
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
|
| | |
| Auteur | Message |
|---|
Perséphone Espoir postal

Messages: 30 Inscription le: 20/12/2007 Age: 26 Localisation: Au pays des Mirabelles
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Mar 4 Mar 2008 - 11:01 | |
| | Steven a écrit: | | C'est drôle j'aurais aussi employé l'expression "Chemin de croix" pour définir la poésie de Baudelaire ! Mais sauf que j'aime bien cet auteur et le chemin qu'il nous fait parcourir au travers de sa poésie. |
et pourquoi cette expression ?
Pour ma part j'aime beaucoup Baudelaire, mais je crois qu'il a été trop étudié, et de façon trop shématique. Il a été galvaudé en quelque sorte... L'année dernière, mon prof nous disait, en gros, qu'il suffisait d'appliquer le calque de "relation entre Spleen et Idéal" sur tous ses poèmes pour les analyser et les comprendre (si tant est qu'il faille comprendre de la poésie bien sur ...) Je pense que son oeuvre mérite qu'on l'oublie quelques temps et qu'on la ressorte plus tard, histoire de retrouver un regard neuf et de l'apprécier à nouveau ! _________________ ça nous dépasse ... feignons d'en être les organisateurs
|
|  | | Julia Envolée postale

Messages: 125 Inscription le: 02/03/2008 Localisation: Quelque part dans l'univers
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Mar 4 Mar 2008 - 12:05 | |
| |
|  | | Steven Sage de la littérature

Messages: 2809 Inscription le: 26/09/2007 Age: 37 Localisation: Saint-Sever (Landes)
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Mar 4 Mar 2008 - 15:06 | |
| | Perséphone a écrit: | | Steven a écrit: | | C'est drôle j'aurais aussi employé l'expression "Chemin de croix" pour définir la poésie de Baudelaire ! Mais sauf que j'aime bien cet auteur et le chemin qu'il nous fait parcourir au travers de sa poésie. |
et pourquoi cette expression ?
Pour ma part j'aime beaucoup Baudelaire, mais je crois qu'il a été trop étudié, et de façon trop shématique. Il a été galvaudé en quelque sorte... L'année dernière, mon prof nous disait, en gros, qu'il suffisait d'appliquer le calque de "relation entre Spleen et Idéal" sur tous ses poèmes pour les analyser et les comprendre (si tant est qu'il faille comprendre de la poésie bien sur ...) Je pense que son oeuvre mérite qu'on l'oublie quelques temps et qu'on la ressorte plus tard, histoire de retrouver un regard neuf et de l'apprécier à nouveau ! |
Cette expression en rapport au véritable "chemin de croix" qu'a été la vie du poète. Et ce vécu, il nous le fait partager dans ses poèmes, dans la douleur et l'espoir qu'on y décèle. L'expression ne visait pas la lecture des écrits de Baudelaire. J'aime beaucoup ce poète et lis avec beaucoup de plaisir ses oeuvres, en vers comme en prose. _________________ Le jour où les terriens prendront figure humaine, j'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène.
Hf Thiéfaine
|
|  | | Perséphone Espoir postal

Messages: 30 Inscription le: 20/12/2007 Age: 26 Localisation: Au pays des Mirabelles
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Ven 7 Mar 2008 - 17:08 | |
| ha d'accord. je me demandais si tu utilisais cette expression pour parler de l'effet que te faisaient ses poèmes. _________________ ça nous dépasse ... feignons d'en être les organisateurs
|
|  | | Cachemire Agilité postale

Messages: 916 Inscription le: 11/02/2008 Age: 43
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Sam 8 Mar 2008 - 9:37 | |
| Voilà l'un des poèmes de Baudelaire qui évoque « le spleen » (il y en a 4 portant ce titre je crois), cette mélancolie ou légère depression qui étreint le poète parfois quand le temps dehors n'est que désolation et apporte ainsi à ses états d'âme une forte résonnance. Le choix des mots est tellement juste que je me récite parfois le premier quatrain quand le temps est déprimant...pour l'ambiance ! | Citation: | Spleen
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis, Et que de l'horizon embrassant tout le cercle II nous verse un jour noir plus triste que les nuits;
Quand la terre est changée en un cachot humide, Où l'Espérance, comme une chauve-souris, S'en va battant les murs de son aile timide Et se cognant la tête à des plafonds pourris;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées D'une vaste prison imite les barreaux, Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie Et lancent vers le ciel un affreux hurlement, Ainsi que des esprits errants et sans patrie Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
— Et de longs corbillards, sans tambours ni musique, Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir, Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Charles Baudelaire |
Les nuages noirs comme longs corbillards, c' est une image géniale, non ? Et l'angoisse qui plante son drapeau noir dans le crâne du poète ? J'adore... |
|  | | Chatperlipopette Zen littéraire

Messages: 7126 Inscription le: 24/02/2007 Age: 44 Localisation: Bretagne
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Sam 8 Mar 2008 - 9:46 | |
| Moi aussi j'adore. Merci Cachemire l'image des nuages associés au long corbillards noirs....une spendide trouvaille dont on ne se lasse pas  _________________ Hochant la tête/il se lèche/le chat sous la lune (Issa)
|
|  | | JDP Main aguerrie

Messages: 320 Inscription le: 04/09/2007 Localisation: Belgique
 | Sujet: Baudelaire Mer 12 Mar 2008 - 14:42 | |
| Anecdote...Après la publication des "Fleurs du Mal", Baudelaire a été condamné en 1857 pour atteinte à la morale religieuse et pour atteinte à la morale publique. La morale publique était défendue par Ernest Pinard qui a déjà requis contre Flaubert. La Cour de Cassation rehabilitera Baudelaire en le 31 MAI 1949Autre anecdote...Le premier titre des "Fleurs du Mal" (après celui des "Limbes" vite abandonné) était "les Lesbiennes". Le mot n'avait pas encore de connotation sexuelle marquée. On disait "tribades"... |
|  | | mimi Sage de la littérature

Messages: 1970 Inscription le: 19/07/2007 Localisation: Auvergne
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Dim 20 Avr 2008 - 0:33 | |
| http://fr.youtube.com/watch?v=TE1rcGk4NvU"Avons-nous donc commis une action étrange? Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi: Je frissonne de peur quand tu me dis: 'Mon ange!' Et cependant je sens ma bouche aller vers toi. "Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée! Toi que j'aime à jamais, ma soeur d'élection, Quand même tu serais une embûche dressée  _________________ « Dans un univers de cyclistes, seuls les sophistes se graissent la patte, les autres freinent. » Le Concombre masqué.
|
|  | | mimi Sage de la littérature

Messages: 1970 Inscription le: 19/07/2007 Localisation: Auvergne
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Dim 20 Avr 2008 - 0:55 | |
| http://fr.youtube.com/watch?v=jDRpmM9ttMI&feature=relatedMon enfant, ma sœur, Songe à la douceur D’aller là-bas vivre ensemble ; Aimer à loisir, Aimer et mourir Au pays qui te ressemble !  _________________ « Dans un univers de cyclistes, seuls les sophistes se graissent la patte, les autres freinent. » Le Concombre masqué.
|
|  | | mimi Sage de la littérature

Messages: 1970 Inscription le: 19/07/2007 Localisation: Auvergne
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Dim 20 Avr 2008 - 1:06 | |
| Ce soir, je me fais un festival http://fr.youtube.com/watch?v=28aouI1OWsU Que j'aime voir, chère indolente, De ton corps si beau, Comme une étoffe vacillante, Miroiter la peau ! Sur ta chevelure profonde Aux âcres parfums, Mer odorante et vagabonde Aux flots bleus et bruns, Comme un navire qui s'éveille Au vent du matin, Mon âme rêveuse appareille Pour un ciel lointain. _________________ « Dans un univers de cyclistes, seuls les sophistes se graissent la patte, les autres freinent. » Le Concombre masqué.
|
|  | | mimi Sage de la littérature

Messages: 1970 Inscription le: 19/07/2007 Localisation: Auvergne
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Mar 6 Mai 2008 - 0:25 | |
| L'Etranger chanté par Ferré Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? Ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ? - Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère. - Tes amis ? - Vous vous servez là d’une parole dont le sens m'est restée jusqu'à ce jour inconnu. - Ta patrie ? - J'ignore sous quelle latitude elle est située. - La beauté ? - Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle. - L’or ? - Je le hais comme vous haïssez Dieu. - Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ? - J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages ! _________________ « Dans un univers de cyclistes, seuls les sophistes se graissent la patte, les autres freinent. » Le Concombre masqué.
|
|  | | Steven Sage de la littérature

Messages: 2809 Inscription le: 26/09/2007 Age: 37 Localisation: Saint-Sever (Landes)
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Ven 9 Mai 2008 - 0:58 | |
| J'aime le souvenir...| Citation: | J'aime le souvenir de ces époques nues, Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues. Alors l'homme et la femme en leur agilité Jouissaient sans mensonge et sans anxiété, Et, le ciel amoureux leur caressant l'échine, Exerçaient la santé de leur noble machine. Cybèle alors, fertile en produits généreux, Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux, Mais, louve au cœur gonflé de tendresses communes, Abreuvait l'univers à ses tétines brunes. L'homme, élégant, robuste et fort, avait le droit D'être fier des beautés qui le nommaient leur roi ; Fruits purs de tout outrage et vierges de gerçures, Dont la chair lisse et ferme appelait les morsures ! Le Poète aujourd'hui, quand il veut concevoir Ces natives grandeurs, aux lieux où se font voir La nudité de l'homme et celle de la femme, Sent un froid ténébreux envelopper son âme Devant ce noir tableau plein d'épouvantement. O monstruosités pleurant leur vêtement ! O ridicules troncs ! torses dignes des masques ! O pauvres corps tordus, maigres, ventrus ou flasques, Que le dieu de l'Utile, implacable et serein, Enfants, emmaillota dans ses langes d'airain ! Et vous, femmes, hélas ! pâles comme des cierges, Que ronge et que nourrit la débauche, et vous, vierges, Du vice maternel traînant l'hérédité Et toutes les hideurs de la fécondité ! Nous avons, il est vrai, nations corrompues, Aux peuples anciens des beautés inconnues : Des visages rongés par les chancres du cœur, Et comme qui dirait des beautés de langueur ; Mais ces inventions de nos muses tardives N'empêcheront jamais les races maladives De rendre à la jeunesse un hommage profond, – A la sainte jeunesse, à l'air simple, au doux front, A l'œil limpide et clair ainsi qu'une eau courante, Et qui va répandant sur tout, insouciante Comme l'azur du ciel, les oiseaux et les fleurs, Ses parfums, ses chansons et ses douces chaleurs !
Spleen et Idéal, V |
_________________ Le jour où les terriens prendront figure humaine, j'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène.
Hf Thiéfaine
|
|  | | Alberte Espoir postal

Messages: 30 Inscription le: 23/07/2008
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Ven 25 Juil 2008 - 21:32 | |
| Ah ! Baudelaire ! Pour moi c'est le plus doué de tous (mais je suis loin d'être spécialiste du genre). ses poèmes (et quelques autres de Rimbaud) sont les seuls qui me font trembler, ressentir les mots. Je l'avais étudié pour mon bac de français et je n'avais qu'une envie, tomber sur un de ses poèmes le jour de l'examen. Mais non, zut ! En voici un, superbe: | Citation: | Harmonie du soir
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir; Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir; Valse mélancolique et langoureux vertige!
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir; Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige; Valse mélancolique et langoureux vertige! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige, Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir; Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir, Du passé lumineux recueille tout vestige! Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige... Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir! |
C'est lancinant à souhait, ça tourne comme une valse, c'est maîtrisé, bref : du grand art. |
|  | | Eve Lyne Sage de la littérature

Messages: 1719 Inscription le: 08/08/2008
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Lun 25 Aoû 2008 - 13:40 | |
| Mon poète préféré, même s'il est sombre. "L'albatros", sublime. J'aime également beaucoup celui-ci intitulé "Elévation" :
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées, Des montagnes, des bois, des nuages, des mers, Par-delà le soleil, par-delà les éthers, Par-delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité, Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde, Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ; Va te purifier dans l'air supérieur, Et bois, comme une pure et divine liqueur, Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse, Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;
Celui dont les pensers, comme des alouettes, Vers les cieux le matin prennent un libre essor, – Qui plane sur la vie, et comprend sans effort Le langage des fleurs et des choses muettes !
Récemment, les 148 poèmes, dont ceux qui furent censurés à la parution, ont été illustrés un à un par le grand peintre Ulrich Mertens qui a consacré 5 ans de sa vie à ce travail d'orfèvre. Le livre est disponible uniquement chez France Loisirs. Il vaut l'investissement.
Je vous mets plusieurs illustrations (vous pouvez cliquer dessus pour les agrandir) : |
|  | | Célinouchka Plume timide

Messages: 13 Inscription le: 20/12/2008 Age: 19 Localisation: Suisse, Neuchâtel
 | Sujet: Re: Charles Baudelaire Dim 21 Déc 2008 - 18:05 | |
| | Citation: | Quand la terre est changée en un cachot humide, Où l'Espérance, comme une chauve-souris, S'en va battant les murs de son aile timide Et se cognant la tête à des plafonds pourris; |
Plant d'arrêt, étude. Laissez tomber le système poétique sur ce quatrain, et parler votre imagination. Essayez de visualiser juste ces quelques mots...(si vous êtes très fatigués, cela peut aider, accessoirement...)
ça y est ? tout le monde a réussi ? et après, ne dites pas que Baudelaire n'était pas un sadique 
Sur ce, je sors ! _________________ To be or not to be, that's the question. -Hamlet, Shakespeare-
|
|  | | |
| Page 2 sur 3 | Aller à la page : 1, 2, 3  |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|