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 Stéphane Mallarmé

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lekhan
Main aguerrie


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MessageSujet: Stéphane Mallarmé   Jeu 4 Oct 2007 - 18:37



Comme j'ai lancé un fil sur Saint-John Perse, je ne peux résister à en débuter un sur Mallarmé, qui est à mon avis un des auteurs qui le plus influencé son siècle, mais également le notre.
Et non moins sans importance, c'est lui qui m'a fait aimer et découvrir la poèsie^^.
Son écriture travaille du style-son, ses moments-choix, ses associations de sons sans sens, sans autre but que de signifier une mélodie, une douce mélodie de mots.


Biographie wiki:

Citation:
Il perd sa mère en 1848 et est confié à ses grands-parents. Mis en pension dès 1852, il se montra un élève médiocre, et fut renvoyé en 1855. Pensionnaire au lycée de Sens, il fut marqué par le décès de sa sœur Maria en 1855. À cette même époque, il composa ses premiers poèmes d'adolescence, recueillis dans Entre deux murs, textes encore fortement inspirés par Victor Hugo, Théodore de Banville ou encore Théophile Gautier. La découverte des Fleurs du mal de Charles Baudelaire en 1860 fut marquante et influença ses premières œuvres. Cette même année, Mallarmé entre dans la vie active en devenant surnuméraire à Sens, « premier pas dans l'abrutissement » selon lui. En 1862, quelques poèmes paraissent dans différentes revues. Il fait la connaissance d'une jeune gouvernante allemande à Sens, Maria Gerhard, née en 1835, et quitta son emploi pour s'installer à Londres avec elle, ayant l'intention de devenir professeur d'anglais.

Réformé du service militaire en 1863, Stéphane Mallarmé se marie à Londres avec Maria le 10 août et obtient en septembre son certificat d'aptitude à enseigner l'anglais. En septembre, il est nommé chargé de cours au lycée impérial de Tournon (Ardèche), où il se considère comme exilé. Il ne cesse durant cette période de composer ses poèmes, comme Les fleurs, Angoisse, «Las d'un amer repos...». Durant l'été 1864, Mallarmé fit la connaissance à Avignon des félibres, poètes de langue provençale : Théodore Aubanel, Joseph Roumanille et Frédéric Mistral, avec qui il entretint une correspondance. Sa fille Geneviève naît à Tournon le 19 novembre 1864.


Stéphane MallarméL'année suivante, il compose L'Après-midi d'un faune, qu'il espère voir représenter au Théâtre-Français, mais qui fut refusée. Il se lie avec le milieu littéraire parisien, notamment avec Leconte de Lisle et José-Maria de Heredia.

L'année 1866 marqua un tournant pour Mallarmé, lors d'un séjour à Cannes chez son ami Eugène Lefébure où il fut l'objet d'une période de doute absolue qui dura jusqu'en 1869. Nommé professeur à Besançon, il débuta en novembre une correspondance avec Paul Verlaine. En 1867, nommé à Avignon, il commença la publication de ses poèmes en prose, il fit un séjour chez Frédéric Mistral à Maillane en 1868. Il débuta en 1869 l'écriture de Igitur, conte poétique et philosophique, laissé inachevé, qui marque la fin de sa période d'impuissance poétique débutée en 1866. En 1870, il se met en congé de l'éducation, et se réjouit de l'instauration de la République en septembre. Son fils Anatole naît le 16 juillet 1871 à Sens et, nommé à Paris au Lycée Fontanes, il s'installe rue de Moscou.

Mallarmé fait la rencontre d'un jeune poète en 1872, Arthur Rimbaud, puis, en 1873 du peintre Édouard Manet, qu'il soutint lors du refus des œuvres de celui-ci lors du Salon de 1874 et qui lui fait rencontrer Zola. Mallarmé publie la revue La dernière mode qui aura huit numéros et dont il fut le correcteur. Nouveau refus en juillet 1875 pour la publication de sa nouvelle version de L'après-midi d'un faune, qui parut tout de même l'année suivante, illustrée par Manet. Il préface la réédition du Vathek de William Beckford. Dès 1877, les réunions du mardi sont organisées chez Mallarmé. Il fait la rencontre de Victor Hugo en 1878 et publie en 1879 un ouvrage sur la mythologie Les dieux antiques. Cette année est marquée par la mort de son fils Anatole, le 8 octobre 1879. En 1880, Mallarmé malade fait des séjours à Valvins, commune de Vulaines-sur-Seine, près de Fontainebleau.

En 1884, Paul Verlaine fait paraître le troisième article des poètes maudits consacré à Mallarmé, ouvrage qui parut en 1884, tout comme le livre de Joris-Karl Huysmans, À rebours, où le personnage principal, des Esseintes, voue une vive admiration aux poèmes de Mallarmé, ces deux ouvrages contribuèrent à la notoriété du poète. Stéphane Mallarmé est nommé au Lycée Janson-de-Sailly. En 1885, Mallarmé évoque l'explication orphique de la Terre. Son premier poème sans ponctuation paraît en 1886, M'introduire dans ton histoire. La version définitive de L'Après-midi d'un faune est publiée en 1887. En 1888, sa traduction des poèmes d'Edgar Allan Poe paraît. De nouveau atteint de rhumatisme aigu en 1891, Mallarmé est en congé et obtient une réduction de son temps de travail. Il rencontre Oscar Wilde, Paul Valéry qui devint un invité fréquent des Mardis. En 1892, à la mort du frère d'Édouard Manet, Mallarmé devient tuteur de sa fille, Julie Manet, dont la mère est la peintre Berthe Morisot. C'est à cette époque que Claude Debussy débute la composition de sa pièce Prélude à l'après-midi d'un faune, qui fut présentée en 1894. Mallarmé obtient sa mise en retraite en novembre 1893, donne des conférences littéraires à Cambridge et Oxford en 1894. Mallarmé assiste aux obsèques de Paul Verlaine, décédé le 8 janvier 1896, il lui succède comme Prince des poètes.

En 1898, Mallarmé se range aux côtés d'Émile Zola qui publie dans le journal L'Aurore, le 13 janvier, son article J'accuse en faveur du Capitaine Alfred Dreyfus (cf. Affaire Dreyfus). Le 8 septembre 1898, Mallarmé est victime d'un spasme du larynx qui manque de l'étouffer. Il recommande dans une lettre à sa femme et à sa fille de détruire ses papiers et ses notes, déclarant : « Il n'y a pas là d'héritage littéraire... ». Le lendemain, victime du même malaise il meurt. Il est enterré auprès de son fils Anatole au cimetière de Samoreau.


Je dois dire, qu'il est un de mes auteurs préférés. Je viens de lire en cherchant un portrait, qu'il y avait en France, un collège Stéphane Mallarmé, quel privilège...
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alaska
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MessageSujet: Re: Stéphane Mallarmé   Sam 6 Oct 2007 - 21:33

"La chair est triste, hélas, et j'ai lu tous les livres."


..est probablement l'un de mes vers préférés.
Bon résumé de la terre peu ronde - ami, remplis mon verre. Plutôt désespérant.

Mallarmé est peut-être un peu trop parfait . Il n'y a rien que je puisse lui reprocher.


(Je n'ai pas le temps de faire bien long. Il fait très froid.)
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Perséphone
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MessageSujet: Re: Stéphane Mallarmé   Mar 4 Mar 2008 - 11:09

Ah, Mallarmé ! Un de mes profs l'a simplement cité en cours il y a longtemps et je l'ai tout de suite lu et aimé. Sa poésie me semble aérienne, onirique, floconeuse... on reste souvent sur le seuil, mais il y a toujours une émotion offerte, à défaut d'entrer entièrement dans le sens...


alaska a écrit:

Mallarmé est peut-être un peu trop parfait . Il n'y a rien que je puisse lui reprocher.


justement, on peut donc se laisser aller, non ? Very Happy

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Camille19
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MessageSujet: Re: Stéphane Mallarmé   Lun 6 Juil 2009 - 2:20

Perséphone a écrit:
on reste souvent sur le seuil, mais il y a toujours une émotion offerte, à défaut d'entrer entièrement dans le sens...


Tout à fait d'accord, sa poésie est hérmétique, c'était une posture assumée par Mallarmé et qui n'est d'ailleurs pas sans poser certains problèmes , mais c'est aussi tout son charme, on se laisse simplement happer par la beauté des mots... J'apprécie particulièrement le Sonnet en yx :


Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,
L'angoisse ce minuit, soutient, lampadophore,
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore

Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,
Aboli bibelot d'inanité sonore,
(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s'honore.)

Mais proche la croisée au nord vacante, un or
Agonise selon peut-être le décor
Des licornes ruant du feu contre une nixe,

Elle, défunte nue en le miroir, encor
Que, dans l'oubli fermé par le cadre, se fixe
Des scintillations sitôt le septuor.


Et pour ceux qui sont intéressés par la virtuosité et les multiples jeux de miroirs dans ce poème, je crois me souvenir que Bertrand Marchal en avait fait une excellente étude, vraiment très intéressante content

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Lara
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MessageSujet: Re: Stéphane Mallarmé   Lun 6 Juil 2009 - 8:48

Mallarmé, j'aime, mais pas tout, des fois je trouve qu'il en fait trop. Et le trop d'art n'est plus de l'art.Ce qui me dérange c'est son manque d'humilité. Enfin c'est son style et il y a des choses intéressantes. Par exemple l'Azur me plait assez.
J'aime ce poème pour ce qu'il dit et la façon dont il le dit, surtout dans la seconde partie! Le ciel est mort, place au vide, au néant, à la beauté!!!
Je sais pas, il m'arrive de le rapprocher de Baudelaire!

L''Azur

De l'éternel azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs
Le poète impuissant qui maudit son génie
A travers un désert stérile de Douleurs.

Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde
Avec l'intensité d'un remords atterrant,
Mon âme vide, Où fuir?
Et quelle nuit hagarde
Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant?

Brouillards, montez! versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux
Que noiera le marais livide des automnes
Et bâtissez un grand plafond silencieux!

Et toi, sors des étangs léthéens et ramasse
En t'en venant la vase et les pâles roseaux
Cher Ennui, pour boucher d'une main jamais lasse
Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux.

Encor! que sans répit les tristes cheminées
Fument, et que de suie une errante prison
Eteigne dans l'horreur de ses noires traînées
Le soleil se mourant jaunâtre à l'horizon!

- Le Ciel est mort. - Vers toi, j'accours! donne, ô matière
L'oubli de l'Idéal cruel et du Péché
A ce martyr qui vient partager la litière
Où le bétail heureux des hommes est couché.

Car j'y veux, puisque enfin ma cervelle vidée
Comme le pot de fard gisant au pied d'un mur
N'a plus l'art d'attifer la sanglotante idée
Lugubrement bâiller vers un trépas obscur...

En vain! L'Azur triomphe, et je l'entends qui chante
Dans les cloches. Mon âme, il se fait voix pour plus
Nous faire peur avec sa victoire méchante,
Et du métal vivant sort en bleus angelus!

Il roule par la brume, ancien et traverse
Ta native agonie ainsi qu'un glaive sûr
Où fuir dans la révolte inutile et perverse?
Je suis hanté. L'Azur! L'Azur! L'Azur! I'Azur!

_________________
"Vous pouvez tout faire, penser ou croire, posséder toute la science du monde, si vous n'aimez pas, vous n'êtes rien. "
M.S.
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