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 Victor Hugo

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Solitude
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Lun 15 Déc 2008 - 16:10

Amapola a écrit:
Je n'ai pas pu traverser la bataille de Waterloo. Et j'ai donc laissé Victor Hugo de côté.


Je suis bien d'accord avec Amapola. J'ai toujours aimé les poèmes d'Hugo que je trouve très beaux et touchants. J'ai alors voulu m'attaquer aux Misérables...Je crois bien que c'était une erreur. J'ai courageusement essayé de retrouver mon chemin entre les personnages de la bataille de Waterloo dont Hugo parle en familier, et les longues scènes descriptives au point d'en devenir lassantes. Mais je me suis irrémédiablement perdue et ce n'est que Demain, dès l'aube que j'ai retrouvé mon estime pour cet auteur.

Je me restreins désormais à ses poèmes qui m'inspirent, laissant à d'autres le soin de s'inspirer de ses romans (xD). Cependant, je ne baisse pas totalement les bras et je garde l'espoir de lire un jour les Misérables en entier!

Pour l'instant, je vous livre un de ses poèmes que j'aime particulièrement et qui traite de la guerre greco-turque:

Les Orientales


Les turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil,
Chio, qu'ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
Un chœur dansant de jeunes filles.

Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée ;
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée.

Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l'onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tête blonde,

Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?

Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d'Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu'un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?

Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
- Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.



[Source: http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Enfant_(Hugo)]

_________________
"Notre grand tourment dans l'existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu'à fuir cette solitude." Guy de Maupassant
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coline
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Lun 15 Déc 2008 - 18:21

Les orientales, c'est le nom du recueil dont est extrait ce poème, L'enfant grec... Wink

J'aime beaucoup...

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"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)
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Solitude
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Lun 15 Déc 2008 - 18:30

Ah désolée! Embarassed

Je me disais bien aussi que Les Orientales ne m'évoquais rien mais j'ai crus que c'était un autre nom...Merci de m'avoir corrigée!^^

_________________
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coline
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Lun 15 Déc 2008 - 18:40

C'était juste pour préciser... content Ne sois surtout pas désolée... bisous

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Astrouil
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MessageSujet: Le mot   Sam 18 Avr 2009 - 23:59

Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !
Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes ;
TOUT, la haine et le deuil !
Et ne m'objectez pas que vos amis sont sûrs
Et que vous parlez bas.
Ecoutez bien ceci :
Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l'oreille du plus mystérieux
De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.
Ce MOT — que vous croyez que l'on n'a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre —
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre ;
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle !
Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera ;
Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,
Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive
Et railleur, regardant l'homme en face dit :
"Me voilà ! Je sors de la bouche d'un tel."
Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel.

Je voulais partager ce poéme de Victor Hugo. J'adore la description du périple de ce mot lâché si prudemment.
Il laisse à réflechir.
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sousmarin
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Sam 25 Avr 2009 - 11:24

En effet, dès qu’il est prononcé, le mot échappe à son auteur jypeurien …ce poème d’Hugo est très visuel, ce qui est un comble… Razz

_________________
Le chêne qui plie,
Défiant sa nature,
Montre sa force.
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Sam 25 Avr 2009 - 20:00

Moi , c'est celui-ci que j'adore (de toute façon , je n'en connais qu'un seul Rolling Eyes ):
Very Happy

Demain, dès l'aube...

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


Comment j'ai découvert ce poème ? Baâ c'est parce qu'en Français , Jade avais choisi ce poème pour une récitation , et je l'avais adoré ! mouton

_________________
L'enfant avec des clous dans les globes oculaires
Monta son arbre en métal
Lequel avait vraiment un drôle d'air
Puisque l'enfant n'y voyait que dalle .

Tim Burton
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Dim 26 Avr 2009 - 8:58

Personnellement je trouve très amusants les deux poèmes de V.Hugo qui on été mis en musique par G.Brassens et chanté aussi par Renaud:

La légende de la nonne

Venez, vous dont l’œil étincelle,
Pour entendre une histoire encor,
Approchez : je vous dirai celle
De doña Padilla del Flor.
Elle était d’Alanje, où s’entassent
Les collines et les halliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Il est des filles à Grenade,
Il en est à Séville aussi,
Qui, pour la moindre sérénade,
À l’amour demandent merci ;
Il en est que d’abord embrassent,
Le soir, de hardis cavaliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Ce n’est pas sur ce ton frivole
Qu’il faut parler de Padilla,
Car jamais prunelle espagnole
D’un feu plus chaste ne brilla ;
Elle fuyait ceux qui pourchassent
Les filles sous les peupliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Elle prit le voile à Tolède,
Au grand soupir des gens du lieu,
Comme si, quand on n’est pas laide,
On avait droit d’épouser Dieu.
Peu s’en fallut que ne pleurassent
Les soudards et les écoliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Or, la belle à peine cloîtrée,
Amour en son cœur s’installa.
Un fier brigand de la contrée
Vint alors et dit : Me voilà !
Quelquefois les brigands surpassent
En audace les chevaliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Il était laid : les traits austères,
La main plus rude que le gant ;
Mais l’amour a bien des mystères,
Et la nonne aima le brigand.
On voit des biches qui remplacent
Leurs beaux cerfs par des sangliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

La nonne osa, dit la chronique,
Au brigand par l’enfer conduit,
Aux pieds de sainte Véronique
Donner un rendez-vous la nuit,
À l’heure où les corbeaux croassent,
Volant dans l’ombre par milliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Or quand, dans la nef descendue,
La nonne appela le bandit,
Au lieu de la voix attendue,
C’est la foudre qui répondit.
Dieu voulu que ses coups frappassent
Les amants par Satan liés.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !

Cette histoire de la novice,
Saint Ildefonse, abbé, voulut
Qu’afin de préserver du vice
Les vierges qui font leur salut,
Les prieures la racontassent
Dans tous les couvents réguliers.
- Enfants, voici des bœufs qui passent,
Cachez vos rouges tabliers !



Gastibelza
Gastibelza l’homme à la carabine
Chantait ainsi
Quelqu’un a-t-il connu Dona Sabine
Quelqu’un d’ici ?
Chantez, dansez, villageois la nuit gagne
Le Mont Falu
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Quelqu’un de vous a-t-il connu Sabine
Ma Senora
Sa mère était la vieille maugrabine d ’Antéquarra
Qui chaque nuit criait dans la Tour Magne
Comme un hibou
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Vraiment la Reine eut, près d’elle, été laide
Quand vers le soir
Elle passait sur le pont de Tolède
En corset noir
Un chapelet du temps de Charlemagne
Ornait son cou
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Le Roi disait en la voyant Si belle
A son neveu
Pour un baiser, pour un sourire d’elle
Pour un cheveu
Infant Don Ruy, je donnerais l’Espagne
Et le Pérou
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.
Je ne sais pas Si j’aimais cette dame
Mais je sais bien
Que pour avoir un regard de son âme
Moi, pauvre chien
J’aurais gaiement passé dix ans au bagne
Sous les verrous
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Quand je voyais cette enfant moi le pâtre
De son canton
Je croyais voir la belle Cléopâtre
Qui, nous dit-on
Menait César Empereur d’Allemagne
Par le licou
Le vent qui vient à travers la montagne
Me rendra fou.

Dansez, chantez, villageois, la nuit tombe Sabine un jour
A tout vendu, sa beauté de colombe
Tout son amour
Pour l’anneau d’or du Comte de Saldagne
Pour un bijou ;
Le vent qui vient à travers la montagne
M’a rendu fou.



En plus je lie ces poèmes à une émotion et un souvenir particulier pour moi, car c' est grace à eux que j'ai découvert Brassens, au lycée, donc...

_________________
La morale est la faiblesse de la cervelle, A. Rimbaud, Une Saison en Enfer, 1873
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Thérèse
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Ven 3 Juil 2009 - 14:48

Aaah !! Victor ! cheers
Ses poèmes et ses romans ont enchanté mon enfance (ma mère lisait Les Misérables et nous en racontait un petit bout chaque soir ) et mon adolescence...et continuent de m'enchanter !
Mon poème préféré est Les Djinns pour sa construction originale et son rythme implacable - je mets un lien, j'ai peur de prendre trop de place en copiant tout le poème Embarassed -
http://www.victor-hugo.info/poemes/25.html

Les Misérables c'est un peu LE roman incontournable, mais j'ai une faiblesse pour Les travailleurs de la mer : l'histoire d'un gars perdu tout seul sur un amas de rochers au milieu de l'océan, luttant contre les éléments pour récupérer une machine à vapeur sur un navire échoué...
Ca a l'air glauque, comme ça, mais il n'y a que Victor pour arriver à en faire un roman aussi puissant !
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bélanger
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MessageSujet: Re: Victor Hugo   Mer 5 Aoû 2009 - 21:07

Ce que dit la bouche d'ombre

...

Là, sombre et s'engloutit, dans des flots de désastres,
L'hydre Univers tordant son corps écaillé d'astres ;
Là, tout flotte et s'en va dans un naufrage obscur ;
Dans ce gouffre sans bord, sans soupirail, sans mur,
De tout ce qui vécut pleut sans cesse la cendre ;
Et l'on voit tout au fond, quand l'oeil ose y descendre,
Au delà de la vie, et du souffle et du bruit,
Un affreux soleil noir d'où rayonne la nuit !

...
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Victor Hugo

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