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 William March

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topocl
Abeille bibliophile
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MessageSujet: William March   Ven 20 Déc 2013 - 14:18


WILLIAM MARCH (1893-1954)






De son vrai nom William Edward Campbell, grandit en Alabama rural fils aîné d'une famille de onze enfants . Son père était un buveur occasionnel aimait la récitation de poésie (surtout Edgar Allan Poe ) Sa  mère enseigne à ses enfants la lecture et l’écriture.
La famille est si pauvre qu'il ne peut terminer ses études secondaires , n’en obtient l’équivalence qu’à l’âge de 20 ans. Il  étudie le droit et travaille dans un cabinet d'avocats de Manhattan .

En 1917 , il s’engage dans les Marines américains et participe à la Première Guerre mondiale ,d’où il rapporte plusieurs décorations - la Croix de guerre française, l’ American Distinguished Service Cross et la Navy Cross.
Après la guerre, il se  lance dans une carrière d'affaires prospère, mais alterne les phases d'anxiété et de dépression . Il s’intéresse à la psychologie, lit Sigmund Freud , Carl Jung , Alfred Adler. En 1928 , il déménage à New York, où il suit  des cours d'écriture créative à l'Université Columbia et commence à écrire des nouvelles. Il commence à écrire des nouvelles , puis en 1933 un roman basé sur ses expériences de guerre , company K.

Il vit ensuite à Hambourg , Allemagne, où Waterman l’envoie ouvrir son marché européen. IL publie Come in at the Door, premier roman de la série   "Pearl County" réunissant romans et nouvelles , situés dans les villes mythiques de Hodgetown , Baycity , et Reedyville .. Il est témoin de la montée en puissance d'Adolf Hitler et du régime nazi et écrit une histoire courte et prophétique ,  "Personal Letter", qui exprime son inquiétude sur l'avenir politique de l'Allemagne et du monde .; .

Il vit ensuite à Londres , où il termine  son troisième roman , The Tallons, le deuxième de sa série  "Pearl County". Ses problèmes psychiatriques empirent, il est suivi par Edward Glover, psychanalyste écossais de renommé auquel il dédie Les Tallons.

Il rentre aux Etats-Unis en 39, démissionne de son poste chez Waterman, consacre son temps à l’écriture et termine sa série "Pearl County" en publiant , The Looking -Glass. Malgré ses troubles psychiatriques récurrents, il continue à écrire jusqu’à sa mort d’une crise cardiaque en mars 54.


Il est l’auteur de six romans et divers recueils de nouvelles
Romans
· Company K.. 1933. compagnie K (2013)
· Come in at the Door. 1934.
· The Tallons.. 1936.
· The Looking-Glass.. 1943.
· October Island.. 1952.
· The Bad Seed. 1954.  Mauvaise graine trad. d’Yves Rivière et Heddy Einstein 1957, Graine de potence nouvelle traduction de Denise Rousset 1965
.
Recueils de nouvelles
· The Little Wife and Other Stories.. 1935.
· Some Like Them Short.. 1939.
· Trial Balance: The Collected Short Stories of William March. 1945.
· Cooke, Alistair,. (1956).
· 99 Fables (1960).

source wikipedia
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topocl
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MessageSujet: Re: William March   Ven 20 Déc 2013 - 16:05

compagnie K.
Ed Gallmeister



William March soldat américain  engagé de la première heure dans la guerre en 1917, publie son premier roman en 1933. Il ne raconte pas « sa » guerre : en 113 courtes nouvelles, écrites chacune à la première personne par 113 soldats de sa compagnie, chacun ayant un nom,  il raconte la guerre de chacun ou plutôt le temps fort de chacun, tissant une toile subtile où se mêlent courage et  lâcheté,  poésie et trivialité,  gamineries  et  maturité.

Citation :
(…) j'ai vu beaucoup de choses, et j'ai observé la réaction de quantité d'hommes à la douleur, à la faim et à la mort, mais tout ce que j'ai appris, c'est qu'aucun homme ne réagit comme un autre, et que de cette expérience aucun ne ressort même. Je n'ai jamais cessé d'être fasciné par cette chose qu'on appelle la nature humaine, qui a ses heures de beauté et ses heures d’abjection, ni par l'océan de bêtise calme qui s'étend entre les deux.
Je n'ai ni théorie ni remède à proposer. Mais tout ce que je sais, malgré tout, c’est qu’il devrait y avoir un nom de l'humanité une loi rendant obligatoire l'exécution de tout soldat qui a servi au front et réussi échapper à la mort. Il est bien entendu impossible qu'une telle loi soit votée. Car les chrétiens qui pris dans leurs églises pour la destruction de leurs ennemis glorifient la barbarie de leurs soldats en les couvrant de bronze-ces mêmes seules personnes jugeraient cette mesure sauvage cruelle écouteraient aux urnes pour la rejeter


March soldat





On a bien l’inévitable enchaînement de tranchées, de boue, d'obus, d'amputations, de blagues de potaches, de dépucelages indispensable dans un récit de guerre, mais sous la rage et la dénonciation de l'absurdité de la guerre qui est « aussi infecte que la soupe de l'hospice et aussi mesquine que les ragots d'une vieille fille », sourdent douceur, pudeur, et humour assez rares dans ce genre de récit. Le choix de la forme « nouvelles », qui évite les discours, les transitions, les digressions, va droit au but et donne toute sa force à ce palpitant récit. Rien n'y manque, et surtout pas l'émotion. Et si William March traite aussi le retour des combattants survivants, je me suis promenée dans ce livre, comme j’aime me promener dans les cimetières militaires, effroyablement émue, m'arrêtant vers les tombe de ces jeunes gens, et écoutant l'histoire qu'ils voulaient bien, un à un, me raconter, histoire qui leur permet de survivre un temps au-delà de la mort.



J’ai pensé, quoique le livre soit très différent, à Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka. Comme William March, Otsuka  fait le choix de raconter un phénomène historique dans son universalité, en le confiant, non à un héros, mais une somme de héros. Mais là où Otsuka raconte la  globalité, noyant l'individu dans l'universel, March va doucement chercher chacun par la main, ecoute son histoire, et nous la transmet.

Humble et impuissant hommage à de jeunes vies sacrifiées, que ces pages qui ont un poids tout autre que les médailles que March refusa toute sa vie de porter.
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MessageSujet: Re: William March   Ven 20 Déc 2013 - 16:15

Plus spécialement pour Bix, qui a envie de voir les soldats fraterniser, (mais pour les autres aussi), l'une des nouvelles :

Citation :
Soldat Plez Yancey

On devait nous attribuer un secteur tranquille pour une fois et, en vérité, c'est bien ce qu'on a eu. Derrière nous se trouvait la ville de Pont-à-Mousson, devant nous coulait la Moselle, et de l'autre côté du fleuve les Allemands étaient dans leurs tranchées. La nuit où on a pris la relève, les Français nous ont expliqué les règles du jeu et nous ont demandé de les respecter : le matin, les Allemands pouvaient descendre au bord de l’eau pour nager, faire la lessive et ramasser des fruits dans les arbres de leur côté du fleuve. L'après-midi, ils devaient disparaître et on avait toute liberté de nager, de jouer ou de manger des prunes de notre côté à nous. Ça marchait impeccablement.
Un matin, les Allemands nous ont laissé un mot où ils s'excusaient de devoir nous informer qu'on allait être bombardés ce soir-là, à 10 heures, et que le tir de barrage allait durer vingt minutes. Et ça n'a pas raté, l'artillerie a ouvert le feu, mais tout le monde s'était replié d’un kilomètre vers l'arrière et était allé se coucher, et il n'y a pas eu de mal. On a passé douze jours magnifiques stationnés près de la Moselle et puis, à notre grand regret, on a levé le camp. Mais on avait tous appris quelque chose : si les hommes de rang de chaque armée pouvaient simplement se retrouver au bord d'un fleuve pour discuter calmement, aucune guerre ne pourrait jamais durer plus d'une semaine.
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MessageSujet: Re: William March   Ven 20 Déc 2013 - 19:05

Une présentation du livre très intéressante, qu'on trouve sur le site de Gallmeister : Compagnie k La guerre mis à nu par Philippe Beyvin ici
(je mets un lien parce qu'ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour qu'on ne puisse pas copier le texte No )
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Constance
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MessageSujet: Re: William March   Mar 15 Avr 2014 - 17:39

Ton lien ne fonctionne pas, Topocl ...  jypeurien 



"Compagnie K" : un mémorable roman coup de poing, dont certains passages ne manqueront pas de hanter le lecteur pour longtemps.


Ce roman constitué de 113 courts récits se divise en trois parties inégales: les premiers récits mettent en scène plusieurs soldats avant leur départ pour l'Europe, puis leur arrivée en une joyeuse naïveté sur le sol français et leurs premiers contacts frappés d'incompréhension avec une population dont ils n'entendent ni la langue ni la culture, et enfin leurs réflexions sur l'armée, la guerre. Les récits suivants se déroulent sur les champs de bataille (le corps du roman), et les derniers (environ le tiers du roman) relatent leur existence de retour à la vie civile.
La narration s'effectue en une langue brute et spontanée à l'image de ces hommes ordinaires qui, confrontés à l'indicible barbarie du front, perdent leurs repères moraux jusqu'à s'abandonner aux sordides intincts d'une dégradante animalité mais recouvrent leur humanité en l'ultime détresse de s'éteindre à la vie.
Au combat, se dévoilent la grandeur et la bassesse humaine, la compassion pour le soldat ennemi en la reconnaissance de l'altérité et l'irrespect pour sa dépouille dont on vole les quelques objets marchandables.
De retour aux U.S, certains survivants, amers car concients de s'être engagés à périr pour un illusoire idéal, doivent vivre, s'accepter et se faire accepter avec leurs mutilations physiques, tandis que d'autres, rongés par la culpabilité d'avoir tué un alter ego allemand au corps-à-corps, sombrent dans la dépression ou la folie menant jusqu'à l'enfermement psychiatrique ou jusqu'au suicide.

Ce roman antimilitariste - qui décrit quasi cliniquement les affres du stress post-traumatique dans deux des récits du retour à la vie civile - met à bas l'idée de l'héroïsme patriotique : au nom de qui et de quoi, un jeune être doit-il mourir avant d'avoir accompli les rêves de cette si brève existence qui nous est à tous donnée ?


J'ai totalement été bouleversée par le poignant récit de la mort du "Soldat inconnu" - le dernier récit des combats avant ceux du retour au pays - et j'avais songé en copier des extraits mais, de crainte d'en affaiblir sa puissance émotionnelle, j'y ai renoncé car il mérite d'être lu en son intégralité.


Extrait :


Citation :
Soldat Joseph Delaney


[...] Au début, ce livre devait rapporter l'histoire de ma compagnie, mais ce n'est plus ce que je veux, maintenant. Je veux que ce soit une histoire de toutes les compagnies de toutes les armées. Si les personnages et sa couleur sont américains, c'est uniquement parce que c'est le théâtre américain que je connais. Avec des noms différents et des décors différents, les hommes que j'ai évoqués pourraient tout aussi bien être français, allemands ou russes d'ailleurs.
Je pense : Je voudrais qu'il y ait un moyen de prendre ces récits et de les épingler sur une immense roue, à chaque récit sa punaise jusqu'à ce que le cercle soit bouclé. Et puis j'aimerais faire tourner la roue de plus en plus vite, jusq'à ce que les choses que j'ai rapportées prennent vie et soient recréées, et qu'elles finissent par se fondre avec la roue, emportées les unes vers les autres et se chevauchant; chacune devenant floue en se mêlant aux autres pour former un tout composite, un cercle de douleur sans fin ... Ce serait l'image de la guerre. Et le bruit que ferait la roue, et celui des hommes eux-mêmes qui rient, hurlent, jurent ou prient, serait, sur fond de murs qui s'écroulent, de balles qui sifflent, d'obus qui explosent, le bruit même de la guerre ...(p.15 et p.16)
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topocl
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MessageSujet: Re: William March   Mar 15 Avr 2014 - 18:29

Aaaah! je suis contente que ça t'ai plu, Constance.
Tant pis pour le lien, je n'y arrive pas. Je copie-colle, ça sera plus simple

Citation :
Compagnie K, la guerre mise à nu

LE 5 juin 1917 s’ouvre la conscription américaine qui marque l’entrée des États-Unis dans la
Première Guerre mondiale. William Campbell, alors âgé de 23 ans, s’engage comme des millions
d’Américains ce jour là. La Compagnie F de l’US Marine Corps, à laquelle il est affecté, aborde les
côtes françaises à la fin du mois de février 1918 et traverse la France pour rejoindre la ligne de front à
quelques kilomètres de Verdun, où la guerre s’est enlisée dans les tranchées. Le 6 juin 1918 a lieu la
première grande offensive à laquelle participent les troupes américaines : la bataille du bois de Belleau,
tristement célèbre pour détenir le record de soldats américains tués en une seule bataille. Blessé,
William Campbell est évacué vers l’arrière. Soixante pour cent des effectifs de sa compagnie
connaissent le même sort ou sont tués au cours de ces combats. À son retour au front, il participe aux batailles de Soissons, Saint-Mihiel, Blanc Mont jusqu’à ce que l’armistice entraîne sa compagnie dans la marche vers le Rhin. Promu rapidement au grade de caporal, puis de sergent, il reçoit la Croix de guerre, la Distinguished Service Cross et la Navy Cross.

De tous les auteurs américains qui écriront sur la Première Guerre mondiale, William
Campbell, alias William March, est le plus décoré et celui qui eut la plus longue expérience du conflit.
Il revint aux États-Unis avec la réputation d’être un combattant qui restait en toutes circonstances
étranger à la peur. Il laissera pourtant planer une grande part de mystère sur cette expérience. Dans
l’une de ses lettres, il écrivit à sa famille qu’il serait marqué de manière indélébile par ce qu’il avait vécu.

À son retour de France, et bien que tous les rapports médicaux le déclarent en parfaite santé, il
annonce à ses proches qu’il n’a que peu de temps à vivre, les gaz allemands lui ayant causé des
dommages pulmonaires irrémédiables.

L’auteur de Compagnie K se défendit toujours d’avoir écrit un texte autobiographique, refusant
de correspondre avec ses anciens compagnons d’armes qui s’adressèrent à lui après la publication de son roman. On sait pourtant que plusieurs fragments du livre sont inspirés de ce qu’il a vécu. C’est le cas de cet épisode qui est l‘un des plus traumatisants que William March ait connus sur le front : un jour que les combats l’avait isolé du reste de sa troupe, il se trouva soudain face à un jeune soldat allemand blond qui ouvrait sur lui de grands yeux bleus effrayés, et il planta instinctivement sa baïonnette dans la gorge du jeune homme, le tuant sur le coup. Le fantôme de ce soldat allemand le poursuivit pendant de longues années. La culpabilité liée à cette mort est probablement l’une des raisons de son ambivalence par rapport aux reconnaissances qu’il reçut pour ses faits d’armes. Si William March revint de la guerre décoré, il ne porta jamais ces décorations en public et ses médailles furent conservées dans une boite à cigares sur l’une des étagères de son bureau. Un de ses amis raconte même qu’à son retour aux États-Unis, alors qu’il devait recevoir la très prestigieuse Médaille d’Honneur du Congrès, la plus haute distinction militaire aux États-Unis, il aurait tout simplement refusé de remplir les formulaires nécessaires.

William Campbell a commencé à écrire dans le courant des années 1920, mais il attendra 1928
pour proposer des nouvelles aux journaux sous trois pseudonymes différents. Son premier texte accepté étant signé “William March”, ainsi naquit son nom de plume.

La rédaction de Compagnie K fut une oeuvre de grande ampleur dont il est difficile de connaitre
précisément la genèse. Depuis 1918, les romans sur la première guerre mondiale avaient été nombreux
aux États-Unis, et le livre de l’Allemand Erich Maria Remarque, À l’Ouest rien de nouveau, paru en
1929, avait eu un retentissement phénoménal. Mais William March n’avait trouvé dans aucun de ces
textes de juste représentation de la guerre. Son ambition n’était pas de dresser le portrait du conflit à
travers celui d’un soldat, mais d’explorer ce qui l’avait fasciné lors de sa propre expérience des combats : la multiplicité des réactions humaines face à l’horreur. S’inspirant des lettres quotidiennes qu’il avait adressées à sa soeur Margaret quand il était en France autant que de celles de soldats anonymes que publia la presse pendant le conflit, il entreprit la rédaction de près de 200 fragments sur le thème qu’il définissait ainsi : “le triomphe de la stupidité sur tout autre chose.”

Il rassembla pour la première fois une série de ces séquences en novembre 1930 pour la revue
Midland, qui les publia sous le titre “Les quinze de la Compagnie K”. Quelques autres furent
imprimées dans d’autres magazines, et enfin une série parut en 1932 dans le magazine Forum sous le
titre “Neuf prisonniers”. Cette série rassemblait les fragments relatifs à l’exécution arbitraire de
prisonniers allemands qui constitue le coeur du roman. Peu après cette publication, la rédaction de
Forum fut assaillie de lettres de protestations accusant l’auteur d’avoir sali le nom et la mémoire des
soldats américains. Néanmoins William March avait gagné sa place au sein des cercles littéraires newyorkais.

Entre 1929 et 1932, March ne cessa de réécrire de nouveaux fragments, d’en supprimer, de
bouleverser la composition du roman. À l’été 1932, il apporta les dernières modifications à son
manuscrit, réduisant finalement le nombre de séquences à 113. Le texte fut enfin accepté et c’est en
janvier 1933 que Compagnie K vit le jour, remportant aussitôt un réel succès critique et public.
Après Compagnie K, William March publia neuf livres puisant notamment son inspiration dans
son enfance et sa jeunesse dans le Sud. (Un seul d’entre eux, The Bad Seed, fut traduit en français et
publié en 1967 par la Série Noire sous le titre Graine de potence.) Mais en dépit de son succès littéraire, March souffrit de troubles psychologiques, vivant de plus en plus en reclus, sa santé se détériorant peu à peu. Il meurt dans son sommeil à son domicile de la Nouvelle-Orléans le 15 mai 1954, d’une crise cardiaque. Quand son corps est découvert le lendemain, sa machine à écrire contient une feuille de papier avec le premier paragraphe d’un nouveau roman, Poor Pilgrim, Poor Stranger. Il ne pourra pas apprécier l’énorme succès critique et commercial de The Bad Seed qui sera finaliste du prestigieux National Book Award, adapté au théâtre à Broadway et à Londres et au cinéma par Hollywood.

Néanmoins, le succès de Compagnie K n’échappa pas à son auteur qui eut le bonheur de voir son
livre devenir un classique. Le livre de William March n’est pas le seul, né de l’entre-deux-guerres, à
condamner les horreurs du conflit, mais il fait partie de ceux qui le condamnent de la manière la plus
crue. Compagnie K est la distillation pure de l’amère désillusion engendrée par la guerre, mais ce qui en
fait un classique, c’est d’abord l’ambition que l’auteur s’est donnée : raconter toutes les guerres. William March livre une réalité brute qui saisit son lecteur comme un enregistrement retranscrit sans correction de ces voix d’hommes au combat. L’ironie et le sarcasme sont alors les seules armes pour décrire l’inimaginable dans ce livre qui frappe par l’incroyable modernité de son style – clair, concis, sans artifices, visuel.

William March ne pouvait le prévoir, mais le ton et la forme de son roman annoncent quelques
chef-d’oeuvres littéraires, nourris des conflits dans lesquels l’Amérique sera engagée, et qui comme lui
raconteront le vrai pour révéler la folie du monde, des Nus et des morts de Norman Mailer à Méditations en Vert de Stephen Wright en passant par Abattoir 5 de Kurt Vonnegut ou À propos de courage de Tim O’Brien. Sans cesse réimprimé aux États-Unis, Compagnie K s’est imposé comme un incontournable de la littérature américaine occupant une place majeure dans ce qui deviendra une tradition de la littérature de guerre.

Philippe Beyvin
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MessageSujet: Re: William March   Mar 22 Avr 2014 - 11:35

Merci pour le copier-coller, Topocl.


Dans Compagnie K, comme dans "Neuf prisonniers", l'exécution arbitraire des prisonniers des allemands occupe une grande place si ce n'est le coeur du roman, d'ailleurs les cinq récits qui narrent cette scène avec les différents points de vue et réactions des soldats se situe à son exact mitan.
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