
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
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Marko Zen littéraire

Messages: 5545 Inscription le: 23/08/2008 Age: 41 Localisation: Lille
 | Sujet: Jaime Rosales Lun 18 Mai 2009 - 15:16 | |
| Jaime Rosales | Citation: | Biographie:
Après des études d'économie, Jaime Rosales obtient en 1996 une bourse qui lui permet de poursuivre des cours de réalisation à Cuba à l'école du cinéma de San Antonio de Los Banos. Il voyage en Australie et fait ses premiers pas à la télévision comme scénariste un an après. Après trois courts métrages, 'Yo Tuve un Cerdo Llamado Rubil', 'Episodio' et 'The Fish Bowl', il fonde sa propre société de production, Fresdeval Film, avec laquelle il produit notamment un documentaire, 'Un Instante en la Vida Ajena', et un drame, 'La Linea Recta', en plus de ses propres réalisations. Son premier long métrage, 'Las Horas del Dia', un thriller inclassable, dérangeant, sort en 2003 ; il est nominé au Festival de Cannes pour la Caméra d'Or et reçoit finalement le prix de la Critique. En 2007, Jaime Rosales présente à Cannes 'La Soledad', un drame très attendu sur les destins croisés de Madrilènes. Un tir dans la tête est sorti en mars 2009 |
Un fil consacré à ce cinéaste espagnol encore peu connu mais dont les premiers films laissent augurer une créativité qui devrait compter dans les années à venir...
Je reporte les échanges avec Marie et Li sur La Soledad...

| Marko a écrit: | | Marie a écrit: | J'enchaîne avec La Soledad, de Jaime Rosales. Ce n'est pas Marko qui avait parlé de ce film? Je note tellement de choses que je m'y perds.. |
J'en avais parlé sur le fil des rattrapages DVD: Je me cite en complétant...
La soledad fait partie de ces films, comme Uzak de Nuri Bilge Ceylan ou certains Tsang Ming Liang, qui semblent filmer le vide, le rien, l'ennui, l'anecdotique et qui pourtant finissent par nous bouleverser en révélant notre condition humaine, notre fragilité, notre solitude. Le travail formel est très riche et jamais gratuit (souvent des plans fixes où l'écran est divisé en 2 séquences simultanées qui montrent 2 angles différents d'une même action), les acteurs sont formidables et il y a 3 ou 4 scènes magnifiques, de véritables déflagrations silencieuses, qui rompent la monotonie quotidienne avant d'y retourner (le réalisateur arrive à rendre fort un plan récurrent de planche à repasser!). Grand réalisateur naissant! Mais beaucoup risquent de quitter la salle... |

| Li a écrit: |
La soledad fut un grand coup de coeur.
J'ai retrouvé mon commentaire posté ailleurs :
Le film narre le destin (tragique) de deux femmes à Madrid... Un film qui prend le temps de s'arrêter sur les êtres, sur les gestes du quotidien, leur banalité... De celle-ci naît des scènes touchantes, des promenades au parc, des discussions mère-fille dans un bus, en apparence banales mais qui construisent l'intérêt pour les personnages. Et puis quand surviennent les drames, le réalisateur choisit de continuer de filmer cette banalité, mais de celle-ci émane beaucoup de violence, de la tension, la tragédie dans le silence. Cependant, le choix est toujours celui de la non-dramatisation, pas de pleurs, les personnages ne se tombent pas dans les bras. Ce film est d'une justesse, d'une vérité et d'un expressivité déconcertantes, beau à pleurer. L'écran est parfois divisé en deux, le procédé est utilisé avec une grande intelligence, pour montrer la posture des protagonistes, leur proximité physique, mais paradoxalement la distance très grande qui peut exister dans leur relation, ou alors, il juxtapose le drame et la quotidienneté banale.
Un très grand film
J'aime bien ce que dit le réalisateur quand on l'interroge sur l'absence de musique dans son film :
"La musique appuie les émotions du spectateur. Je préfère que mon film devienne une expérience émotionnelle subjective. Pour utiliser la métaphore du voyage ; il y a des cinéastes qui proposent une destination à atteindre, et d'autres un véhicule de transport, avec le client -le spectateur- qui décide de l'endroit où il veut aller. J'appartiens à la seconde catégorie. Ce véhicule est le film."
On sent que ce cinéaste ne prend pas son spectateur pour un imbécile auquel il faudrait tout suggérer, tout expliquer en appuyant son propos par de grosses ficelles et c'est sûrement une des raisons pour laquelle son film est si riche, si subtil, si réussi, si émouvant, si juste, si modeste et fort... qu'il prend aux tripes, qu'il nous fait vivre, sentir, ressentir si fortement avec ses personnages. Bon film, Marie! |

| Marko a écrit: | C'est exactement ce que j'ai vu à l'écran . Les séquences de drame sont filmées à distance et apparaissent comme des sortes d'artéfacts incongrus et absurdes qui interrompent très momentanément le déroulement du temps et de sa banalité. La séquence du bus est absolument géniale. Mais si les conséquences semblent infimes sur le cadre qui reste immuable, les personnages eux en sortent transformés malgré le retour à leurs rituels quotidiens.
Ce pourrait être d'un hyperréalisme ennuyeux mais il y a une dimension théâtrale, par le dispositif même, qui donne une force de tragédie silencieuse effectivement assez sidérante. Il faut être bien éveillé, capter l'instant et tous les petits détails qui construisent les personnages. |

 _________________ Peut-être n'y a-t-il pas d'auteurs littéraires véritablement ennuyeux, mais seulement des lecteurs impatients ou non avertis. Joyce Carol Oates
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|  | | coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | |  | | Marie Zen littéraire

Messages: 6904 Inscription le: 26/02/2007
 | Sujet: Re: Jaime Rosales Lun 18 Mai 2009 - 19:23 | |
| Ah, merci Marko et Li! Je n'ai pas fini, car j'ai été interrompue par d'autres contraintes hyperréalistes de travail, si on ne peut plus regarder un film tranquille quand on est de garde, maintenant, pffff. Mais j'aime beaucoup, beaucoup. J'y reviens plus tard! Et je le ferai circuler, il y a beaucoup de bonus sur le DVD, en plus. _________________ J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible. André Comte-Sponville
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|  | | Li Main aguerrie

Messages: 405 Inscription le: 09/05/2009
 | Sujet: Re: Jaime Rosales Mar 19 Mai 2009 - 10:10 | |
| Aaaaaah, La soledad, je suis encore toute émue et enthousiaste quand je repense à ce film... Quelqu'un a vu "las horas del dia" ou "Un tir dans la tête" ? Marko? Je n'ai pas entendu parler du dernier à sa sortie en mars. | Citation: | | Synopsis : Dans les Landes, le hasard met des policiers espagnols en civil sur le chemin d'un commando de l'ETA... Le choix narratif et esthétique le plus dépouillé et radical pour essayer de saisir ce qui peut conduire un être humain comme vous, comme nous tous, à un acte aussi soudain que brutal. |
Critique Evene
| Citation: | | Certains réalisateurs secouent véritablement les conventions cinématographiques en proposant de nouvelles manières de raconter les histoires. D’autres tombent dans le piège de leurs propres concepts esthétiques. S’inscrivant, hélas, dans cette deuxième catégorie avec ‘Un tir dans la tête’, Jaime Rosales ne réussit pas à développer à l’écran ses idées de mise en scène pourtant intéressantes sur le papier. S’inspirant d’un récent fait divers d’une bestialité choquante, le cinéaste espagnol choisit de filmer l’action à la manière d’un documentaire ultra-distancié, dans un souci draconien de véracité. Ce parti pris a priori hardi et intrigant s’avère dans ‘Un tir dans la tête’ injustifié et maladroitement exposé. Regardés de très loin, les personnages mangent, marchent, flirtent, se tirent dessus et parlent sans qu’on ne les entende. Seule l’ambiance sonore de leur environnement, des voitures au vent qui souffle, est discernable. Ce qui peut paraître troublant dans les premières minutes se révèle au bout d’une heure profondément ennuyeux et pesant. Totalement dénué de la moindre dynamique narrative et trop étiré en longueur, le film sombre dans l’insignifiance. A force de neutralité, Rosales manque d’efficacité et perd en route son spectateur qui se désintéresse inéluctablement de ce qu’il observe. ‘Un tir dans la tête’ est victime de l’originalité chimérique de la démarche de son auteur. Lancé aveuglement dans l’exercice de style à tout prix, Rosales en oublie de partager sa vision sur la violence humaine. On imagine tout ce que le long métrage n’a pas su dire. Le traitement réaliste de l’image aurait pu en effet appuyer l’irruption inopinée de l’horreur et de la tragédie dans le quotidien le plus banal. Mais ‘Un tir dans la tête’ est bien trop occupé à stagner dans son statut de curiosité formelle pour exprimer l’intensité de son propos originel. |
Telerama :
| Citation: | Faits et gestes d'un homme ordinaire : il arpente les rues, achète le journal, boit un café, rencontre un ami, embrasse une femme. Rumeur de la circulation, brouhaha, frottements, tintements... Au premier plan, ne subsistent que les bruits qui sont habituellement gommés dans les autres films. Pas le moindre dialogue audible. Le réalisateur espagnol Jaime Rosales aime travailler la forme à l'extrême. La Soledad, son précédent film, se déroulait presque entièrement en split screen, ou écran divisé. Ici, tout est capté au téléobjectif, un peu comme dans les documentaires animaliers, quand on pose sa caméra derrière un buisson pour observer les lions. Sauf que Rosales s'intéresse à un autre genre de fauves : son héros, si paisible, si banal, appartient en fait à une cellule terroriste.
Inspiré d'un fait authentique (en 2007, après une rencontre fortuite, deux policiers étaient abattus par des membres de l'ETA), le film fait peu à peu monter la tension, de l'observation quasi contemplative jusqu'à l'explosion de violence, brève, sèche, saisissante. La forme très spéciale du récit rebutera sans doute de nombreux spectateurs. Mais elle se révèle riche de sens, et fait partie intégrante du sujet, très loin d'un numéro d'esbroufe gratuite. Cette mise à distance évoque évidemment la surveillance policière, la clandestinité, mais aussi toute l'opacité de ce genre d'organisation criminelle. A l'exact opposé du « dossier politique », le film sans dialogues de Jaime Rosales ne cherche pas à asséner des vérités, mais à épaissir le mystère, à montrer l'incompréhensible : le monstrueux au coeur de la banalité, la dérangeante normalité d'un assassin.
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|  | | Marko Zen littéraire

Messages: 5545 Inscription le: 23/08/2008 Age: 41 Localisation: Lille
 | |  | | Marie Zen littéraire

Messages: 6904 Inscription le: 26/02/2007
 | Sujet: Re: Jaime Rosales Mer 20 Mai 2009 - 4:00 | |
| Je crois que vous avez tout dit sur La soledad! Une solitude qui est une solitude métaphysique, car les personnages sont entourés. En apparence.. Le double écran souligne cette solitude, et établit une distance entre les personnages et avec le spectateur. Tout passe par les regards, les soupirs, le poids des corps et les démarches aussi. C'est très lent, très monotone. Ponctué de brefs moments très intenses, dont on ne voit que les conséquences. On a l'impression qu'il ne se passe pas grand chose, alors que le film parle de beaucoup de choses, la rupture d'un couple, l'amour maternel, le terrorisme, les disputes familiales, la maladie, etc.. La vie, quoi.. Et un écran partagé entre du linge qui sèche au dehors et bouge dans le vent, et une femme qui meurt à l'intérieur. Les acteurs, qui improvisent les dialogues, sont merveilleux sans exception. _________________ J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible. André Comte-Sponville
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|  | | Marko Zen littéraire

Messages: 5545 Inscription le: 23/08/2008 Age: 41 Localisation: Lille
 | Sujet: Re: Jaime Rosales Mer 20 Mai 2009 - 12:27 | |
| | Marie a écrit: | Et un écran partagé entre du linge qui sèche au dehors et bouge dans le vent, et une femme qui meurt à l'intérieur. |
Cette image résume tout le film. Et cette mort est impressionnante au milieu de ce silence et de cette immuabilité de l'espace qui l'entoure. _________________ Peut-être n'y a-t-il pas d'auteurs littéraires véritablement ennuyeux, mais seulement des lecteurs impatients ou non avertis. Joyce Carol Oates
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|  | | coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Jaime Rosales Mer 20 Mai 2009 - 12:38 | |
| Vous me donnez très envie de le voir... _________________ "Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie." (Jean Louis Barrault)
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|  | | Marko Zen littéraire

Messages: 5545 Inscription le: 23/08/2008 Age: 41 Localisation: Lille
 | Sujet: Re: Jaime Rosales Mar 2 Juin 2009 - 19:04 | |
| Las Horas del dia Film très impressionnant et dérangeant dont il vaut mieux ne presque rien savoir pour en apprécier toute l'intensité. On retrouve le même dispositif que dans La Soledad. Des cadrages qui isolent les personnages, des séquences hors champ, des dialogues quotidiens, des échanges répétitifs… Mais chaque dialogue contient une bombe à retardement et derrière la banalité du quotidien, les petites frustrations répétées, une communication presque impossible (scènes de couple effrayantes), un gouffre existentiel s’entrouvre dans lequel le personnage principal est aspiré. Tout ça presque tranquillement en surface, au cœur de ces plans fixes qui sont comme des espaces étroits et étouffants, où la violence surgit très brutalement à deux reprises. La caméra s’éloigne alors comme elle s’était rapprochée au début, montrant un appartement, puis un immeuble banal, une cité dans un no man’s land, la campagne environnante avec un cours d’eau (j’ai pensé à Ariane, la nouvelle de Le Clézio). Fin. On en sort secoué. Jaime Rosales… Il faut se souvenir de ce nom! Prix de la critique internationale à Cannes en 2003.   Le DVD à votre disposition... _________________ Peut-être n'y a-t-il pas d'auteurs littéraires véritablement ennuyeux, mais seulement des lecteurs impatients ou non avertis. Joyce Carol Oates
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|  | | Marie Zen littéraire

Messages: 6904 Inscription le: 26/02/2007
 | |  | | Marko Zen littéraire

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 | |  | | Marie Zen littéraire

Messages: 6904 Inscription le: 26/02/2007
 | Sujet: Re: Jaime Rosales Mer 5 Aoû 2009 - 20:06 | |
| Vu! Merci Marko! | Citation: | | La caméra s’éloigne alors comme elle s’était rapprochée au début, montrant un appartement, puis un immeuble banal, une cité dans un no man’s land, la campagne environnante avec un cours d’eau |
Et la première scène est celle du personnage central qui se rase devant sa glace, une des dernières, il a décidé de ne plus se raser.. On dirait que pendant tout le film, c'est le seul sujet qui l'a préoccupé. Et c'est un peu cela, d'ailleurs. Quel personnage! Qui, de temps en temps, se défoule un peu dans un loisir un peu spécial. De tous ces gens qui l'ennuient , de tous ces horribles papiers peints ( ah, les décors!), des vêtements complètement ringards qu'il tente de vendre.. Mais pour le spectateur, la tension monte.. Ce qui est dérangeant, c'est que finalement, on s'y habitue et la scène la plus violente est peut être la conversation avec son ami le jour du mariage de celui-ci. Là, on sent vraiment que c'est un destructeur. Moi qui suis une voyeuse, j'aime beaucoup la façon de cadrer de ce réalisateur, on assiste du dehors, c'est très lent, il n'y a pas de musique manipulatrice, rien.. Beaucoup aimé! _________________ J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible. André Comte-Sponville
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|  | | Marko Zen littéraire

Messages: 5545 Inscription le: 23/08/2008 Age: 41 Localisation: Lille
 | Sujet: Re: Jaime Rosales Mer 5 Aoû 2009 - 20:34 | |
| Terrible ce calme qui cache la tempête! L'acteur est impressionnant. Mais on finirait presque par le comprendre tellement les relations qu'il entretient avec ses proches sont banalement insupportables. Je ne sais pas s'il y a beaucoup de réalisateurs capables de créer de tels moments de tensions ou d'émotions (dans la Soledad) à partir de la monotonie du quotidien. Vivement les prochains. _________________ Peut-être n'y a-t-il pas d'auteurs littéraires véritablement ennuyeux, mais seulement des lecteurs impatients ou non avertis. Joyce Carol Oates
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|  | | traversay Sage de la littérature

Messages: 1760 Inscription le: 03/06/2009 Age: 51 Localisation: Vers l'aine, rein beau.
 | Sujet: Re: Jaime Rosales Mer 5 Aoû 2009 - 22:32 | |
| D'accord avec tout ce qui précède mais...Un tir dans la tête, aïe, aïe, aïe !  | Citation: | | Dans les Landes, le hasard met des policiers espagnols en civil sur le chemin d'un commando de l'ETA.. |
En 2008, La soledad de Jaime Rosales avait comblé les cinéphiles, aussi brillant dans son fond que dans sa forme. Avec Un tir dans la tête, le cinéaste espagnol pousse le bouchon bien plus loin en réalisant un film aux dialogues volontairement inaudibles, comme pris au télé-objectif. Une oeuvre destinée aux sourds-muets, capables de lire sur les lèvres ? Non, une "expérience" pour Rosales, qui laisse au spectateur le soin de reconstituer une histoire, si tant est qu'il en existe une, puisque l'on assiste, quasiment en temps réel, au quotidien d'un homme, qui passe son temps à manger et à discuter avec ses amis. Il arrive bien quelque chose de grave vers la fin du film, mais aucune explication n'est donnée quant à la motivation de cet acte de violence. Y a t-il un message dissimulé quelque part ? Que la violence est gratuite, par exemple ? En tous cas, c'est un bel exemple de film...gratuit. _________________ Un intellectuel, c'est quelqu'un qui entend le mot "pipe" et pense à Magritte.
Alan Patrick Herbert
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