Allez, pour faire remonter le fil Tarkovskien, petite bafouille de mémoire (sauf pour les dates, merci imdb). Il n'a réalisé que très peu de films (
Le Rouleau compresseur et le Violon (1961) étant son film de fin d'études).
L'Enfance d'Ivan (1962) : très beau film en noir et blanc, repris au pied levé par Tarkovski, le metteur en scène initial ne faisant apparemment pas l'affaire. Très beau, sombre en même temps.
Si je ne me trompe pas, il y a déjà un système qui sera utilisé plusieurs fois, le long, long, très lent travelling qui, à un moment donné et de manière insensible, fait réaliser au spectateur qu'il voit effectivement quelque chose qui lui cause un choc (un peu ce qu'a fait Kubrick à la fin de Shining, le zoom sur la photo).
Un enfant prend part à la Seconde Guerre Mondiale, dans la mesure de ses moyens : il passe derrière les lignes ennemies, fait de la reconnaissance, transmet des informations.
Commencer sa carrière avec un film pareil, réussir à mettre autant de soi dans un projet repris à la dernière minute (un peu comme David Fincher pour Alien 3), chapeau.
André Roublev (1969) : biographie d'André Roublev (le fameux peintre d'icône du XV° siècle auteur du célébrissime :
http://www.edelo.net/trinite/ ). Esthétiquement, le film est une splendeur. Ne serait-ce que la façon dont la caméra caresse les peintures, sur une musique de Bach (Passion selon Saint Matthieu), c'est à la fois simple et en même temps, qui d'autre que Tarkovski pouvait le faire...
Le film a été condamné pour contre-vérité historique, ce qui est très drôle, vu qu'on ne sait presque rien de la vie d'André Roublev.
Film assez long, pas toujours très clair, beaucoup de symboles.
Solaris (1972) : fameux film, d'après Stanislas Lem. Le livre a quelques passages un peu longuet (la description des différentes formes qui apparaissent sur la "planète" Solaris). Le film en comporte aussi, surtout vers le début, avant le départ (notamment un passage interminable dans un tunnel). Ensuite, ça s'améliore nettement, et la fin avec son travelling m'a un peu bluffé. Globalement, je crois qu'il est mieux que son remake. Moins parfait techniquement, forcément, mais moins froid que le film de Soderberg.
Le Miroir (1975) : Il ne m'a pas vraiment marqué, à part une scène près d'une barrière... il faut que je le revois.
Stalker (1979) : adaptation du livre bien connu des Frères Strougatski. Des extra-terrestres sont venus sur Terre, on pique-niqué et laissé des déchets, puis sont repartis. Leurs détritus sont des objets au-delà de notre compréhension. La zone a été bouclée par les militaires, mais des contrebandiers sont prêts à tout pour aller dans la Zone (éventuellement avec des gens qui payent) et ramener des objets, au péril de leur vie.
Il paraîtrait même qu'il existe une chambre dans laquelle tous vos souhaits se réalisent...
Dans la version Tarkovski, on voit très nettement les effets radioactifs sur les gens qui habitent près de la Zone. Je ne me souviens pas que le livre des Frères Strougatski faisait ressortir autant que dans le film le côté concentrationnaire, la radio-activité, tout ça....
Il y a une scène de lévitation assez fascinante.
Nostalghia (1983) : ouh là, encore un film qu'il faut que je revois, tiens... Il me reste quelques scènes disjointes.
Tourné en Italie.
Le Sacrifice (1986) : le dernier film de Tarkovski, qui savait que ce serait son dernier film. Il était atteint d'un cancer.
Le film a été tourné en Suède.
Il semble qu'une guerre nucléaire va éclater. Un homme décide de se sacrifier pour sauver le monde.
Encore une fois, de longs plan-séquence (incendie d'une maison), un message spirituello-religieux.
Tarkovski, c'est à la fois opaque, mystérieux, un peu hiératique, chiant et passionnant à la fois et en alternance.
Il faut voir ses films plusieurs fois, lire des explications,.. et par exemple
Le Temps Scellé (Petite bibliothèque des Cahiers du Cinéma), de Tarkovski lui-même.
Pourquoi ne l'ai-je pas encore lu ?
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Quand les gens sont de mon avis, il me semble que je dois avoir tort. - Oscar Wilde