Suivre l’étoile…
Une étoile s’éteint, une autre s’allume…
Il en a toujours été ainsi.
Faut-il pleurer l’étoile qui meurt ?
La tempête a éclaté,
Le vent a soufflé en rafales de plus en plus fortes,
Des paquets de flotte ont balayé le pont du bateau,
Emportant l’équipage…
Accroché à la barre, j’ai maintenu le cap,
Jusqu’au bout, en suivant l’étoile.
J’ai maintenu le cap jusqu’au naufrage…
Jusqu’à me trouver sur ce radeau précaire,
Ballotté par les flots d’une mer capricieuse.
Et le fond de l’Océan me disait : « Viens…
Rejoins les autres, tous ces naufragés morts en mer,
Il n’est pas de plus belle mort pour un marin
Que de mourir en mer… »
J’ai cherché mon étoile,
Mon Dieu, comme sa lumière était devenue pâle.
«- Guide moi s’il te plait ?
- Où est ton équipage ? Où donc est ton bateau ?
Où donc est le marin qui promettait de venir m’arracher à ma solitude ?
-Le bateau a coulé mon Amour, et mes hommes sont morts.
-Comment tiendras tu ta promesse alors ?
-Laisse moi du temps… Je reconstruirai un bateau,
J’engagerai un nouvel équipage… »
Plus je parlai, et plus elle palissait
« - J’attends depuis si longtemps, tu as tout gâché
Comment te faire confiance… »
Puis elle a disparu, me laissant dans le noir.
Seul, je me débattais sur ce putain de radeau.
Parfois elle réapparaissait… puis elle disparaissait à nouveau…
Une dernière fois :
« - Je t’ordonne de venir me chercher.
- Comment ? En haillon, sur ces quatre planches ?
Comment venir vers toi ?
- Tu n’es qu’une ordure, un salaud, tu me laisses seule et je te hais
- Tu m’aimais disais-tu ?
- Tu m’as menti… On ne peut pas faire confiance à un marin imbécile. »
Puis elle a disparue…
Et je suis resté seul, pour toujours…
Et l’Océan me disait : « Viens, je saurai te consoler… »
La mer s’est calmée soudain.
Une autre étoile est apparue.
Elle n’a rien dit.
« - VA T’EN » ai-je hurlé…
Elle est restée.
Je suis en haillon,
Il ne reste rien du bateau,
Il ne reste rien de l’équipage,
Et je me dirige à la lumière d’une étoile naissante,
Sans savoir où je vais,
Mais je suis vivant. Et j’espère encore…
Une étoile s’éteint, une autre s’allume…
Il en a toujours été ainsi.
Faut-il pleurer l’étoile qui meurt ?