Parfum de livres…parfum d’ailleurs

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 La rédaction de l'été.

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Queenie
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MessageSujet: La rédaction de l'été.   Sam 11 Juil 2009 - 9:06

Thème : Barbecue en famille (ou toute autre forme de
cérémonial estival et familial - si c'est pas familial c'est pas drôle
(donc pique nique, repas au frais, partie de campagne, restaurant en
péniche que sais-je...)).

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sousmarin
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MessageSujet: Re: La rédaction de l'été.   Jeu 20 Aoû 2009 - 20:44

La dîme de l’écureuil

Le repas s’annonçait festif, presque orgiastique…la famille ne s’étant pas réunie complète depuis des lustres.

Il y avait là les parents ; Paul, dit l’écureuil, et Saline, dit casse-noisettes. Il y avait les enfants ; Evelyne, l’ainée, qui ne sachant pas quoi faire de sa vie avait épousé un écrivain…ou qui se prétendait tel en tout cas ; Paul junior, le cadet, qui préférait adopter une attitude paternel et mettre en pratique le surnom de son père…de manière plus pécuniaire que ce dernier ; Christine, la benjamine, naviguait en eaux calmes car derrière son comportement agressif, la résignation pointait son nez. La belle-fille ne l’était plus, le gendre posait en causant et la petite amie de la benjamine était en période gothique crush, adoptant le faciès maussade de rigueur…Les petits-enfants quant à eux, préoccupés par des jeux pas toujours enfantins, gambadaient autour des adultes.

Le père, optimiste, avait insisté pour s’installer dehors, environnement plus « convivial » disait-il…ce à quoi casse-noisette répondait : « Surtout lorsque l’on ne met pas la table et n’apporte pas les plats !»
« D’accord, répondit l’écureuil, je m’occuperai de tout et tu verras ! » Il n’en démordit pas et le jour fatidique arriva…

(A suivre par celui qui veut…)

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Queenie
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MessageSujet: Re: La rédaction de l'été.   Lun 24 Aoû 2009 - 10:11

Tu redeviendras Barback.

C'est le grand jour, la grande parade. Toute la famille est réunie, chacun assis à sa place, attendant plus ou moins patiemment son bout de viande. Certains tiennent déjà couteau et fourchette, lorgnent avec insistance vers le barbecue, hument l'odeur du feu qui s'allume, d'autres s'enfilent des verres d'alcool, parlant de plus en plus fort pour couvrir le bruit de leurs ventres qui grognent, quelques-uns attendent patiemment, silencieusement, presque pieusement, le regard plongé dans l'éclat blanc de leur assiette vide, ou vers l'horizon désert.
Robert souffle, éructe, grogne, le feu qui met du temps à partir, les charbons qui restent d'un noir passible. Ses joues rougeoient sous l'effort, son front et son nez dégoulinent d'une sueur grasse.
C'est son rôle depuis des années, c'est lui le Maître du barbecue, il ne peut faillir à la tâche... mais aujourd'hui tout va de travers.
Et enfin, à bout de souffle, le rougeoiement d'un charbon au milieu des flammes, puis d'un autre et d'encore un autre, lui colle un sourire victorieux sur les lèvres, il va pouvoir faire grésiller la viande. Nourrir sa famille. Personne n'osera lui demander s'il veut de l'aide, et murmurer tout bas qu'il est peut-être "trop vieux pour ça". Personne.

Il pique le plus gros morceau de bœuf, l'admire un instant, salivant d'avance à l'idée de l'entendre pétiller sur la grille. Et là, le morceau de viande suspendu devant ses yeux, une douleur lui foudroie le cœur, son bras tremble, le bout de viande tombe au sol, il le suit des yeux, et d'un coup c'est tout son corps qui s'avachit, s'écroule.

Le bruit de la chute interrompt toutes les conversations, les déglutitions, les évadées pensives. Toute la famille se lève, encercle le corps massif de Robert gisant au pied du barbecue. Dans sa chute, il a emporté toute la viande. Des bouts de chair dans la poussière, vraiment pas très appétissante...
Et les ventres grognent sacrément.
Pour Robert s'en est donc terminé.
- Justin... c'est à toi.
Un homme d'une trentaine d'années s'avance, sourire du premier de la classe scotché aux lèvres. Il pose au sol une sacoche qu'il déplie consciencieusement, ses couteaux en tous genres brillent dans l'éclat du soleil couchant. Il est prêt. C'est désormais lui le Maître du barbecue, et il compte bien prouver qu'ils ont raison de lui faire confiance.

Alors qu'il s'attèle à la tâche de découper le plus soigneusement et le plus rapidement possible le corps sanguinolent de Robert, les convives reprennent leurs places respectives. On laisse l'assiette de Robert, son cœur cuit à point y sera déposé en dernier hommage, et personne n'aura le droit d'y goûter.
Justin aura droit aux rognons et à nourrir la famille pendant des années.

La viande crépite sur la grille, dans quelques minutes les premières bouchées seront avalées avec avidité.

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MessageSujet: Re: La rédaction de l'été.   Ven 28 Aoû 2009 - 10:36

L’allumage du barbecue (suite de La dîme de l’écureuil) :

Paul servait à table ; de mémoire familiale ce fait était historique. Dans le subtil ordre de préséance, la tâche d’allumer le barbecue revenait maintenant à Robert, le gendre. Celui-ci, auréolé de confiance en soi, ne voyait pas pourquoi s’occuper du barbecue serait plus difficile que d’écrire ; il se dirigea donc d’un pas confiant vers « l’engin ».
30 minutes plus tard, le rouge n’était pas dans le barbecue mais sur le visage de Robert et quelques grognements émergeaient de la tablée…quant à savoir si ces derniers émanaient des bouches ou des estomacs, nul ne pouvait le dire.

Robert retourna piteusement s’asseoir et Paul, voulant prouver qu’il était vraiment l’homme idéal, alla chercher son « arme secrète »… d’un pas martial. Il lança ensuite son regard de sauveur sur l’assemblée attablée et un éclair de mépris s’alluma lorsqu’il regarda Robert ; ce ne fut pas le seul éclair du jour…

Wolf, le chien de la famille, un cocker espiègle et fugueur, se trouvait à proximité de « l’engin » lorsque Paul versa son arme secrète sur les quelques braises rougissantes ; le chien se préparait à une belle crise de foie après avoir volé le beurre, imprudemment laissé sur la table de la cuisine mais pour l’instant il était assoupi et pleinement satisfait.
A ce niveau du récit, les témoignages des protagonistes diffèrent…Paul affirma que Wolf, tressautant dans son rêve, aurait heurté le barbecue mais d’autres, qui préfèrent garder l’anonymat, parlent d’une explosion suivit d’un éclair de feu se dirigeant vers le chien…On le retrouva quelques heures plus tard dans une mare de vomi, sur le lit conjugal…marqué d’une bande noir dorsale sur son poil roux.

(A suivre par celui qui veut…)

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MessageSujet: Re: La rédaction de l'été.   Dim 30 Aoû 2009 - 21:45

La partie de cartes

Ils sont attablés à l’ombre de l’acacia, le père a posé à son côté le cahier des comptes, il a fait une colonne pour chaque joueur : papa, maman, la fille, le gendre et la petite-fille.
Il distribue les cartes.
- tu t’es encore trompé dit la mère il me manque une carte
- c’est toi qui as oublié de ramasser une donne répond le père
- moi ? proteste-t-elle
- Oh ! on joue oui réclame la petite-fille
Troisième tour.
Maman distribue.
- tu sais pas distribuer dit le père
- ah oui ! proteste la mère
- oui ! avec un jeu pareil je peux rien faire
- tais toi ce sera déjà pas si mal
Le père saisi son verre sur la table et le lance à sa figure.
La fille jette les cartes sur la table, bon on arrête.
- c’est ta faute dit avec rancœur la mère au père
- non c’est la tienne t’y es bonne à rien
Le gendre voit sa femme qui commence à avoir les larmes aux yeux, il se lève à son tour.
C’est pas possible de jouer avec vous j’en ai assez ! on s’en va dit-il à sa femme en la prenant par la taille.
La mère se lève et au passage tambourine des poings sur l’épaule du père. Il se tourne et la pousse contre le tronc de l’arbre, menaçant :
- je t’en file une !
- Arrêtez ! arrêtez ! hurle la fille avant d’éclater en sanglots.
La petite-fille qui était restée silencieuse intervient à son tour :
- je vous déteste crache-t-elle à ses grands-parents
- comment tu nous parles s’insurge la mère
et se tournant vers sa fille :
- dis à ta fille de s’excuser !
- voilà ce que je te dis mamie : ça fait 17 ans que tu me fait chier !
Elle rejoint ses parents et ils s’en vont. L'un mécontent, l'une vengée, l'autre meurtrie une fois de plus.
Le père et la mère restent seuls avec le sentiment qu’ils ont été maltraités, parce qu’ils ont toujours fait leur devoir envers leur famille. Quelle ingratitude !

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