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 Vladislav Otrochenko

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kenavo
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MessageSujet: Vladislav Otrochenko   Dim 8 Déc 2013 - 8:14



Vladislav Otrochenko est issu d’une lignée de Cosaques du Don. Il est né en 1959 à Novotcherkassk, leur ancienne capitale. Poète et membre de l’Union des écrivains russes, il est récompensé par de nombreux prix littéraires — comme les prix Grinzane Cavour (2004), Ivan Petrovitch Belkine (2005), ou le prix Gorki (2006). On l’appelle réaliste mystique ou fantastique. On chuchote qu’il mène dans ses textes, l’Adieu à l’Archiviste une recherche du sens qui rejoint en courant les textes d’un Gazdanov ou d’un Borges. Sa prose brasse la vieillesse, la vie, la mort, le sombre et l’éclatant, avec l’enthousiasme de l’enfant devant les miracles qui surgissent à chaque pas.

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kenavo
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MessageSujet: Re: Vladislav Otrochenko   Dim 8 Déc 2013 - 8:14


Mes treize oncles
Citation :
Présentation de l’éditeur
Vladislav Olegovitch Otrochenko. Un nom qui ne vient pas des grandes villes littéraires du Nord mais d'une capitale du Sud, réelle et mythique à la fois, celle des Cosaques du Don - chevauchées à travers les hautes herbes de la steppe, charges militaires furieuses, chants, danses et festins sous le ciel étoile...

Otrochenko, un auteur cosaque ? Mieux encore.

Se jouant des clichés, il nous livre une prose fastueuse, éperdument généreuse, solaire, mêlant la fable et le réel, peuplée de petites gens qui échappent à l'absurdité de leur siècle par la grâce d'une déraison magistrale, claquant comme bannière au vent.

Mes treize oncles est une étrange saga où se croisent les treize fils du Cosaque Malakh, porteurs de vénérables prénoms et de gigantesques favoris marquant leur filiation, enfants d'une génitrice universelle, occupant une maison labyrinthique aux couloirs infinis. Les phrases s'allongent, s'enroulent et se prolongent telle une fratrie de mots galopant à la conquête d'un nouvel espace d'écriture.
Je crois que si j’aurais jeté un œil sur la biographie de cet auteur et aurais vu le nom de Borges, je n’aurais probablement pas fait le pas de lire ce livre…

Je veux bien d’un peu de magie, même du fantasque, je peux gérer du farfelu et le plus que bizarre, je n’ai rien contre un imaginaire trop-plein d’un auteur, mais ce livre a vraiment été un tour de force pour moi.

Par moment il m’est arrivé d’avoir un doute de mes connaissances du français, tellement les mots s’embrouillaient dans ma tête…

Mais je voulais y arriver à trouver la clé pour ce texte, je voulais y entrer… je ne suis toujours pas sûre d’avoir réussi, il me reste une impression d’une très belle écriture et d’un auteur qui pourrait plaire à plus d’un parfumé, c’est pour cette raison que je veux bien lui ouvrir ce fil et surtout vous guider vers un commentaire qui en dit tout le bien qu’on puisse avoir lors de cette lecture : ici


Extrait
Après quelque temps, un soir tard – justement le soir où Annouchka, dans un accès de révolte contre le destin impitoyable qui l’avait séparée d’abord de l’homme qu’elle aimait, et ensuite du petit Sémion, vola le revolver d’oncle Pavel pour tirer une balle pointue dans son petit cœur plein de tristesse – il y eut encore un miracle : une main timide frappa doucement à une fenêtre de la maison de Malakh. C’était une des nombreuses fenêtres du vaste bureau d’oncle Pavel – la quatorzième à partir du mur est, un mur aveugle où sabres, piques et pertuisanes étaient suspendus à touche-touche, et près duquel oncle Pavel dormait à poings fermés sur une couchette, en uniforme et bottes aux pieds.
  C’était précisément devant cette fenêtre que se tenait, dans une attitude d’audace affligée, pressant le revolver contre son sein et la tête rejetée en arrière – « Comme ça ! » montrait oncle Sémion – la malheureuse Annouchka, au-dessus de laquelle avait déjà déployé (« étendu avidement, fiston ! ») ses ailes noires Azraël aux milliers d’yeux.
  En entendant frapper, Annouchka écarta le store et ouvrit la fenêtre. À son regard se présenta un cavalier solitaire. Son visage était caché par la longue toison de sa papakha de montagnard ; dans son dos était suspendu un fusil. Il portait le cafetan cosaque à galons d’argent de l’uniforme de la Garde, mais par en dessous on distinguait, luisant d’un éclat nacré sous la lune vagabonde, un pantalon de serge blanche comme ceux que portaient pour faire leur numéro, dans le cirque du Grec, les acrobates abyssins.
   Sans dire un mot, le cavalier attendit qu’Annouchka, qui resta longtemps à le regarder avec stupéfaction et perplexité, laisse enfin tomber le revolver qu’elle tenait inconsciemment pointé sur lui, et dans sa main ainsi libérée il plaça soigneusement une petite enveloppe scellée à la cire, fit faire demi-tour à son cheval qui caracolait impatiemment sous lui et, passant au galop les barrières du jardin – la première puis celle du fond –, il s’éloigna rapidement dans l’obscurité impénétrable, loin de la maison de Malakh.
  Annouchka brisa le sceau, ouvrit l’enveloppe, en tira une mince feuille de papier à lettres et, l’ayant regardée à la faveur d’un rayon de lune qui avait déchiré un nuage chevelu, elle poussa un cri.

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églantine
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MessageSujet: Re: Vladislav Otrochenko   Dim 8 Déc 2013 - 8:57

Merci Kena .....Et ce que tu en dis donne envie d'aller voir plus loin...........oui

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