
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
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Queenie Administrateur

Messages: 9977 Inscription le: 02/02/2007 Age: 29 Localisation: -Monolithe-
 | Sujet: Re: Michael Haneke Jeu 29 Oct 2009 - 10:48 | |
| | MordiQ a écrit: | Han vous êtes chiants avec ce film.
J'sais pas quoi en faire...
... | Dis ce qui te fais dire que tu devrais aller le voir, et ce qui te fais dire que finalement non. Peut-être qu'on pourra être plus pertinents dans ce qu'on raconte. _________________ Shielded from unexpected fury Frightened survivor in my world too shy to see Softly I spoke, softly I'm dying Crushed by your power, by my wilingness to bleed
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|  | | Queenie Administrateur

Messages: 9977 Inscription le: 02/02/2007 Age: 29 Localisation: -Monolithe-
 | Sujet: Re: Michael Haneke Jeu 29 Oct 2009 - 10:55 | |
| | Marko a écrit: | | [...]L'un verra de la beauté plastique là où l'autre verra de l'artifice et du clinquant. L'un verra du mystère et de la suggestion là où l'autre verra de la manipulation et du pré-mâché... |
Je vois ni manipulation, ni clinquant, ni pré-mâché. Je vois la beauté plastique, mais je la trouve conventionnelle et ... lassante au bout de quelques minutes. Répétitive, froide, lointaine.
Alors oui : bel objet. Et je comprends qu'il voulait en faire plusieurs petits épisodes, ça aurait eu plus d'impact que de se bouffer ce monolithe d'un coup.
| Marko a écrit: | | [...]Tu ne veux pas le comparer à "La nuit du chasseur" qui pourtant utilise aussi le manichéisme et les contrastes de noir et blanc pour raconter une fable sur les peurs d'enfance. Dans le ruban blanc chaque séquence avec le petit gamin est formidable. Et ne serait-ce que pour la force de cette direction d'acteurs et l'intensité de ces regards, je suis admiratif de son travail. |
Non. Je maintiens. Rien à voir avec La nuit du chasseur. Y'avait de vrais atmosphères et de vraies utilisations du noir, du sombre dans La nuit du chasseur. C'était atmosphérique, et "psychédélique", ça tenait du rêve. Mais leurs propos ne sont pas si proches, je ne comprends même pas pourquoi vous les comparez tant. (Mordicus, tu ferais mieux de voir La nuit du chasseur si tu l'as toujours pas vu!)
Sinon pour le jeu des acteurs, je suis complètement d'accord. Et même pour l'agencement des corps dans l'espace (mais ça renforce juste l'idée que l'image est maîtrisée, mais elle ne trouble pas). _________________ Shielded from unexpected fury Frightened survivor in my world too shy to see Softly I spoke, softly I'm dying Crushed by your power, by my wilingness to bleed
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|  | | Mordicus Troll de Pastèque

Messages: 2438 Inscription le: 21/01/2008 Localisation: * Be Aggressive *
 | Sujet: Re: Michael Haneke Jeu 29 Oct 2009 - 11:12 | |
| | Queenie a écrit: | | Dis ce qui te fais dire que tu devrais aller le voir, et ce qui te fais dire que finalement non. Peut-être qu'on pourra être plus pertinents dans ce qu'on raconte. |
T'es chiante à faire la Raisonnable genre "Mettons au point un système rationnel de choix définitif basé sur des indicateurs de qualité sûrs et quantifiables".
N'importe clé de serrure.
Je vais la jouer au hasard de circonstances et d'opportunité. _________________
I've got a Hole in my Head and there's No One to fix it. Got to Straighten my Thoughts, I'm thinking too much Sick Shit.
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|  | | Marko Zen littéraire

Messages: 5545 Inscription le: 23/08/2008 Age: 41 Localisation: Lille
 | Sujet: Re: Michael Haneke Jeu 29 Oct 2009 - 11:32 | |
| | aériale a écrit: | Mais pour le reste j'ai fini par ressembler aux décors. Un film trop froid pour moi, manquant d'âme comme dit Animal, qui ne prend pas assez parti finalement et nous laisse dans un flou bien plus facile.
Alors oui, il donne matière à discussion, ce qu'on y voit est magnifiquement rendu, mais il m'a manqué le plus important: l'émoi, le souffle, et une vraie conclusion. |
Alors juste une dernière remarque parce que j'ai l'impression qu'après on va tourner en rond. Je comprends vos arguments mais je n'ai pas vu le même film que vous. J'ai observé chacun de ces visages et j'y ai lu tellement d'émotions au contraire, des personnages qui ont pris corps (et âme) sur l'écran avec une intensité si rare au cinéma. Que ce soit le petit garçon, la sage femme, les enfants du pasteur, la baronne, Eva... tous! Certains dans la lumière, d'autres dans les ténèbres. Et même si pendant un moment je trouvais le systématisme du sadisme des pères un peu caricatural (mais qui n'a pas connu ce genre de personnages! J'ai un oncle dans le genre qui m'a pourri mes vacances d'été dans l'enfance), qu'ils avaient peut-être trop une "fonction" (c'est du cinéma et comment ne pas vouloir illustrer une idée, un propos...), je me suis vite rendu compte qu'ils avaient tous des failles, de l'ambiguité et étaient beaucoup plus complexes que je ne le redoutais.
Il se passe beaucoup de choses à l'écran et hors champ mais aussi dans notre imagination. Vous y voyez une facilité alors que c'est un rêve d'avoir un film qui ne nous assène pas des vérités toutes faites, qui ménage du mystère, une part d'incertitude. Et ce en nous donnant les clés dès le départ. On sait que les enfants se vengent mais on ne sait pas qui a fait quoi. Et ça les rend plus effrayants. Ils forment une sorte de cerbère à plusieurs têtes. Quand ils sont tous regroupés derrière la maison où se trouve Karli ça fait froid dans le dos.
Pour l'image, vous ne trouvez pas qu'elle est magnifique sans être académique ou lêchée? Et elle ne se contente pas d'être illustrative. Elle donne du sens, elle nous immerge dans un monde de sensations. Elle hypnotise. C'est aussi du grand cinéma fantastique.
Et qu'en plus on puisse en proposer différentes lectures, politiques, sociologiques ou autres c'est la cerise sur le gateau.
Bon voilà! Peut-être qu'en le revoyant je l'aimerai moins, peut-être que vous l'aimerez davantage. En tout cas je suis sûr d'y trouver encore plein de choses. _________________ Peut-être n'y a-t-il pas d'auteurs littéraires véritablement ennuyeux, mais seulement des lecteurs impatients ou non avertis. Joyce Carol Oates
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|  | | animal Zen littéraire

Messages: 9135 Inscription le: 12/05/2007 Age: 28 Localisation: Tours
 | Sujet: Re: Michael Haneke Jeu 29 Oct 2009 - 11:34 | |
| pour des morceaux de trucs d'acteurs pas moches maybe. le reste... (d'accord pour La nuit du chasseur !). _________________ Vous savez, "Qu'importe" est une maladie qu'on ne soigne pas encore...
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|  | | aériale Zen littéraire

Messages: 9898 Inscription le: 01/02/2007 Age: 54 Localisation: Le Sud
 | Sujet: Re: Michael Haneke Jeu 29 Oct 2009 - 16:03 | |
| Marko, tu le défends bien ton film, ça on ne peut te l'enlever | Marko a écrit: | | Et même si pendant un moment je trouvais le systématisme du sadisme des pères un peu caricatural (mais qui n'a pas connu ce genre de personnages! J'ai un oncle dans le genre qui m'a pourri mes vacances d'été dans l'enfance), qu'ils avaient peut-être trop une "fonction" (c'est du cinéma et comment ne pas vouloir illustrer une idée, un propos...), je me suis vite rendu compte qu'ils avaient tous des failles, de l'ambiguité et étaient beaucoup plus complexes que je ne le redoutais. |
Oui, ils étaient plus complexes qu'ils ne le paraissaient et d'ailleurs je n'ai jamais dit le contraire! J'ai aimé l'histoire, le foisonnement d'idées, l'interprétation, tout ça...mais on reste dans les idées. Je pense que je n'ai pas la même approche parce que trop loin sans doute de notre culture. Je l'ai vu plus comme un témoignage, réussi c'est clair, mais auquel manquait pour moi le souffle. De toute façon il est très dur de parler des ressentis. Telle scène t'as fasciné Marko parce que justement tu l'as plus ou moins vécue avec un oncle...
| Marko a écrit: | | Pour l'image, vous ne trouvez pas qu'elle est magnifique sans être académique ou lêchée? Et elle ne se contente pas d'être illustrative. Elle donne du sens, elle nous immerge dans un monde de sensations. Elle hypnotise. C'est aussi du grand cinéma fantastique |
Oui, d'accord. Mais le fantastique impose une distance. C'est un choix, on peut parler d'émotions visuelles, hypnotiques ce que tu veux, mais ces personnages sont restés à distance. Ca n'enlève pas de la force du film, mais cela m'empêche toute empathie avec le sujet. Bon, j'exagère un peu, c'est vrai...Il y a de belles scènes et vous en avez parlé...
Peut-être qu'il faut que je le revoie, tu m'as presque convaincue, c'est vrai  _________________ Après tout, la meilleure façon de parler de ce quel'on aime est d'en parler légèrement. Albert Camus
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|  | | animal Zen littéraire

Messages: 9135 Inscription le: 12/05/2007 Age: 28 Localisation: Tours
 | Sujet: Re: Michael Haneke Jeu 29 Oct 2009 - 21:44 | |
| | marko a écrit: | | Vous y voyez une facilité alors que c'est un rêve d'avoir un film qui ne nous assène pas des vérités toutes faites, qui ménage du mystère, une part d'incertitude. |
c'est un peu que nous avons vu le même film mais que nous ne parlons pas du même. ce que tu dis es vrai pour "l'intrigue", les actes étranges du village mais pas trop pour la partie morale ou réflexion du film, qui est supposée en être le coeur, m'enfin c'est à voir parce que l'intrigue par le vide sur un pur film de genre... ça dépend peut être... _________________ Vous savez, "Qu'importe" est une maladie qu'on ne soigne pas encore...
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|  | | Marko Zen littéraire

Messages: 5545 Inscription le: 23/08/2008 Age: 41 Localisation: Lille
 | Sujet: Re: Michael Haneke Ven 30 Oct 2009 - 0:27 | |
| «Lorsque je relis des entretiens que j'ai donnés au fil du temps, je me rends compte que l'on m'assigne souvent une filmographie fondée sur des idées. Ce n'est pas le cas. Je m'intéresse à des personnages, à des situations. Bien sûr, il y a un contexte. Mais si l'on s'en tient à considérer que ce serait de l'illustration d'idées, alors on construit des explications a posteriori comme on peut le faire à la fin d'une existence humaine». Michael Haneke _________________ Peut-être n'y a-t-il pas d'auteurs littéraires véritablement ennuyeux, mais seulement des lecteurs impatients ou non avertis. Joyce Carol Oates
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|  | | Marko Zen littéraire

Messages: 5545 Inscription le: 23/08/2008 Age: 41 Localisation: Lille
 | Sujet: Re: Michael Haneke Lun 2 Nov 2009 - 15:07 | |
| Au masque et la plume ils évoquaient comme influence essentielle, reconnue par Haneke, pour le Ruban Blanc: Scènes de chasse en Bavière (1969) de Peter Flesichmann  | Citation: | | Dans un petit village de Bavière, le retour d'Abram, soupçonné d'homosexualité, suscite les commérages. Marie, la paysanne qui a pris un amant alors que son mari vient de mourir, est calomniée. On méprise Hannelore dont on dit qu'elle a couché avec tout le village... En ce jour de fete, toute l'attention se porte sur Abram et se mue bientot en une haine générale. Abram essaie de fuir et dans la débacle, tue Hannelore, enceinte de lui. Le village pleure maintenant sur la jeune femme ... |
Je l'ai vu il y a longtemps et je me souviens d'un film très oppressant avec cette hostilité du groupe social au bord du lynchage. En y repensant on se rend compte effectivement de tout ce qui a pu inspirer Haneke pour la description de la vie cette petite communauté rigoriste et des tensions qui l'animent.

On pense aussi comme l'évoquait Animal (je crois) aux Désarrois de l'élève Törless de Robert Musil
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|  | | Victor Hugo Espoir postal

Messages: 23 Inscription le: 23/10/2009
 | Sujet: Re: Michael Haneke Lun 2 Nov 2009 - 18:32 | |
| J'ai vu le ruban blanc de Haneke et c'est a mon gout le meilleurs film de l'année et la meilleur palme d'or depuis Le pianiste (je précise que je n'ai pas vu Elephant). Le film est non seulement magnifique visuellement, avec ce noir et blanc d'une pureté aveuglante, qui cache une l'horreur d'un système d'éducation archaïque et brutal, et de toutes les dégénérescences que peut engendrer une tel société. J'ai trouvé le film oppressent, cruel, dur et il comporte des scéne marquante qui produise d'autant plus d'émotion qu'elles sont filmé avec froideur (je pense a la scéne ou le fils du médecin apprend ce qu'est la mort, ou bien la scéne ou le médecin quitte sa maitresse, qui est d'une cruauté presque insupportable). En résumé un très grand film, puissant et marquant. |
|  | | Marko Zen littéraire

Messages: 5545 Inscription le: 23/08/2008 Age: 41 Localisation: Lille
 | Sujet: Re: Michael Haneke Lun 2 Nov 2009 - 18:39 | |
| Je partage ton avis mais pour la palme d'or je retiens depuis 20 ans: Sailor et Lula La leçon de piano Le goût de la cerise Dancer in the dark Elephant L'enfant Le ruban blanc me va bien à leurs côtés. _________________ Peut-être n'y a-t-il pas d'auteurs littéraires véritablement ennuyeux, mais seulement des lecteurs impatients ou non avertis. Joyce Carol Oates
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|  | | Victor Hugo Espoir postal

Messages: 23 Inscription le: 23/10/2009
 | Sujet: Re: Michael Haneke Lun 2 Nov 2009 - 18:47 | |
| Oui même si pour moi l'enfant n'est pas une grande palme d'or (moi le pseudo documentarisme ça me tape sur les nerfs) et tu oublie Le pianiste qui est un films certes classiques, mais absolument sublime, (sinon je suis d'accord pour tout les autres sauf Elephant et le gout de la cerise que je n'ai toujours pas vu) |
|  | | darkanny Main aguerrie

Messages: 329 Inscription le: 02/09/2009
 | Sujet: Re: Michael Haneke Dim 22 Nov 2009 - 19:36 | |
| Enfin vu Le ruban blancJe suis soufflée par la qualité de ce film , happée par l'histoire du début à la fin , sous l'emprise (il faut bien le dire et tant mieux , c'est la force d'un film) des regards de ces enfants , de la photo et des plans particulièrement réussis. Quand un film réunit ces 2 qualités , une histoire forte , intense , peu commune et non résolue, et une maîtrise pareille sur la forme , moi je dis bravo , ce film est un honneur au cinéma. |
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