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 La PLeurante des rues de Prague.

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coline
Parfum livresque


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MessageSujet: La PLeurante des rues de Prague.   Ven 24 Juil 2009 - 15:34

La pleurante des ruesde Prague
Adaptation, conception et jeu: Claire Ruppli
Texte de Sylvie Germain



L’entrée du Théâtre des Halles est un havre de calme et de verdure …L’on s’assoit sous les arbres et attend l’heure de l’ouverture de la porte pour le spectacle…
Et cette porte s’ouvre sur la petite salle intime que constitue la chapelle Sainte-Claire.
Nous serons presque les premiers à entrer ce jour-là…

Le noir se fait…et dans le noir monte la voix de la comédienne, Claire Ruppli :
« Elle est entrée dans le livre. Elle est entrée dans les pages du livre comme un vagabond pénètre dans une maison vide, dans un jardin à l’abandon. »

Cette Pleurante née à Prague dans l’imaginaire et les mots de Sylvie Germain est une géante boiteuse, un fantôme de la ville dont le corps immatériel est « le lieu de confluences d’innombrables souffles, larmes, et chuchotements échappés d’autres corps ». L’incarnation des souffrances humaines d’hier et aujourd’hui. Mater dolorosa et mère consolatrice aussi…




A l’évocation de la première apparition (il y en douze dans le livre), une lumière douce accompagne l’entrée de la comédienne, menue dans son imperméable, cernée des belles pierres de la chapelle qui tient lieu d’espace scénique…Rien d’autre…
Tout est si simple et si évocateur…L’éclairage fait apparaître l’ombre démesurée en hauteur et largeur de la frêle jeune femme…Alors pour le spectateur, elle surgit la Pleurante… Le jeu de la lumière fera encore naître d’autres images…



La Pleurante t est la mémoire de certains être nommés, mais aussi la mémoire de la douleur universelle …
…Mémoire de Bruno Schulz (écrivain, peintre et dessinateur), « homme de peu de poids [.. ;] tué d’une balle dans le dos[…] parce qu’il était sorti dans la rue sans porter l’étoile jaune »
…Mémoire de Franta Bass, l’enfant du camp de Terezin qui avait écrit ce poème avant d’être tué :
« Le tout petit garçon, mignon
comme un bouton en train d’éclore.
Quand le bouton sera éclos
Le garçonnet déjà ne sera plus. »

…Mémoire de la petite Sarah, photographiée par Roman Vischniac qui fut tuée elle aussi : « fillette aux yeux trop grands, trop sombres, pour son petit visage blême et fatigué. Des yeux aux paupières alourdies par le froid, par la faim, au regard égaré. […]« Son père avait peint pour elle, son enfant aux pieds nus, quelques fleurssur le mur derrière le lit que la misère lui assignait pour gîte. »
…Mémoire du père de Sylvie Germain agonisant sur son lit d’hôpital. La douleur et le deuil impossible de l’auteure serait à l’origine du texte de La Pleurante.
…Mémoire d’anonymes…

Ce texte, nous l’avons évoqué déjà sur le fil de Sylvie Germain. J’ai bien dû le lire au moins 25 fois tellement je l’aime et tellement je rêverais un jour de pouvoir le dire moi aussi…
Claire Ruppli, habitée par ce texte, est juste là, devant nous, à le dire…Elle s’en est saisie avec une grande maîtrise, lui donnant corps et voix…
Ma toute petite réserve serait devant une trop grande application à bien dire, à articuler lentement, ce qui induit une monotonie dans le rythme mais c’est un travail magnifique…Et ce texte, Claire Ruppli donne à l’entendre, parfaitement…

"De textes qui vous chavirent le coeur et traduisent la langue de l'âme, de silences qui nous rappellent être en vie, du manque indélébile du passé, naît le devoir de re-présenter. C'est pourquoi je joue ce texte"
Claire Ruppli

(Petit regret: En fait je n'ai reconnu Claire Ruppli qu'en surfant sur le Net , en rentrant chez moi, pour voir ce qu'elle avait déjà fait...
Je l'ai reconnue en voyant une photo d'elle...Je me suis dit soudain: surpris ... "c'était Claire!..."
Il y a quelques années, Claire était comme moi stagiaire dans un stage de cinéma pendant trois semaines...
J'aurais pu, si j'avais réagi plus tôt, échanger avec elle, lui dire tout le bien que je pensais de ce texte et de son travail...Elle se promenait seule (mais portant des lunettes de soleil) dans le jardin où nous nous attardions après la représentation...Elle sera peut-être à Montauban...aux Lettres d'automne où je compte bien aller...) content

_________________
"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)


Dernière édition par coline le Lun 10 Aoû 2009 - 20:15, édité 3 fois
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aériale
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MessageSujet: Re: La PLeurante des rues de Prague.   Ven 24 Juil 2009 - 16:28

coline a écrit:
(Petit regret: En fait je n'ai reconnu Claire Ruppli qu'en surfant sur le Net , en rentrant chez moi, pour voir ce qu'elle avait déjà fait...
Je l'ai reconnue en voyant une photo d'elle...Je me suis dit soudain: surpris ... "c'était Claire!..."
Il y a quelques années, Claire était comme moi stagiaire dans un stage de cinéma pendant trois semaines...
J'aurais pu, si j'avais réagi plus tôt, échanger avec elle, lui dire tout le bien que je pensaisde ce texte et de son travail...Elle se promenait seule (mais portant des lunettes de soleil) dans le jardin où nous nous attardions après la représentation...Elle sera peut-être à Montauban...aux Lettres d'automne où je compte bien aller...) content

Je te le souhaite en tout cas!
Quel dommage et quelle coincidence en même temps...

Les Lettres d'Automne vont être un grand moment je crois Wink
Merci pour cette présentation Coline!

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coline
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MessageSujet: Re: La PLeurante des rues de Prague.   Lun 10 Aoû 2009 - 20:14

coline a écrit:
La pleurante des ruesde Prague
Adaptation, conception et jeu: Claire Ruppli
Texte de Sylvie Germain





Ce spectacle n'était pas une création de l'année...Il a été rôdé avant d'arriver au Festival d' Avignon. J'espère qu'il continuera sa route...

Sylvie Germain, à propos de ce spectacle :

« Claire Ruppli a dû opérer des coupes, provoquant ainsi des collisions entre des chapitres non reliés dans le livre. Cela donne une autre résonance, suscite des images différentes. J’entends et reconnais mon texte, bien sûr, mais en même temps j’oublie que j’en suis l’auteur, cela n’importe plus ; j’assiste à quelque chose de nouveau : je vois une comédienne en train de dire, e toute la force de sa voix et de son corps, de son regard et de son souffle, un texte, une histoire. J’écoute un texte lu, vécu, pleinement incorporé. J’ai aussi été sensible au dépouillement de la mise en scène, du décor et du costume : tout repose sur le corps et la voix de la comédienne, et sur la lumière. ».

« Je trouve normal que des artistes, lorsqu’ils sont touchés par un texte et s’en emparent pour le mettre en scène, ou en peinture, ou en musique, en faire une œuvre de vidéaste ou autre, prennent une liberté d’interprétation. Cette « transcription » peut parfois me surprendre, voire me déplaire, me décevoir- ce qui n’a nullement été le cas ici, au contraire-, je n’en respecte pas moins le travail de l’artiste concerné et ne me permets pas d’intervenir. Je n’interviendrais que si l’interprétation opérés révélait un détournement de sens, une déformation flagrante.[…] Mais les interprétations faites par les autres sont toujours intéressantes en ce qu’elles présentent un point de vue nouveau, portent un éclairage neuf sur le travail que l’on avait élaboré dans la solitude. Par ailleurs, ces interprétations peuvent varier au fil du temps. […] C’est comme le jeu des musiciens interprétant des œuvres de compositeurs dont ils deviennent familiers : il évolue au cours du temps, s’allège ou devient plus pathétique. L’interprétation est vitale, c’est elle qui fait vivre les œuvres littéraires, picturales, musicales…qui fait se mouvoir le sens, le plaisir, l’étonnement, le désir, la colère aussi bien. »


(dans L'univers de Sylvie Germain (recueil des études du Colloque de Cérisy 2007)

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MessageSujet: Re: La PLeurante des rues de Prague.   Lun 10 Aoû 2009 - 20:57

Je te souhaite aussi la rencontre content

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chacun d'entre nous le construit à chaque instant de sa vie avec son coeur.
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