont été sage.

Et c’est ainsi, que le pain d’épices sauva la fête de Noël.
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sousmarin
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MessageSujet: Re: Mini-contes de Noël parfumés...   Ven 7 Déc 2007 - 14:02

La naissance du père noël

Un soir, une maman désespérée entra dans la chambre de son méchant petit garçon. Dehors régnait la tempête mais les éléments déchaînés ne semblaient avoir aucune prise sur elle, alors qu’ils terrifiaient le petit garçon…

La maman ouvrit le livre qu’elle avait apporté pour lire une histoire à ce petit garçon. Elle resta pensive un instant, le livre ouvert sur ses genoux, pendant que dehors gémissements, bruits violents et insolites se multipliaient, puis en le fermant elle dit : « Non, je vais te conter la naissance du père noël… »
Le petit garçon, intrigué, leva un œil car après tout il avait commandé un vélo à ce gros monsieur.

« Il était une fois le dur parcours d’une goutte de pluie » commença t-elle dans un soudain calme extérieur qui impressionna le petit garçon.
« Après avoir été brûlée par le soleil, elle monta au ciel et dut se frayer un chemin parmi les nuages surchargés de ses semblables. Elle le fit sans heurt et avec dignité en se calant dans le cocon douillet d’un cumulus qui passait par là.
Lorsqu’elle se décida à parcourir le monde, le froid régnant en maître à cette époque, elle se transforma en flocon de neige et virevolta, un temps, dans le ciel. »
A ce moment, le petit garçon vit qu’il neigeait dehors et, en suivant les petits points blancs dans le ciel, trouva cela très beau.

« Vivant son existence de flocon, il finit par atterrir sur le sol mais à un endroit spécial…bon, je te raconterais la suite demain… »
Là, le petit garçon était bien embêté…d’un côté, il ne pouvait décemment pas admettre qu’il voulait connaître la fin de l’histoire mais de l’autre, il voulait vraiment la connaître ! Il transigea donc et opta pour un : « Peuh, demain on n’aura pas le temps… »

La maman lui tourna le dos un instant, sourit, puis, en reprenant un visage sérieux, lui fit face et continua :
« Une feuille égarée de l’automne, d’un rouge éclatant, reposait sur le sol et, comme par miracle, sans que l’on sache si c’était la feuille qui repoussait les flocons ou si c’était les flocons qui évitaient la feuille, cette dernière était vierge de neige. Quand notre flocon arriva, il fut clair pour tous les esprits environnants qu’un couple allait naître... et le premier témoin de cette naissance fut un renne qui paissait. »
« Et alors, et alors… » ne pu s’empêcher de crier, impatient, le petit garçon.
« Et alors, le flocon embrassa la feuille et dans un éclair lumineux un petit garçon, revêtu du blanc de son père et du rouge de sa mère, naquit dans une forêt près d’un renne. Quand il devint grand, il décida de donner un morceau de ce moment magique à tous les enfants du monde au moins une fois par an. »

Ce soir là le petit garçon devint garçon.

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Bédoulène
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MessageSujet: Ca s'est passé un 25 décembre   Sam 8 Déc 2007 - 19:07

je tente un mini conte

Ca s’est passé un 25 décembre

Cet hiver là était si cruel que les sculptures de pierre du Palais Longchamp pleuraient ; des naseaux des taureaux et de leur gueule, des stalactites glacées s’étiraient vers le bassin paralysé.
L’aube pâle soufflait son haleine opaque sur les vitres. Mina hésitait à sortir du lit chaud mais elle devait nourrir le foyer affamé de la cuisinière.
Un froid impitoyable s’abattait sur la maison et l’isolait du village rassurant.
Mina prépara un chocolat chaud avant de réveiller sa Fille. Dans 48 heures Noël serait là mais point de cadeau caché dans l’armoire ne s’installerait discrètement au pied du sapin. Depuis une semaine le chemin était si enneigé et gelé qu’il était impossible de rejoindre le village.
Le charbon était entreposé au fond du jardin dans un cabanon de planches et Mina à chaque voyage pour remplir le seau ramenait sous ses bottes une charge de neige dont elle se débarrassait dans la pile (1).
La nuit dispensait à présent son ombre sur les terres enneigées sans parvenir à en masquer la blancheur. L’enfant dormait son ours dans les bras. Mina décida qu’il y aurait tout de même un cadeau pour sa fillette sous le sapin.
Elle confectionna un petit livre avec une couverture de papier rouge garance choisi dans sa pochette de « jolis papiers » qu’elle conservait d’année en année. Sur la page intérieure elle dessina et peignit à la gouache une poupée aux grands yeux bleus, à la chevelure brune et vêtue de rouge comme la poupée qu’elle destinait à sa Fille.
Elle écrivit ensuite l’histoire de Boucles d’Or qu’elle lui lirait. Elle décora le texte d’arabesques à la plume. Le bonheur d’écrire remplit son cœur et les pages du petit livre ; Blanche Neige et la Belle au bois dormant découvrirent ainsi l’histoire de Taïga la chienne et Filou la chatte, sorties de son imagination.
Sur la dernière page elle peignit un piano, instrument de musique qui avait fasciné l’enfant lors d’une visite à l’Orphéon du village.
Elle déposa le livre au pied du sapin.
***

Les étoiles de la nuit s’effaçaient devant la lumière du jour quand Mina s’éveilla. Comme tous les matins elle sortit dans le jardin le seau de charbon à la main et tâta du bout du pied la nature du sol. Mina déversa de la cendre le long de l’allée jusqu’au cabanon pour adoucir le gel.
De retour dans la maison, tout en se débottant elle entendit s’élever des notes de musique. Elle se tourna vers le poste radio mais il était éteint. La musique venait de la chambre, elle en poussa doucement la porte puis la referma prestement. Je rêve se dit-elle mais la musique continua ; elle ouvrit la porte à nouveau et cette fois demeura pétrifiée. Sa fille était assise dans le lit et autour d’elle dansaient Boucle d’Or, Blanche-neige, la Belle au bois dormant ; une chienne noire et une chatte blanche étaient couchées sur le sol. L’enfant émerveillée tapotait les touches d’un petit piano, posée sur ses genoux une magnifique poupée aux grands yeux bleus et à la chevelure brune.
Le petit livre était ouvert et la page où elle avait peint la poupée était blanche, le coeur claudiquant Mina tourna les autres pages , elles aussi étaient vierges. A ce moment là le sol se déroba sous ses pieds. Quelques minutes s’échappèrent et lorsqu’elle ouvrit les yeux sa fille qui jouait avec sa poupée et le piano tourna la tête vers elle et dit simplement : les gentilles dames sont parties avec les animaux Maman.


(1)mot provençal pour évier
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coline
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MessageSujet: Re: Mini-contes de Noël parfumés...   Jeu 13 Déc 2007 - 1:43

24 décembre

La nuit était maintenant tombée sur la ville…
Elle se leva et s’approcha lentement de la fenêtre. Ecartant le rideau, elle regarda, en bas, la rue. Tout à l’heure si animée, celle-ci s’était vidée, rendue à son silence, à des lumières colorées qui ne clignotaient plus pour personne…tentant un air de fête inutile et dérisoire.

Elle resta un moment, un long moment, le regard perdu, le front appuyé sur la vitre froide, puis revint d’un pas toujours lent au centre de la pièce où, après avoir allumé une lampe, elle se laissa tomber sur le canapé. Elle s’assit, remonta les genoux, et les entourant de ses bras, elle y déposa son menton avant d’être emportée à nouveau par sa rêverie.

C’est à ce moment-là que lui fit son premier passage devant la fenêtre. Elle ne le remarqua même pas. Pourtant, il avait ralenti et ne s’était pas gêné pour jeter un regard curieux, appuyé même, sur l’intérieur éclairé par une chaleureuse et douce lumière, sur la femme posée là, immobile et seule, sur son canapé.

Elle avait remarqué depuis quelques temps la faculté qu’elle avait maintenant de laisser du temps à chacun de ses gestes, à chaque pensée…Elle était devenue lente, exagérément lente…et douce aussi…Elle n’aurait pas cru cela possible auparavant mais elle se surprenait même à goûter le vide… le rien… l’attente…de quoi ?...l’absence…de qui ?...
Et le temps étiré ainsi démesurément chassait l’ennui et l’amenait d’un matin à un soir…d’un jour à l’autre…Ce n’était pas si terrible au fond …Il y avait tant de douceur…Elle souriait…pour elle …Elle fredonnait…Elle se parlait…

Après avoir déposé un encombrant paquet tout en haut de la rue, il revint en arrière…Il allait prendre un peu de retard et il ne fallait pas mais…il voulait vérifier si elle était toujours là…Et elle était toujours là ! Il lui apparut même qu’elle n’avait pas bougé depuis tout à l’heure…
Comme elle ne regardait pas en direction de la fenêtre, il eut l’audace, cette fois-ci, de complètement s’arrêter…Il resta quelques minutes dans la contemplation du profil féminin toujours figé…

C’est alors qu’elle esquissa un mouvement de tête …en direction de ses mains sur lesquelles elle tirait maintenant les manches de son pull …presque jusqu’au bout de ses doigts…Avait-elle froid ?...Elle se leva et alla jusqu’à la cheminée ajouter une bûche…Comme elle tournait le dos à la fenêtre il resta encore et la vit s’agenouiller devant l’âtre. Elle s’y tint un long moment. Elle devait se distraire de la danse des flammes…

Les minutes passaient, et lui avait encore tant à faire !…A regret, il dut s’en aller…

Dix heures…Il était dix heures…Elle le sut lorsqu’elle compta sur ses doigts…le bout de ses doigts…les coups qui retentirent au clocher de la ville…au Jacquemart voisin…
Elle alluma un chandelier, attrapa un livre…un coffret de chocolats et de marrons glacés…Puis elle vint à nouveau se blottir dans le canapé.

Déjà, il revenait…Il n’avait plus vraiment la tête à sa tournée !…Deux paquets déposés et il était là, de nouveau, derrière le carreau, à la regarder…Jamais il ne viendrait à bout de ce qu’il avait à faire !…

Presque allongée, elle lisait maintenant… tout en mordant doucement, mais avec une délectation apparente, dans un marron glacé…
La lueur du chandelier faisait briller ses yeux et ses joues étaient roses.
Il se surprit à quitter le visage et à laisser glisser son regard sur le corps tout entier…
Combien de temps est-il resté ?...
Il l’a vue abandonner peu à peu la lecture, laisser tomber le livre, s’étirer… puis s’endormir… paisiblement, dans un faible sourire… les jambes un peu entrouvertes…

Quand il est entré, il s’est agenouillé près d’elle, il a soufflé sur une mèche qui barrait son visage, il a posé tendrement ses lèvres sur la bouche sucrée…goût marron glacé… il a doucement fait jouer ses mains sur le corps endormi…le corps qui s’alanguissait sous l’effet de la caresse…
Elle a ouvert les yeux, elle a dit : « Ah…tu es venu…Et pourtant je n'y croyais plus... ».
Puis après un soupir de mécontentement : « Tu sais bien que je ne t’aime pas en rouge...Vas voir, dans l’armoire de la chambre, il y a encore ton vieux pull breton bleu marine… »
Et encore, en tambourinant rageusement sur sa poitrine : « J’ai horreur quand tu te laisses pousser la barbe !… »

Il lui a pris doucement les mains, y a déposé des baisers, l’a enveloppée de ses bras…
Le visage posé sur son cœur, elle en appréciait chaque battement, et s’est laissée aller à se blottir tendrement tout contre son grand corps…

_________________
"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)


Dernière édition par le Ven 14 Déc 2007 - 18:26, édité 1 fois
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Queenie
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MessageSujet: Re: Mini-contes de Noël parfumés...   Jeu 13 Déc 2007 - 15:44

Felicité

La neige, partout, recouvre le monde. A sa fenêtre, il sourit en regardant le paysage ainsi enveloppé. La température extérieure frôle avec zéro, bientôt ce sera le moment idéal, le moment incontournable. La nuit du 24 au 25 décembre, Noël.
Mais il reste encore beaucoup de travail, l'homme débonnaire n'a pas vraiment le temps de s'attarder dans la contemplation de l'univers. Il ne peut s'empêcher de regarder encore une fois le ciel immense et silencieux avant de se détourner de la fenêtre.
Une nouvelle journée commence. J-5 avant le grand jour.
L'homme s'installe nu au centre de la pièce pratiquement vide, en tailleur, les yeux fermés, il se concentre. Après quelques minutes, des protubérances apparaissent à divers endroits de son corps. Sous la peau de son ventre bedonnant surgissent des mouvements qui font penser à un grouillement de petites choses gluantes. Il grimace, souffre, son épiderme devient brûlant, comme plongée dans un incendie. Il continue pourtant, serre les dents, et canalise ses pensées. Bientôt des images naissent dans son esprit, au fur et à mesure qu'il les recueille, qu'elles prennent vie, les formes sur son corps grossissent. Et alors, de considérables boules de chair recouvrent entièrement sa peau, pas un centimètre d'épiderme n'est épargné. L'homme pousse un faible cri de douleur, mais continue.
Eric veut une voiture Julia une console de jeux portable Delphine un manteau Saïd des livres Manon un chien Brewen un pc
Douleurs lancinantes, des morceaux deviennent énormes, lourds. Ils tombent, arrachant un cri d'agonie à l'homme assis en tailleur. Un par un ils s'écroulent sur le sol, et y gigotent, y terminent leur croissance. Des boules de chair naissent des bras, des jambes, une tête. Alors qu'ils prennent forme de petits êtres, et se redressent les uns après les autres sur leurs jambes flageolantes.
L'homme épuisé, libéré de toutes ces entités, sourit légèrement à toute cette marmaille s'agitant, trépignant et sautillant autour de lui. Une dizaine de petits lutins procréés par l'unique désir de milliers d'enfants : avoir le cadeau de ses rêves.
Dans la grande maison, voilà que déjà ils s'affairent l'âme et le coeur, dessinant dans les airs des arabesques du bout des doigts. Une fine poussière étoilée et lumineuse s'échappe de leurs gestes, envahissant l'espace d'éclats multicolore, puis devient amas de poudre. Un petit souffle pour dépoussiérer le tout et voilà qu'apparaît le cadeau pour Marie Carlos Steve Sebastien Céline Rosalinde Lionel Isabelle Cassandre Casiopée ...
Alors que tous s'agitent autour de lui, l'homme dort, effondré par terre. Cela fait tellement de siècles qu'il fait ça, qu'il n'y croit plus vraiment. Débarqué sur Terre par erreur, il tente chaque année le seul et unique moyen pour lui d'échapper à ce lieu : l'amour et le bonheur. Au coeur de la nuit la plus froide, la plus claire et la plus calme, déclencher un tel flot de félicité que des ondes atteignent les satellites de son peuple. Les noëliens étaient une société de joie, de naïveté, de bonheur parfait. Et, ayant un peu étudié la Terre, ils en avaient une peur bleue. Il y avait donc peu de chance qu'ils s'en approchent. Et l'homme du pôle Nord le comprenait de mieux en mieux chaque année.
Sans parler des guerres, des mensonges, de la pollution et de toutes les mesquineries parsemées sur la planète, une preuve accablante de sa condition de Père Noël désespéré apparaissaient avec plus de force chaque hiver.
Les lutins avaient de plus en plus de mal à créer le cadeau idéal. Comment combler les humains ? Les lutins, le coeur oppressé sous les désirs, peinaient à dessiner dans les airs, et pelotaient des cadeaux de moins en moins merveilleux. L'homme espérait pourtant, et pendant sa tournée de distribution, de son rire bienveillant arrachait quelques sourires, récoltait une minute de bonheur intense par-ci par-là.
Pourtant les humains y mettent du leur : la féérie des lumières clignotantes, la décoration du sapin en famille, le repas où tous se retrouvent, le désir de partager, de se parler. Tout y est, tout pour y croire et espérer. La félicité partout flotte. Mais voilà, ça ne suffit jamais. Une mélancolie, une frustration, un abandon, une colère ; la fête qui dérape, la famille qui se disloque, les mensonges qui éclatent.

Le noëlien ne continue que dans un espoir désespéré, et parce que tout le bonheur qu'il reçoit lui permet de survivre une année entière. Drogué à la joie, il prend sa dose vitale en cette longue nuit d'hiver.

Quelques lutins s'affairent encore lorsqu'il se réveille. D'autres jonchent le sol, un sourire léger sur les lèvres, le corps relâché entre les cadeaux confectionnés d'air, de désir et de plaisir. Mors heureux. Persuadés qu'ils feront le bonheur. Les pauvres, s'ils savaient.
Le noëlien attend tranquillement que le dernier lutin sombre. Il ouvre la fenêtre. Les milliers de cadeaux s'envolent alors vers les esprits des humains courant les magasins, surfant sur les sites internet, confectionnant au chaud chez eux, les surprises à offrir. Les cadeaux des lutins redevenaient poussière pour se rematérialisaient entre les mains des personnes indécises. Et terminaient au pied du sapin.

Pendant les cinq derniers jours, le noëlien répète les mêmes opérations, perdant un peu plus d'energie à chaque fois, voyant s'envoler loin de lui des nuées de bonheur qu'il savait récupérer à moindre dose entre le 24 et le 25 décembre. Il le savait, il lui resterait juste assez de force pour survoler l'espace dans son vaisseau de fortune, sillonnant les airs et humant les particules de bonheur s'échappant des foyers humains, aspirant leur joie, sniffant leur enchantement.

La nuit approche, plus que quelques heures. Le noëlien avance péniblement jusqu'à son vaisseau, il avance titubant, et se tient à tout ce qui peut lui servir de soutien, et s'effondre dans son appareil aux allures de traineau. L'appareil en pilotage automatique est prêt à partir à l'heure prévue et pour le parcours habituel. Le noëlien s'assoupit alors que le décollage se termine. Dans les airs, il sent peu à peu l'ivresse le ragaillardir. Il hume l'air, l'aspire de tous ses poumons, s'en goinfre, s'en empiffre, s'en énivre. Le voilà qui chantonne tout seul dans son vaisseau, volant à une allure folle, éblouit par les guirlandes clignotantes, embrumé par les nuages de vapeur s'échappant des plats fumants, le noëlien se met à danser tout seul, tout guilleret dans son vaisseau. Dodelinant pendant des heures, ne contrôlant plus que difficilement ses faits et gestes, le voilà qui titube sur une des manettes de commande. Le pilote automatique s'affole, le traineau part en vrille, tourbillonne à travers les nuages, et alors que le noëlien effectue une danse du ventre indécente, il s'écrase contre un toit solitaire. Le choc est si brutal que l'homme décuve aussitôt de son bonheur. Il s'affole en voyant l'état de son vaisseau, panique en pensant aux locataires de la maison sur laquelle il vient de s'ecraser... Apparemment tout est calme, et il fleure bonne une bonne odeur de douce sérennité. Le noëlien décide de descendre, de toute façon il lui faut des outils pour réparer son traineau... il empreinte le chemin qui lui semble le plus pratique et le moins dangereux : la cheminée. Il manque plusieurs fois de rester coincé, et s'affole une fois dans le conduit en se disant qu'un feu brûle peut être en dessous... oui mais voilà c'est trop tard, il faut bien continuer à descendre maintenant. Il pousse un bon coup et ses fesses s'écrasent dans un tas de cendres froides. Il regarde autour de lui, il n'y a pas un bruit. Si ce n'est un cliquetis irrégulier, et quelques petits éclats de rire solitaires. Le noëlien est surpris. Au coeur de la nuit, dans une vieille maison sombre, il regne une atmosphère douce et heureuse. Il avance, s'approche du rire et des cliquetis.
Il découvre alors une femme, assise sur un fauteuil, un casque sur les oreilles, et postée devant un écran d'ordinateur. D'elle se dégage de fortes ondes de bien être et de plaisir, et alors que le noëlien plisse les yeux pour dicerner ce qui la met en fête, il découvre sa propre image, lui sur un traineau faisant des gestes de va et vients répétitif voulant semble t-il imiter sa course à travers les airs, mais rappelant plus vraisemblablement à la femme un tout autre sport. Et apparemment ce n'est pas la seule vue les messages qu'elle consulte gaiement à la suite de cet emoticone licencieux prouvent qu'elles sont plusieurs à se fendre la poire devant cette allusion sexuelle.
Le noëlien est sur le point de se fâcher, lorsqu'il sent dans l'air l'odeur de la félicité, il ne peut que sourire, et énivré éclate d'un bon vieux rire de Père Noël de conte.
La femme se retourne, étonnée, apeurée, et sans qu'elle ai le temps de réaliser se retrouve dans les bras du PN faisant des tours et des virevoltes aux sons de chants de noël divers et variés émanant des écouteurs.

Ils dansèrent ainsi des heures durant, riants, tourbillonnants, percutants tout autour d'eux. Puis la femme, son pc portable sous le bras, partie dans le traineau réparé, et c'est depuis ce jour là qu'on affirme qu'il existe bel et bien une Mère Noël qui redonne un peu de joie au Père Noël parfois bougon.

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Sahkti
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MessageSujet: Re: Mini-contes de Noël parfumés...   Sam 15 Déc 2007 - 20:31

Un conte que j'ai écrit il y a un moment déjà... je l'exhume pour l'occasion!

Douce nuit, sainte nuit

Vladivostok... Irèna
Nouméa... Jacinthe
Bruxelles... Mauricette
Tallahassee... Norma

- Vous êtes prêtes les filles? Toutes les autres sont déjà parties, on n'attend plus que vous!
- Ça roule, chef, on y va!

Dans un léger brouhaha, un étrange convoi se met en route. Sous des flocons de neige éternelle au creux de la nuit noire, quelques joyeuses donzelles revêtues d'un costume de circonstance enfourchent d'un pas alerte et gracieux un renne paré d'un collier de grelots et d'un GPS. D'un claquement de doigts surgit une fine poudre dorée et là, ô magie, l'animal et sa cavalière s'envolent dans les cieux en suivant scrupuleusement les indications du carnet de bord.

Cette nuit est dédiée à l'esprit de Noël, nous sommes le 24 décembre, jour de dur labeur pour la nouvelle entreprise du Père Noël. Au bord de la faillite face à l'invasion des jeux vidéos et des téléphones portables, ayant dû mettre au chômage tous les lutins fabricants de jouets en bois, le saint homme a décidé qu'il ne l'était plus vraiment et qu'il fallait survivre au milieu de cette bande de requins prénommés Windaube ou Panasonic. Un essai infructueux dans le show business et un plantage politique monumental ont suffi pour mettre à mal tous ces espoirs de reconversion. C'était sans compter sur la Mère Noël, jamais à cours d'idées. A Noël, combien de personnes seules pour fêter tristement un événement dont plus personne ne se souvient. Il convenait de remédier à la situation. Créer une association qui allait, l'espace de quelques heures, apporter un peu de joie et de bonheur à tous ces êtres solitaires. Il y avait bien des chiens ou des chats à offrir, mais Nintendo s'en était déjà chargé. Le couple Noël ne s'avoua pas vaincu.
C'est ainsi qu'aujourd'hui existe une florissante entreprise de visites au domicile des personnes seules la nuit de Noël. Des hommes et des femmes, portant l'uniforme officiel, apparaissent aux quatre coins du monde et dispensent plaisirs divers aux heureux élus dont le nom est coché sur la liste secrète du Père Noël. Ce dernier donne ses conseils aux filles de l'équipe, alors que la Mère Noël enseigne trucs et astuces aux mâles de l'association. Trois ans déjà et le succès est au rendez-vous.


Pendant ce temps, au second étage d'un immeuble de la banlieue parisienne, un homme réfléchit...

Il était une fois...
C'est d'un classique ennuyeux, ça!

Il est né le divin enfant!
Stop! On va croire que je fais de la propagande pour le nouveau disque de l'Abbé Pierre, ça ne va pas.

Mon beau sapin, roi des forêts...
Je vais me prendre Greenpeace ou Nicolas Hulot sur le dos, pas bon...

Entre le boeuf et l'âne gris...
Et la vache folle, et la tremblante du mouton, et la grippe aviaire, et... Brigitte Bardot!

Petit Papa Noël, quand tu descendras...
Trop tard, t'es déjà descendu. Bas. La faute aux Star Académiciens et leur concert de Noël.

Bon, je ne vais pas m'en sortir! Comment ça commence un conte de Noël, j'en sais rien moi! Ça m'apprendra à vouloir faire les devoirs de ma fille qui s'y prend toujours à la dernière minute. Un conte de Noël, quelle idée stupide. Si la prof d'Aurélie ne pratique pas la boisson, il faudra qu'elle s'y mette, ça lui rendra service!
Un conte de Noël... j'aurais préféré autre chose, moi, je sais pas, un conte de Pâques par exemple. Avec des petits lapins qu'on écrase ou des poules de batterie en chocolat. Ou un conte sur l'arrivée des impôts. Ou un conte sur l'été avec les filles en minijupe.

Un conte de Noël... Voyons voir...

Si j'imaginais la fin du conflit israélo-palestinien, ça serait pas mal ça. La paix dans le monde. Non... on va prendre ma fille pour Miss France récitant son discours de gagnante. Je suis contre la guerre et la pauvreté. Mouais...
Peut-être le Père Noël qui lancerait depuis son beau traîneau des boîtes de lait en poudre aux affamés du Sahel. Peut-être... Va pas non plus...
Un aveugle qui retrouve son chien perdu... Une maman ses enfants enlevés... La voisine ses lunettes... Ingrid Bétancourt sa famille, ça serait bien ça. Sarkozy sa raison et Chirac son cerveau... Pfff, j'en sais rien, j'ai pas d'idées, ça m'énerve, je vais aller me chercher une bière dans le frigo.

- Bonjour! Alors c'est toi l'étalon bleu?
- Je vous demande pardon?

Devant moi se tient la Mère Noël. Enfin pas exactement la Mère Noël. Sa fille peut-être. Sa petite-fille, même. Rouquine aux gambettes sans fin dont le déguisement de Mère Noël ne cache rien des courbes et autres dénivelés.

- Je suis venue pour ton petit Noël.
- Je ne suis pas sûr de comprendre. Quel petit Noël? Et vous êtes qui, d'abord?
- L'assistante du Père Noël
- Oui, ça je vois bien! Enfin non, je sais que c'est un déguisement. Bref, vous voyez ce que je veux dire!
- Heu... non, pas trop...
- Qu'est-ce que vous fichez ici? Et qui êtes vous?!
- Z'êtes pas l'étalon bleu...?
- Mais non! C'est quoi ce délire?!

Et voilà la pauvrette à peine vêtue de rouge et de blanc (un grand classique de Noël!) qui fond en larmes en deux secondes. Bien ennuyé par cette situation rocambolesque, je lui tends mon mouchoir qui se meurt aussitôt dans un déluge bruyant.

- C'est la faute à Polo!
- C'est qui Polo?
- Ben... c'est Polo...
- Mais encore?
- Polo... mon compagnon de route. Normalement, c'est lui qui devait venir vous voir cette nuit.
- Polo? Mais je ne connais pas de Polo moi!
- L'an dernier, la Mère Noël a décidé d'innover et a dit que ça serait sympa qu'on suive la mode. Alors elle a décidé que des mâles iraient rendre visites à quelques hommes seuls et...
- Hein? C'est quoi cette histoire??
- Seulement Polo, cette année, il a pas voulu venir chez vous parce qu' il a fait la connaissance de Rudy le précédent Noël et ça colle bien entre eux et ils pensent au PACS mais ça pose des problèmes administratifs parce que Polo est considéré comme étranger, alors cette nuit, il voulait retrouver son amoureux et on a échangé nos places. Polo m'a juré qu'un homme qui aimait les hommes pouvait aussi aimer les femmes, je l'ai cru. Suis une idiote...
- Mais je n'aime pas les hommes!!
- Ha? Vous n'aimez pas les gens?
- Si. Enfin non. C'est pas pareil. Ce sont les hommes que j'aime pas.
- Donc les gens!
- Non! Les hommes quoi! Je préfère les femmes. Enfin bref, je comprends rien à votre truc. Qui vous envoie? Mon ex-femme? Ma mère? Elles s'inquiètent pour moi, c'est ça?
- Non, c'est le Père Noël qui m'envoie...
- Houla, j'hallucine, ça va pas bien moi, faut que j'arrête d'écrire des contes de Noël pour ma fille!
- Vous écrivez un conte de Noël? Je peux voir? J'adore les histoires!
- C'est à dire que je dois écrire un conte de Noël, mais je n'ai encore rien fait, je suis en manque d'inspiration, alors je me disais qu'une bière, peut-être...
- J'ai de la Guinness dans la sacoche du renne si ça vous dit
- Un renne? L'animal? Parce qu'en plus vous pensiez que j'étais zoophile?!!
- Hahahaha! Non, pas du tout! Le renne, c'est le scooter du ciel. C'est pratique vous savez!
- Ha...
- Alors ce conte, vous me le montrez?
- Je vous ai dit, j'ai encore rien écrit!
- Je peux vous aider si vous voulez. Je vous raconte comment ça se passe là-haut et vous n'avez qu'à recopier. Une histoire véridique ça sera.
- Heu... pourquoi pas. Suivez-moi.
- Alors voilà, quand le Père Noël a vu son compte en banque dans le rouge, il s'est dit qu'il fallait trouver quelque chose qui rapporterait gros et alors avec la Mère Noël, ils ont engagé des filles et...
- Redites-moi exactement pourquoi vous êtes là...?

Et la nuit de Noël se para de ses plus beaux atours et murmures...
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Steven
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MessageSujet: Re: Mini-contes de Noël parfumés...   Sam 15 Déc 2007 - 23:51

Décidément, la magie de Noël...
Il avait marché toute la journée, accablé par le poids de son sac, assailli par le froid vif, le vent agressif et déroutant ; son vieux manteau défraîchi ne le protégeait plus. Devant ses yeux, toute la journée avait défilé un cortège de gens pressés qui s'engouffraient dans les luxueux magasins. Il entendait la musique festive à chaque fois qu'une porte s'ouvrait. Pas une personne ne lui avait adressé la parole ; pire pas une ne l'avait regardé, il n'existait plus...
Cette femme élégante ce matin, qui elle attirait les regards, l'avait bousculé - alors qu'il était figé devant un magasin de jouets - sans un mot d'excuse.
Maintenant il déambulait dans une rue moins animée mais tout aussi éclairée. Les belles maisons, vestiges d'un autre siècle, voyaient leurs austères façades baignées de lumières rouge et or. Mais leurs portes semblaient fermées à jamais. Les bruits feutrés ne lui parvenaient plus ; il était exclu de ce monde... Aucune chaleur, aucune joie ne se dégageait de ces lieux. Il soupira ! Le temps passait, il sentait, à une multitude de signes indicibles, qu'il vieillissait. Mais jamais, non jamais il n'avait été sur le point d'abandonner comme cette année-là. "Ca n'en vaut plus la peine" pensait-il.
Décidément sa magie était comme morte, elle n'opérait plus...
Harassé, il se délesta de son lourd fardeau, le déposa au coin de la rue, il le retrouverait bien plus tard. Il fit quelques pas et se retrouva au milieu de l'avenue. Une bourrasque de vent plus violent, plus glaçante que les autres, le fit se recroqueviller. Il ferma les yeux tellement le froid le brulait.
Au moment où il les ouvrait, il vit trois silhouettes sombres et bleues avancer vers lui, trois silhouettes agressives qui elles le voyaient.

"Vos papiers ! " Ce sont ces cris associés à des coups violents qui avaient réveillés Valentina et son père ce matin du 24 décembre.Il s'en était suivi une bousculade et une cohue dans le vieil immeuble qu'ils habitaient. Dans cette pièce unique qui leurs servait de logis ; ils y étaient depuis six mois. Les jours étaient rythmés par les sirènes des véhicules de pompiers lorsqu'ils quittaient la caserne attenante à l'immeuble ; les nuits par le néon bleu et jaune, clignotant, de l'enseigne de l'épicerie de nuit lui faisant face.
Maintenant, Valentina était dans ce grand entrepot bien chauffé, mais froid, bien éclairé, mais sombre. Son père et elle avait dû s'approprier une table misérable, quatre tabourets et un matelas. Ils étaient en attente avait dit son père mais Valentina avait bien compris qu'ils n'attendaient plus avant de rejoindre sa mère. Elle s'était éloignée et semblait inaccessible. Valentina avait pleuré puis son flot s'était tarie et elle avait observé. Les gens ne se parlaient que peu, dans cet entrepot, mais ils essayaient de s'entraider !
Une vieille dame, parlant une langue étrange - mais son père la comprenait - leur avait fait cadeau d'une branche de sapin, de quelques décorations de papier et de deux bougies : une or et une rouge.
Valentina avait installé le sapin à côté du matelas et avait entonné l berceuse que sa mère lui chantait tout le temps. C'était le seul souvenir qu'elle avait d'elle ! Elle avait allumé les bougies... La lueuer des bougies semblaient plus intense que l'éclairage froid des néons de l'entrepot. Ceux-ci déversaient leur pénombre illuminée sur une entrelac de poutres oranges et grises. Vers midi, alors que Valentina coiffait les cheveux blonds et longs de sa poupée au corps souple, le repas fut servi.
Des rations rudimentaires, mais complètes... Des repas sans paroles. Les gens qui servaient veillaient à être équitables, les gens servis mangeaient, jetant des coups d'oeils inquiets autour d'eux. Le bruit de moteur puissant faisainet trembler les murs de l'entrepot. Le père de Valentina semblait ailleurs, perdu dans son désespoir.
Décidément la magie de Noël était comme morte, elle n'opérait plus... Valentina posa ses yeux sur les flammes vacillantes de bougies, ces frêles lueurs qui semblaient si intenses. Elles brillaient à travers les larmes qui apparaissaient au coin des yeux de la petit fille...

Vos papiers ! ! C'est ce qu'avait entendu le vieil homme. Il s'était recroquevillé un peu plus. Les trois hommes l'avaient violemment relevé. S'en était suivi des questions, un passage au commissariat... Le vieil homme n'avait rien compris. Il paraissait de plus en plus vieux.
Le soir venu, après une longue attente dans une pièce sans fenêtre du commissariat, les trois hommes (ou était-ce trois autres ?) l'avaient fait sortir, lui avaient rendu son long manteau rouge... Et ils l'avaient amené dans cet entrepot surpeuplé. Il arrivait tard, en ce soir de Noël, trop tard pour avoir sa place à une quelconque table. Il déambula, essayant d'accrocher quelques regards. Mais tous se détournaient, se recroquevillant, comme lui dans la rue ce matin.
Décidément, sa magie était bien inopérante, comme morte...
Il fit demi-tour, il allait repartir lorsque son regard fut attiré par deux lueurs : une or et une rouge. il s'approcha et observa un moment. Une petite fille, aux longues nattes rousses, vétue d'une petite robe grise passée sur un pull prune, mettait un couvert de fortune sur une vieille table en bois. Les yeux noirs de la fillette flamboyaient. Un homme - son père - était installé à table, comme ailleurs. La fillette était en train de dresser une troisième couvert, chantonnant sa berceuse.
Le vieil homme s'approcha, salua l'homme et demanda à la peite fille :
- Ta mère va vous rejoindre pour le repas de Noël ?
Le regard du père s'affaissa, la fillette sourit tristement :
" Non, nous l'avons perdue !" Elle suivit le regard du vieil homme posé sur le troisième couverts. Elle reprit "Pourquoi ce troisième couvert ? Vous savez, chaque année, où que nous soyons, nous mettons une assiette de plus au cas où un passant seul et malheureux aurait envie de fêter Noël avec nous." Elle regarda le vieil homme, "Tu es seul, assied toi avec nous."
Le vieil homme s'assit. Il ordonna son manteau, passa la main dans sa barbe qui retrouva une blancheur immaculée et entonna la berceuse de la petite fille. Valentina surprise se joignit à lui. Le chant sembla aller rechercher le père de Valentina. Il se redressa, son regard s'alluma et il se mit à chanter lui aussi... Les lueurs des bougies semblaient plus intenses que jamais !
Décidément, la magie de Noël n'était pas morte...
Le repas de Noël fut servi. Valentina, le vieil homme et même le père de Valentina oublièrent leurs soucis. Ils mangèrent, rirent. Ce fut un moment chalereux et joyeux.
A la fin du repas, le vieil homme se leva, regardaValentina, regarda son père : "Ce fut un merveilleux moment ! Merci beaucoup Valentina ! Quand je suis arrivé, j'étais fatigué, je ne croyais plus en rien, plus en la magie de Noël Merci !" Il lui demanda : "Ouvre-moi ton coeur ! Quel cadeau voudrais-tu pour Noël ?"
Une larme brilla dans les yeux de Valentina. Elle n'eut pas besoin de répondre, le viel homme lui tapota la joue. Puis il se retourna et sembla disparaitre au moment où les lumières s'éteignaient dans l'entrepot.

Le lendemain, matin de Noël, un chant à deux voix réveilla Valentina. Elle se redressa... Elle était dans un lit, il y avait une fenêtre ! Dehors il neigeait ! Valentina révait. Elle descendit et trouva dans la cuisine son père et sa mère préparant le petit déjeuner tout en chantant leur berceuse. Valentina joignit sa voix à la leur. Leur chant s'éleva dans le petit chalet, remplissant l'espace de boheur !
Décidément, la magie de Noël n'était pas morte....

La berceuse
Une libellule s'est posée sur la lune.
Dans les bois, au profond des nids,
Les oiseaux se sont endormis.

Refrain
N'aie pas peur du vent qui gronde,
Ni des chiens errant dans l'ombre.
Mille étoiles vont briller,
Mille étoiles pour te bercer.

Tous les coquillages qui jouaient sur la plage
Sont partis se cacher dans l'eau,
Retrouver leurs petits berceaux.

Refrain

Tourne la grande ourse, tourne la petite ourse.
Il n'y a pas de nuit sans matin,
Le soleil reviendra demain.

Refrain

_________________
Le jour où les terriens prendront figure humaine, j'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène.

Hf Thiéfaine


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MessageSujet: Re: Mini-contes de Noël parfumés...   Dim 16 Déc 2007 - 0:26

Petit Conte de Noël à l’usage des adultes

Préambule :
Ne vous y trompez pas, le Père Noël est là, en personne, avec le traîneau et tout le toutim, mais il a du se passer un truc entre temps, parce que les choses ne se déroulent pas tout à fait comme dans un joli conte pour enfants…


I l était une fois dans une contrée fort proche du périphérique, de la porte de pantin pour tout dire, il était une fois donc, une dame d’un certain âge, locataire d’un deux pièces minuscule au 6ème étage d’un vieil immeuble sans ascenseur.
Cela ne la dérange aucunement, car notre dame, Gisèle Bompain, se tient en très bonne forme. « Un sacré tempérament doublé d’un santé de fer » dirent chacun leur tour les quatre maris disparus, victimes prématurées dudit tempérament de leur épouse.
Bien qu’avancée en âge, elle avait bien pensé se remarier une cinquième fois, et les hommes semblaient encore apprécier ses charmes pour la bagatelle.
Mais voyez vous, ce qui rebutait ces messieurs était moins d’épouser Gisèle et ses promesses de parties de jambes en l’air que de finir bien tristement en cinquième place de la funeste liste.
C’est en effet une bizarrerie que de ne pas vouloir raccourcir un futur destin de vieillard cacochyme en renonçant aux galipettes, mais que voulez-vous ? Il en va ainsi de la condition humaine.


Gisèle Bompain avait parmi ses activités préférées (en dehors de ce que vous savez) la littérature.
Elle lisait absolument tout ce qui lui tombait sous la main avec un égal plaisir. Les biographies ; les romans, à l’eau de rose, ou polar, voire même thriller ; le théâtre ; les grands classiques, relus régulièrement, ce n’est pas pour rien s’ils sont devenus classiques ; les essais ; les érotiques… elle avait même en sa possession un livre en japonais qui resterait un mystère et étrangement ce mystère la réjouissait. Un penchant pour les bandes dessinées lui était venu sur le tard, mais comme vous le savez, il n’est jamais trop tard… Tout comme Gisèle, je ne vois pas meilleure façon de nourrir ses jours et ses nuits, enfin les initiés me comprendront.
Un jour, elle constata que sa pile de livres à lire était en constante augmentation, cette idée lui plut aussitôt d’imaginer qu’elle devait continuer de l’alimenter, cette quantité de lecture en retard serait en quelque sorte le garant de sa (probable ? imaginable ? évidente ?... ?) longévité. Ce sont de drôles d’idées me direz-vous, celles qui viennent en vieillissant seul dans son petit deux pièces minuscule de la porte de Pantin, avec pour seuls compagnons quelques livres et son destin tout tracé qui arrive en fin de parcours.
Elle se sentait rassurée d’avoir encore tant et tant à lire, de s’imaginer une éternité à vivre pour lire à l’infini.


Aussi, à l’approche de Noël, notre amie Gisèle s’empressait de se faire une liste des livres qu’elle souhaitait s’offrir pour l’occasion. Sa pension ne lui permettait pas de faire trop de folie, mais de bouquinistes en brocantes, elle parvenait à ses fins le cœur content (elle s’est même dégoté parfois de véritables merveilles) et sans trop se démunir. Pour connaître l’actualité littéraire elle devait se rendre au grand magasin du cœur de Paris (c’est drôle autrefois on disait le ventre de Paris), tous ces rayonnages fabuleux lui ouvraient l’appétit de lecture, elle se goinfrait des yeux, elle n’en perdait pas une miette, elle s’imprégnait de l’odeur des encres et du papier, elle caressait les couvertures et les pages, en appréciait le grain ou le lissé, autant vous dire qu’après une virée pareille, elle rentrait chez elle les sens exacerbés.
C’est au moment précis où elle sortait du magasin, émue et bouleversée, qu’elle fit la rencontre de l’homme le plus célèbre, le plus prié et le plus adulé au monde : Le Père Noël.


L e Père Noël s’évertuait à faire obéir les rennes qui s’en donnaient à cœur joie de voler dans le ciel nocturne de Paris en chantant « mon beau sapin » et s’esclaffant, car c’est un fait reconnu : les rennes chantent , parlent et rient. Vous l’ignoriez ? Vous n’ignoriez pas qu’ils volent tout de même ? Mais pour en revenir à nos moutons, il s’évertuait à contrôler les turbulents rennes qui continuèrent à n’en faire qu’à leur tête, tant et si bien que le traîneau versa, notre Père Noël atterrit aux pieds de dame Gisèle qui n’en revenait pas d’avoir sous les yeux le Père Noël, ses rennes et son traîneau.
- Bien des hommes se sont jetés à mes pieds autrefois, mais jamais je n’aurais imaginé vous voir un jour en faire autant, même par accident… donc c’est bien vrai, vous existez alors ?
- C’est toujours pareil avec vous autres, il faut toujours que j’avance les preuves de mon existence ! Bien sûr que j’existe, on parle de moi chaque année à la même époque … faut-il que les adultes soient bouchés pour me remettre sans cesse en cause ? Et tous ces cher petits qui ont une enfance bien trop brève, faut-il que ce monde soit cruel pour leur fermer les yeux et l’esprit aussi tôt dans leur vie ?
- Mille excuses cher Père Noël ! Je ne voulais pas vous froisser ! C’est tout de même curieux vous l’admettrez ? Puis-je pour me faire pardonner vous inviter à dîner un de ces soirs, enfin après votre travail …
- Voilà une invitation que je ne me vois pas de refuser, d’autant que de vous à moi, je ne dîne pas souvent chaud à cette période, toujours sur les routes du ciel à voler qui pour aller chercher, qui pour livrer … et croyez moi, ça n’est pas toujours facile d’être invité à entrer par la cheminée, lui répondit-il avec un clin d’œil.


Alors ils convinrent de se retrouver chez Gisèle le 26 au soir dans le deux pièces minuscule de la porte de pantin au sixième étage, sous l’œil goguenard des rennes qui n’avaient pas raté une seule des œillades du Père Noël ni des rosissements de dame Gisèle. On peut être Le Père Noël, on n’en est pas moins homme !
La suite, vous l’aurez compris n’est pas racontable, elle pourrait nuire à la réputation de notre ami, j’en ai déjà suggéré beaucoup trop…
L’on raconte encore dans la petite rue de l’immeuble de la porte de Pantin que Madame Gisèle, cette année là, elle n’a pas reçu que des livres à Noël …
Je crois que l’on tient ça des rennes dont les yeux tournent encore dans leurs orbites à la seule pensée de ce qu’ils ont entendu cette nuit là, au 6ème étage, et croyez-moi il en faut un paquet pour faire rougir un renne, je parie que vous l’ignoriez…
C’est bien pourquoi chaque année à partir du 26 décembre, le Père Noël disparaît pour un repos bien mérité, car c’est vrai qu’elle a la santé notre Gisèle.




FIN
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Speedy
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MessageSujet: Re: Mini-contes de Noël parfumés...   Dim 16 Déc 2007 - 8:58

Enfant, Maurice avait un rêve: devenir trappeur. Ainsi, chaque fin d'automne, depuis ses 17ans, il rassemblait ses affaires dans un gros sac et faisait la tournée de ses amis et de sa famille à La Tuque, gros bourg au nord de Montréal. Dans ces moments là, la Labatt coulait à flot et Maurice savait qu'il pouvait s'offrir quelques plaisirs avec de bien sympathiques demoiselles...
Cet hiver là, au matin du départ, il prit comme chaque fois le train jusqu'à la petite ville de Parent, plus au Nord, d'où notre trappeur attrapait le bus pour nulle part... au milieu de nulle part, commençait alors une longue marche de 2 jours, afin de rejoindre le lac aux Huards où se situait sa cabane de trappeur.

C'était une année particulière, l'équilibre de la faune avait quelque peu été perturbé. Une prolifération de loups inquétait les autorités de la Conservation de la Nature et en avait informé notre ami peu avant son départ. Il savait que contrairement aux années précédentes, il lui faudrait limiter la quantité de pièges pour rongeurs et castors. En revanche, l'objectif requis pour les loups était de trois, qu'il lui faudrait éliminer. Notre homme était un peu triste car il avait beaucoup d'admiration pour le loup, animal très intelligent, et difficile à piéger. La mission s'annonçait difficile...
Dans un premier temps, il s'installa, prépara le bois pour le chauffage, reprit ses habitudes et ses repères de trappeur. Quelques semaines passèrent ainsi, à relever les pièges, couper du bois, pêcher au travers des trous qu'il creusait dans le lac gelé. Loin de lui peser, la solitude le transcendait et il s'endormait heureux et fourbu, en pensant bien sincèrement qu'il ne laisserait sa place pour rien au monde.

Un soir, l'esprit vagabond, Maurice déboucha une bouteille de whisky qui l'aida à rassembler ses idées. Il récapitula tout ce qu'il avait pu observer durant les jours passés, et en recoupant les différentes traces de pas de loups, il échaffauda son plan de mise en place des pièges. L'endroit prévu se trouvait en bordure du lac de Boisvert. Ainsi le lendemain, Maurice prit son matériel et marcha jusqu'à l'endroit convenu.
A un moment, il s'engagea sur le lac gelé afin d'éviter un détour. Le froid de l'hiver était un peu moins vif qu'à l'habitude. Subitement, un craquement se fit entendre. Son instinct lui fit comprendre d'emblée le danger. Mais trop tard, la couche glacée céda. Le rivage n'était pas trop loin et il réussit à agripper une branche et se sortir de l'eau. Mais par moins 20 degrés, les vêtements mouillés se transformèrent vite en glace, et l'hypothermie le guettait. Ses chances de survie en pleine nature diminueraient extrêmement vite. Maurice savait tout celà et se mit à envisager le pire. Aucun son ne venait troubler le lourd silence de l'endroit. Maurice était irrémédiablement seul, une poussière dans l'univers, la fin lui sembla bien proche... Soudain, une voix rocailleuse retentit. Il fit demi-tour. Face à lui, un homme sans age, hirsute et buriné, courait à sa rencontre en maugréant. Parvenu jusqu'à lui il lui passa sa parka sur les épaules et l'entraina dans sa cabane à quelques centaines de mètres de là, où un feu salvateur lui réchauffa le coeur et le corps. Au bout d'un moment, l'inconnu se présenta. Son nom était Joe, l'ermite du lac aux Huards... il était habillé de rouge et un sentiment étrange lui traversa l'esprit : le calendrier affichait 24 décembre...:pirate:
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MessageSujet: Re: Mini-contes de Noël parfumés...   Lun 17 Déc 2007 - 11:04

Like a Star Ce soir là comme tous les soirs depuis toutes ces années, la maison s'assoupissait doucement dans la torpeur de la nuit. A l'intérieur de son antre la cheminée trônait, vide et inutile, vestige des temps heureux où tous se réunissaient. Que d'espoirs et de liesse avaient pu naître sous son toit! Noëls joyeux, légers et pétillants, tous célébrés à l'abri de sa charpente, devant des braises incandescentes et un sapin multicolore . Une plénitude emplissait alors tout l'espace et l'on pouvait entendre vibrer les coeurs et rire les enfants ...

Mais ce 24 décembre différait de tous les autres. Seule, profondément calée dans son fauteuil, son chaton sur les genoux, la pauvre Maguy le regard vide et l'air fermé, fixait droit devant elle, quelques soubressauts nerveux agitant sa main parfois...elle n'était plus très jeune...l'horloge face à elle lui renvoyait tristement l'image de sa solitude, mais elle continuait à la fixer, comme si les aiguilles pouvaient remonter le temps de ces jours bénis... Cette fois, nul chant, nulle bougie, aucune tablée disposée: l'endroit était désepérement calme et seul l'echo de la brise hivernale venait parfois troubler le silence trop pesant de la maisonnée.

Quand tout à coup, alors que la vieille bastide se morfondait en se questionnant sur l'utilité de son existence, elle perçut le bruit d'une échelle qu'on déploie, des pas lourds marteler les tuiles de son couvre-chef, et les pas d'un homme se glisser à l'intérieur de son conduit. Depuis belle lurette, elle n'attendait plus rien de ce père-noël dont rêvaient les petits des humains, et riait sous cape lorsqu'au matin des bras généreux remplissaient de cadeaux tous ces mini souliers sagement posés devant sa cheminée.
Mais là, elle trouva bien étrange une intrusion pareille en cette soirée de veillée! Un inconnu mal rasé, le cheveux en bataille, et l'air désinvolte, s'engouffrait tant bien que mal à l'intérieur. Il ne portait sur lui qu'un jean délavé, des converses éculées, et une bouteille de bordeaux dépassait de son Eastpack. La tête d'un énorme chapon sortait à l'autre extrémité, et ce type jurait comme un charretier car le tout avait du mal à passer. B...., qui m'a fichu un conduit pareil? Quel est le crétin lunaire qui a imaginé un tel dédale...il pestait sur le monde, Dieu et les hommes, et elle pensa que ce type là ne manquait pas d'air.

Une fois au pied de l'âtre, rouge et en nage, il se tint tout décontenancé et bouchée bée devant Maguy dont les yeux s'ouvrir exhorbités...Son chapon piquant du nez dans le bordeaux et son air désorienté de potache en déroute firent sourire notre hôte qui, amusée par l'incongruité de la situation, ouvrit un oeil plus compatissant et écouta l' intrus se justifier.
En béguayant trois mots d'excuses improvisés, il expliqua que, voulant faire une blague à ses potes, et après quelques verres préventifs, il s'était trompé de bastide...

Alors qu'il se proposait confusément de repartir par la porte, il regarda à son tour le point que fixait Maguy et vit un écran sous l'horloge... Lara Croft était coincée dans un labyrinthe, cernée par une armada d 'horribles trolls, et tournait pathétiquement sur elle-même sans issue de secours...La tentation était trop forte! il se dit qu'il avait une cargaison de noëls devant lui, un chapon à partager, et que le bordeaux ferait très bien l'affaire, mais il ne pouvait laisser Maguy dans le pétrin un soir pareil !

Lorsqu'il posa son sac à terre et défit les cordons, une dizaine de petits lutins en sortirent et des étoiles argentées qui se fondirent dans les prunelles émerveillées de Maguy... une lueur magique, enivrante, identique à celle que ces quatre lettres déclenchaient autrefois, tapie dans son petit coeur d'enfant ...Ajourd'hui était NOEL !choeur

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Après tout, la meilleure façon de parler de ce quel'on aime est d'en parler légèrement.
Albert Camus
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MessageSujet: Moi fatigué debout, mi-couché, mi-levé.   Jeu 20 Déc 2007 - 15:23

Moi fatigué debout, mi-couché, mi-levé.


Dans les histoires il faut “faire comme-si” ce que l'on raconte est vrai.
Si on dort au pied de cet arbre, tout devient vrai.

Thimbarou le berger joue de la flûte. Il souffle sans cesse un air rangaine sans mélodie précise. Il passe au milieu du chemin, avance à petits pas. Tout autour de lui, ou, loin derrière à la traine, les vaches et les chèvres broutent, restant dans la limite audible de l'instrument de musique. Thimbarou le berger, passe devant l'arbre blessé “moi-fatigué, mi-couché, mi-levé, ». C'est un acacia foudroyé il y a longtemps, au début de la saison des pluies, par Dongo, le génie du tonnerre. Les chèvres malignes, grignottent les feuilles faciles à atteindre puis grimpent l'une après l'autre très haut par la branche servant d'escalier. Le jeune pâtre s'assied. A l'heure où les animaux ruminent, Thimbarou le berger raconte l'histoire.

C'était en 1941, au commencement des travaux forcés imposés par les blancs. Ils incorporaient les hommes forts pour construire la route qui devait traverser le Grand fleuve Niger. Un jour, la foudre est tombée sur cet arbre et a tué les travailleurs qui s'abritaient de la pluie. Unmarou le pointeur, chef de chantier est venu prévenir l'ingénieur blanc (Jean Rouche): 
“Voilà. Il y a des personnes foudroyées au pied de l'arbre. Unmarou le pointeur dit que c'est Dongo le génie du tonerre qui a frappé l'arbre. Le géant de la savane, a perdu de sa majesté, avec sa branche brisée qui, encore attachée à l'endroit de l'impact, reste en partie suspendue, en partie enseveli dans le sable où traine l'extrémité de ses branches rampantes sous lesquelles les corps des hommes sont allongés..
- Ils sont tous morts ? Il faut les enterrer conclut l'ingénieur.
- Oui. Mais dans notre coutûme il ne faut pas les toucher, dit Unmarou le pointeur. C'est l'affaire de ma grand-mère Kalia. Ma grand-mère Kalia est chef des pêcheurs du Niger. Elle habite près du village de pêcheurs, pas loin d'ici, qui s'appelle Guinguène. Il faut initier les morts avant de les enterrer. Alors il faut faire des sacrifices.”

Unmarou le pointeur est allé chercher sa grand-mère Kalia et a pu participer à ces initiations.
Sur le sol gisaient les cadavres calcinés. Kalia récitait les devises de Dongo, le Génie du tonnerre. Puis elle a bu du lait de chèvre, cracha sur les corps carbonisés. À l'aide de cette pluie blanche qui sortait de sa bouche, Kalia frotta vivement, l'un après l'autre, les défunts, en marmonnant ses invocations. Son violoniste avec les bateleurs de calebasses jouaient sans relâche, les airs adressés à Dongo et à ses frères les fils d'Arakoï, la déesse de l'eau. Kalia tenait à la main la hache de fer, à clochettes et récitait à voix haute les devises dédiées au grand génie du ciel. Accompagnée inlassablement par le violoniste et les bateleurs de calebasses, la cérémonie dura un moment. Kalia tourna plusieurs fois autour des corps avec sa hache dans une main, sa canne dans l'autre. Très vite une femme et plusieurs hommes furent possédés. Dongo parlait par leur bouche. Dongo demanda qu'on égorgea un taureau noir. Les hommes du village choisirent le lendemain un taureau noir. Le sacrifice réalisé permit d'enterrer dans de bonnes conditions les personnes foudroyées.

Voilà comment ça s'est passé sous l'arbre baptisé “moi-fatigué, mi-couché, mi-levé”.
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MessageSujet: Re: Mini-contes de Noël parfumés...   Jeu 20 Déc 2007 - 19:25

c'est n'importe quoi et bricolé à trop de moments trop différents... tant pis, je rends ma copie clown

Citation:
Le Noël de Mr Rigolsinge.


Mr Rigolsinge finissait de traversé (une autre) petite année, dans une petite ville de province, une petite rue, un petit appartement... une petite vie... et parfois, des petites (bonnes) surprises.

Quoiqu'une surprise, déterminer de prime abord si elle est bonne, mauvaise ou indifférente ce n'est souvent pas chose facile, vous vous ferez vous-même votre opinion quant à celle-ci.

Voici l'aventure, la rencontre à moins que ce ne soit le songe vécu par Mr Rigolsinge...

-

C'est une de ces tristes soirées de fin d'années, il fait évidemment déjà nuit, il pleut, ni chaud ni froid, petite toux et on commence à avoir faim. Une soirée comme une autre qui débute en quelque sorte. Mr Rigolsinge est rentré du travail mais pas tout à fait "arrivé" comme il dit, il gromelle donc dans ses murs... un peu frais.
Remue-ménage dans le couloir, on frappe à la porte. Ça va, elle n'est pas loin la porte. Qu'est ce donc encore que ce dérangement...
- Oui, bonsoir... ? (c'est pour quoi ?)
- Aaah... c'est vous... ?
- Euuh qui ?
- Mr Rigolsinge
- Oui ?
- Vous devez m'aider !
Mais. Mais qu'est ce que c'est que cette histoire, ce type genre chauffeur livreur chronopost façon troisième âge au milieu du couloir... ! Il n'a pas l'air bien méchant et certainement bien embêté, un peu penaud... peut être les lunettes à gros verres rectangulaires, qui tombent un peu... la monture façon fil de fer...
- Si c'est dans mes cordes, peut-être...
- Vous devez jeune... homme.
- Mmmmh, et pourquoi moi ?
- Parce que ! C'est vous ! Mr Rigolsinge, l'air à mi-chemin entre le panda et le singe... et puis avec votre barbe et votre chemise rouge on dirait que vous voulez devenir père noël ! (hahaha... dans sa barbe, content de lui en plus...)
- Merci pour le panda et le singe, ce n'est pas la première fois de toute façon. Je ne comprends pas votre histoire.
- A moins que ce ne soit pour faire le crypto-communiste ?
- Quoi ?
- La chemise (re-hahaha... )
- Euh oui, bon, c'est quoi votre histoire ? je suis fatigué...
- J'ai perdu quelque chose, c'est compliqué... c'est embêtant... comment vous dire...
- Mais perdu quoi ? Qu'est ce que j'ai à voir là-dedans ?
Et voilà qu'il se rapproche, genre pour entrer, genre ça va durer... certes l'a l'air sympa et un peu emprunté dans sa doudoune bleu marine modèle fait froid... m'enfin...

-

Dans l'entrée... ne nous laissons pas faire se dit notre Rigolsinge !

- Bah allez y expliquez ! (en en rajoutant sur le registre excédé école "esquisse du sourire narquois")
- Vous avez certainement quelque chose à boire... ?
- (soupir... ) Je n'ai que du whisky ou du jus de fruit, avec votre tête de St Pierre vous ne pouviez pas avoir de bouteilles ?
- Parfait le whisky, parfait...

Une poignée de mouvements et de banalités plus loin, la scène est installée :
- Donc vous avez perdu...
- Et bien... J'ai perdu, j'ai perdu mes rennes !
- Perdu les rennes... vous vous êtes perdu tout court ? vous jouez aux échecs ?
- Non les animaux, c'est très sérieux (on s'empourpre d'un coup, entre le verre qui réchauffe et le sang qui remonte...)
- Quoi vous êtes berger ? vous avez perdu vos vaches de l'alpage à l'herbe rose ?
- Mais ?
- Vous n'avez même pas l'accent, ce n'est pas grave.
- Si, j'en ai très besoin et j'y suis très attaché, c'est extrêmement important ! (déçu peut-être)
Il a l'air plus fatigué et ramassé que jovial sans sa doudoune... gros pull gris à col roulé et tout usé...
- Les rennes... les rennes qu'on mange à Ikea, vous vous foutez de moi ?
- Vous me faites de la peine jeune Rigolsinge ! c'est pour livrer tous ces paquets... (foutus paquets ?)
- Paquets... paquets... express, vito, tdi, fourgon, clim, seuil de chargement... vous êtes livreur alors ?
- oui... je n'ai rien compris à ce que vous avez dit ?
- bah fourgonnettes de livraison : express, vito, traffic avec toutes leurs belles options... c'est bien pour les livraisons je crois. ?

Ouïe aïe ça n'a pas l'air d'aller...
- Mais j'ai perdu mes rennes, c'est de ma faute, c'est foutu... mon boulot est foutu, mon boulot me casse les pieds mais mon boulot c'est Noël ! mon boulot c'est les cadeaux, si possible un peu de bonne humeur à côté des paquets qui ne sont que des paquets, je ne veux pas le faire sans mes rennes, je ne peux pas le faire sans mes rennes, j'en ai besoin !!! Je suis cet idiot de père-noël, si si, c'est bien moi, moi "en civil", moi sans mes rennes. Moi et c'est bientôt Noël et c'est foutu ! Et c'est de ma faute...

blanc dans la conversation, Mr Rigolsinge réfléchit, ça ne tient pas debout mais ça a la consistance du très vrai... un peu comme ces rêves et ces cauchemars qu'on garde pour la journée.
- Comment on perd des rennes, c'est gros... surtout si ils sont plusieurs !
- Je les ai laissés comme d'habitude à la sortie du bar quand je vais boire un verre après être allé cherché mes rouleaux de papiers et mes bobines de ficelles multicolores pour le travail... et quand je suis sorti, ils n'étaient plus là. Il ne restait que ma "diligence", c'est comme ça que je l'appelle quand je mets les roues au traineau... quand il n'y a pas de neige... la plupart du temps en fait... (la tête plonge dans les mains et le moral se fait lointain)
- Un bar ? où ça ? en ville ? ici ? ...
- En quelque sorte... tout comme des personnes ou des animaux vous visitent ou vous protègent dans vos rêves, il y a des lieux qui sont là sans y être.
- ... (A quoi bon...)
- On est pas père-noël "comme ça", on sait des choses, il faut les savoirs, il faut savoir, pour savoir, pour être... mais savoir n'est pas profiter.
- ...

-

les frontières et les instants n'ont plus d'importance, ce salon mal rangé, les vêtements en train de sécher ou les enveloppes et livres empilés ne sont plus les points de repères de la discussion, ils ne sont plus qu'une habitude et un lien vers l'habitude. Les paroles et les esprits sont ailleurs en train d'essayer de saisir ce qui leur manque.

Sacré Rigolsinge, il est fier et un peu vaniteux mais quand les anciens parlent, ça l'impressionne. Ne serait-il pas en train de se laisser entrainer...

Les forces sont revenues à Mr Noël le livreur, il s'agit maintenant de croyances et de convictions :
- Cette rue où tout les bars sont fermés, il déménage, le dernier est celui qui est ouvert. La rue Edouard Degas, c'est toujours là où je vais, c'est le seul que je connaisse. C'est le bar où j'écoute le monde se parler à lui-même, je prends un verre... j'écoute. Les rires, les soupirs, les bêtises, les regards, je bois mon verre entre deux sourires et politesses... je les regarde ces gens du bar qui déménage... vous le connaissez vous aussi. C'était très animé ce soir-là, cette tension d'avant les fêtes avec ceux qui n'y croient pas, qui s'en méfient, veulent en faire quelque chose de bien quand même. J'ai laissé mes rennes dehors comme d'habitude et j'y suis entré, anticipant mon plaisir, quelques instants de chaleur.
- On... On vous aurait volé vos rennes ? (ne sait pas quoi dire d'autre)
- ça ne s'attache pas les rennes vous savez, je les laisse, ils m'attendent, ils n'étaient plus là... ce sont les mêmes depuis toujours. Je les ai perdus.
- ça c'est passé comment cette soirée ?
- j'ai pris un deuxième verre, les habitués se moquaient gentiment de moi, partant du principe que je suis aussi un homme... ça riait beaucoup, les gens s'amusaient moi aussi malgré le masque d'une certaine réserve, c'est que je suis le père-noël tout de même, même si je bois un verre.


-

Des minutes de silence s'écoulent et appellent la décision, l'action, le mouvement : Mr Rigolsinge claque des paumes sur ses genoux :

- Et on y va comment ?
- A pieds ça ira très bien...
- Allons y.

Nos deux compères aspirent les dernières gouttes de la boisson réconfortante et le temps pour Rigolsinge d'enfiler chaussures et manteau qui s'imbibe volontiers de pluie ou de neige ils sont dehors.

- Par où ?
- Par là, après le grand carrefour, ce n'est pas loin...
- Mais y a pas de bar par là ? (mais ça Rigolsinge le garde pour lui... après tout...)

On souffle bruyamment et on enfouit les mains dans les poches, on courbe un peu le dos et roule des épaules, ça c'est diablement refroidi depuis que la nuit s'est installée. Eclairage publique, les courtes accélérations de turbo-diesels des gens en retard pour rentrer chez eux. 500 mètres peut-être et un quartier calme qui ne ressemble pas à son habitude.

- Prenons à droite, c'est cette rue...

Mr Riglosinge, après un coup d'œil sur le vieil homme suit le trottoir et tourne comme si de rien n'était... les façades des maisons qu'il avait vues quelques fois sont ce soir des devantures de bars, fermées les unes après les autres, l'avancement du temps se traduisant par l'obscurité et les couleurs du début de la rue qui va en s'éclaircissant et s'enrichissant jusqu'a l'unique lampadaire qui projette une lumière discrètement vivante sur la dernière maison, dernière façade.

- C'est là-bas, le dernier bar, je les avais laissés devant, ça ne gêne personne ici, vous voyez...
- Euuuh oui (surprise de s'entendre dans le froid)

Et voilà la lune dans l'eau, juste au dessus... des rires de l'autre côté d'une des maisons-bars peu avant la fin ?

- Mais ??? (le vieux s'arrête)

...



- Aaaaaaaaaah ! Vieux Monsieur Noël, vous voilà enfin !


...

lui aussi est surpris, cette fois, le vieux monsieur noël.


- c'est pas trop tôt, hahahaaAAAAAA !!!

quel grand rire pour un si petit personnage... une sorte de petite fée aux oreilles pointues est perchée sur le rebord d'une fenêtre à l'étage (avec aussi un long nez et de longs cheveux noirs). fait vibrer ses ailes et puis...

- hahahaaaaaah, ils étaient tout tristes vos rennes Vieux Monsieur Noël et puis il s'ennuyaient ! Alors je les emmenés pour leur donner du boire et du manger et puis les consoler... c'est qu'ils travaillent dur... et puis ils sont super gentils !!! hahahahaaaa !!! ( et tout mimis)

mouvement au fond de la rue, et petit à petit les revoilà, les rennes, avec le sourire, ce qu'on peut prendre pour un sourire chez un renne, une joie de vivre si vous préférez. Ils s'arrêtent à quelques pas.

Une seconde, deux secondes ?

Le Vieux Monsieur Noël les larmes aux yeux se jette au coup de chacun de ses rennes tour à tour, frottant son visage contre leur coup, leur grattant le museau, hésitant et débordant tout à la fois, il fait encore une fois le tour de ses animaux.

- hihihiiii
- ... (Que voulez-vous qu'il dise Rigolsinge, vous diriez quoi à sa place vous ?)

- aaaaaaah moi qui ne suit rien sans mes rennes, ils sont là ! c'est merveilleux... c'est le plus beau jour de ma vie de père noël. Moi qui pensait ne plus jamais les revoir, que tout était foutu... mes rennes, mes gentils rennes...

et hop, nouvelle tournée de rennes !

bzzzz... bzzzzz... un peu comme une abeille sans rayures cette petite fée...

- Mais oui Vieux Monsieur Noël ils sont gentils vos rennes et ils vous aiment bien, vous devriez le leur rappeler un peu plus souvent que vous aussi vous les aimez bien... plutôt que de trainer dans les bars à ressasser toujours vos histoires et vous dévergonder ! hahahaaaaaaAAAAH... c'est bien joli de distribuer des cadeaux partout mais faut pas oublier vos petits rennes !!!

petite pause.

- Allez zou, on rentre chacun dans son univers maintenant !

POUF ! plus de petite fée !

-

restent Rigolsinge et Vieux Monsieur Noël...

- Merci jeune homme, je dois vous quitter, le travail m'attend...
- Euuuh moui... mais merci pourquoi ? je n'ai rien fait d'autre que de vous servir un verre et venir ici... non ?
- Hohoho, jeune homme il faut souvent de grands morceaux de n'importe quoi pour faire tenir les histoires... un peu comme vous quoi...
- ...
- Et il faut bien des témoins de ce qui a l'air peu habituel...
- ... bon courage !
- Et puis vous voyez, vieux comme je suis j'en apprends encore... (très gentille avec ses oreilles pointues !)

le traineau s'ébranle et les rennes décolent direction la nuit noire entrainant leur traineau et leur Vieux Monsieur Noël (et manquant de peu le lampadaire !)

Re tout seul le Rigolsinge... c'est étrange la rue n'a pas encore changée...

- Pfff comprends rien moi... j'irai bien faire un tour dans ce bar tout éclairé... ça rigole bien à l'intérieur on dirait singe


Pour savoir si la surprise est bonne il faut se poser la question suivante : par quelle pensée commence une bonne surprise ?


(<- ça c'est pour le personnage aux oreilles pointues !)

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MessageSujet: Re: Mini-contes de Noël parfumés...   Ven 11 Jan 2008 - 10:24

Laughing

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Les ivoires deviennent ’ dans la nuit couleur d’ombre..."
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Mini-contes de Noël parfumés...

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