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 Arthur Rimbaud

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Hellois
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Ven 20 Fév 2009 - 21:17

Merci Coline, vraiment très beau, très bien écrit..
En 2001, à 20 ans j'ai été à Charleville, toute seule, por retrouver les lieux de mon cher auteur. Je suis arrivée avec l'avion à Charleroi, et de là j'ai atteint Charleville-Mézière en train.
C'était la première fois pour moi dans le nord de l'Europe, c'était meme la première fois en France. Je vous assure qui pour moi, fille du sud, l'impact avec la Belgique a été plutot choquant. Le froid, le ciel toujours gris, l'herbe si verte au mois de septembre, la pluie... La ville si grise, et triste...

A Charleville j'ai fait le possible pour me fussionner avec la Nature, pour revivre les memes sensations que le jeune Arthur.. J'ai parcouru les vieux chemins du XVIII siècle, qui encore aujourd'hui sillonnent la campagne de Charleville, j'ai assisté silincieuse au départ des oies sauvages au bord de la Meuse...

J'ai appris beaucoup..

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La morale est la faiblesse de la cervelle, A. Rimbaud, Une Saison en Enfer, 1873
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kenavo
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Jeu 24 Sep 2009 - 13:38

Rimbaud inédit

Mohammed Aïssaoui


[size=9]Aquarelle signée «A. Rimbaud», certifiée par un expert. Elle est en fait l'oeuvre d'un homonyme, un certain Antoine Rimbaud. (Jean-Jacques Lefrère/Flammarion)


Des documents jamais vus photos, dessins, peintures révèlent d'autres facettes de l'auteur du «Bateau ivre» et de sa famille.

On ne cassera pas un mythe en affirmant qu'Arthur Rimbaud fut un piètre dessinateur - il avait d'autres talents. Contrairement à ses amis Verlaine et Delahaye, son coup de crayon était loin d'être excellent, il était même sommaire, presque enfantin, à voir les petits bonhommes, les scènes de la vie quotidienne, les animaux ou les objets qu'il a tenté de reproduire, en ses jeunes années, sur des cahiers d'écolier, au dos de cartes d'atlas, ou dans des lettres adressées à quelques correspondants. N'empêche, on lui a attribué plusieurs illustrations, dont certaines se trouvaient être de très belle facture, et qui ne sont certainement pas de lui. Jean-Jacques ­Lefrère, auteur d'une biographie de l'auteur des Illuminations et éditeur de la correspondance du poète, publiera le mois prochain Les Dessins d'Arthur Rimbaud (Flammarion), un ouvrage qui révèle bien d'autres facettes du poète. Notre chercheur a mis au jour des documents jamais vus : des dessins, donc, mais aussi des photos et une iconographie riche et totalement inconnue. Le Figaro Littéraire vous en présente, en avant-première, quelques pièces significatives.

Parmi les éléments les plus émouvants, il y a cette photographie d'Isabelle Rimbaud, la sœur cadette du poète, et son soutien des dernières heures. Cette photo est si intense, si expressive qu'elle donne presque l'impression d'être en couleur. Et quelle ressemblance physique extraordinaire avec son frère ! Ce qui frappe aussi, sur ce document, ce sont ces mains disproportionnées, ces « mains d'assassins » que devait avoir aussi Arthur, à en croire le témoignage des poètes qui le ­rencontrèrent lors de son séjour dans la capitale, en septembre 1871.


Il y a également la photographie de la maison Bardey, à Aden, où travailla Rimbaud. Cette photo n'est pas inédite (elle appartient au collectionneur Pierre Leroy, qui cosigne un texte dans cet ouvrage), mais Leroy et Lefrère présentent une lithographie inspirée de la photo et parue dans une revue datant de 1881. Ce dernier document, qui était demeuré insoupçonné, permet de dater la photographie : elle est de l'époque où Rimbaud séjourne à Aden et travaille dans la factorerie Bardey. Du coup, la question se pose : l'auteur de Voyelles serait-il un des quatre Européens apparaissant sur l'image ? On n'a peut-être pas fini d'en débattre.

Photographie sur plaque de verre d'Isabelle, la soeur cadette d'Arthur, et ses «mains d'assassin», que devait avoir aussi le poète. (Jean-Jacques Lefrère/Flammarion)
Autre séquence forte du livre : le témoignage inédit d'une habitante de Roche, qui a connu Isabelle ­Rimbaud et sa mère, et les évoque en termes… contrastés - « Ses traits, durs, étaient un peu ceux d'une vieille chouette, assez revêche, malgré des yeux très bleus, d'un bleu un peu mauve, comme j'en ai peu connu. » L'album présente aussi des photos, des dessins et des peintures de la maison Rimbaud, au hameau de Roche - et l'on voit distinctement le grenier à grain où fut composée, dans la fièvre, Une saison en enfer. C'est une des vues les plus impressionnantes, les plus tragiques aussi, de cet album.

Un faux certifié authentique !

La troisième partie du livre, intitulée «Dessins dont Rimbaud n'est pas l'auteur», est tout simplement jubilatoire et vaut vraiment le détour. Elle fait la part belle à toute une série d'illustrations attribuées à l'auteur du Bateau ivre. Des aqua­relles, des crayonnés, au trait fin, délicat… Tous ces faux ont généré un commerce florissant, et Isabelle Rimbaud et surtout son époux Paterne Berrichon en ont joué, et il leur arriva même de tromper leur monde en assurant que certains dessins représentant des vues d'Abyssinie ou d'Arabie étaient de la main d'Arthur. « Aujourd'hui, s'ils ne nous apprennent rien sur Rimbaud, ces faux constituent des indices complémentaires de la censure et de la dénaturation qu'orchestra la famille du poète pour imposer l'image qu'elle voulait laisser de lui à la postérité », souligne Jean-Jacques Lefrère. Et de rappeler que ces faux furent mis en vitrine lors de l'exposition de la Bibliothèque nationale consacrée au cinquantenaire du symbolisme.

D'autres supercheries ont fait depuis l'objet de ventes publiques à l'hôtel Drouot ! Mais ce n'est pas le pire : Jean-Jacques Lefrère raconte l'extraordinaire parcours d'aquarelles signées « A. Rimbaud » : elles furent retrouvées dans une brocante de province par deux « rimbaldiens » passionnés - peut-être précisément un peu trop passionnés. En mai 2002, un expert célèbre, dont le certificat est reproduit en fac-similé dans le volume, certifia à propos de ces tableaux : « Nous vous confirmons par la présente que l'aquarelle Paysage à Beit-Mery (…) est à nos yeux une œuvre authentique d'Arthur Rimbaud. » Quelques mois plus tard, le supplément littéraire d'un journal libanais révélait que l'auteur des aquarelles en question était un certain Antoine Rimbaud, ancien officier de marine devenu professeur de dessin. Entre-temps, ces aquarelles avaient été « cédées » à un collectionneur tout fier d'acquérir des œuvres peintes par le grand « A. Rimbaud ». Il est des homonymies qui valent de l'or !

Comme le fait remarquer Jean-Jacques Lefrère, ces dessins authentiques et ces peintures apocryphes sont autant d'indices, de témoi­gnages, de reliques, d'évocations, d'une aventure de la poésie et d'une aventure humaine exceptionnelles et passées à l'état de mythe. Dès lors, le plus sage est de les accepter comme telles.

Les Dessins d'Arthur Rimbaud de Jean-Jacques Lefrère. Flammarion, À paraître fin octobre



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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Jeu 24 Sep 2009 - 23:18

Moi c'est ce livre là que je lorgne...et qui ne m'échappera pas je le pense...

Notre besoin de Rimbaud par le poète Yves Bonnefoy


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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Sam 17 Oct 2009 - 12:44

Arthur Rimbaud et le symbolisme.

Théories de l’inconnaissable et de l’inconscient, recherche du moi, abîmes de l’âme, correspondances intimes et mystiques, vibrations subtiles pour le mystère et l’au-delà, l’école symboliste est lasse du verbe sonore de Victor Hugo, rompt avec le réel pour chercher une poésie nouvelle, loin des certitudes sèches, du progrès impérieux. Ce qu’elle veut, c’est l’harmonie, le rythme, les sensations traduites par la subjectivité, l’expression des sentiments les plus intimes, et use de l’art de suggérer au lieu de nommer les choses par leurs concepts. « La contemplation des objets, l’image s’envolant de rêveries suscitées par eux, sont le chant. (…) Nommer un objet, c’est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème qui est faite du bonheur de deviner peu à peu ; le suggérer, voilà le rêve. C’est le parfait usage de ce mystère qui constitue le symbole ; évoquer petit à petit un objet pour montrer un état d’âme, ou inversement choisir un objet et en dégager un état d’âme » (Mallarmé, Enquête sur l’évolution littéraire, 1891). Avec Rimbaud, le symbolisme est à son apogée, sa mystification la plus sublime, son mystère le plus inconnu.
Et pourtant c’est un adolescent qui prend la parole, Chez qui, la vie se mêle à l’œuvre; il est impossible d’évoquer sa poésie, sans parler de se son esprit libertin, de ses voyages, de ses idées révolutionnaires.
C’est tout d’abord un élève brillant, et son professeur Georges Izambard, le soutient et l’encourage.
« Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens ». Il a seize ans, mais il a déjà sa vision de la poésie, et veut changer le monde, et « réinventer l’amour ». Il croit être chargé d’une mission, il ne veut pas qu’écrire des vers, il fait de sa poésie une part de son moi, quête vers le plus profond de ses émotions.
Enfant rebelle, insolence mêlée à l’orgueil, de sa rencontre avec Verlaine, Rimbaud cherche la vérité « dans une âme et dans un corps ».
Sept ans avant sa mort, Verlaine parle de lui dans Les poètes maudits. Deux ans plus tard, les poèmes des Illuminations sont publiés dans une revue. Le mythe de Rimbaud se déploie très vite, durant son absence, au cours de ses voyages en Afrique, en Asie…des articles de presse parleront de son génie, ses poèmes de son vivant auront déjà eu un grand effet, en quelques années il a changé le regard des jeunes générations vers le monde.
Esprit de la révolte, de l’énigme, du mystère, de la soif d’absolu, il a rêvé et a fait rêvé avec lui. Auteur d’inventions étranges, qui suscitent en nous l’intrigue à des moments et sollicitent notre imagination, comme le sonnet des Voyelles :
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles
Je dirai quelques jours vos naissances latentes.
Crise d’adolescence ? Lutte révolutionnaire ? Beaucoup de doutes s’enfoncent autour de son œuvre. Contradictions, interprétations diverses, voici ce que Verlaine en pense quand il rédige en 1895 la préface de la première édition de ses œuvres complètes ; « Ce n’était ni le diable, ni le bon Dieu, c’était Arthur Rimbaud, c'est-à-dire un très grand poète, absolument original, d’une saveur unique, prodigieux linguiste –un garçon pas comme tout le monde, non certes ! Mais net, carré sans la moindre malice et veut avec toute la subtilité, de qui la vie, à lui qu’on a voulu travestir en loup-garou, est toute en avant dans la lumière et dans la force, belle de logique, et d’unité comme son œuvre. »

Quelques vers que j’aime chez Rimbaud ;

La chambre est pleine d’ombre ; on entend vaguement
De deux enfants le triste et doux chuchotement.
Leur front se penche, encor, alourdi par le rêve,
Sous le long rideau blanc qui tremble et se soulève…
-Au dehors les oiseaux se rapprochent frileux ;
Leur aile s’engourdit sous le ton gris des cieux ;
Et la nouvelle Année, à la suite brumeuse,
Laissant traîner les plis de sa robe neigeuse,
Sourit avec des pleurs, et chante en grelottant…

Les Etrennes des orphelins ; 1870.
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Babelle
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Sam 17 Oct 2009 - 13:40

Merci pour ces réminiscences

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Chaque - Oiseau - A la couleur - De son cri.
(poèmes, Malcolm de Chazal)
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Sam 17 Oct 2009 - 17:45

Embarassed Une vie pareille, d’un poète pareil, on se lasse pas de s’en rappeler !
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Arthur Rimbaud

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