(Parce qu'on ne peut pas toujours rigoler...)
ARRÊT SUR IMAGE
Étrange sensation. Le train avance, les choses défilent. Illusion de mouvement. Mouvement encore des gens et voitures qui passent sur les ponts. A l'extérieur , la vie. Je veux dire l'animation. Et moi assis sur la banquette, immobile, presque non concerné par tout cela. Un bloc de pensées et d'interrogations.
C'est curieux d'ainsi jeter un oeil extérieur sur le monde. Par bonheur je suis seul et peux me permettre cette fantaisie. Accompagné, on me dirait : Secoue-toi. Les gens n'aiment pas l'immobilité, elle les effraie. Connotée. Il leur faut vite se rassurer dans l'agitation, oublier.
Oublier leur existence plus ou moins réussie. Oublier les ennuis. Oublier l'âge qui vous grignote et ses désordres. Oublier qu'ils sont mortels ; que le sens de tout cela nous échappe le plus souvent.
Allons, mon train arrive bientôt à la station où chaque jour je descends. Vite clore cette échappée, m'agiter, faire comme tout le monde.
Personne n'est différent.
Splendeurs et misères, heurs et malheurs, grandeurs et servitudes ont dit d'illustres prédécesseurs...
"Disparu Brian Jones, Otis Redding..."
"Il faut oublier... qui s'enfuit déjà... les malentendus..."
Il faut oublier.
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(PASSAGE) Toi moi ton amour mon amour notre monde comme de nuages et d'ombre des vaisseaux de beauté