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 Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu

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pia
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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptyVen 29 Nov 2013 - 23:16

zazy a écrit:
je me rajoute à la liste
Super!

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptySam 30 Nov 2013 - 10:42

Yes pour que zazy se rajoute à la liste... enfin, un-e autre qui s'active... Wink

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De Gaulle, citant Nietzsche

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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptySam 30 Nov 2013 - 14:48

Nous voilà six.
Extra!
Peut être pourrions nous songer à monter la (ou les) pièce(s)... laugh 

Je n'ai pas résisté à lire, dès aujourd'hui, la préface de Charles Grivel (édition du livre de Poche) qui, à elle seule, est déjà bien "fumeuse".
Et les deux présentations de Jarry lui même. J'avoue même, dans un souci de grande honnêteté et transparence (brrr, fait froid, mais bon), avoir pris connaissance du répertoire des costumes avec la plus grande gourmandise.

Je sens que nous allons bien nous amuser. joie 

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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptyDim 1 Déc 2013 - 9:40

Ta taaaaaa! 1er décembre.
L'orchestre tonitruant composé de hauts bois aussi bien que de cervelas et de flageolets mais aussi des grandes orgues nous invite au pays de nulle part.
Apparait le pére Ubu qui prononce son premier mot: "Merdre!"
Et voilà. Nous y sommes, en plein dedans (si je puis dire).
Jarry ne nous laisse aucun doute dans sa présentation, : " Monsieur Ubu est un être ignoble."
Il n'épargne personne en nous impliquant tous: "Ce pourquoi il nous ressemble (par en bas) à tous."

Ubu roi est la première pièce de la série.
Rien ne nous arrêtera et nous lirons ensuite
Ubu Cocu
Ubu enchaîné

sans oublier les
Almanachs du père Ubu.

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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptyDim 1 Déc 2013 - 16:01

Je participe à la cacophonie et je souffle dans un petit Galoubet. Je voudrais souffler dans une cornemuse mais quand j’ai essayé, je n’ai pu produire aucun son.

Père Ubu : Vous vous moquez de moi ! Dans la trappe, les financiers !
Mère Ubu : Mais enfin, Père Ubu, quel roi tu fais, tu massacres tout le monde.
Père Ubu : Eh merdre !

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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptyDim 1 Déc 2013 - 17:14

"Par ma chandelle verte", Mère Ubu tu abuses!
C'est toi qui voulait que le père Ubu devienne roi à la place du roi!
Tu l'as poussé à le tuer ce pauvre Venceslas.

"Vrout, merdre, il a été dur à la détente mais vrout, merdre, je crois pourtant l'avoir ébranlé. Grâce à Dieu et à moi même, peut être dans huit jours serais je reine de Pologne."

De quoi méditer sur l'ambition démesurée de la mère U et la bêtise du père U!
Et par extension... car il ne faut jamais oublier les extensions de raisonnement.

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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptyLun 2 Déc 2013 - 17:40

On démarre au quart de tour ici ! Very Happy
Ceci dit, j'ai aussi (re)(re)(re) commencé à lire Ubu Roi moi aussi...

unmotbleu a écrit:
Nous voilà six.
Extra!
Peut être pourrions nous  songer à monter la (ou les) pièce(s)... laugh 

Je n'ai pas résisté à lire, dès aujourd'hui, la préface de Charles Grivel (édition du livre de Poche) qui, à elle seule, est déjà bien "fumeuse".
Et les deux présentations de Jarry lui même. J'avoue même, dans un souci de grande honnêteté et transparence (brrr, fait froid, mais bon), avoir pris connaissance du répertoire des costumes avec la plus grande gourmandise.

Je sens que nous allons bien nous amuser. joie 
Mon édition présente une préface de Noël Arnaud. Très, très intéressante car j'ai pu apprendre qu'Alfred Jarry n'est pas vraiment l'auteur d'Ubu Roi. La pièce, collectivement écrite par les élèves de son lycée dans les années 1880, s'intitulait d'abord Les Polonais. Alfred Jarry l'a simplement retouchée, adaptée, enlevé quelques allusions sexuelles pour les remplacer par du plus scatologique et poussé au pinacle... ça change pas mal de choses...

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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptyLun 2 Déc 2013 - 17:51

oULALALA! En effet! A t il précisé cela quelque part?
A t il écrit les autres pièces?

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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptyLun 2 Déc 2013 - 19:23

Oui je l’ai lu aussi quelque part. Il l’aurait écrite vers 1888 avec deux frères Charles et Henry Morin. Puis il l’adapte et la fait représenter par les marionnettes du théâtre des Phynances, d’abord dans le grenier de la famille Morin puis chez les Jarry. Il semblerait que « Onésime ou les tribulations de Priou » écrite au lycée de Rennes pendant l’année scolaire 1888-1889 soit à l’origine d’ « Ubu cocu » ??

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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptyMar 3 Déc 2013 - 9:18

Après relecture de la fameuse préface, je corrige mes précédents propos... Jarry aurait en réalité ajouté des allusions sexuelles à la pièce et dépassé le scatologique pour aller à l'érotique.

Pia, tu as raison de citer les frères Charles et Henry Morin mais eux aussi, à l'instar de Jarry, ont seulement contribué au développement de la pièce. En réalité, l'original des Polonais est une véritable oeuvre collective construite et développée par plusieurs cessions d'étudiants. Seul Alfred Jarry a su déceler le potentiel de cette pièce. Son intervention a permis de l'achever, de la fixer une bonne fois pour toutes, et il lui a sans doute apporté beaucoup de son talent absurde.

Des extraits de la préface :

Citation :
"[...] Ubu n'est de Jarry que parce qu'il a changé les noms des personnages des Polonais, et baptisé Ubu. Le génie [...] pour Jarry est moins d'écrire que de vouloir écrire. Ainsi, il remet en cause fondamentalement la notion d'auteur, la notion de propriété littéraire. Il montre qu'il n'y a de littérature que volontaire, publiée, signée. Mieux encore, la signature crée l'oeuvre (Duchamp, Dada iront dans ce sens et seul, au siècle de Jarry, Lautréamont)."

Citation :
"Pourquoi Jarry s'est-il approprié Ubu qui n'était pas de lui, qui n'était pas lui ? Observer [...] que Jarry y a instillé une dose de sexualité absente des élucubrations originelles, qu'il a haussé le texte du scatologique à l'érotique, trouver preuve de cet infléchissement dans la transformation de certains mots (ainsi des Salopins aux Palotins), c'est bien [...] ; il demeure que les situations ubiques et l'attirail de tortures du Père Ubu existaient, tels quels, dans les premiers écrits de Rennes; l'action personnelle de Jarry sur quelques mots du texte initial n'a fait que rendre plus évidentes des pulsions enfantines et puis adolescentes décelables avant même ce travail de réécriture."

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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptyMar 3 Déc 2013 - 10:30

colimasson a écrit:


Pia, tu as raison de citer les frères Charles et Henry Morin mais eux aussi, à l'instar de Jarry, ont seulement contribué au développement de la pièce. En réalité, l'original des Polonais est une véritable oeuvre collective construite et développée par plusieurs cessions d'étudiants. Seul Alfred Jarry a su déceler le potentiel de cette pièce. Son intervention a permis de l'achever, de la fixer une bonne fois pour toutes, et il lui a sans doute apporté beaucoup de son talent absurde.

Ça m’en a bien l’air en tout cas: "M. Hébert – surnommé le P. H. ou le Père Heb, Eb, Ebé, Ebon, Ebance, Ebouille – est le protagoniste d'une geste épique et satirique que se transmettent des générations d'élèves". Je pense que les Morins étaient surement plus proches de Jarry et que c’est pour ça qu’ils sortent du lot et que l'on peut trouver leur noms. Ou alors ils étaient les instigateurs de cette chaine d’écriture pour moquer Hébert et étaient chargés de garder les écrits ? jypeurien  J’imagine que ce Hébert ne devait pas être très aimé des parents non plus puisqu’ils acceptaient qu’on le moque aussi chez eux !!!

Voilà ce que j’ai trouvé :

1888 – 1891
En octobre 1888, Mme Caroline Quernest-Jarry revient à Rennes, sa ville natale, pour favoriser les études de ses enfants.
Jarry est élève au Lycée de Rennes, où le professeur de physique, M. Hébert – surnommé le P. H. ou le Père Heb, Eb, Ebé, Ebon, Ebance, Ebouille – est le protagoniste d'une geste épique et satirique que se transmettent des générations d'élèves.
L'un d'eux, Henri Morin communique à Jarry un épisode de la geste rédigé par son frère Charles, épisode qui relate les tribulations du P. H. devenu roi de Pologne et s'appelle Les Polonais.
Jarry adapte le texte sous forme de comédie pour la faire représenter par les marionnettes du théâtre des Phynances, en décembre 1888 et janvier 1889 d'abord dans le grenier de la famille Morin, puis à partir 1890 dans l'appartement des Jarry.
Toujours intitulée Les Polonais, cette pièce est la plus ancienne version du premier Cycle d'Ubu ou Ubu Roi.
A la même époque, Alfred Jarry compose Onésime ou les Tribulations de Priou qui devient bientôt Les cornes du P. H. ou Les Polyèdres, puis Ubu Cocu, le deuxième Cycle d'Ubu.

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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptyMar 3 Déc 2013 - 13:30

Je pense avoir la même édition (Folio) que Colimasson et en ce qui concerne le lien Jarry/Morin, il apparait que l'aîné (Charles) a quitté le lycée (pour aller à polytechnique) et que le cadet (Henry) étant resté au lycée de Rennes, il entre en relation avec Jarry...

Deux petites réflexions me viennent à la lecture du début d'Ubu roi :

- Alfred Jarry a dans son nom trois 'r', il y en a deux dans 'merdre' et pas dans Ubu, mais un dans Père Ubu tout de même. Cette insistance sur la lettre 'r' me pousse à me poser quelques questions. Ce 'r' vient-il de la rage qui semble jaillir du texte, de cette hargne, de cette guerre que Jarry mène contre l'ordre établi et ses compromissions ? Mais on trouve aussi un 'r' à la fin du mot amou'r' et du mot humou'r', qui roucoulent tous les deux comme un joli couple d'amoureux. Alors ? Alors je me demande ce que Jarry éprouvait pour Ubu : amour ou rage, répulsion ou ferveur... ? En tout cas, il ne nous donne pas les moyens de l'aimer ce personnage bête et méchant.

- Quelle incroyable gageure cela doit être de réciter ce texte pour des comédiens ! Quel travail ahurissant sur la langue et ses dérives, ses achoppements et ses gribouillis ! Innovante et performative, c'est la langue d'Ubu.

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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptyMar 3 Déc 2013 - 15:39

C’est vrai qu’il semble y avoir un paradoxe. Tous les élèves le moquaient ce Hébert mais il tout de même inspiré des générations d’élèves. Et Jarry a continuer à écrire ses Ubu avec Hébert en filigrane. Ou alors Ubu est devenu un personnage en soi, qui vivait par lui-même. Ce serait marrant de pouvoir lire « Les Polonais ».  Voir comment la pièce a évolué. Je n’avais jamais pensé à tous les « r » qu’il y a dans la langue d’Ubu. La hargne contre l’ordre établi. La bourgeoisie de cette époque conservatrice et bien pensante, qui sous ce masque était surement capable des pires insanités... Il parait que ce Hébert laissait ses classes aller à vau l’eau et qu’il n’avait aucune autorité. :apeur:

Et maintenant je met la pedale douce....:3 

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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptyMer 4 Déc 2013 - 8:22

Pédale douce?
Impossible au pays de Nulle part!
Outrance fait loi.
Question de ce matin: comment tuer le roi?
Ubu veut l'empoisonner sournoisement le capitaine Bordure a une autre idée:
"Moi, je suis d'avis de lui ficher un grand coup d'épée qui le fendra de la tête à la ceinture.
Tous: oui, voilà qui est noble est vaillant!"
Deuxième question: pourquoi jusqu'à la ceinture?
Pas de réponse dans le texte.sourire
Les débats sont ouverts...
Suggestion: le fondement de tout un chacun est... fondamental. Gardons le intact?
Justification: la scatologie est omni présente dans l'univers Ubuesque.

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MessageSujet: Re: Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu   Lecture en commun Alfred Jarry: Ubu - Page 2 EmptyMer 4 Déc 2013 - 9:17

Merci pia pour le complément d'information.

shanidar a écrit:

- Quelle incroyable gageure cela doit être de réciter ce texte pour des comédiens ! Quel travail ahurissant sur la langue et ses dérives, ses achoppements et ses gribouillis ! Innovante et performative, c'est la langue d'Ubu.
Magnifique ! je n'aime pas jouer du théâtre mais si je le devais quand même, cette pièce attirerait mes faveurs. Le travail de prononciation est certainement énorme, mais lorsqu'il est maîtrisé, quelle griserie cela doit être ! J'ai terminé l'Ubu Roi et je m'imaginais lire la Chanson du décervelage qui atteint des sommets ! Elle m'enivre à la seule lecture drunken 

Citation :
Je fus pendant longtemps ouvrier ébéniste
Dans la ru’ du Champs d’ Mars, d’ la paroiss’ de Toussaints ;
Mon épouse exerçait la profession d’ modiste

Et nous n’avions jamais manqué de rien.
Quand le dimanch’ s’annonçait sans nuage,
Nous exhibions nos beaux accoutrements
Et nous allions voir le décervelage
Ru’ d’ l’Echaudé, passer un bon moment.

Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervell’ sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler;
(Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !

Nos deux marmots chéris, barbouillés d’ confitures,
Brandissant avec joi’ des poupins en papier
Avec nous s’installaient sur le haut d’ la voiture

Et nous roulions gaîment vers l’Echaudé.
On s’ précipite en foule à la barrière,
On s’ flanque des coups pour être au premier rang ;
Moi j’me mettais toujours sur un tas d’pierres
Pour pas salir mes godillots dans l’sang.

Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervell’ sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler;
(Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !

Bientôt ma femme et moi nous somm’s tout blancs d’ cervelle,
Les marmots en boulott’nt et tous nous trépignons
En voyant l’Palotin qui brandit sa lumelle,

Et les blessur’s et les numéros d’ plomb.
Soudain j’ perçois dans l’ coin, près d’ la machine,
La gueul’ d’un bonz’ qui n’ m’ revient qu’à moitié.
Mon vieux, que j’ dis, je r’connais ta bobine :
Tu m’as volé, c’est pas moi qui t’ plaindrai.

Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervell’ sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler;
(Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !

Soudain j’ me sens tirer la manche’par mon épouse ;
Espèc’ d’andouill’, qu’elle m’ dit, v’là l’ moment d’te montrer :
Flanque-lui par la gueule un bon gros paquet d’ bouse.

V’là l’ Palotin qu’a juste’ le dos tourné.
En entendant ce raisonn’ment superbe,
J’attrap’ sus l’ coup mon courage à deux mains :
J’ flanque au Rentier une gigantesque merdre
Qui s’aplatit sur l’ nez du Palotin.

Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervell’ sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler;
(Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !

Aussitôt j’ suis lancé par dessus la barrière,
Par la foule en fureur je me vois bousculé
Et j’ suis précipité la tête la première

Dans l’ grand trou noir d’ousse qu’on n’ revient jamais.
Voila c’ que c’est qu’d’aller s’ prome’ner l’ dimanche
Ru’ d’ l’Echaudé pour voir décerveler,
Marcher l’ Pinc’-Porc ou bien l’Démanch’- Comanche :
On part vivant et l’on revient tudé !

Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervell’ sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler;
(Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !

unmotbleu a écrit:

Justification: la scatologie est omni présente dans l'univers Ubuesque.
Justification qui justifie tout ! Alfred Jarry disait qu'il n'y a pas de signification à chercher dans ce Ubu. Je mettrais quand même un bémol : la recherche du plaisir régressif à parler de caca, de suggérer le zizi, et de tuer tout ce qui bouge.

"Corne physique, je suis à moitié mort ! Mais c'est égal, je pars en guerre et je tuerai tout le monde. Gare à qui ne marchera pas droit. Ji lon mets dans ma poche avec torsion du nez et des dents et extraction de la langue."

(ah oui, et puis le plaisir aussi de jurer avec une inventivité incroyable, d'imaginer des tortures macabres et cependant relevées par l'improbabilité d'accents saugrenues -ça me fait un peu penser à la Cantatrice chauve lorsque les invités des Smith se mettaient soudain à prendre l'accent anglais).

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