LA VIE MODERNE
La Vie moderne a été présenté au Festival de Cannes en 2008, dans le cadre de la section
Un Certain Regard.
PRIX LOUIS - DELLUC 2008Raymond Depardon, depuis dix ans, filme des paysans ("
L'Approche », «
Le Quotidien » et le dernier film, «
La Vie moderne ».)
D’origine paysanne Raymond Depardon rend hommage à un monde qu’il connaît bien et qu’il a quitté.
"J'ai passé mon enfance dans une ferme et j'ai mis du temps à prendre conscience de cette réalité même si j'ai quitté cette ferme très tôt, à l'âge de 16 ans", se souvient-il. "Comme beaucoup de gens dans les années 60, j'ai un peu fui ce milieu par complexe, quelquefois même par honte. Ensuite, s'est installé tout doucement un phénomène inverse : j'étais fier d'être né dans une ferme. Mais je n'arrivais pas à faire un film sur ce sujet-là. Il a fallu que je fasse un grand détour, le tour du monde en quelque sorte, pour oser filmer les paysans. A défaut de l'avoir fait avec mes parents. A la fin des années 80, j'ai d'abord travaillé pour le magazine Le Pèlerin et ensuite pour le journal Libération sur la disparition des paysans. A cette occasion, j'avais été surpris de voir que ce monde rural, celui de mon enfance, n'avait pas beaucoup bougé finalement. Et je me suis dit qu'il fallait que je poursuive ce travail en le filmant."Il revient dans
La vie moderne vers des familles qu’il a déjà filmées. Le documentaire les montre dans leur cadre de vie et dans leurs travaux. Puis les paysans s’installent devant la table, la caméra tourne de longs plans séquences et Depardon essaie de dialoguer avec ces taiseux.
Avec respect et délicatesse, il les filme. Dans leur intimité, avec beaucoup de tendresse. Dans la confiance, durement gagnée sans doute, qu’il ne trahira pas.
Mais ce titre ? J’avoue qu’il me laisse perplexe, en dépit des explications données par le réalisateur.
"Sur bien des aspects, notamment écologiques, ils sont en avance sur les gens de la ville. Eux, ils préservent la planète mais on ne le sait pas parce que l'on ne s'intéresse plus à eux... Et sans doute qu'ils tiendront plus longtemps que nous. Ce film est résolument tourné vers l'avenir. Il y a une séquence dont je suis très fier où l'on voit un petit garçon dire qu'il veut faire le métier de son papa. Qu'il ne veut pas aller en ville..."Le constat, d’une force incroyable, est pathétique…On sourit plus d’une fois à cause du décalage qu’il y a entre leur façon de vivre, leur regard et le nôtre…Mais l’émotion nous prend à la gorge et le film terminé on a envie de pleurer sur ce monde rural, nos racines, et ces fermiers sans avenir en train de disparaître.
Un film magnifique !
bande-annonce et extraits
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"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)