La Nuit des Morts-Vivants:
Probablement le plus culte et le plus célèbre des films de Roméro, ne serait-ce que pour son titre qui a été copié/repris un nombre incalculable de fois.
Sorti en 1968, ce filma été une véritable révolution dans le genre et ce à plusieurs titres. La plupart des films de morts-vivants précédets privilégient une cause surnaturelle à l'invasion de zombies, Roméro sera l'un des tout premier à imaginer une origine virale aux morts-vivants. Loin de certains films plus récents (et tous inspirés de l'oeuvre de Roméro), l'explication ne se veut pas scientifique pour autant, ce qui lui évite de tomber dans le ridicule.
Le second point important, c'est le fait que les zombies sont filmés en train de manger leurs victimes (dans le contexte des années 60, ces scènes étaient considérées comme "pires que de la pornographie"), auparavant, ces scènes étaient au mieux suggérées et bien souvent, les zombies n'étaient que des brutes tuant leurs victimes sans pour autant les manger.
Ensuite, le choix d'un acteur afro-américain pour le rôle principal était tout aussi incroyable (alors qu'on était encore en pleine ségrégation), d'autant plus que de tous les personnages du huit-clos, il est de loin le plus intelligent.
Quelques scènes choc: le premier mort décharné rencontré, la petite fille qui tue ses parents, les zombies mangeant la chair calcinée de leurs victimes, les grandes chasses aux zombies organisées par l'Etat, etc.
Presque sans accompagnement musical, ce film peut donner une impression de vide intense, presque oppressant,ce qui ne fait qu'augmenter avec le huit-clos qui se développe par la suite dans une maison de campagne isolée où se réfugient ceux qui ont pu échapper à la soudaine invasion.
On peut aussi voir une critique de la société américaine à travers le film: le huit-clos représente diverses composantes de la société américaine dont le membre le plus "éclairé" est sans conteste le noir (dont le sort à la fin du film est assez emblématique du manque de discernement dans une société raciste). La réponse à la crise est brutale, sans effet, quasi-épidermique (tout comme l'est actuellement l'intervention en Afghanistan, si l'on s'en tient à la version officielle selon laquelle il s'agit d'une réponse aux attentats du 11 septembre). Loin de donner une réponse cohérente au problème, l'Etat préfère laisser ses citoyens donner libre cours à leur violence et allant à la chasse aux zombies.
Le film semblera opaque à certains ne serait-ce que pour le genre mais aussi pour l'ancienneté qui le rend probablement moins agréable et surtout moins "frais" qu'à sa sortie, il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'un grand film de morts-vivants qui a tracé l'avenir du genre jusqu'à aujourd'hui...
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nieks