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 Yasujiro Ozu

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Queenie
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MessageSujet: Yasujiro Ozu   Jeu 19 Avr 2007 - 14:59

Yasujiro Ozu est un des réalisateurs majeurs de l'histoire du cinéma japonais. Il a consacré une partie de sa carrière de réalisateurs à filmer le quotidien des japonais, la vie de famille, au coeur des bouleversements sociaux et économiques du pays.
Ozu concentre son art sur l'épuration et la simplicité (des histoires ordinaires avec très peu d'actions, des plans fixes avec une caméra placée souvent très bas (pratiquement au niveau du sol). Par ses réalisations élémentaires, Ozu cherchait à atteindre l'essence même de ce qu'il filmait (tradition japonaise).
Il refuse d'ailleurs certaines nouvelles techniques comme la couleur (jusqu'au film Fleurs d'équinoxe).

Coline :
Yasujirō Ozu ( 1903- 1963) est un réalisateur japonais.


Il devient au milieu des années 1930 , l’un des réalisateurs les plus célèbres du Japon, aussi talentueux dans la comédie que dans le drame.
Ses films traitent souvent de la vie familiale japonaise.

La trame des récits est toujours très simple et comporte peu d’actions spectaculaires, voire aucune. Par l’extrême sobriété Ozu cherchait à atteindre l’essence même de ce qu’il filmait. En cela, il fut fidèle à la tradition artistique japonaise.

Sa caméra est généralement placée très bas, presque au niveau du sol (ce qu'on appelle parfois le « plan tatami ».

Il n'a adhéré au parlant qu'en 1936, et il a longtemps résisté à l'utilisation de la couleur. Il ne s’est décidé à l’utiliser que dans ses cinq derniers films (dont l'ultime : Le goût du saké).
Sa filmographie est impressionnante (j’ai compté 54 films)

*******

Gosses de Tokyo :




Une famille s'installe dans une banlieue de Tokyo. Les deux garçons ont des allures de garnements, ils roulent des mécaniques et très vite se mettent à dos les durs de l'école. Ne voulant pas se faire battre par eux, ils tentent de nombreuses choses pour leur échapper : sécher l'école, se gaver d'oeufs de moineaux crus, soudoyer le livreur d'alcools.
Parallèlement, ils voient leur père "soumis" à son patron, et parce qu'ils ont honte de lui, ils décident de refuser de se nourrir (leur père devant travailler pour leur permettre de manger)...

Ce film d'Ozu montre la vie au quotidien d'une petite famille tranquille et sans histoire : les deux gamins qui tentent de faire leur place, confrontés à l'Autre, ils apprennent la violence, le pouvoir, la hiérarchie, la fatalité.

Grâce à une réalisation épurée et minimaliste, on se retrouve plongé au coeur de cette banlieue, ayant l'impression de voir une sorte de chronique de la vie quotidienne.
Les deux garçons sont particulièrement doués, espiègles et un peu boudeurs, ils interprètent merveilleusement l'énergie de la jeunesse, ses conflits, ses questionnements... (ils rappellent un peu les jeunes des rues filmés par Bunuel dans Los Olvidados).

Un film à la fois plein de fraîcheur, et emplit d'une fatalité un peu déprimante, mais on y sent poindre encore l'espoir de faire mieux. Ou en tout cas de ne pas être pire.


Dernière édition par Queenie le Lun 12 Jan 2009 - 11:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Mer 6 Fév 2008 - 12:59

Mercredi (aujourd'hui) 22h45 sur Arte: Il était un père (1942), de Ozu.
Pas le meilleur Ozu, mais un très bon Ozu quand même.

Il était sorti au cinéma il y a un an ou deux. Je suppose que c'est la première fois qu'il passe à la téloche...

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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Mer 6 Fév 2008 - 13:49

eXPie a écrit:

Pas le meilleur Ozu, mais un très bon Ozu quand même.


Il est sorti en DVD aussi. Moi qui adore Ozu, j'avoue que j'ai eu du mal avec celui-là. Je n'ai pas été vraiment touchée par cette histoire, alors que ses films m'émeuvent beaucoup d'habitude.

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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Mer 6 Fév 2008 - 19:26

C'est sûr que Voyage à Tokyo, le goût du Saké, Eté Précoce, etc. sont meilleurs, mais quand on les a déjà tous vus, ça fait plaisir de pouvoir en reprendre un morceau ! Very Happy (Ozu, le plus grand réalisateur Japonais avec Kurosawa, dans deux styles très différents).

C'est sans doute la psychologie un peu rigido-obscuro-bizarre du Père qui t'a gênée, Nezumi ?

Il y a une rediffusion du film (d'après Télérama) le 7/2 à 14h55, le 11/2 à 14h55, et on peut oublier la diffusion du 21/2 à 14h55 (en VF ). Bon, il faut la TNT ou le câble, je suppose...

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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Jeu 7 Fév 2008 - 13:51

eXPie a écrit:
C'est sans doute la psychologie un peu rigido-obscuro-bizarre du Père qui t'a gênée, Nezumi ?

Ah, tu le vois comme ça ?
Je l'aime beaucoup ce père pour qui l'avenir de son fils passe avant tout.

Les films d'Ozu ne vieillissent pas, parce qu'ils traitent de valeurs universelles ? Parce qu'ils étaient filmés de manière moderne ?


Dernière édition par le Ven 8 Fév 2008 - 8:24, édité 2 fois
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Nezumi
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Jeu 7 Fév 2008 - 14:07

eXPie a écrit:

C'est sans doute la psychologie un peu rigido-obscuro-bizarre du Père qui t'a gênée, Nezumi ?


Pas nécessairement, c'est plus indéfinissable que ça. Je n'ai pas vraiment accroché et je l'ai regardé en plusieurs fois, d'ailleurs.
C'est vrai que Chishu Ryu incarne un personnage plus retenu et moins attachant que le père de Voyage à Tôkyô.

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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Ven 8 Fév 2008 - 2:05

j'ai transferé vos messages sur Ozu ici, n'hesitez pas à parler de ses films que j'ai hâte de découvrir!

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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Ven 8 Fév 2008 - 7:23

Stell_A a écrit:

Les films d'Ozu ne vieillissent pas, parce qu'ils traitent de valeurs universelles ? Parce qu'ils étaient filmés de manière moderne ?


Ozu filme généralement à la même hauteur ("de tatami"), enfin ça n'a pas été le cas dès le début, bien sûr, mais ce qui est bien avec Ozu, c'est qu'il ne fait pas de mouvements de caméra inutile qui chercheraient à souligner les émotions ou des nuances de l'histoire qu'on comprend de toute façon.
La caméra se fait généralement oublier, et ainsi le moindre mouvement, ou travelling prend une importance qu'il n'aurait jamais chez un autre réalisateur. C'est pensé.

Traiter de thèmes universels n'empêchent pas un film de mal vieillir s'il est mal réalisé, non ?
Si les films d'Ozu généralement très bien, c'est parce qu'il était un très grand cinéaste, et même un auteur (ça sonne phrase creuse et pompeuse, mais je crois que c'est vrai).
J'ai un peu plus de mal avec Naruse, même s'il a fait de bons films (j'en ai vu moins que de Ozu).

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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Ven 8 Fév 2008 - 8:30

Certains films de Ozu (Bonjour par exemple) font beaucoup penser aux films de Tati, j'ignore qui a influencé l'autre, mais c'est net.
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Ven 8 Fév 2008 - 13:38

Si je ne m'abuse, Ozu était gagman à l'origine (il faut que je vérifie). Il a même fait des gags "auditifs" dans des films muets... (du genre : gros plan sur une sirène, quelqu'un sursaute dans le plan suivant... enfin, en plus sophistiqué).
Ca ressort bien dans Bonjour, beaucoup moins dans d'autres films.
C'est vrai qu'Ozu filme très bien les enfants, mieux encore que le linge étendu ou que les trains Very Happy .

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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Jeu 21 Fév 2008 - 18:51



Il était un père






Réalisé en 1942, Il était un père est un des rares films d'Ozu à avoir été tournés durant la seconde guerre mondiale.

Il n’y a presque rien à écrire sur l’histoire…

Celle d’un modeste enseignant dans une ville de province qui est veuf et élève son petit garçon. Lors d'un voyage scolaire à Tokyo, un de ses élèves se noie. L’homme, s'estimant responsable de cette catastrophe, présente sa démission, et part s'installer avec son fils dans sa ville natale, où son propre père avait vendu sa maison pour lui payer ses études.

Rattrapé par les besoins d'argent et soucieux de donner à son fils toutes les chances, le père annonce à l’enfant qu'il leur faut se séparer parce qu’il doit aller travailler à Tokyo. L’annonce a lieu au cours d'une séquence de pêche inoubliable, d’une beauté et d’une sérénité extraordinaires.

L’enfant est donc pensionnaire et grandit loin de son père, ils ne se retrouvent que de loin en loin, aux vacances. Le père et l'enfant forment souvent le projet de vivre à nouveau ensemble, mais cet espoir ne se réalisera jamais. Jamais le père ne regrettera sa décision de quitter l'enseignement quoi qui lui en ait coûté et jamais le fils ne fera preuve du moindre ressentiment. Si le père et le fils n’ont pas le temps pour vivre ensemble, ils échangent toujours à travers leurs regards, leurs paroles, leurs sourires une profonde tendresse réciproque.

Douze ans plus tard, le fils qui a étudié à l'université est enseignant à son tour. Il vient enfin passer dix jours chez son père…

Un film on ne peut plus simple et pur qui n’a rien d’un mélodrame.

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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Ven 22 Fév 2008 - 0:30

conciliabule y'avait déjà un fil coline, voilà posts fusionnés.et je met ton topo sur le réal dans le premier post Wink

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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Ven 22 Fév 2008 - 11:52

Queenie a écrit:
conciliabule y'avait déjà un fil coline, voilà posts fusionnés.et je met ton topo sur le réal dans le premier post Wink


Désolée, j'avais utilisé pourtant la fonction "rechercher"..jypeurien

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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Ven 22 Fév 2008 - 11:54

Nezumi a écrit:
eXPie a écrit:

Pas le meilleur Ozu, mais un très bon Ozu quand même.


Il est sorti en DVD aussi. Moi qui adore Ozu, j'avoue que j'ai eu du mal avec celui-là. Je n'ai pas été vraiment touchée par cette histoire, alors que ses films m'émeuvent beaucoup d'habitude.


J'ai bien fait de commencer avec celui-là...il m'a plu énormément!...Je pourrai donc aborder les autres en étant presque sûre qu'ils vont me plaire...content

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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Ven 22 Fév 2008 - 12:00

eXPie a écrit:

C'est sans doute la psychologie un peu rigido-obscuro-bizarre du Père qui t'a gênée, Nezumi ?


Je ne l'ai pas trouvé si rigide que cela cet homme...Ce qui me retient, c'est la tendresse infinie qu'il y a dans son regard et ses sourires (à son fils mais à ses élèves et à son collègue aussi) alors qu'il doit prendre des décisions graves et dures pour l'enfant...Il n'a pas d'autre choix pour lui donner le meilleur et d'ailleurs l'on sent bien que malgré l'éloignement nécessaire, ce fils n'a pas manqué d'amour.

Rappelons aussi l'époque!...Lefilm est tourné en 1942!

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