Marie-Antoinette 
Le film a été présenté en compétition officielle du Festival de Cannes 2006. Huées, sifflets, la réaction de la salle, à l'issue des deux heures de projection, a été l'une des plus négatives de ce festival.
« J'ai commencé à m'intéresser à Marie-Antoinette en lisant sa biographie par Antonia Fraser, dit Sofia Coppola. Cette jeune fille que l'on a mariée dès l'âge de 14 ans m'intéressait beaucoup. Mais le projet répondait d'abord à une véritable fascination pour le XVIIIe siècle, pour Versailles en particulier : le faste des décors, des costumes, la surcharge générale. »En réalité, Sofia Coppola avait dans un premier temps acquis les droits du livre Marie Antoinette de l’historienne française Evelyne Lever. En 2001, elle demande à celle-ci de l'accompagner à Versailles afin d'y effectuer un premier repérage. Mais en 2003, Evelyne Lever apprend que la réalisatrice ne travaille plus d'après son ouvrage mais d'après celui d’Antonia Fraser, une biographie romancée, beaucoup plus connue aux Etats-Unis. L’historienne française sera finalement consultante sur le film.
Il devait se faire avant
Lost in Translation mais c’est le succès mondial de ce film qui a finalement permis à
Sofia Coppola de pouvoir réaliser
Marie Antoinette.
Elle a pu obtenir auprès du gouvernement français une autorisation spéciale pour pouvoir tourner dans le château de Versailles. Elle a également eu droit à quelques privilèges, comme de filmer une scène de bal, durant le mariage entre Marie-Antoinette et Louis XVI, dans la galerie des Glaces, pourtant fermée pour rénovation à l'époque ; ou encore de pouvoir utiliser le petit théâtre privé de la reine (moyennant des sommes astronomiques !)…
Alors…C’est l’histoire de Marie Antoinette ...
Oui, mais traitée de façon audacieuse et iconoclaste ! (Et j’ai eu un privilège que vous n’aurez pas : voir le film en plein pays Bourbon , salle pleine de nobliaux du coin qui discutaient dur à la sortie!...)
Dans un étourdissement de couleurs bonbon et de dorures, la jeune Marie Antoinette (qui avait 14 ans lorsqu’elle quitta l’Autriche !) trompe son ennui et sa mélancolie en s’échappant à Paris, à l’opéra, en donnant des bals, des fêtes, en s’éprenant du comte Fersen. Elle dépense sans compter en frivolités et lance des modes. Etrangère, déracinée, elle a bien du mal à se plier aux rituels de la vie de la cour.
Elle a les traits de Kirsten Dust (qui avait déjà joué dans Virgin Suicides), adorable, douce et toujours souriante. Profondément attachante aussi parce qu’on imagine assez bien combien doit lui peser le fait d’être ignorée pendant sept ans par son mari. On se fait facilement complice de la charmante jeune femme.
Il est plutôt sympathique et bon, ce Louis XVI du film (Jason Schwartzman), mais bien ignorant des choses de la sexualité ! Tout le monde attend la naissance de l’héritier et se moque du couple…

Le film peut ressembler à une comédie ( Ah ! c’est joyeux ... longtemps dans l'insouciance de la Révolution et des guerres) mais plane tout de même la perspective de l’issue dramatique qu’on connaît…
Sofia Coppola interprète l'Histoire de France avec une grande liberté. Elle ne nous fait pas une reconstitution fidèle mais nous offre une histoire romantique et originale. Encore une fois le portrait intimiste d’une l'adolescente (sur fond de menuet et de musique pop ! Oui, oui…pop ! )
L’image est très très belle…
Dans une orgie de pâtisseries pastel et de tissus assortis, on parle en Anglais à Versailles.
Ce n’est pas, vous l'aurez compris, une fresque historique conventionnelle, ni même un film en costumes comme on les connaît…Mais c’est un beau film qui continue à faire de moi une inconditionnelle de Sofia Coppola !
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"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)