(petit clin d'oeil à un auteur que certains reconnaîtront)Des sanglots secouent son corps. Ses larges mains, trop large mais si frêles aujourd'hui n'arrivent as à tarir la source des larmes. Il est accoudé à la fenêtre de sa chambre. Dehos, la lumière du soleil joue avec le feuillage du chène amériacain palnté il y a trois ans, lors de la naissance de son petit, son unique garçon.
Tout était rose à ce moment-là, l'avenir s'ouvrait radieux ! La vie lui souriait et il y mordait à pleines dents ! Il était loin de se douter que ce jour de bonheur déboucherait sur la journée la plus difficile de sa vie. Déjà, son cerveau englué dans la grisaille élaborait les hypothèses les plus folles. Depuis deux jours, son couple battait de l'aile, sa femme ne lui adressait plus la parole, pire elle lui refusait l'entrée de la chambre.
Dans le quartier, la nouvelle c'était répandue comme une poignée de miettes de pain semée aux vents. Lorsqu'il sortait, il se sentait épié, montré du doigt, les gens chuchotait sur son passage. Il avait envie de crier, de hurler "Ce n'est pas ma faute".
Son petit bout chéri, si vif, si gai... quel sombre avenir se préparait devant lui. Une vie de misère dans le meilleur des cas.... Il frémit ! Une autre épreuve se préparait ; l'occasion de repartir du bon pied croyait-il naïvement, mais les experts l'avaient laissés sans aucune espérance.
Il entendit du bruit derrière lui. Il se retourna lentement et vit son garçon entrer dans la pièce : "Papa, y-a un iago, un iago, vins voir !"
Si vif à pas même trois ans ; si vif et déjà marqué à vie. Il alla rejoindre son petit qui s'extasiait devant le iago. En allant vers lui, il repensait à l'examen fatal ! Pourtant, tout avait bien commencé, l'épreuve de modelage avait réussi, mais il avait vu au yeux de l'examinateur que le babil incessant du garçonnet ne plaisait pas. Tout c'était gâté lorsque, sommé de choisir entre trois image, le petit avait préféré prendre la photo d'une magnifique rose plutôt que celle de notre illustre indicateur temporel. C'est ce que lui reprochait sa femme, de lui avoir appris à aimer les fleurs et la nature. Puis Axel avait lamentablement échoué à l'épreuve de légo. L'examinateur avait rayé son nom d'un geste presque satisfait : Axel venait de rater son exament d'entrée en école maternelle.
La directrice, dans son bureau rempli de livres te de photos de chats, lui avait exposé les options qui s'ouvraient à lui. Soit inscrire Axel dans une école publique (Quelle horreur !!!), soit passer les tests complémentaires qui pourraient réhabiliter le petit aux yeux de la société.
Il n'avait pas hésité une seule seconde et signé pour les tests qui auraient lieux dans deux jours. Mais depuis, il s'était renseigné, il savait que ces tests ne représentaient pas une nouvelle chance... Seulement un dépistage précoce pour savoir si Axel n'était pas un délinquant futur en puissance.
Parmi les enfants amenés à passer ces tests, 26 % étaient catalogués comme futurs voleurs, 13 % comme traders verreux, 11 % comme kidnappeur, 10 % n'auraient jamais la télévision, 9 % deviendraient instituteurs publics, 8 % comme personnespossédantuncanicheetnenettoyantpaslescrottesdubijou, 8% comme serialkiller, 7 % auraient des prédispositions au viol et 5 % iraient vivre à Minsk et se nourriraient exclusivement de tartine beurrée au salidou. Seuls 4 % des enfants qui passaient ces tests étaient réintégrés dans l'école privé du quartier. Et encore, souvent, leurs parents faisaient jouer leurs appuis.
Il avait eu l'inconscience d'en parler à son directeur espérant un geste de sa part. Le directeur l'avait regardé et lui avait demandé :
"Quelle épreuve a-t-il raté ?"
Il se voyait répondre avec sa franchise naïve "L'épreuve des légos."
Son directeur avait poussé un petit cri horrifié et l'avait congédié d'un bref "Désolé, je ne peux rien pour vous !"
Et depuis, tout le monde était au courant ; les invitations aux différentes manifestions de leur beau quartier avaient cessé ; les commerçants oubliaient fréquemment de lui rendre la monnaie ; et quand l'idée saugrenue de protester lui était venu, que n'avait-il pas entendu !
"Quand on a un enfant comme ça, on n'achète pas de pain !"
"Mais monsieur, pas étonnant que votre fils rate son épreuve de légo, avec un père qui ne sait pas comter sa monnaie"...
Alors, il faisait le dos rond, attendait remblant les épreuves complémentaires qui sans doute l'amènerait à déménager, à change de quartier, de pays peut-être. Minsk... Il avait longuement regardé la planisphère pour situer cette ville en noir et blanc... Il y voyait un avenir possible, plein de salidou, de sortie en pleine nature, sans tests, ni examens complémentaires... Résigné, il alla tambourienr à la porte de sa chambre, mais personne ne répondit. Derrière lui, Axel criait en sautant
"Le iago, le iago, le iago !"
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Le jour où les terriens prendront figure humaine, j'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène.
Hf Thiéfaine