Manuel Poirier est un réalisateur (et acteur) français né le en 1954 au Pérou..
Autodidacte, il a exercé différents petits métiers avant de trouver sa voie dans la réalisation. Ses films dépeignent la réalité sociale et les relations humaines des classes sociales modestes. Son cinéma humaniste fréquente davantage la campagne que les villes et se nourrit de la fidélité de ses acteurs, dont Sergi Lopez, Sacha Bourdo, Serge Riaboukine.
A propos de Sergi Lopez :
«
Nous avons fait nos débuts ensemble. Je travaille d’une manière très spontanée, instinctive. On a donc appris tous les deux à faire du cinéma de cette manière. Avant de travailler avec d’autres réalisateurs, il a d’ailleurs longtemps pensé que c’était la seule. Mais, au fil de ses expériences, Sergi Lopez a su acquérir énormément de technique sans pour autant effacer la dimension humaine de son jeu. Et au final, je trouve que c’est quelqu’un de très complet. Car à trop être technique, on perd parfois tout ce côté viscéral. Chez lui, ça reste très présent. Depuis toutes ces années de collaboration, nous avons développé une profonde complicité d’une valeur inestimable. »Son film le plus connu, une épopée bretonne à petit budget,
Western, a remporté un franc succès auprès du public en 1997 après avoir obtenu le
Prix du Jury du Festival de Cannes en 1996 .
Manuel Poirier a d’abord réalisé un court métrage,
La première journée de Nicolas, , puis une série comique pour Canal +,
Sales histoires.
En 1990,
Manuel Poirier quitte Paris et s'installe en Normandie.
Peu après il réalise son premier long métrage,
La petite amie d’Antonio dans lequel il offre à Sergi Lopez l'opportunité de débuter au cinéma. L'acteur est le cinéaste se lient d'amitié et seront toujours fidèles l'un à l'autre. Succès critique pour ce film.
Suivront :
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A la campagne (1995),
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Marion (1997)
Manuel Poirier affiche une prédilection pour les plans-séquences, durant lesquels il laisse les comédiens libres d'enrichir les situations à partir d'un canevas précis.
Sur le travail d’écriture et la part d’improvisation :
«
C’est très écrit, sauf exception. C’est justement parce que c’est très écrit que je peux me permettre par la suite de laisser de la place à l’improvisation. Mais cela nécessite au préalable d’avoir une vraie base scénaristique. Savoir qui est exactement le personnage, dans quelle situation il se trouve… Une fois cela défini, les acteurs restent relativement libres d’interpréter selon ce qui leur paraît le plus approprié. A eux de vivre l’instant, d’aller au plus loin dans l’authenticité. De s’approcher de la vérité. Je n’impose pas un jeu préconçu. Parfois, lors d’une séquence, une fois passée la dernière réplique, je m’amuse à laisser tourner la caméra. Ca donne parfois des flops monumentaux mais aussi de très bonnes surprises. »Il y aura ensuite :
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Te quiero, adapté d'un roman de Patrick Modiano. (2001)
- Un documentaire :
De la lumière quand même (les enfants placés en foyer) en 1999.
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Les femmes et les enfants d’abord en 2002.( thème de l'enfance)
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Chemins de traverse en 2003, un nouveau road-movie breton (les relations père-fils et pour Sergi Lopez, un émouvant rôle de père.)
- Pour France 3, après avoir obtenu de la chaîne publique les garanties d'une indépendance artistique totale, il réalise
Le sang des fraises ( les thèmes de l'adolescence, de l'abandon et de la paternité, récurrents dans son œuvre)
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La maison en 2007, un film que j’ai beaucoup aimé et qui a été descendu par la critique.
Le cinéma de
Manuel Poirier est un cinéma de l’affect . L’enfance, l’exil, l’errance. Un cinéma profondément altruiste, intime et instinctif. Un cinéma émotionnel d’une pertinence rare.
Je pense, j’espère qu’il ressemble à son cinéma.
Il est le président du jury de notre festival cette année.« Très franchement, je n’accepterai pas de réaliser un film avec comme seules motivations un budget illimité et une affiche prestigieuse. Après Western ‘, j’ai eu tout un tas de propositions de tournage avec des comédiens parmi les plus connus et le budget qui va avec. Mais il y a plein de manières de faire du cinéma, et la mienne n’a pas pour fin la renommée internationale, l’argent ou le record du nombre d’entrées. Je dois avoir un lien avec ce que je raconte. En préalable à toute nouvelle aventure, je me demande toujours quels liens j’entretiens avec l’histoire, pourquoi elle m’intéresse, pourquoi je cherche à partager ces émotions. Je désire avant tout partager avec honnêteté. Mes films sont souvent des recherches de ce que je suis. En ce sens, je ne peux pas tricher. »
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"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)