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 Elia Kazan

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Elise
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MessageSujet: Elia Kazan   Lun 1 Sep 2008 - 18:57



Forcément, je pensais à Kazan sur le topic de Kafka, et je m'apercevais qu'on avait oublié Kazan ici, alors, je me suis dit pof ! C'est parti.

On va citer Wiki, car je suis paresseuse :

Citation:
Elia Kazanjoglous (7 septembre 1909 - 28 septembre 2003), en turc Ilya Kazanoğlu, en grec Ilias Kazanoglou, dit Elia Kazan, est un réalisateur et un metteur en scène de théâtre américain.

Né à Constantinople en Turquie, fils d'un marchand de tapis grec. En 1911, la famille émigre aux États-Unis. Dans les années 30, il s'intéresse au théâtre au sein du Group Theatre d'abord comme acteur, puis comme metteur en scène. Il adapte entre autre Mort d'un commis voyageur d'Arthur Miller. Il est un des fondateurs, avec Cheryl Crawford et Robert Lewis, d'une école d'art dramatique, l'Actors Studio en 1947.

Il se tourne vers le cinéma dans les années 1950. Il réalise : Un Tramway nommé Désir (1951),Viva Zapata (1952), À l'est d'Eden (1955), Sur les Quais (1954) qui est classé à la huitième place du Top 100 de l'American Film Institute et l'Arrangement (1969).


J'évoquerai brièvement pour ma part ses déboires durant le maccarthysme, car je ne pense pas que ce soit très essentiel (pour aller vite, il était membre du parti communiste et a pu balancer des gens qu'il connaissait durant cette période pour s'en tirer). On dit qu'il tente dans Sur les Quais d'expier sa culpabilité (en gros) mais je suis guère convaincue (il est effectivement question de quelqu'un qui dénonce, dans ce film, incarné par Brando, mais à part ça, bon).

Il a dirigé l'un des meilleurs sinon le meilleur acteur de tous les temps, à savoir Marlon Brando dans plusieurs de ses films (exquisite dans Un Tramway comparé Vivian Leigh qui m'a été insupportable ; il faut le voir avec la moustache dans Viva Zapata ; et puis Sur les Quais est indispensable pour qui veut regarder sérieusement des films américains, notamment ceux de Scorsese - et comprendre la force de Raging Bull - voire Coppola et autres - tout ce qui parle de frères, en gros).

J'adore particulièrement La Fièvre dans le sang (au très beau titre anglais Splendor in the grass) et L'Arrangement (qui est indissociable de America America - dans ce film il y a d'ailleurs le type même du mec avec un mono-sourcil, le plus beau que je connaisse). La Fièvre dans le sang est un film magnifique (avec un Warren Beatty absolument gorgeous) qui traite le mieux de l'adolescence (mieux même selon moi que La Fureur de vivre avec James Dean, avec lequel on le confond souvent). Quant à L'Arrangement c'est simplement un chef d'oeuvre (avec Kirk Douglas génial et Faye Dunaway, superbe couple qui crève l'écran) qui aborde des thèmes tellement variés et riches que je ne dirai que des fadaises si je commençais à en parler.

Pourtant ça me donne envie de faire une thèse dessus. Very Happy

Par ailleurs Kazan a aussi écrit des livres (le bougre) qui sont apparemment très bons aussi.

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MessageSujet: Re: Elia Kazan   Lun 1 Sep 2008 - 20:52

bonne idée ce fil !

je n'en ai pas vu beaucoup de ses films, dans l'ordre : Un Tramway nommé Desire, Viva Zapata!, Sur les quais et Baby Doll.

En focalisant volontiers sur les adaptations de Tennessee Williams (ben oui), il partage, j'ai du mal à départager le registre des plus plaisantes adaptations avec Soudain l'été dernier de Joseph Mankiewicz. Et l'air de rien ce n'est pas rien. parce que dans d'autres adaptations le texte sauve en quelque sorte certains moments d'une tournure que je juge trop humoristique (je pense à La Chatte sur un toit brûlant et la Nuit de l'iguane). Bref, Elia Kazan ça se tient bien et esthétiquement...

une petite BA pour se faire plaisir :

A Streetcar Named Desire

(en passant, je trouve qu'on l'oublie souvent trop vite ce Karl Malden).

Sois la patte j'ai America, America et Un Homme dans la foule qui attendent... des moments qui permettent d'en profiter correctement.

je recherche les trois lignes que j'ai du posté à propos de Baby Doll

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MessageSujet: Re: Elia Kazan   Lun 1 Sep 2008 - 20:53


Baby Doll

Réalisé par: Elia Kazan
Avec: Karl Malden, Carroll Baker, Eli Wallach

allocine a écrit:
Archie Lee Meighan, aristocrate ruiné, vit avec sa femme-enfant Baby Doll dans les restes de sa vaste demeure. Si le mariage est effectif, il n'est pas encore consommé. La petite poupée de chair intéresse également un certain Vacarro, qu'une rivalité économique et un incendie opposent

m'enfin la dernière phrase modifiée par moi.

et adaptation de Tennessee Williams.

Je n'ai peut être pas eu les grandes tirades déglinguées que j'attendais (je ne sais plus si j'ai lu cette pièce, je disais non avant, je dis peut être après avoir vu le film)... mais j'ai eu tout le reste : trio d'acteurs au top. images. décors déglinguée de cette grande maison en ruines et plus fortement que dans d'autres adaptations cette sensation de décalage, de personnages en décalage qui accompagne les lectures de Tennessee Williams... la frénésie des dialogues et des émotions qui partent dans un sens et s'arrêtent ou repartent ailleurs.

ne pas se priver.

et le personnage de Tante Rose est génial. Cool

-

bande annonce en VO

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MessageSujet: Re: Elia Kazan   Lun 1 Sep 2008 - 20:58

animal a écrit:
(en passant, je trouve qu'on l'oublie souvent trop vite ce Karl Malden).


Ah oui !
Je crois l'avoir trouvé encore plus brillant dans Sur les Quais. C'est sûr que c'est un excellent acteur.

Pas vu Baby Doll, mais la présence d'Eli Wallach m'a toujours donné envie d'y jeter un oeil... (Ah ! Et y'a Karl Malden aussi !)

J'adore les bandes annonces ringardes. sourire

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MessageSujet: Re: Elia Kazan   Lun 1 Sep 2008 - 21:02

pour Baby Doll si tu veux voir ces deux là (et le reste du casting) assuré à bloc, tu peux y aller les yeux fermés sourire

ça joue sur plusieurs créneaux à la fois, bonheur total, ils sont tout simplement géniaux Cool



(je suis le coupable du tour de magie de la photo, on aime bien la tête de nos auteurs et réalisateurs sur parfum !)

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MessageSujet: Re: Elia Kazan   Mar 9 Sep 2008 - 15:56


America, America

Citation:
Au début du siècle, un jeune Anatolien fuit un pays où Grecs et Arméniens sont persécutés par les Turcs. Il désire émigrer en Amérique mais s'aperçoit bien vite que ce périple vers la terre promise est un parcours semé d'embûches.


début de "wahou !" aux premiers plans/paysages en entrée de film. Et après c'est constante imprégnation/hallucination avec une petite évidence qui s'impose tranquillement : c'est le genre de film qui s'est détaché du temps et ne peut donc être sujet à un quelconque vieillissement. Si vous préférez, c'est assez classique pour qu'on lui épargne le coup de la modernité...

On suit donc ce jeune de galère en galère, de son village à Constantinople, ses (grosses) galères là-bas, sa volonté farouche de s'embarquer pour les usa et enfin le voyage, et tout à la fin... quelques minutes à peine du film : les Etats Unis.



ça aborde beaucoup de beaucoup et avec beaucoup de finesse, en plus c'est bien, le film se donne la place de le faire. L'Histoire d'une région et de peuples (arméniens, grecs, turques) les relations des immigrés avec les états-unis, le rêve américain palpable, mais aussi une sorte d'apprentissage de la vie, la famille, le couple... des très très beaux passages là dedans, c'est incroyable.

c'est incontestablement, comme le titre l'indique, et malgré qu'une infime partie du film s'y passe un film sur l'Amérique. Je suis assez époustouflé par l'ensemble et par la prestation de ce petit jeune à mono sourcil à l'air sauvagement déterminé, son regard, ses attitudes anxieuses et aussi sa grande générosité. il y a des trahisons et des générosités dans ce film et une certaine tendresse aussi complexe qu'elle est vraie. remarquable.

en passant : super bonne idée pour le fil qui m'a un peu motivé à profiter des vacances pour le regarder bonjour

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MessageSujet: Re: Elia Kazan   Mar 9 Sep 2008 - 18:19

(Merci pour les images sourire)

Ahhhh ! America America, je le reverrai bien - et je lirai bien aussi L'Anatolien, dont le film est adapté (toujours écrit par Kazan, toujours à forte tendance autobiographique).

A noter qu'il y a un moment, dans L'Arrangement, où il y a justement un minuscule extrait d'America America, et que cet extrait est sublimement placé, j'adore, les deux films prennent tout leur sens et ont une cohésion folle du même coup. (Disons que cela donne une dimension supplémentaire à L'Arrangement, de connaître le contexte de cet extrait d'America America...)

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MessageSujet: Re: Elia Kazan   Mar 9 Sep 2008 - 22:37

ça veut dire qu'il va falloir voir L'Arrangement aussi alors ?

jamais on ne s'en sortira !



en attendant, pour patienter, les premières image de America, America :

clic pour voir !

la qualité est... mais les images sont grandes. Et pour une ouverture de grand film américain, c'est un peu dépaysant...

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MessageSujet: Re: Elia Kazan   Mar 16 Sep 2008 - 20:15



Je n'ai pas l'intention de revenir sur l'attitude d'Elia Kazan il y a 50 ans.J'aimerais simplement attirer l'attention sur un formidable livre de cinéma:Elia Kazan,une Amérique du Chaos,de Florence Colombani(éditions Philippe Rey).C'est un bouquin bref,concis,plein de punch,en aucun cas une biographie de Kazan,histoire typiquement américaine de cet émigrant grec né en Turquie.L'auteur nous fait pénétrer dans l'oeuvre intime de Kazan,pétrie de contradictions.L'homme Kazan ne se laisse pas enfermer,ni circonscrire.Il se sentira toujours outsider et doutera toute sa vie,partagé entre besoin d'approbation collective,culpabilité et arrogance.Un homme,un cinéma heurté,contradictoire à la rencontre d'autres hommes,difficiles eux aussi,Tennessee Williams,John Steinbeck,Marlon Brando.Florence Colombani en parle si bien que vous n'aurez qu'une envie,voir ou revoir au moins une dizaine de ses films qui traitent du chaos que sait être l'Amérique et de la passion des héros de Kazan.

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MessageSujet: Re: Elia Kazan   Mar 16 Juin 2009 - 11:30

Elia Kazan est critiqué 1.Pour la théâtralité de sa mise en scène 2. Pour avoir été un délateur aux temps du McCarthysme. Moi, je lui dois quelques unes de mes plus belles émotions cinématographiques et, par conséquent, je le place très haut dans mon panthéon près de Mankiewicz, Mann, Ford, Ray...pour ne citer que des américains. Et j'ai la chance d'avoir vu tous ses films y compris le rarissime Man on a tightrope, inédit en France, sur une VHS NTSC pourrie. Voici un classement (très) subjectif de ses oeuvres, en commençant par le meilleur.

Sur les quais
Le mur invisible
La fièvre dans le sang
Baby doll
Boomerang
L'héritage de la chair
Panique dans la rue
Un tramway nommé désir
Le dernier nabab
America, America
Le fleuve sauvage
A l'est d'Eden
Le lys de Brooklyn
Un homme dans la foule
L'arrangement
Viva Zapata
Le maître de la prairie
Les visiteurs
Man on a tightrope

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Un intellectuel, c'est quelqu'un qui entend le mot "pipe" et pense à Magritte.

Alan Patrick Herbert
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Elia Kazan

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