
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
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Bédoulène Zen littéraire

Messages: 3426 Inscription le: 06/07/2007 Age: 64 Localisation: Provence
 | Sujet: la rédac de février Lun 2 Fév 2009 - 15:18 | |
| Vous avez commis une belle gaffe vis à vis d'un compagnon (conpagne) ou d'une amie (ami). Racontez de quelle manière vous vous en sortirez ! _________________ Peu de gens lisent; et parmi ceux qui lisent, il y en a beaucoup qui ne se servent que de leurs yeux. (Voltaire)
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|  | | bulle Zen littéraire

Messages: 4837 Inscription le: 02/07/2007 Localisation: Un "verre de promesse". à Ker Ael.
 | Sujet: Re: la rédac de février Ven 13 Fév 2009 - 20:23 | |
| Effectivement Catherine avait bien ouverte cette lettre venu de loin. adressé à Thomas son âme soeur. Cette jolie lettre venant d'un pays étranger, orné de timbres rouge et or , plusieurs timbres affranchis, Des timbres qui faisaient envie. J'aurais dû la déposer cette lettre et ne pas tenter le démon s'était dit Catherine, Mais le vilain démon, c'est lui qui a gagné et Catherine a ouverte la lettre parvenant de Malaisie. Cette fameuse lettre, qui aujourd'hui mettait Catherine dans l'embarras vis-à-vis son compagnon. Cette lettre qui venait de si loin, qui était si ; comment dire; tentante de curiosité. Qui pouvait bien lui écrire, et de si loin, et pourquoi. Pourquoi quelqu'un qu'elle ne connaissait pas, pourtant ils avaient des amis communs depuis toujours. Pourquoi cette lettre venait créer un imbroglios entre eux. Catherine: Comment lui expliquer maintenant cette curiosité étrange, cette curiosité passagère. Qui ne cessait de m'interpeller tel un démon. Pour la première fois de notre cohabitation j'ouvris son courrier . Maintenant que je l'avais ouvert, je ne voulais pas qu'il le sache du moins pas maintenant. Comment pourra t-il me pardonner J'aurais dû m'appliquer à faire attention au extrémité de la lettre. Cette lettre lointaine qui me met aujourd'hui dans l'embarras. Comment expliquer à Thomas, ce cher Thomas que son amie Catherine , avait été tentée par le diable nommé curiosité, qu'elle avait effectivement lu ce courrier qui aujourd'hui la rendait triste. Triste à mourir , mais elle ne pouvait partager ce chagrin avec Thomas, car il saurait alors que Catherine avait lu le contenu de la lettre. Que Thomas partirait 2 ans travailler en Malaisie . Dans moins d'un mois, Thomas partira en Malaisie . Il attendait la réponse pour en parler par la suite avec Catherine. Il garderait l'appartement avec elle, même s'il était au loin. Il paierait sa part du loyer. comme il le faisait toujours depuis plus de quatre. Quatre ans de partage entre deux coloc amis/amant/amis/âme soeur. Thomas et Catherine se connaissaient par coeur sous toutes les coutures. Autant physique, que mentale. Rien ne pouvait échapper à l'autre. Ils étaient unis par la destinée, par le destin. Mais le destin allait changer et Catherine n'était pas prête à laisser partir son compagnon des derniers quatre ans. Elle ne voulait perdre cette amitié sincère. Elle ne voulait pas perdre cet ami, devenu amant l'espace d'une année, redevenu amis puis âme soeur que plus rien ne peux défaire le lien. Catherine se questionne, comment réparer cette gaffe, cette curiosité malsaine qui lui chatouille le coeur depuis deux jours. Car Catherine , avant de donner la lettre qui parvenait de Malaisie à Thomas, s'était interrogée pour savoir ce qu'elle en ferait. La cachée dans un lieu secret. Comme ça, Thomas ne partirait jamais. Donc Catherine. Cacha la fameuse lettre et entra dans un mutisme que Thomas avait peine à saisir. Mais se sentant mal à l'aise avec cette cachoterie, elle ressortie la lettre l'a donna à Thomas et elle prétexta que le voisin avait reçu la lettre par erreur et qu'il l'avait ouverte. Qu'il lui avait donné et qu'elle avait lu le contenu. disant ne pas avoir lue à qui elle était adressée. Le prétexte de l'erreur d'adresse passa comme du beurre dans la poêle. Rien n'y parût. Thomas tout heureux de ce courrier, Catherine anéantie. Thomas proposa alors à Catherine de l'accompagner, il avait prévu le coup. il avait demandé s'il pouvait être accompagné lors de ce voyage, et la réponse fût positive. il pouvait voyager avec qui il voulait. Il était considéré comme vivant en couple. Thomas et Catherine réunis en Malaisie. _________________ Le bonheur ne s'acquiert pas, il ne réside pas dans les apparences, chacun d'entre nous le construit à chaque instant de sa vie avec son coeur. [Proverbe africain]
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|  | | Bédoulène Zen littéraire

Messages: 3426 Inscription le: 06/07/2007 Age: 64 Localisation: Provence
 | Sujet: Re: la rédac de février Dim 15 Fév 2009 - 19:22 | |
| Bip, bip, bip, le sèche-linge crie. Elodie surgit de la salle de bain, les cheveux dégoulinants.La jeune fille est pressée, ce soir elle est reçue pour la première fois par les parents de son compagnon et elle tient à être au mieux de sa forme et de sa tenue, bref, au top comme elle aime le dire. Elle s’apprête à retirer le linge qui doit être sec mais voilà que retentit le téléphone. Elle se précipite et saisit le combiné. - oui ! ah c’est toi Domi, je suis excitée tu peux deviner. - alors c’est le grand soir ? - oui, je suis en retard Domi, je te laisse, bisous. Elodie raccroche et retourne dans la cuisine, remet le sèche-linge en route pour 20 mn. Après avoir expédier un déjeuner frugal elle décide de choisir les chaussures qui accompagneront sa robe rouge, d’une coupe simple et que Christophe apprécie en espérant que ses parents auront le même goût que lui. Christophe souhaite pour sa part porter le pull blanc en laine qu’il affectionne. Bip, bip, bip. A cet instant précis la jeune fille s’interroge inquiète sur ce rappel de sonnerie. Une boule roule dans sa gorge soudain sèche. - Oh non pense-t-elle, le pull ! Avec appréhension elle ouvre la porte du sèche-linge, une chaleur intense s’en échappe. Elle sort le contenu ; voilà le pull. Elle le tient à tout de bras, il lui semble très étroit, très court ; la taille XL est réduite au M. Elle a relancé la machine sans vérifier l’état du linge qui s’y trouvait et dans le cas d’un vêtement en laine c’est une erreur irrécupérable. Comment va-t-elle annoncer à Christophe que son pull est irrémédiablement fichu ? et juste aujourd’hui ! Elodie décide de téléphoner au magasin où elle a acheté le vêtement. Désolé lui est-il répondu ce modèle est épuisé. Sur l’annuaire professionnel elle relève une liste de magasins qu’elle pense susceptibles de vendre cet article, mais en vain. Cette recherche a occupé beaucoup de son temps, il est déjà 16 heures et Christophe doit venir la chercher vers 17 heures, leur destination est éloignée de 200 kms. Elodie est déçue et vivement contrariée. La sonnerie du téléphone l’a fait sursauter. - oui ! ah ! c’est toi Christophe - - oui ma Puce ; je voulais te dire que finalement, vu la température, je mettrai plutôt on pull bleu, tu veux bien le retrouver dans un des placards ? - - bien sur, tu as raison le blanc serait trop chaud, à tout à l’heure. Elle raccroche envahie d’un soulagement bienfaisant. Plus, tard, plus tard, elle lui expliquera. _________________ Peu de gens lisent; et parmi ceux qui lisent, il y en a beaucoup qui ne se servent que de leurs yeux. (Voltaire)
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|  | | animal Zen littéraire

Messages: 9135 Inscription le: 12/05/2007 Age: 28 Localisation: Tours
 | Sujet: Re: la rédac de février Mar 17 Fév 2009 - 14:11 | |
| ptet un poil hors sujet encore... Il était 4h30 la dernière fois que A. avait regardé l'heure bleue sur fond bleu. C'était un peu avant de s'arrêter pour faire le plein. Là il finissait de remplir le réservoir avant de reprendre la route. Prépayé, 50 litres confirmés par ce qui pourrait être la petite fille de "bienvenue dans la cabine photovision à votre service". Chaleureusement impersonnelle. Il déverouille l'embout de la pompe d'un geste absent, ça ne sent plus rien non plus. La lumière crue de la station service le fatigue. Il remonte dans sa voiture, diminue la luminosité du tableau de bord et augmente légèrement la teinture des vitres latérales. Il a coupé la radio depuis au moins 200 miles, quelle importance... contact. La voiture glisse hors de la lumière laissant s'échaper les derniers reflets sur sa carrosserie, reste la lumière perçante des feux à LED. Quinze secondes d'un bruit indistinct avant de bloquer à nouveau le cruise control sur la vitesse limite autorisée... Plus que le bruit des pneus sur la route, nouveaux matériaux, recyclés. Revêtement rainuré mais sans un bruit, maintenant quand il pleut la route boit la pluie. Sur le côté, après les champs morts, des éoliennes laissent deviner leur crasse à la lueur des feux indiquant leur position. Elles étaient blanches et immaculées il y a quelques dizaines d'années. A. ne veut pas rallumer la radio. le bruit égal de roulement lui sert le coeur mais c'est mieux que de tomber sur La Grange à la radio et d'avoir l'impression de conduire comme avant, d'aller quelque part, d'être vivant. De temps en temps il ferme les yeux pour dix, quinze secondes, qui sait... de toute façon la voiture reste en ligne et bippera légèrement si un autre véhicule se rapproche. Combien de temps ça fait maintenant, combien d'années ? Une succession d'éternités, un coup ça va, souvent ça ne va pas... et si, et si... et si il avait seulement eu le droit d'effacer ce qui tenait plus du malentendu que d'autre chose, si il avait été écouté, si il avait pu convaincre... si on lui avait offert un peu de la vie qu'il voulait vraiment. Autant de si que de lignes blanches que sur cette route qui coupe une plaine détrempée à la végétation pourrissante. Et elle semble n'en pas finir cette route. Une histoire qui avait arrêté d'en être une. Ils avaient pourtant du se comprendre, avant, au moins un peu, un instant. Quand il la regardait dans les yeux et qu'elle ne détournait maladroitement le regard, de façon trop appuyée. Plus tard c'était l'indifférence travaillée, quand lui et M. s'apercevaient du coin de l'oeil ils faisaient semblant de ne pas se voir et s'évitaient soigneusement, l'air de rien et l'air de tout. La très cordiale fin amicale de quelque chose qui ressemble bizarrement à de la rancoeur. Pas faute d'avoir essayé. Essayé de quoi, de se démontrer, de prouver qu'on ne pense pas à mal ? ... mais quelle importance, pourquoi. Comme pourquoi pas une "vraie bagnole" un truc qui refuse et qui râle quand on le maltraite mais finit par nous emmener dans un bruit rageur là où on veut, un mur même, si on veut. Même son visage s'est effacé de sa mémoire petit à petit, pas les impressions, toujours trop présentes, elles. Pas possible de parler en tête à tête avec des vrais mots. Restaient à les écrire, les quels, combien, et pourquoi faire encore et toujours ? oui, ça ne menait à rien. Comme cette route qui continue de ne pas en finir et ne mène à pas grand chose d'autre, et comme cette foutue voiture presque encore neuve qui fait comme si de rien n'était. Le paysage se teinte de gris et dans deux heures il fera vaguement jour, il faudra retrouver un visage à afficher au monde... A. roule encore, rien ne bouge sauf la même tournmente et les mêmes regrets dans son esprit. ça fait longtemps qu'il a perdu complètement de vue M. dont le devenir est un mystère. Lentement mais sûrement il s'est coupé du cercle des connaissances communes pour rester avec lui même, se retrouver et surtout ne jamais complètement oublier. Les phares balayent la route des histoires sans importance. Rien ne bouge. Rien ne bouge si on a pas envie, si personne ne s'écoute ça ne sert à rien de parler et parfois ça ne sert à rien d'écouter. La boucle est bouclée, l'indifférence et les souvenirs règnent en maitres. Les panneaux se suivent et se ressemblent. Bleue sur fond bleu, l'heure du compteur digital a pâli, un gris rose coule petit à petit sur l'effet métallique du tableau de bord, bientôt 8h00, pas vraiment le jour. A. va bientôt s'arrêter, remisant encore une fois son envie de hurler au milieu de nulle part qu'il en marre. A quoi ça aurait servit... Où était l'erreur, sans doute l'illusion d'une sincérité qui s'est faite cracher dessus. Sentiment partagé c'est probable. Chacun pour soi. A. s'arrête sur une aire déserte à l'exception d'une voiture comme la sienne mais noire à l'autre bout du parking, éteinte. Il sort de la voiture et ouvre le coffre. Ouverture douce et sans un bruit, électrique. Il a la bouche sèche mais ce n'est pas grave, il enlève sa chemise et la roule en boule dans le coin à côté de la trousse de secours. Il en prend une propre dans son sac. L'air froid et sale qui se plaque à ses côtes lui rappelle par un frisson qu'il est pourtant vivant, fatigué mais vivant. Une barrière de péage, quelques détours et il pourra avec un désespoir recomposé se jeter contre une nouvelle journée qui l'absorbera. Sans le récomfort de la plus petite résistance, pour le laisser un peu plus loin, un peu plus vide. Comme tous les jours. A la lueur grise du soleil le pare brise répond en s'assombrissant dans sa partie supérieure quand A. repart. 543 miles avant le prochain plein, information inintéressante et qui ne lui sert à rien. Quelque part quelqu'un l'aura oublié comme lui même oublie, un peu plus tous les jours. _________________ Vous savez, "Qu'importe" est une maladie qu'on ne soigne pas encore...
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|  | | sousmarin Zen littéraire

Messages: 3055 Inscription le: 31/01/2007 Age: 45 Localisation: Sarthe
 | Sujet: Re: la rédac de février Ven 20 Fév 2009 - 11:35 | |
| Depuis que j’avais fait ce que j’avais fait, j’essayais en vain de me racheter mais le mur qui me faisait face était d’une solidité à toute épreuve. Regret, remord, confession, rien ne pouvait grimper sur ce mur lisse et froid ; je ne savais plus quoi faire. Puis un matin, je sus. C’était évident. J’arpentais la ville depuis des heures, je parcourais les uns après les autres les lieux où il pourrait être ; je voulais le trouver, je devais le trouver. Et puis, je le vis. De dos, je devinais ses muscles contractés et la tension qui l’habitait. M’approchant de lui doucement, je m’aperçois alors qu’il pleure en silence dans ce café bruyant. Arrivé près de lui, je lui pose ma main sur l’épaule. Cette main pèse lourd. Pas seulement les joies que je lui ai apporté ou les qualités qu’il admire en moi mais aussi mes fautes, mes lâchetés et mes faiblesses. Cette main, c’est moi. Elle ne cache rien mais ne demande rien, ni absolution, ni revendication. Me voilà dit-elle…m’acceptes tu ? Ma main a arrêté ses pleurs, il se retourne alors et me fait face. Le temps s’écoule de plus en plus lentement dans ce café qui me semble maintenant d’un silence monacal. « Tu me manques » lui dis-je. Sa lèvre droite se soulève alors dans un rictus amusé, comme s’il m’avait fait une bonne blague puis… il me met sa main sur l’épaule. _________________ Le chêne qui plie, Défiant sa nature, Montre sa force.
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|  | | Mordicus Troll de Pastèque

Messages: 2438 Inscription le: 21/01/2008 Localisation: * Be Aggressive *
 | Sujet: Re: la rédac de février Ven 27 Fév 2009 - 18:44 | |
| (J’ai un chouia dévié…)
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Atsuka détestait l’eau. Elle ne comprenait pas la vénération sans borne des gens du village pour cette rivière trop claire et trop froide pour y laver le linge. C’était toujours une corvée d’y aller. D’ailleurs, elle n’allait pas bien loin dans le courant, dès que l’eau s’enroulait autour de ses chevilles elle était mal à l’aise. Plongeant à peine ses avant-bras dans l’eau, elle gardait une distance sûre et un œil braqué vers le rivage. La phobie d’Atsuka pour l’eau n’était un secret pour personne, surtout pas pour Kusuke qui voulait jouer un mauvais tour à Atsuka (cette dernière s’étant moquée ouvertement de la maladresse de Kusuke sur le pont de singe).
Un matin qu’Atsuka lavait le linge dans la rivière, Kusuke s’approcha silencieusement d’Atsuka et la poussa dans l’eau. Cette dernière, prise de panique hurla de toutes ses forces et bu plus d’eau que son corps ne pouvait en contenir. Alertée par les cris, Shio, son amie, se précipita dans la rivière afin de relever Atsuka empêtrée dans ses 50 cm d’eau. Kusuke riait comme un fou et Atsuka pleurait toutes ses larmes dans les bras de son amie.
L’histoire fit le tour du village et chacun riait sur le passage d’Atsuka, Kusuke était très fier de cette mauvaise blague et ainsi, les jours s’écoulèrent entre 2 rires mesquins. C’était sans compter la rage d’Atsuka, chaque jour elle se demandait comment rendre la monnaie de sa pièce à ce petit singe crasseux. La réponse lui vint lors d’une séance peinture avec sa mère, cette dernière dessinait des carpes flottant au vent. Atsuka tenait sa vengeance : elle transformerait Kusuke en carpe pour une semaine ! Ainsi, pendant 10 jours elle mit au point le thé ensorcelé qu’elle ferait boire à Kusuke. Herbes folles, écailles malades, prières et chants, galets moussue, pierre de lune, fleurs de cerisier séchées et queue de serpent… 10 jours sur le feu. Atsuka était presque prête quand Shio vint lui rendre visite en ce début de matinée. Shio la douce, qui s’inquiétait toujours pour Atsuka, elle avait le don de s’attirer des ennuis. Shio revenait de ses corvées de ménage et la sueur scintillait sur son front et emmêlait ses cheveux d’ange. Elle avait soif et demanda à son amie si elle pouvait se servir une tasse de thé. Atsuka lui dit que le thé qu’elle préparait n’était pas pour elles mais pour sa mère malade, il ne convenait pas aux enfants. Shio, d’habitude sage, profita qu’Atsuka lui tourne le dos pour se servir une tasse de thé qu’elle estimait avoir mérité, peu importe à qui il était destiné. Aussitôt la première gorgée avalée, Shio laissa tomber la tasse sur le sol, Atsuka se retourna immédiatement tandis que son cerveau l’avertissait déjà de la catastrophe : Shio tomba à genoux et porta sa main à sa bouche. Atsuka pris son amie dans les bras et lui dit entre 2 sanglots « Ma chère Shio, ce thé était pour Kusuke, je voulais me venger, le transformer en carpe le temps d’une semaine, pour lui apprendre… J’allais ajouter le dernier ingrédient qui rendrait ce thé réversible… Ho Shio… Shio… » mais Shio n’entendait plus, son corps rapetissait trop vite, ses cheveux se détachaient à pleine poignée, ses paupières tombèrent mollement tandis que ses jambes ne faisaient plus qu’une… Une queue… Atsuka criait, hurlait et Shio se perdit au milieu de ses vêtements. Il ne restait qu’une petite forme gigotant entre les plis : Shio était carpe. Atsuka prit une jarre, y mis de l’eau et Shio en même temps. Pauvre Atsuka, rattrapée par sa rage, emprisonnant Shio pour une faute qu’elle n’avait qu’à demie commise. Atsuka s’enfuit de sa maison et courut au palais du Shogun pour mettre Shio en sécurité : dans les bassins aux carpes sacrées. Elle s’agenouilla près du bassin et enfonça la jarre dans l’eau pour libérer Shio, les larmes se déversant sans fin le long de ses joues, ses lèvres psalmodiant « Ma Shio, ma douce Shio, pardonne-moi, Shio… » Shio quitta la jarre d’un coup de queue et alla se cacher au milieu des plantes. Atsuka resta un moment à pleurer son amie, sa bêtise, sa malchance… Puis le soleil tomba et Atsuka promit à Shio de venir la voir tous les jours.
Et c’est ce qu’elle fit : chaque jour, de chaque semaine, de chaque mois, Atsuka se mettait à genoux et parlait à Shio, commençant par un « Pardon » et ensuite elle lui racontait les jours qui passaient, les gens du village, l’école, les garçons, les corvées. Elle avait l’impression que Shio l’écoutait sous l’eau, qu’elle reconnaissait le son de ses pas, qu’elle l’attendait. Les mois devinrent des années, ce qui n’empêchait pas Atsuka de tenir sa promesse malgré le soleil, la pluie, les corvées, les enfants, le travail et son mari : Kusuke. C’était tellement évident.
Atsuka devenait vieille, elle racontait les mêmes histoires, demandant chaque jour pardon… Et un matin… Les Aquatiques du Bassin vinrent voir Shio et lui dirent « Ton amie s’est repentie, elle a assez pleuré, elle a passé la moitié de sa vie à venir te voir et à te parler, son cœur est resté fidèle. Shio, si tu le souhaites, tu peux redevenir humaine », mais Shio était bien trop heureuse en carpe, elle aimait trop l’eau, trop les feuilles, trop le visage d’Atsuka derrière son miroir d’eau, trop ses histoires… Shio déclina l’offre des Aquatiques et resta carpe. Un matin, Atsuka ne vint pas. Shio attendit le lendemain. Et Atsuka ne se montra pas. Une semaine passa, Shio sentit qu’Atsuka l’avait abandonnée… Qu’elle devait être morte. Puis, le 8ème jour, une enfant d’à peine 8 ans s’agenouilla près du bassin et dit « Pardon Shio ».
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I've got a Hole in my Head and there's No One to fix it. Got to Straighten my Thoughts, I'm thinking too much Sick Shit.
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|  | | Steven Sage de la littérature

Messages: 2809 Inscription le: 26/09/2007 Age: 37 Localisation: Saint-Sever (Landes)
 | Sujet: Re: la rédac de février Ven 27 Fév 2009 - 23:56 | |
| Le téléphone me réveille ce matin, tôt trop tôt. J’arrive à peine à articuler un « allo » rocailleux. Il me semble que mon interlocuteur va sentir mon haleine chargée à l’autre bout du fil. De toute façon, je n’ai pas eu à trop parler, c’était Paul, son excitation habituelle, son énergie à avaler un monde à chaque lever du jour. Là, il semblait particulièrement excité. Il veut me voir, oui, oui, dès ce soir. Le rendez-vous est fixé, sans que je ne puisse y dire grand-chose. Et il raccroche. Il veut me voir au « Monte-charge », bar de nuit que nous avons écumé lors de nos années héroïques. Noius y allions pour l’alcool, la musique et la drague. Un concert, quelques verres et nous étions les plus beaux du monde ! Aucune femme ne pouvait nous refuser quoique ce soit ! Nous y allions aussi pour la serveuse, une petite rouquine aux yeux noirs. Ses yeux noirs, sombres, atténuaient le flamboiement de son visage encadré par ses cheveux de feu. Nous ne savions pas quel âge elle avait au juste. Mais nous y venions pour elle, pour la voir, lui parler, oh, pas grand-chose ! Lui commander une tournée, lui dire bonjour et puis c’est tout. Car elle, elle ne disait rien, jamais ! Elle ne souriait pas non plus. Et nous, haut de nos dix-huit ans nous nous lancions des défis. Ce soir, je la fais sourire ! Ce soir, elle éclatera de rire. Mais jamais le moindre sourire sur ses lèvres ne naissaient. Depuis, je suis souvent retourné au « Monte-charge », seul. La petite serveuse n’y est plus. Les concerts du mardi soir ont été remplacé par la sono surpuissante qui balance ses watts ! Ca va me faire bizarre d’y retourner avec Paul. J’arrive à l’heure ; somme tout, le bar n’a pas trop changé, le comptoir toujours à la même place ; les lumières toujours aussi noires, la tireuse de bière toujours aussi imposante au milieu du bar ; seule la scène sur laquelle se produisait les groupes a disparu, laissant place nette à une sono et un DJ qui envoie de la musique. Ce soir, étrangement c’est bondé de monde ! Et j’ai l’impression de connaître tout le monde, comme un retour en arrière ! Beaucoup d’amis de nos dix-huit ans sont là ! Paul a dû me faire une surprise. Je le cherche et je le repère assez vite, accoudé au comptoir, dans un de ses éternels pull en lins jaune moutarde. Il me tourne le dos, regardant vers la piste de danse, comme attiré par la foule des danseurs. Je m’approche de lui, pensant que ça doit faire six mois que je ne l’ai pas vu ; je lui tapote sur l’épaule, il se retourne et son visage s’éclaire ; il me claque la bise, et me hurle dans l’oreille qu’il est heureux de me voir. Pendant qu’il me parle, j’aperçois Céline, une fille de notre âge environ. Très brune et mat de peau, sensuelle. Elle danse seule au milieu de la piste, attirant tous les regards et toute la lumière. J’ai bien connu cette petite, qui a participé à bien de mes soirées, de nos soirées. En y réfléchissant, je ne pense pas que Paul ne la connaisse. C’est la soirée idéale pour les présenter. Justement quand je me tourne vers lui, son regard semble très attiré par Céline ; ses yeux courant sur sa peau, se posant sur son visage et sur sa poitrine ! Je me penche vers Paul et lui murmure : « Si tu veux, je t’arrange le coup avec Céline ; je la connais bien, c’est une mordue de sexe ! Et elle ne peut rien me refuser ; un mot et elle t’amènera au bout de tes fantasmes ! Elle fait ça avec tout le monde, juste pour le plaisir.» Le regard de Paul semble s’éteindre ; il me regarde dans les yeux, tristement, semblant souffrir. Quelque chose m’échappe… Je me retourne vers la piste, Céline est là devant moi. Elle semble essoufflée et aussi inquiète. Et j’entends Paul qui me dit, d'une voix éteinte : « Je ne te présente pas puisque vous vous connaissez ! Sal, voici Céline, ma fiancée ; ce soir nous enterrons notre vie de célibataire… Nous nous marrions le mois prochain ! » _________________ Le jour où les terriens prendront figure humaine, j'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène.
Hf Thiéfaine
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