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 Carl T.Dreyer

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sentinelle
Zen littéraire


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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Sam 2 Mai 2009 - 8:37

Marko a écrit:
Queenie a écrit:
Et encore un truc qui donne des envies :


avec :
Le Maître du logis / Vampyr / Jour de colère / Ordet / Gertrud


A mon avis c'est LE coffret à ne pas manquer! Pour en prendre plein les mirettes!

Bon, c'est décidé, je vais me le procurer celui-là ! Impossible de résister avec toutes ces images et commentaires hypnoz

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Je ne suis rien, je le sais,
mais je compose mon rien
avec un petit morceau de tout.
Victor Hugo
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traversay
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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Lun 22 Juin 2009 - 10:32

Le président (1919).
Premier film de Dreyer : une réussite totale. 1.Pour l'exploitation d'un scénario mélodramatique avec une sobriété exemplaire et l'utilisation maîtrisée du flash back. 2.Pour la composition d'image, splendide, et une mise en scène stupéfiante du noir et blanc. 3. Pour l'empathie envers les personnages quelles que soient leurs fautes. Dreyer s'affirme déjà comme un incomparable peintre de l'âme humaine.


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Un intellectuel, c'est quelqu'un qui entend le mot "pipe" et pense à Magritte.

Alan Patrick Herbert
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animal
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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Sam 7 Nov 2009 - 20:44

Marko a écrit:
Gertrud


L'artiste doit décrire la vie intérieure, non pas l'extérieure. Avec Gertrud, j'ai procédé à une simplification du dialogue dans le but d'arriver à la forme la plus resserrée. Carl Dreyer


La vie est un rêve, une longue suite de rêves
Gertrud

Regarde-moi,
suis-je jolie ?
Non,
mais j'ai aimé.

Regarde-moi,
suis-je jeune ?
Non,
mais j'ai aimé.

Regarde-moi,
suis-je en vie ?
Non,
mais j'ai aimé.

Gertrud


Le célèbre avocat Gustav Kanning est appelé à endosser les habits de ministre. Lorsqu'il annonce la bonne nouvelle à sa femme Gertrud, celle-ci semble réticente. Contrainte de s'expliquer, elle rappelle à son mari la promesse qu'ils se sont faite l'un à l'autre avant de s'épouser : le droit de reprendre un jour chacun leur liberté. Gertrud reproche à son mari d'avoir été sacrifiée sur l'autel du travail. Elle a noué une liaison et projette de quitter le domicile conjugal. Ce jour-là, les quotidiens se font l'écho du retour au pays du grand écrivain et poète national Gabriel Lidman, le premier amant de Gertrud. Ce n'est pas lui qu'elle part rejoindre, mais le très jeune Erland Jansson...



Lars Von Trier se réfère souvent à Gertrud lorsqu'il parle de Breaking the Waves. Il admirait Dreyer pour sa foi, son humanisme et son dépouillement qui vidait le plan du superflu. Gertrud est l'histoire d'une désillusion, d'un amour absolu qui touche à la spiritualité. Très controversé à sa sortie, Dreyer y atteint peut-être une forme de perfection formelle. Il aimait les portraits de femmes exceptionnelles mais de femmes solitaires et en souffrance. C'est ce que Lars Von Trier a retenu pour Breaking the Waves.


oui, ça vaut le coup de repartir d'un précédent post (soigné) pour ce film (soigné). Peut être moins accessibles que d'autres et blindé de références dont certaines me manquent : nombreuses scènes avec pour fond un tableau. Particulièrement constant et étrange avec des personnages qui ne se regardent presque pas en face (mais parfois en changeant de plan dans la profondeur de l'espace)... espaces de pièces assez incroyables d'ailleurs et au jeux de lumières impeccables dans les souvenirs lumineux. Etrange aussi pour l'importance des dialogues et la complexité de la chose, Gertrud souffre mais fait aussi souffrir, dans une sorte de cercle et de répétition assez noire.

Très théâtrale dans les positionnements, le manque de naturel provoque aussi le décalage voir le malaise qui est l'atmosphère du film. On retrouve la capacité du cinéaste à risquer cette impression. Troublant, riche et fantastiquement défini, à revoir plus préparé et apte à y entrer plus complètement. Il y a un côté "épure" qui d'une certaine façon peut faire un peu peur.

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Arabella
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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Sam 7 Nov 2009 - 21:19

Je ne trouve pas ce film si noir que cela. Et Gertrud n'est pas non plus qu'en souffrance. Elle refuse de vivre avec un homme qu'elle n'aime pas. Et l'amour étant un état passager, elle se retrouve seule forcement à un moment. Mais c'est quelque part un choix. Elle va jusqu'au bout de sa logique, et d'une certaine façon cela lui permet d'être en paix avec elle-même. Même si l'essentile du film se situe à un moment de crise, dans lequel elle quitte son mari, où elle découvre que son amant ne tient pas vraiment à elle, et dans lequel elle repousse son ancien amour. C'est très extreme comme situation, mais c'est juste un moment de crise. Et elle fait le choix de laisser cela derrière elle, plutôt que de vivre avec un homme qu'elle n'aime pas juste pour ne pas rester seule, ou pour avoir un rôle social, une position.

C'est à la fois très baroque et très épuré, les extremes se touchent, et personnellement j'adore ce genre de mélanges.

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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Sam 7 Nov 2009 - 23:37

le choix est juste mais ne porte pas non plus de promesses ?

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Arabella
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MessageSujet: Re: Carl T.Dreyer   Dim 8 Nov 2009 - 8:34

Ce n'est pas forcement sans perspective pour l'avenir, une situation fausse ne peut donner rien de bon, si on la tranche, tout devient possible. Ou il vaut mieux de toute façon rien plutôt qu'un semblant de quelque chose.

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