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 Frank Borzage

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traversay
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MessageSujet: Frank Borzage   Jeu 13 Aoû 2009 - 15:31



Citation:
Frank Borzage est né le 23 avril 1893 à Salt Lake City, d'une famille d'origine italienne. Mineur dès l'âge de douze ans, il s'enfuit de chez lui, exerce plusieurs métiers et se fait embaucher comme accessoiriste puis comme acteur à Hollywood, où il interprète des petits rôles pour Ince et les productions Bison. À partir de 1916, il commence à diriger des films dont il écrit souvent le scénario. Son premier chef-d'œuvre est L'Heure suprême qui ouvre la deuxième période de sa carrière, de 1927 à 1940, celle des œuvres majeures (L'Heure suprême, La Femme au corbeau, L'Adieu aux armes, Secrets, Ceux de la zone, Trois camarades, La Tempête qui tue,...), où se reconnaît la "Borzage's touch", une transfiguration du mélo quotidien, une exaltation de l'amour fou cher au surréalisme, un hymne au couple que ne peuvent séparer ni la misère, ni la guerre, ni même la mort. Pour comprendre cette "Borzage's touch", il suffit de voir le traitement que fait subir à L'Adieu aux armes d'Ernest Hemingway le metteur en scène : il en fait un "poème d'amour fou" (Henri Agel). Borzage est le cinéaste du délire. Dans La Femme au corbeau, son chef-d'œuvre du muet, le héros, pour montrer à celle qu'il aime la force de sa volonté, sort une nuit d'orage, à demi nu. Pris de congestion, il s'écroule, inanimé. C'est l'héroïne qui, dans la scène érotique la plus célèbre du cinéma, se couchera nue sur lui pour lui communiquer sa chaleur. Le western lui-même n'est plus que prétexte : Secrets vaut moins pour les scènes d'action, dont le siège de la cabane, que pour la peinture d'un amour qui résiste à toutes les épreuves, dont la mort d'un enfant. Cet amour transcende les milieux ; que l'on se rappelle l'ouverture de Ceux de la zone : Spencer Tracy n'est qu'un faux riche portant frac et chapeau-claque. Sous son plastron s'allume une réclame. Il invitera pourtant Loretta Young, affamée, dans le restaurant dont il assure la publicité ; il la conduira ensuite, toujours éblouie, dans un campement de clochards sous un pont de Brooklyn. En fait, Borzage marie humour et mélodrame, fantaisie et mysticisme, passant sans problème de Le destin se joue la nuit à Le Cargo maudit, de la tragi-comédie à l'allégorie. Ses comédies sont amusantes (cf. le ballet des maîtres d'hôtel dans La sœur de mon valet). Mais il fut aussi l'un des réalisateurs les plus attentifs à suivre et à dénoncer la montée du nazisme (La Tempête qui tue). Frank Borzage est mort le 19 juin 1962 à Hollywood.

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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Jeu 13 Aoû 2009 - 17:36

Quand on parle du mélodrame au cinéma on cite souvent Douglas Sirk et Franck Borzage. N'ayant jamais vu aucun Borzage je suivrai ce fil avec intérêt pour en sélectionner quelques uns.

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Bellonzo
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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Jeu 13 Aoû 2009 - 18:57

Merci à Traversay de parler de Borzage.Voici ce que j'avais écrit après avoir vu Trois camarades.Engagé très jeune dans le premier grand conflit Erich Maria Remarque sera toute sa vie obsédé par les massacres et dans le magnifique Trois camarades de Frank Borzage(38) la guerre est encore très présente même s'il nous conte l'amitié de trois soldats qui dure bien après l'explosion. Mais quitte-t-on vraiment jamais l'uniforme quand on a vécu l'enfer de ces hommes?Une jeune fille marquée elle aussi mais par la maladie vivra quelques mois de toute beauté parmi ces trois coeurs cassés.L'amour fou est une constante chez Borzage également auteur d'une belle adaptation du grand roman d'Hemingway L'adieu aux armes et de Mortal storm l'une des premières oeuvres d'Hollywood contre le nazisme.
Je pense que les oeuvres muettes de Borzage doivent être quasi invisibles.Plus facile peut-être Le cargo maudit et la rencontre Cooper-Dietrich sur Désir supervisée par Lubitsch(et ça se voit).

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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Jeu 13 Aoû 2009 - 19:36



Retrouvé une vieille note sur Désir de Frank Borzage(1936) et Ernst Lubitsch.C'est une pétillante occasion de voir un couple d'exception,Marlene Dietrich et Gary Cooper,très à l'aise dans l'humour,elle en escroc(quel est le féminin d'escroc?) aimant les perles et lui aimable Américain en vacances en Espagne.Ils son beaux et drôles,très loin de la chanteuse de beuglant et du légionnaire de Morocco(1930),ployant sous le destin chez Sternberg,leur autre film en commun.

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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Jeu 13 Aoû 2009 - 20:30

Une version ulsta-parcellaire, avec images fixes, de La Femme au Corbeau, son oeuvre "mythique" était passé à la télévision, il y a pas mal d'années.
J'avoue n'avoir que moyennement aimé Trois Camarades, mais Désir, bien sûr, est excellent (mais produit par Lubitsch), et puis le Cargo Maudit, oui..., avec cet étonnant personnage christique, ces hasards qui font qu'on se demande qui est cet homme étrange...

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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Mar 18 Aoû 2009 - 14:38

Les films de Borzage sont difficiles à trouver. Sur le site d'Amazon, on peut acquérir Pavillon noir, L'adieu aux armes, Stage door canteen, La soeur de son valet (en import) et c'est à peu près tout. Incroyable. Heureusement, TCM a récemment programmé plusieurs de ses films et, en cherchant bien (y compris sur youtube), on peut approfondir sa connaissance d'un cinéaste majeur, surtout pour son oeuvre muette et pour ses films des années 30.


L'heure suprême (The seventh heaven, 1927).
Le chef d'oeuvre muet de Borzage. Des égouts aux toits de Paris en passant par la guerre 14, un hymne à l'amour fou, plus fort que la mort. Les surréalistes ont déliré sur ce film, l'acmé du genre avec le Peter Ibbetson de Hathaway.

L'ange de la rue (Street angel, 1928).
L'amour contre l'adversité, cette simple formule résume en grande partie le cinéma de Borzage et, notamment, son oeuvre muette. Sans atteindre les hauteurs de L'heure suprême, L'ange de la rue, romance napolitaine, est une illustration parfaite du style du maître du mélodrame. Influencée par l'expressionnisme allemand, en particulier Murnau, la mise en scène de Borzage décrit avec maestria les bas fonds de Naples, peuplés d'ombres maléfiques qui s'opposent à la pureté d'un couple qui devra surmonter la pauvreté et les souillures de son environnement pour atteindre la félicité. On peut en rire, 80 ans plus tard, mais c'est superbe.



L'isolé (Lucky star, 1929).
Dernier film muet de Borzage, parfois appelé L'idole, et ultime partie de la trilogie sublime après Seventh heaven et Street angel, avec ses deux vedettes Charles Farrell et Janet Gaynor. Poète de la compassion, évoque une histoire d'amitié amoureuse entre une jeune sauvageonne et un paraplégique, suite à la première guerre mondiale. Aucune scène d'amour mais une tendresse et une sensualité qui s'installent peu à peu entre ces deux (pauvres) héros, au coeur noble. Magistral.

La femme au corbeau (The river, 1928).
Film perdu dont quelques fragments ont été retrouvés dans les archives de la Fox. Ses 54 minutes préservées sont complétées par des photos et des cartons explicatifs qui donnent plus qu'une idée du lyrisme fou qui imprégnait ce film mythique de Borzage.

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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Lun 7 Sep 2009 - 13:25

Les années 30 constituent la période la plus féconde de la carrière de Borzage, en quantité (25 films !) mais surtout en qualité, avec quelques uns des plus beaux mélodrames de l'histoire du cinéma.

1930. Song o'my heart (pas vu) ; Liliom : version moins connue que celle de Fritz Lang et nettement plus mélancolique.
1931. Young as you feel (pas vu) ; Docteur's wife (pas vu) ; Bad girl : description de la vie quotidienne d'un jeune couple dans le contexte de la Grande Dépression. Un film qui fit sensation pour son réalisme et valut à Borzage l'Oscar du meilleur réalisateur.
1932. After tomorrow (pas vu) ; Jeune Amérique (pas vu) ; L'adieu aux armes : assez infidèle à Hemingway dans la thématique chère à Borzage, l'amour plus fort que la mort.

1933. Secrets : tout l'art de la Borzage's touch avec ce mélange de western, de comédie et de drame et l'exaltation de l'amour fou. Dernière apparition de Mary Pickford au cinéma ; Ceux de la zone (Man's castle) : superbe mélodrame et magnifique couple Spencer Tracy/Loretta Young.
1934. Et demain ? (pas vu) ; Comme les grands (pas vu) ; Mademoiselle Général (Flirtation walk) : une comédie, en partie musicale, qui reste mineure dans la filmographie de Borzage.
1935. Sur le velours (pas vu) ; Bureau des épaves (pas vu) ; Shipmates forever : un quasi documentaire sur l'Ecole navale, transformé en comédie musicale et que le cinéaste parvient à tirer vers le mélodrame. Honorable.
1936. Betsy (Hearts divided) : Bette Davis parfaite dans l'univers de Borzage. Un mélodrame de bonne facture ; Désir : Lubitsch est à la production. Un film plein d'élégance teinté de romantisme. Dietrich + Cooper = une enivrante alchimie et un baiser mémorable, à peine éclairé par un rayon de lune.

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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Lun 7 Sep 2009 - 13:45

1937. La lumière verte : un mélodrame inoubliable mis en scène avec une fluidité parfaite. Spirituel, religieux et surtout humaniste. A contre emploi, Errol Flynn est prodigieux ; Le destin se joue la nuit : une fois de plus, Borzage illustre son talent à mélanger les genres avec une maestria confondante. C'est à la fois une comédie romantique, un mélodrame, un thriller et même...un film catastrophe ; La grande ville : cocktail subtil de drame, de romantisme et de bagarres homériques. Spencer Tracy y est merveilleux ; Mannequin : le moins bon de ses films de 1937. Pas spectaculaire pour un sou, cette réflexion sur l'argent, l'amour, le bonheur..., est portée par une réalisation élégante et le jeu de Crawford et Tracy. Leurs tête à tête sont de purs moments de grâce.
1938. Trois camarades : L'Allemagne des années 20 sert de cadre à ce mélo fragile nimbé du blanc de l'innocence ; L'ensorceleuse (The shining hour) : un film en ton en dessous avec son intrigue convenue. Reste l'excellente Joan Crawford.
1939. Chirurgiens (pas vu).



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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Mar 20 Oct 2009 - 14:17

Avis à la population cinéphile. Le 1er novembre, première diffusion à la télévision française de Lazybones, film muet rarissime de Borzage, réalisé en 1925. Dans le cadre du Cinéma de minuit, sur France 3.

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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Mar 20 Oct 2009 - 16:07

traversay a écrit:
Avis à la population cinéphile. Le 1er novembre, première diffusion à la télévision française de Lazybones, film muet rarissime de Borzage, réalisé en 1925. Dans le cadre du Cinéma de minuit, sur France 3.


Merci mais je vais peut-être déjà commencer par voir ses films les plus connus...

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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Mar 20 Oct 2009 - 16:08

Marko a écrit:
traversay a écrit:
Avis à la population cinéphile. Le 1er novembre, première diffusion à la télévision française de Lazybones, film muet rarissime de Borzage, réalisé en 1925. Dans le cadre du Cinéma de minuit, sur France 3.


Merci mais je vais peut-être déjà commencer par voir ses films les plus connus...


Tu peux toujours l'enregistrer.

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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Mar 20 Oct 2009 - 16:08

traversay a écrit:

Tu peux toujours l'enregistrer.


Oui!!

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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Mer 28 Oct 2009 - 16:13

Sortie en Angleterre de deux doubles DVD avec Seventh Heaven et Street Angel (Vol 1) et Lucky Star et Liliom (Vol 2). Le nirvana pour les amateurs de mélodrames muets.



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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Lun 2 Nov 2009 - 20:18

Vu à la Cinémathèque Le destin se joue la nuit dont j'ignorais tout.Charles Boyer et Jean Arthur échappent à un naufrage genre Titanic avec happy end.C'est un film de 1937 qui ne m'a séduit qu'à la fin où une vraie émotion nous gagne.Le reste,jalousie,crime et machination,est plus convenu.

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MessageSujet: Re: Frank Borzage   Lun 2 Nov 2009 - 22:38



Lazybones (1925)

Un garçon paresseux (Lazybones) sauve une jeune fille-mère lors de sa tentative de suicide, recueille sa fille, et doit en subir les conséquences sociales, dans un petit village au début du 20e siècle, jusqu'à son retour héroïque de la première guerre mondiale. Premier film tourné par Borzage à la Fox : un mélodrame parfois assez appuyé mais qui joue aussi sur le registre de la comédie. Plusieurs des thèmes majeurs du Borzage de la fin des années 20 et de la décennie suivante sont déjà présents, notamment la peinture tendre des marginaux et le sacrifice d'une vie pour en sauver une autre. Moins brillant que ses muets ultérieurs, L'heure suprême, L'isolé ou L'ange de la rue, Lazybones est plus dépouillé, plus simple mais sa mise en scène est déjà remarquable.


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