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 Jacques Audiard

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Li
Main aguerrie


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MessageSujet: Jacques Audiard   Mer 19 Aoû 2009 - 11:24

Jacques Audiard




Biographie

Citation:
Né le 30 avril 1952, à Paris, Jacques Audiard a grandi dans l’ombre de son illustre père, le réalisateur et dialoguiste, Michel Audiard. Jacques ne se destine pas à régler son pas sur celui de son père. Il veut devenir professeur, mais interrompt finalement ses études de Lettres et se fait rattraper par son environnement. Il devient monteur de cinéma. A l’époque, il dévore Wenders, les premiers Herzog, Fassbinder, Schroeter, Syberberg, toute cette génération des jeunes Allemands qui créent, sur la pellicule, un monde fascinant, imprégné des poisons du siècle.
Au début des années 80, cet auteur dans l’âme se décide à ecrire des scripts. Le succès est au rendez-vous et il livre plusieurs scénarios de qualité : Réveillon chez Bob, de Denys Granier-Deferre, Mortelle randonnée, de Claude Miller, Fréquence meurtre, d’Elisabeth Rappeneau. Il passe à la mise en scène, en 1994, avec Regarde les hommes tomber, road-movie sombre, qui associe deux caractères que tout sépare, interprétés par Mathieu Kassovitz et Jean-Louis Trintignant. Le film remporte le César du meilleur premier film ainsi que le prix Georges-Sadoul. En 1996, il tourne Un héros très discret, avec, de nouveau, son ami Mathieu Kassovitz. Le film retrace l’histoire d’un des nombreux anonymes qui, s’étant faits plus que discrait pendant l’occupation, s’inventent une vie de héros à la libération. Le film est encore récompensé, à Cannes cette fois, par le prix du meilleur scénario.
Jacques Audiard se considère comme un artisan, qui crée littéralement son œuvre de ses mains. Il prend son temps pour façonner. Ce n’est que cinq ans plus tard qu’il tourne Sur mes lèvres, avec Vincent Cassel et Emmanuelle Devos, en jeune femme sourde. Une nouvelle fois, c’est une pluie de nominations et de récompenses aux Césars. En 2005, il réalise le remake de Mélodie pour un tueur, de James Toback. Sa version, intitulée De battre mon coeur s'est arrêté, est un hommage à la chanson de Jacques Dutronc, La Fille du Père-Nöel. Romain Duris s’y trouve mis à rude épreuve dans un rôle sensible, à contre-emploi. Il s’en sort à merveille, en jeune pianiste ecorché-vif, déchiré entre un père rude et le fantôme de sa mère.
Passionné de musique, Audiard a également réalisé quelques clips, notamment celui de Comme Elle vient, de Noir Désir. Il y mettait en scène des acteurs muets, ne communiquant que par signes - ce clip préfigurant son travail sur Sur mes lèvres.
En 2009, il est de retour au Festival de Cannes où il présente en compétition son dernier film, Un Prophète, l'histoire d'un jeune détenu qui doit apprendre la vie en prison. Le jury présidé par Isabelle Huppert lui décerne le Grand Prix.


Source fluctuat.net


Filmographie


1994 : Regarde les hommes tomber


1996 : Un héros très discret

2001 : Sur mes lèvres







2005 : De battre mon cœur s'est arrêté









2009 : Un prophète
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Li
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MessageSujet: Re: Jacques Audiard   Mer 19 Aoû 2009 - 11:53

Un prophète

(vu en avant-première hier)




Malik, condamné à 6 ans de prison…



... va donc faire l’expérience de la promiscuité, de la saleté, de la pudeur mise à mal, des cellules glauques, des trafics en tout genre, de la violence.

Et aussi des réseaux d’influence



D’une institution corrompue, où la violence est omniprésente, où les corps sont malmenés, où il faut jouer des coudes dans le barbare.

Le film se focalise sur Malik (Tahar Rahim) sur sa trajectoire personnelle, sur sa socialisation dans l’univers carcéral. Il en apprend progressivement les normes explicites et surtout implicites. Il découvre les manières d’agir adéquats, les acteurs principaux. Il imite dans un premier temps, puis "joue pour lui". Il s’y intègre progressivement, lie des amitiés sincères ...




... ou stratégiques, pour survivre, ou pour être fort.


Ce film est d’une grande intensité, haletant de bout en bout, construit de manière magistrale, entre tous les fils de ces histoires, des différentes rencontres de Malik, des clans, de leurs combines respectives pour prendre le pouvoir.

Les acteurs sont bien sûr formidables, Tahar Rahim en premier plan que la caméra suit, un visage et un physique d’écorché. Son personnage est psychologiquement fin, complexe : faussement soumis, préparant minutieusement sa vengeance, dur et cruel mais aussi sensible, fragile ; Niels Arestrup, en parrain corse, toujours une présence forte, inquiétante dans son impulsivité.





Audiard est définitivement un réalisateur qui force le respect!




Je suis restée assez vague pour ne pas trop spoiler, pour ceux qui vont aller le voir, en espérant en rediscuter plus tard cheers
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Queenie
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MessageSujet: Re: Jacques Audiard   Mer 19 Aoû 2009 - 12:27

GRAND MERCI pour ce fil sur Audiard!

2005 : De battre mon cœur s'est arrêté


Remake de Mélodie pour un tueur (1978) de James Toback, avec Harvey Keitel

César du Meilleur réalisateur pour Jacques Audiard.


Tom est agent immobilier. Avec ses collègues et amis, il dépose des rats dans les cages d'escaliers, il vire des squatters à coups de batte de base-ball, il vit dans une violence perpétuelle, guidé uniquement par l'appât du gain. Jusqu'au jour où il décide de se remettre au piano, suivre les traces de sa mère grande soliste.



Jacques Audiard donne vie à un univers sombre, dur, profondément viril. Les hommes se battent, boivent et trompent leurs femmes. Certaines scènes sont particulièrement dur à voir, le sang gicle, les corps s'entrechoquent. Et au milieu de tout ça, il y a Tom, le personnage interprété par un Romain Duris fébrile, nerveux, toujours en mouvement. Légèrement en décalé par rapport à ses amis, le casque toujours branché sur ses oreilles, rythmant sa vie de sons electro, il semble à chaque instant sur le point d'exploser. Et l'explosion se passera mais pas comme on pourrait s'y attendre.

Tom va redécouvrir la musique. Toujours à fleur de peau, il va devoir canaliser son stress à fin de suivre les directives de sa répétitrice japonaise dont il ne comprend pas la langue. Ces scènes entre Romain Duris et Linh-Dan Pham (Indochine) sont les plus touchantes du film, celles où enfin, l'acteur semble toucher à l'humanité, découvrir le calme.

On ne quitte jamais Tom/Duris, c'est son histoire, son point de vue. On le voit changer petit à petit, avoir ses moments de trouble, de colère. On le voit grandir, mûrir. Choisir la voix de la vie.

C'est un film fantastique, avec des acteurs fabuleux, et une réalisation nerveuse, tremblotante à l'image de son personnage principal. Encore une œuvre magistrale que nous offre Jacques Audiard.

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traversay
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MessageSujet: Re: Jacques Audiard   Mer 19 Aoû 2009 - 15:05

Une filmographie où le cinéaste se surpasse à chaque opus. J'ai hâte de voir Un prophète. Merci pour le fil.

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Queenie
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MessageSujet: Re: Jacques Audiard   Lun 7 Sep 2009 - 9:30

Un prophète.

Totalement scotchant : l'acteur qui semble si doux, si perturbé, si fissuré, et qui se nourrit de ses faiblesses, les utilise, les surpasse, pour arriver à monter dans l'échelle sociale. Son corps change, sa façon de bouger, de regarder, de parler. Mais s'il s'endurcit, il garde toujours cette touchante sensibilité (la scène de la fin, de sa "victoire", est terrible : elle montre comment il faut être dur et égoïste pour s'en sortir, et comment Malik lutte pour s'y tenir).

La caméra d'Audiard qui colle au plus près des visages, des corps, des murs, de la crasse : ça étouffe et ça rend les choses brutes, vraies, et terriblement violentes. Quoiqu'il se passe, le moindre mouvement, haussement de sourcils, et ça peut-être l'explosion (les scènes entre Tahar Rahim et Niels Arestrup sont vibrantes, on crispe ses doigts sur le fauteuil de peur que ça pète - et tous ces moments où les détenus se parlent, toujours si proches, pour ne pas se faire entendre, pour que les mots entrent bien, cisaillent perforent).

L'atmosphère sonore de sons qui raclent, qui crissent, qui s'écrasent, se cognent... Ambiance crue, sans concession.

Et dans tout ça, Audiard parvient à injecter de la douceur, de la poésie, de la métaphore. Et j'ai bien aimé le principe de garder le mort près de soi, en soi, lorsqu'on a assassiné quelqu'un.

J'arrive pas à trouver de défauts à ce film. Même ces 2h30 ne sont pas un obstacle (et pourtant c'était pas gagné entre ma fatigue de zombie, ma faim et mon mal de tête).

Extra.

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MessageSujet: Re: Jacques Audiard   Lun 7 Sep 2009 - 14:16

Queenie a tout (et bien) dit. J'en rajoute une couche :

Regarde les hommes tomber, Un héros très discret, Sur mes lèvres, De battre mon coeur s'est arrêté, Un prophète. La filmographie de Jacques Audiard est éloquente : non seulement elle est impeccable mais elle traduit une montée en puissance qui le place incontestablement aujourd'hui au sommet des cinéastes français. Un prophète est un aboutissement. Un film de prison, soit, mais qui raconte avant tout une ascension sociale, lente et implacable. D'une noirceur sans nom, le film est d'une intensité invraisemblable et, pour montrer cette jungle humaine, la mise en scène d'Audiard s'est épurée à la manière d'un Jacques Becker ou d'un Melville (avec la virtuosité d'un Scorsese dans les scènes de violence). Une oeuvre dense (avec les loups) qui s'offre des embardées oniriques somptueuses et qui s'inscrit instantanément au fronton des plus grandes réussites du cinéma français, toutes époques et tous genres confondus. Respect.

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MessageSujet: Re: Jacques Audiard   Jeu 24 Sep 2009 - 13:24

Citation:
Le film Un prophète de Jacques Audiard, grand prix du dernier Festival de Cannes, a été sélectionné pour représenter la France à la prochaine cérémonie des oscars, a indiqué hier le Centre national de la cinématographie

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