J' adore les éditions savantes...
Moins pour leur érudition, un tantinet superflue pour le lecteur de base
que je suis que pour l' humour involontaire qu' elles contiennent !
C' est vrai que parfois elles sont savantes, instructives, plyvalentes, mais on perd le fil du texte.
Surtout quand les notes sont carément plus volumineuses que le texte lui meme...
J' exagère ?
Je lis en ce moment le Voyage dans l' Empire Mongol -1253-1255, l' histoire d' un périple ahurissant que fit Guillaume de Rubrouck, ce franciscain à la demande de Saint Louis.
Les Mongols étaient alors en position de conquérir l' Europe et les rois et
seigneurs occidentaux se disputaient entre eux sur les priorités
et préséances.
Querelle aussi avec le pape qui lui, prechait la croisade pour les lieux saints.
C' est pendant cette période très agitée que Guillaume partit en Mongolie.
16 000 km, un peu à pied et surtout à cheval, de Constantinople à
Qararaqorum, capitale de l' Empire des steppes.
Guillaume et ses compagnons cheminent d' une horde à l' autre dans
les conditions les plus rudes.
Ces hommes se disent hommes de Dieu, mais leur fonction est tout autre.
Politique bien entendu.
Ce qui est passionnant pour nous, c' est que Guillaume, tout imbu de
sa fontion de prosélyte du catholicisme qu' il fut, était un homme intelligent, curieux, malin et excellent conteur.
Ses premières impressions sont pleines de préjugés, préjugés qu' il ne
perdra pas complètement, mais son regard change et observe.
Avec étonnement, il constate que ces guerreirs sanguinaires et conquérants sont plus tolérants sur le plan religieux que les chrétiens.
Qu 'ils écoutent les discoureurs de toutes religions et les mettent en compétition !
Guillaume écoute et note tout. Un peu comme Hérodote, reporter et
ethnologue à la fois...
C' est lui qui nous parlera pour la prmière fois du chamanisme mongol
entre autres choses.
Bref, ce récit écrit en latin a passionné ses traducteurs qui ont mis des années pour le traduire en français.
Claude et René Kappler ont tellement apprécié ce récit qu' ils écrivent
une longue introduction très interessante et ajoutent aussi des illustrations, des commentaires, des cartes, une bibliographie...
Et des notes en bas de page.
Un simple exemple, le début du récit de Guillaume de Rubrouck :
Votre Sainte Majesté saura donc qu' en l' année du Seigneur 1253, le 7 mai, nous sommes entrés dans la mer du Pont 1, que les peuples de là-bas appellent la Grande Mer...En son milieu, à peu près, il y a deux pointes de terre, l' une au nord et l' autre au midi ; si bien qu' il y a 700 milles depuis ces pointes jusqu' à Constantinopme, en direction de l' orient, cest à dire de l'Hybérie qui estla province de Géorgie 2.La pointe qui est au midi s' appelle Sinopolis 3, c' est à la fois une forteresse et un port... Notes des Kapler : 1. La Mer noire, Pontus, ou Pontus Euxinus, pour les Romains.Les dimensions de la Mer Noire sont fotement exagérées. Elle a enf fait550 milles d' est en Ouest du nord au sud.
In longum et latum, qui pour la plupart des traducteurs signifie simplment en long et en large, a exercé la sagacité de Pelliot...Suivent 10 lignes de notes ! 2. Le membre de phrase "si bine que... la province de Géorgie (ita quod... provincia Geogie) se trove das les mss à la fin du paragraphe, après "entreSinosis et Cassaria, Pelliot....Suivent 6 lignes de notes ! 3. Sinapolis (Sinope), port de comerce actif, pris par les Turcs en 1215.Celle-là est courte. Ouf !