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 André Malraux

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animal
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MessageSujet: André Malraux   Mar 31 Juil 2007 - 21:20



version courte piochée sur evene.fr :

Citation :
André Malraux arrête ses études à 17 ans mais sa culture littéraire lui permet rapidement de travailler comme libraire. Il publie peu de temps après ses premiers articles et côtoie le milieu artistique et littéraire parisien. En 1923, il part pour le Cambodge à la suite de problèmes financiers, dans l'idée de rapporter des statues khmères. L'affaire tourne mal et Malraux, accusé, passera quelques temps en prison. Libéré, il repart pour Saïgon et s'engage contre la colonisation en créant le journal'l'Indochine', bientôt interdit par les autorités françaises. Après plusieurs voyages en Orient, André Malraux s'engage contre le fascisme dès 1933 et commande, en 1936, une escadrille lors de la guerre d'Espagne. Simple soldat, il est fait prisonnier en 1940 mais s'évade rapidement. Il s'installe alors dans le sud de la France et ne s'engage dans la Résistance qu'en 1944, sous le pseudonyme de 'colonel Berger'. Il fait une rencontre décisive en 1945, celle du général de Gaulle. De 1946 à 1958, il publie entre autres 'Les Voix du silence', 'Le Musée imaginaire' et 'La Métamorphose des dieux'. En 1959, il devient ministre d'État chargé des affaires culturelles, poste qu'il occupera jusqu'en 1969. On lui doit notamment la création des Maisons de la Culture. Au terme de sa carrière, Malraux a rédigé de magnifiques romans sur l'engagement et ses paradoxes : 'La Voie royale', 'L'Espoir'. Ses cendres sont conservées au Panthéon depuis 1996.

une version longue sur wikipedia

ses plus connus doivent être :

- La Voie Royale
- La Condition Humaine
- L'Espoir
- Le Musée Imaginaire


bassement ou lâchement et parce que je n'ai pas trouvé (pour le moment ?) d'article qui me convienne sur le sujet, sujet des controverses et discussions autour du personnage... je compte sur vous pour ouvrir ces pistes !

bon si pour un peu plus je vous propose la page suivante :

http://www.alalettre.com/malraux-intro.htm


Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)

Oeuvres
1921 - Lunes en papier, Édition de la galerie Simon (Kahnweiler) Paris, gravures sur bois de Fernand Léger. Ainsi que des textes brefs : Les Hérissons apprivoisés - Journal d'un pompier du jeu de massacre.
1922 - Des lapins pneumatiques dans un jardin français texte farfelu.
1924 - Ecrit pour une idole à trompe textes farfelus donnés en revues et repris dans les Œuvres Complètes, vol.1, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade.
1925 - L'Indochine, journal qu'il réalise avec Paul Monin, 29 éditoriaux; puis après interruption devient : L'Indochine enchaînée, 25 éditoriaux, dernière parution le 24 février.
1925 - L'Expédition d'Ispahan, en août sous le pseudonyme de Maurice Saint-Rose
1926 - La Tentation de l'Occident, chez Grasset Pages 1, 5
1927 - Écrit pour un ours en peluche (in 900) - Le voyage aux îles Fortunées (Commerce) - D'une jeunesse européenne dans le livre collectif intitulé : "Écrits", chez Gallimard.
1928 - Les Conquérants, chez Grasset. Pages 2
1928 - Royaume-Farfelu, chez Gallimard.
1930 - La Voie royale, Prix Interallié, chez Grasset, Pages 5, 6
1933 - La Condition humaine, Prix Goncourt Pages 5
1935 - Le Temps du mépris, chez Gallimard.
1937 - L'Espoir Pages 5,
1939 - Laclos, étude publiée dans : Tableau de la littérature française.
1941 - Le Règne du Malin, texte inachevé publication posthume.
1943 - 1948 - La Lutte avec l'ange, dont la Gestapo va brûler le manuscrit, ensuite retitré Les Noyers de l'Altenburg, 1re partie, 1943 aux Éditions du Haut-Pays à Lausanne, Suisse - 1948 France
1946 - Le Démon de l'Absolu, dont un extrait qu'il publie sous le titre de : N'était-ce donc que cela ?.
1946 - Esquisse d'une psychologie du cinéma
1947 - Les Dessins de Goya au musée du Prado et Le Musée imaginaire, premier tome de : La Psychologie de l'art, ouvrage dédié à Madeleine Malraux. Pages 2
1949 - La Monnaie de l'absolu, 3e volume de la Psychologie de l'art
1951 - Les Voix du silence, et nouvelle version de La Psychologie de l'art
1952 - La Statuaire premier tome du Musée imaginaire de la sculpture mondiale, chez Gallimard.
1953 - lettres préface à Chimères ou Réalités
1954 - Des bas-reliefs aux grottes sacrées et Le Monde chrétien chez Gallimard.
1957 - La Métamorphose des dieux, 1957, deviendra le premier volume (Le Surnaturel) de la trilogie qui reprend ce titre (voir plus bas).
1964 - "Entre ici...", lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon (repris dans Oraisons funèbres).
1967 - Antimémoires, 1967 (Première partie du Miroir des Limbes)
1971 - Les Chênes qu'on abat..., 1971 (repris dans La Corde et les souris)
1971 - 1976 -Oraisons funèbres, 1971 (8 oraisons reprises dans La Corde et les souris, 1976)- Préface le livre du Souvenir à Charles de Gaulle
1974 - La Tête d'obsidienne, (repris dans La Corde et les souris)
1974 - Lazare, (repris dans La Corde et les souris) Pages 4
1974 - Le Surnaturel, (paru en 1957) sous le titre:La Métamorphose des Dieux
1975 - Hôtes de passage,(repris dans La Corde et les souris)
1975 - L'Irréel, Ma Métamorphose des Dieux.II,
1976 - La Corde et les Souris, 1976 (seconde partie du Miroir des Limbes)
1976 - Le Miroir des limbes, 1976 (I. Antimémoires + II. La Corde et les souris + Oraisons funèbres)
1976 - L'Intemporel, La Métamorphose des Dieux. III, 1976
1977 - L'Homme précaire et la Littérature, Gallimard, 1977 (posthume)
1998 - Entretiens avec Tadao Takemoto, Au Signe de la Licorne,1998 (partie d'un ouvrage paru au Japon)
2006 - Carnet du Front populaire (1935-1936), François de Saint-Cheron (éd.), Gallimard, 2006 (posthume)
2007 - Carnet d'URSS (1934), François de Saint-Cheron (éd.), Gallimard, 2007 (posthume)
2012 - Lettres choisies (1920-1976), François de Saint-Cheron (éd.), Gallimard, 2012 (posthume)

Livre sur Malraux
André Malraux, la création d'un destin : Pages 1, 3

Citation :
mise à jour le 06/09/2012, page 6

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animal
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MessageSujet: Re: André Malraux   Mar 31 Juil 2007 - 22:06

je dois vous dire que j'ai longtemps hésité (à raison) avant d'ouvrir ce fil qui me manquait en quelque sorte. Hésitation parce que c'est pas rien, que c'est un peu démesuré pour l'animal que je suis... me laissez pas patauger tout seul !!! cat

(guillaume ? guillaaaaaume ???? ... guillaume ?)


Oui, donc avant d'oser éventuellement vous parler plus spécifiquement de tel ou tel livre, je vous raconte le reste.

J'ai lu il y a trop longtemps La Condition Humaine (révolution chinoise) qui est resté mais était sans doute trop complexe pour moi à cette heure. Un peu plus tard L'Espoir (guerre d'espagne) (et son film) qui a marqué un peu plus en profondeur... il n'y a pas si longtemps La Tentation de L'Occident, Lazare, Les Conquérants, Le Musée Imaginaire, Les Antimémoires (et Carnet du Front Populaire) et là...


L'écriture ? essayons de commencer par l'écriture... difficile parfois, souvent, je ne sais pas, elle m'est techniquement difficile à l'occasion, c'est peut être un peu embrouillé je ne sais pas. ça aurait été plus simple si j'avais été à l'école quelques dizaines d'années auparavant ? je ne sais pas non plus. J'aime son écriture, complexe, riche qui plus que de le mettre sur une estrade me donne le sentiment qu'elle est un acte délibéré pour conserver la richesse de l'écriture, la préserver... nous préserver par la même occasion. Par des scènes remarquables, des suites de pensées des plus sensibles au plus réfléchies ou dans une quête redoutable d'efficacité (Les Conquérants !!!, La Voie Royale aussi...), l'écriture est grande. Elle impressionne, elle envoute... elle apaise à sa façon.

Les "thèmes" ? La mort, l'engagement, l'humanité, l'art, la ou plutôt les cultures... une connaissance et une finesse d'analyse incroyables. Sans trop exagérer ses considérations m'ont raccroché à ce que j'avais l'impression de perdre dans mes plus vilains passages à vide.

On lui reproche semble-t-il de travestir la réalité à l'occasion, je ne sais pas, il s'est créé un personnage, ça a un sens...

je vais bien devoir vous retrouver quelques extraits...


Citation :

Sur toute cette poussière de néant, passe le geste attentif et retenu par lequel les mères posaient les jouets dans les tombeaux des enfants. Voici le pain triangulaire des morts et toutes ces graines dont on dit qu'elles germent lorsqu'on les plante, et ces "fleurs momifiées", que nous ne distinguons plus de leurs feuilles brunes. Pourquoi ces bouquets plats sont-ils si émouvants ? Est-ce parce que les fleurs apportent partout aux morts la perfection de l'éphémère, alors qu'on les préparait ici pour l'éternité ?

Citation :
Les gens existaient toujours. Ils avaient continué à vivre, tandis que j'étais descendu au royaume aveugle. Il y avait ceux qui étaient content d'être ensemble, dans la demi-amitié et la demi-chaleur, et sans doute ceux qui, avec patience ou véhémence, tentaient d'extraire de leur interlocuteur un peu plus de considération ; et au ras du sol tous ces pieds exténués, et sous les tables quelques mains aux doigts enlacés. La vie. Le théâtre de la terre commençait la grande douceur du début de la nuit, les femmes autour des vitrines avec leur parfum de flânerie...
Ne reviendrai-je pas par une heure semblable, pour voir la vie humaine sourdre comme la buée et les gouttes recouvrent les verres glacés - lorsque j'aurai été vraiment tué ?

Citation :
Le silence. Le silence absolu, et les étoiles. Des jonques passent un peu au-dessous de nous, portées par le courant que nous remontons, sans un son, sans un visage. Plus rien de terrestre dans ces montagnes confuses qui nous entourent, dans cette eau qui ne bruit ni ne clapote, dans ce fleuve mort qui s'enfonce dans la nuit comme un aveugle ; rien d'humain dans ces barques que nous croisons, sinon peut-être des lanternes qui luisent si faiblement à l'arrière qu'elles se reflètent à peine...
" ... L'odeur n'est pas la même... "
La nuit est tout à fait venue. Klein est à côté de moi. Il parle français, presque à voix basse :
" Pas la même... As-tu voyagé la nuit, sur des rivières ? en Europe, je veux dire.
- Oui...
- Comme c'est différent, n'est ce pas, comme c'est différent !..."

La lecture de Malraux c'est devenu quasi religieux pour moi, pour le respect de la manière et de ce qu'il a mis dedans. ça m'impressionne et me nourrit à plus d'un titre.

Pour finir, dans un premier temps, si une improbable image d'auteur de pages et de pages de réflexions sans fin devait vous venir à l'esprit (... ?) je dirai que parfois éventuellement mais quelles réflexions et comment ! ... et que ça serait oublié son efficacité redoutable dans la tension et l'action... en même temps si il le faut... c'est là aussi le charme, la magie des romans... les pensées qui se mêlent au réel...

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MessageSujet: Re: André Malraux   Mer 1 Aoû 2007 - 1:23

Je ne pourrai guère t'aider, jamais lu André Malraux! Mais tu ne patauges pas du tout, tu viens de me donner envie, c'est merveilleux!
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animal
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MessageSujet: Re: André Malraux   Mer 1 Aoû 2007 - 22:13

tu me rassures cat

je continue, un peu obligé... quand je lis Malraux j'ai souvent envie de recopier des passages et de les envoyer... un peu pareil ici, je partage. Prenons un livre...

Lazare

Quatrième de couverture a écrit:
«Ce qui me fascine dans mon aventure, c'est la marche sur le mur entre la vie et les grandes profondeurs annonciatrices de la mort. C'est aussi le souvenir de ces profondeurs. "Les réanimés ne se souviennent de rien" (de rien, mais de conversations entre les médecins !). La rencontre avec la part de l'homme qui marche, geint ou hurle quand la conscience n'est pas là.
J'ai été conscient de ne plus savoir où j'étais -, d'avoir perdu la terre. Pas d'autre douleur que celle des autres, qui bat confusément cette chambre blanche où veille la petite lampe de la nuit comme, dans ma chambre de Bombay, la rumeur de l'Océan battait la grève. Je suis lucide, d'une lucidité limitée au ressassement d'une terre de nulle part, à la stupéfaction devant cet état ignoré. Ce qui s'est passé n'a rien de commun avec ce que j'appelais mourir.»
En 1972, André Malraux, «atteint d'une maladie du sommeil», est hospitalisé à la Salpêtrière. De cette expérience va naître Lazare, un de ses plus beaux livres, celui qu'il choisit pour clore le cycle du Miroir des limbes.

je ne me souviens pas des détails ou d'une histoire, il s'agit d'un mélange de souvenirs, d'observations, de rencontres, de discussions... C'est aussi quelques pages parmi les plus impressionnantes que j'ai lues, de celles qui font froid dans le dos. Belles, sombres, violentes... le paysage surréaliste d'un essai de gaz de combat. Choquantes, dérangeantes presque de savoir faire d'écriture...

Je vous propose un extrait, d'avant, juste avant, quand les hommes attendent.

Citation :
- L'électricité, elle, q' doit rester allumée..."
Berger pense à la ville des Mille et Une Nuits où tous les gestes humains, la vie des fleurs, la flamme des lampes ont été suspendus par l'Ange de la Mort. Le geste pétrifié des forgerons fabuleux sous une lumière à peine troublée du passage des volontés humaines, éphémères comme cette guerre et comme les armées. Celui qui vient de parler de l'électricité, une tête d'alcoolique héréditaire, farfouille dans une valise de poupée misérable. L'obscurité est de nouveau habitée. Les timbres des voix changent, mais les tons restent les mêmes - la même résignation, la même fausse autorité, la même absurde science et la même expérience, la même inusable tristesse et la même inusable gaieté, les discussions qui ne connaissent que l'affirmation de plus en plus brutale, comme si ces voix de l'obscurité ne parvenaient pas à individualiser leur colère.
Le temps redevient le temps qui dépend des ordres supérieurs. Sous un des rais de lumière, net sur le sol charbonneux, un jeu de tarots est étalé; une main en tire de temps en temps une carte, avec un murmure qui s'efforce de prévoir une vie... Cette main sans corps semble courir sur les cartes comme un rongeur, de toute éternité.
Après un nouveau silence, une voix chuchote, sur un ton d'excuse attendrie :
"C'est pas pour sa beauté que je l'ai épousée..."
Un des hommes montre une photo à un autre? Ses paroles, dans l'obscurité, prennent une intensité mystérieuse. Autour des rais de lumière, nul ne montre rien. Sous le plus proche, un adolescent au fin visage lit. Que fait-il dans ce régiment territorial? Est-ce lui qui vient de parler? Il n'a pas bougé une seule fois depuis que Berger écoute. Accroupi dans le jet de lumière lancé par le trou, il lit. Comme le plafond des sapes est bas!

passage que je souhaite comme un avant goût de l'atmosphère envahissante qui rentre en nous petit à petit dont est capable cet auteur.

il me semble que le :

Vous savez, "Qu'importe" est une maladie qu'on ne soigne pas encore...

est issu de cet ouvrage.

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MessageSujet: Re: André Malraux   Mer 1 Aoû 2007 - 22:51

Des amis m'ont offert une biographie de Malraux par Olivier Todd...
Je ne l'ai pas encore lue...Je n'ai pas lu non plus les écrits de Malraux...
J'y viendrai un jour...
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MessageSujet: Re: André Malraux   Jeu 2 Aoû 2007 - 7:06

J'ai beaucoup lu Malraux en Première au lycée. A l'oral, je suis tombée sur un extrait (non étudié en classe...à l'époque des dinosaures on pouvait avoir ce type de surprises Wink ) de "La condition humaine", l'ouverture du roman en fait.
Cela fait trop longtemps pour que je puisse en discuter avec pertinence Crying or Very sad Va falloir que je m'y remette alors! sourire
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MessageSujet: Re: André Malraux   Jeu 2 Aoû 2007 - 10:17

Chatperlipopette a écrit:
J'ai beaucoup lu Malraux en Première au lycée. A l'oral, je suis tombée sur un extrait (non étudié en classe...à l'époque des dinosaures on pouvait avoir ce type de surprises Wink ) de "La condition humaine", l'ouverture du roman en fait

pinèze !! ça veut dire que je suis un dinosaure !!?? je vais bientôt avoir des paléontologues qui vont surgir chez moi et me décortiquer le corps ??? affraid
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MessageSujet: Re: André Malraux   Lun 6 Aoû 2007 - 21:44

Mais je suis certaine qu'avec une ou deux images de film d'horreur, tu les feras fuir ces vilains paléontologues....à moins qu'ils n'aient vraiment peur de rien Wink
Tu as été interrogée sur un extrait non étudié en classe à l'oral du bachot?
Finalement je serais limite amibe affraid
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MessageSujet: Re: André Malraux   Mar 7 Aoû 2007 - 3:11

Animal en parle très bien.
Lecture quasi religieuse, oui. C'était aussi du temps des dinosaures.
L'Espoir
La condition humaine.
La voie Royale

Les 3 que j'ai lus m'ont laissé un souvenir géant. Il serait intéressant que je relise avec des yeux non-adolescents.
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MessageSujet: Re: André Malraux   Mar 7 Aoû 2007 - 7:30

il va falloir que je relise la condition humaine, j'ai du passé à côté de trop lorsque je l'ai lu.

Par où commencer ?

pas par la Tentation de l'Occident (je dirai pourquoi plus tard sinon je vais être très à la bourre sourire ) même si on y trouve très largement son compte...

L'Espoir peut être pour commencer, je n'en ai pas un souvenir net mais... je pense que ce n'est pas une mauvaise idée !


(quelqu'un a lu ses histoires farfelues ?)

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MessageSujet: Re: André Malraux   Mar 7 Aoû 2007 - 19:37

Pas encore l'intention de me lancer dans la lecture d'André Malraux, mais j'ai resorti, grâce à toi Animal, un Découvertes Gallimard intitulé André Malraux, la création d'un destin" que je vais parcourir sous peu ( enfin, dès que j'ai 5 minutes...)
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MessageSujet: Re: André Malraux   Mar 7 Aoû 2007 - 19:45

ah ben on compte sur toi pour raconter cat

si j'émerge un peu je reviens tout à l'heure sur la tentation de l'occident qui est un bouquin un peu... Shocked -ant !

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MessageSujet: Re: André Malraux   Mar 7 Aoû 2007 - 22:17

La Tentation de l'Occident

le quatrième de couverture a écrit:
Qu'apporte aux Chinois lettrés imprégnés d'une culture et d'une sagesse millénaires la culture européenne si jeune par rapport à la leur ? Quelle tentation leur offre-t-elle ? Par le truchement d'un échange de lettres entre un Européen, A. D., séjournant en Extrême-Orient, et Ling, un Chinois voyageant en Europe, André Malraux compare la dynamique européenne à la pensée chinoise. Dans cet essai, André Malraux, fort de sa jeune expérience d'orientaliste, analyse avec maestria l'homme d'Europe et le destin qu'il se prépare.

un avis vague et quelques souvenirs...

d'abord à ranger dans un coin de sa tête : il a écrit ça a 20 ans et des miettes !

En commençant la lecture on se rend compte que ça ne va pas être simple il y a beaucoup de passages à l'écriture compliquée et qu'il faut relire pour espérer une éventuelle compréhension, l'impression qu'il en fait un poil trop. Je vous rassure il y a le reste, et le contenu !

C'est donc un faux échange de lettres entre un jeune chinois en europe et un jeune européen en Asie... chacun cherchant quelque chose qui lui manque ou qu'il croit trouver à l'autre bout du monde... c'est des lieux, de l'art, des réflexions.

Surprise ou non, n'attendez pas un direct amour fou d'une asie tellement plus sensible, les deux personnages restent accroché à leur culture, leur humanité presque... ils ratent ce qu'ils cherchaient peut être.

Des souvenirs reviennent pour vous en parler mais sans doute pas assez...

ce qui m'a marqué :

en me considérant jeune, parmi d'autres, de culture "d'ici" dans notre monde de "maintenant", maintenant où on peut se poser la question jeune qu'on est de qu'est ce que ça veut dire pour nous disons "culture judéo-chrétienne", plus ou non si on est athée ? que l'on a lu, consommé de l'asie ? que malgré tout on reste sensible marqué par des démonstration de cette (culture... Abel Ferrara et ses rédemptions par exemple). A la question de savoir "mais j'en suis quoi de cette culture, et qu'est ce qu'elle est de moi ?" ... la réponse qui apparait à la lecture c'est que bien que coupé des classiques, d'un savoir factuel de cette culture, de ses mythes, de... tellement ! et j'ai compris qu'elle était beaucoup dans ma façon de vivre (si je vous retrouve un passage, peut être...)

A côté on a aussi un regard à la fois appréciateur et critique d'une civilisation aux dehors plus calmes, contemplative peut être, plus sensible éventuellement, moins "lourde" parfois. (un passage peut être aussi ?)

Une fois encore, dans le fond, renforcé sans doute par le "un peu trop" de l'écriture on est supposé (pour se rassurer ?) penser poudre aux yeux, mytho et savoir faire. Remarquez, je pense que c'est important d'essayer d'être critique face à un propos si essentiel... N'empêche tout un savoir livresque (qu'on lui reproche bien plus grand que son expérience directe de l'Asie), tout savoir ou toute faculté à s'inspirer ne viendront pas à bout de la finesse de cette réflexion, de ses fondements. C'est saisissant (de mon petit point de vue) par rapport à DEUX cultures dans le même livre et à l'Homme qui les unit... tout ça donc à une vingtaine d'années. Je suis stupéfait et admiratif, il faut le dire.

Le nombre de fois où; lisant Malraux, j'ai mieux compris des choses sur l'asie, le bouddhisme, choses que j'ai effleurées dans d'autres livres, tenté de comprendre aussi dans la méditation...

un extrait avant d'en trouver de plus spécifiques je l'espère...

Citation :
Toujours, l'esprit de l'Occident s'efforça de donner aux choses auxquelles il attribuait de la valeur un caractère durable. Il y a en lui une tentative de conquérir le temps, d'en faire le prisonnier des formes. Mais cette tentative même n'est possible que dans un monde organisé par lui. C'est lui qui se couronne, et réduit au néant l'existence de ce qu'il ne doit pas élire...
Le temps l'entraine aujourd'hui. Ce sens nouveau que nous trouvons aux gestes et aux paysages, c'est la nécessité où nous sommes de les regarder rapidement qui le leur donne. Comme les eaux des grandes profondeurs transforment peu à peu leurs habitants selon le pittoresque des carnavals biologiques, notre civilisation, pénétrant nos artistes, leur rend insaisissable un monde qui n'accepterait pas son rythme. Je me souviens parfois, de ces paysages de loess où les montagnes dirigent vers un triangle renversé de ciel leurs stratifications parallèles ; ou de vos paysages du Sud, parfaits comme des dessins. Notre art me parait alors celui d'une planète lointaine, et me console, en tirant de sa machinerie un plaisir compliqué, de la grande tristesse que me donne cette certitude : il n'y a plus d'art que je ne puisse comprendre...
Les Européens sont las d'eux-mêmes, las de leur individualisme qui s'écroule, las de leur exaltation. Ce qui les soutient est moins une pensée qu'une fine structure de négations. Capables d'agir jusqu'au sacrifice, mais pleins de dégoût devant la volonté d'action qui tord aujourd'hui leur race, ils voudraient chercher sous les actes des hommes une raison d'être plus profonde.

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MessageSujet: Re: André Malraux   Mer 8 Aoû 2007 - 2:23

Citation :
tout ça donc à une vingtaine d'années. Je suis stupéfait et admiratif, il faut le dire.

Un petit extrait de mon Gallimard

....Quand Malraux et Monin lancent L'Indochine en juin 1925 ,à Saïgon, les chiens de garde du colonialisme hurlent au loup. C'est que dans le ballet feutré des piastres où certains accumulent d'énormes fortunes, un quotidien pro-annamite dirigé par un avocat "bolchéviste" et un "pilleur de temples" révolutionnaire risque d'introduire des fausses notes. Cela ne manque pas: dès les premiers numéros, des éditoriaux brillants brocardent allègrement le gouverneur de la Cochinchine Cognacq, son adjoint Darles, " le bourreau de Thaï Nguyen", les présidents des chambres de commerce et d'agriculture et tous les personnages importants de cette administration frelatée. Bientôt L'Indochine se fait largement l'écho du confus mouvement de libération qui se dessine dans un grand pays voisin, la Chine: ce sera plus tard la matière des Conquérants . Malraux et Monin apparaissent comme des agents du Guomindang " communiste".

La pourriture, le grouillement des serpents et des scorpions rencontrés dans la jungle cambodgienne n'étaient qu'un avant-goût: ceuxqui se réveillent pour faire taire L'Indochine sont bien plus venimeux.
Dans cette super-province coloniale qu'est alors la Cochinchine, c'est une véritable levée de boucliers: dérobade des imprimeurs, intimidation des lecteurs par l'administration, menaces aux abonnés, pertes des exemplaires. Les autres journaux, L'Impartial en tête, qui bénéficie comme toutes les publications autorisées d'abonnements forcés, crachent et griffent. Un directeur de journal, ce jeune homme louvoyant " entre la littérature, les affaires, la cambriole et la prostitution"?
Malraux répond: " M. Delong m'oppose ma jeunesse. Quarante ans de bêtise n'ont jamais fait l'intelligence..."
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MessageSujet: Re: André Malraux   Mer 8 Aoû 2007 - 12:40

Malraux etait avant tout un jongleur, un magicien du mot. Il etait brillant, erudit, fonceur. Il faudrait le lire et le relire pour parvenir à lever bien des voiles. Sous la musique de ses phrases, que cache-t-il?

Merci Animal, pour cette fine analyse - et pour l'envie, que tu me donnes, de le relire a nouveau.
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MessageSujet: Re: André Malraux   

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André Malraux
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