Parfum de livres…parfum d’ailleurs

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 Ingmar Bergman

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animal
Zen littéraire


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MessageSujet: Re: Ingmar Bergman   Sam 24 Oct 2009 - 21:58



Le Septième sceau

Une petite impression de bricolage léger qui n'empêche pas plusieurs passages d'être visuellement très forts (mais peut être pas aussi grands que prévus ?), des arrangements efficaces dans la démonstration du sujet, comme le chamboulement d'échiquier et ce qui s'en suit (et quelques transitions moins performantes ou absentes ?)... une attention qui se renforcent par moments (la procession qui interromp la représentation) et qui s'égare à d'autres (la fausse mort du directeur de la troupe) on a beau sentir qu'on se tient dans un registre et une volonté du film d'associer la caricature un peu grotesque au fond, l'esprit de spectateur peut s'égarer.

Plus intéressé que convaincu sans réserves, des images sont fortes voir belles mais on reste bien loin d'autres noir et blanc traumatisants (petite déception quand on découvre avec dans l'idée un "film mythique"). Alternance de confrontations troubles et de morceaux un peu plats et déception aussi pour les actrices qui font globalement figures de potiches (plastifiées), c'est dommage.

En décantant un peu, je crois que ce qui marque surtout ce sont les attitudes des personnages et trois visages (le chevalier, la mort et l'écuyer).

Bien aimé le passage du début sur l'art populaire religieux (qui explique comme d'autres assez directement le film, maybe).

Mélange d'intérêt et de surprise et de déception... un film pas là où je l'attendais pour du bon et du moins bon.

Incomparable avec un film comme Ordet de Dreyer.

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Arabella
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MessageSujet: Re: Ingmar Bergman   Sam 24 Oct 2009 - 23:15

C'est un film que j'avais adoré quand je découvrais Bergman, il a été certainement mon préfére de l'auteur, il y a très longtemps, mais revu il y a deux - trois et grosse déception. Je trouve qu'il a bien plus vieilli que d'autres de ses films, le côté symbolique m'a paru maintenant bien naïf. Ou alors c'est moi qui a changé.

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animal
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MessageSujet: Re: Ingmar Bergman   Dim 25 Oct 2009 - 7:39

ah je ne sais pas si je dirai naïf... maladroit dans ses articulations plutôt, ou qui ne pousse pas tout à fait assez loin, comme pas tout à fait fini ?

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Queenie
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MessageSujet: Septième sceau   Dim 25 Oct 2009 - 10:03

Je me suis endormie devant dès les premières minutes... du coup il m'attend toujours sagement dans ma dvdthèque...

C'est bien, avec vos commentaires, j'ai moins l'impression de m'attaquer à un Gros truc... du coup j'ai moins la pression, et peut-être que ça m'évitera de sombrer dans le sommeil (ouioui quand j'ai la pression devant une œuvre incontournable, je m'endors).

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bix229
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MessageSujet: Re: Ingmar Bergman   Dim 25 Oct 2009 - 14:09

Meme impression qu' Arabella.
Et un grand souvenir... Il vaudra mieux que je ne le revoie pas.

Peut etre étais-je plus naif... encore que... et que j' avais l' esprit métaphysique !
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eXPie
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MessageSujet: Re: Ingmar Bergman   Dim 25 Oct 2009 - 20:30

bix229 a écrit:
Meme impression qu' Arabella.
Et un grand souvenir... Il vaudra mieux que je ne le revoie pas.

Peut etre étais-je plus naif... encore que... et que j' avais l' esprit métaphysique !


Je l'ai revu il n'y a pas très longtemps, et il est descendu de mon panthéon bergmanien. Les Fraises Sauvages ont pris sa place.

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Babelle
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MessageSujet: Re: Ingmar Bergman   Lun 26 Oct 2009 - 9:49

Je n'ai toujours pas vu Le Septième sceau mais, hier soir, j'ai visionné L'œuf du serpent. Je n'y ai pas retrouvé le Bergman que je connaissais, je n'ai même pas reconnu Liv Ullman (chanteuse du cabaret). Une vision apocalyptique mais réaliste, dans la ville allemande des années 20, de ce qui s'annonce. ça fait une drôle d'impression ciné, ces jours-ci, d'avoir enchaîné Bergman et Haneke...

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traversay
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MessageSujet: Re: Ingmar Bergman   Lun 26 Oct 2009 - 11:10

Babelle a écrit:
Je n'ai toujours pas vu Le Septième sceau mais, hier soir, j'ai visionné L'œuf du serpent. Je n'y ai pas retrouvé le Bergman que je connaissais, je n'ai même pas reconnu Liv Ullman (chanteuse du cabaret). Une vision apocalyptique mais réaliste, dans la ville allemande des années 20, de ce qui s'annonce. ça fait une drôle d'impression ciné, ces jours-ci, d'avoir enchaîné Bergman et Haneke...


C'est un Bergman atypique, une super production. Je ne sais pas si tu connais les premiers Bergman, Crise ou Ville portuaire, au parfum néo-réaliste, c'est encore une autre facette du cinéaste, très intéressante.

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MessageSujet: Re: Ingmar Bergman   Lun 26 Oct 2009 - 11:13

A travers le miroir (Sasom i en spegel), 1961, 1h29



"C'est un cas de schizophrénie d'ordre religieux. Un Dieu descend dans une personne et établit une demeure en elle. Ensuite il l'abandonne, il la laisse vide et consumée sans aucune possibilité pour elle de continuer à vivre dans le monde." Ingmar Bergman

A travers le miroir est un des films de Bergman que je préfère et qui annonce Persona. Il fait partie de ce qu’on appelle sa « trilogie de chambre » où s’exprime dans un dispositif très simple une histoire sur le thème du « silence de Dieu ». L’action se déroule sur l’île de Faro et met en scène 4 personnages. David, romancier et poète, qui est de retour de Suisse et annonce qu’il va partir en Yougoslavie. Ses enfants : Karin, qui souffre de schizophrénie, et Frederik surnommé Mino. Enfin, le mari de Karin, Martin.




Karin et Mino montrent un petit spectacle théâtral à David où ils évoquent la solitude du poète qui passe à côté de l’amour et de la vie par sacrifice pour son art. Karin a ensuite pendant la nuit des hallucinations dans un grenier où lors d’une séquence ultérieure elle verra Dieu, tant attendu et espéré, lui apparaître sous la forme d’une gigantesque araignée menaçante. Elle découvre ensuite des notes dans le bureau de son père qui décrivent sa schizophrénie et son caractère incurable. Elle se réfugie dans la carcasse d’un bateau échoué où le nœud dramatique se resserre à travers deux très belles séquences avec Mino puis avec son père. Je vous laisse découvrir la fin.




La séquence entre Karin et David dans le bateau échoué exprime tout le propos de ce film. Karin essayant d’apaiser la tristesse de son père qui sait qu’elle est à nouveau malade et devra être réhospitalisée. Elle est dans le bateau et tend ses bras vers la lumière de l’ouverture où mène un petit escalier. Le père se confie et finit par conclure qu'il est finalement peut-être encore plus difficile de vivre dans la réalité.

David: On trace un cercle magique et exclut tout ce qui ne convient pas à nos jeux secrets.Mais la vie brise le cercle. Les jeux deviennent ternes et ridicules. Alors on trace un autre cercle protecteur.
Karin: Pauvre petit papa!
David: Pauvre petit papa, obligé de vivre avec la réalité.


Extrait: A travers le miroir



La photographie est superbe sur cette île où on voit la lumière décliner progressivement. Il y a quelque chose d’à la fois apaisant et doucement triste. Les séquences d’hallucinations dans le grenier sont très réussies dans leur dimension à la fois fantastique et mystique. Il capte tout le désarroi de ses personnages dans leurs visages, leurs regards.


_________________
Peut-être n'y a-t-il pas d'auteurs littéraires véritablement ennuyeux, mais seulement des lecteurs impatients ou non avertis.
Joyce Carol Oates
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