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 Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)

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Sigismond
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MessageSujet: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Mer 1 Jan 2014 - 18:20



Auteur, poète et éditeur français, et aussi professeur de philosophie, né à La Roche Canillac (Corrèze) en 1948.

A dix-sept ans un de ses poèmes est publié, « Ma saison au monde » dans Le cahier de la tour de feu, de Jarnac, titre baignant dans un rimbaldisme qui l'obsède alors.  
Jean-Paul Michel s'occupe alors d'une petite revue disons lycéenne, démunie et confidentielle, "braise".
Il sauve de quelque décharge publique à dix-huit ans une vieille presse à bras et démarre ainsi dans l'édition, en autodidacte, en 1966 à Brive, par la parution d'un ouvrage de Mohammed Khaïr-Eddine intitulé Le roi.
L'été de cette même année 1966 il rencontre à Saint Circq Lapopie (Lot) l'illustre André Breton.

La suite ?
Jean-Paul Michel a écrit:
« Il m’a accueilli avec une extrême générosité », se souvient Jean-Paul Michel. « Il m’a parlé de sa propre rencontre avec Paul Valéry, je lui ai donné des poèmes, il m’a invité à nouveau. Il était aux antipodes de l’image fermée que colportaient de lui des gens qui ne l’ont jamais rencontré. Avec lui, j’ai compris ce qui m’attachait à la poésie. A savoir qu’elle fait la place à l’exception réelle, contre les généralités abstraites. »

Breton meurt à la fin de l’été. Jean-Paul Michel est à la levée du corps, suit le cortège au cimetière des Batignolles, lit l’épitaphe du poète : « Je cherche l’or du temps. » Il a 18 ans à peine, il s’apprête à devenir étudiant en philosophie. Bordeaux et, déjà, il est planté profondément dans ce terreau. Pourquoi la philosophie ? « Très tôt, Rimbaud a été pour moi une illumination absolue et un problème considérable puisque c’était aussi un emprisonnement, le pire des châtiments, donc. Pour sortir de ce piège, je n’ai pas écrit pendant dix ans afin de ne pas devenir un perroquet. Il a fallu un remède de cheval. Il a fallu que je me détache, que je me guérisse, que je me débarrasse de moi, que je sois nouveau. Au fond, c’est toujours ça l’enjeu de l’écriture. »
A partir de 1975 il fonde, très très recommandables, Les éditions William Blake and Co., dont la notoriété a largement, aujourd'hui, dépassé les limites de son cher Quartier Saint-Michel à Bordeaux, où il n'est pas rare, depuis plus de quarante ans, de croiser la silhouette de Jean-Paul Michel, que je n'ai jamais vu autrement que d'une élégance intemporelle, simple et raffinée, quelque soit la saison ou l'heure.

Biographie (NB: vous rencontrerez parfois les deux premiers ouvrages listés dans la catégorie poésie dans des parutions portant le pseudonyme de Jean-Michel Michelena, pour cette raison je l'indique dans le titre du sujet):

Poésie

   C'est une grave erreur que d'avoir des ancêtres forbans, Architypographies, 1975
   Du Dépeçage comme de l'un des Beaux-Arts, William Blake and Co. Edit., 1976
   « Le Fils apprête, à la mort, son chant », William Blake and Co. Edit., 1981
   Dans la gloire d'être, ici, tenu, par le mal, droit, calligraphies de Lalou, William Blake and Co. Edit., 1991
   Meditatio italica, bilingue, texte italien par Anna-Maria Sanfelice, Liguori, Naples, 1992
   Le plus réel est ce hasard, et ce feu, Cérémonies et Sacrifices, Poèmes 1976-1996, Flammarion, 1997
   Beau front pour une vilaine âme, William Blake and Co., 1998
   « Nos ennemis dessinent notre visage », Le Monde, Cahier Poésies vivantes d'aujourd'hui, Août 1998
   Les signes sont l'être de l'être, calligraphies de Lalou, William Blake and Co. Edit., 2000
   « Défends-toi, Beauté Violente ! », Intimations et expériences, Poèmes 1985-2000, Flammarion, 2001
   Le rêve d'un livre peint, avec Eugenio Lopez, La casa dipinta, William Blake and Co. Edit., 2002
   « Pour moi, dit-il, hélas, j'écris avec des ciseaux », Via di levare, Sur trois livres, Entretiens avec M. Sebban, William Blake and Co., 2005
   Poursuivre avec Mallarmé (Un Salut), William Blake and Co., 2006
   Le plus réel est ce hasard, et ce feu, Cérémonies et Sacrifices, Poèmes 1976-1996. Édition nouvelle corrigée, Flammarion, 2006
   « Notre inaptitude à connaitre est énorme », avec Thierry Le Saëc, La Canopée, Languidic, 2008
   « Je ne voudrais rien qui mente, dans un livre » suivi de Défends-toi, Beauté violente ! ». Édition nouvelle, Flammarion, 2010.
   « Unsre Feinde zeichnen unsre Gesihter », (Geständnisse & Sübnen)/« Nos ennemis dessinent notre visage », (Aveux et expiations), bilingue, texte allemand de Rüdiger Fischer, Im wald/William Blake and Co. Edit., 2010



Carnets

   La Vérité jusqu'à la faute, Nrf, mai 1995 ; Verticales, Paris, 2007
   Difficile conquête du calme, Joseph K., 1996
   « Ô l'irréalité de chacun, dans l'irréalité générale ! », Le loup dans la véranda, 1999
   « Le réel surgit selon ses qualités réelles — d'obstacle », Le Loup dans la véranda, 1999
   Dans la surprise de voir, avec Alexandre Hollan, William Blake and Co. Edit., 2004
   Nous étions voués à souffrir de se savoir ainsi, Carnets de Pertanera, La Cabane, 2008
   Placer « l'être en face de lui-même », Carnets de Sicile, avec Farhad Ostovani, William Blake and Co., 2009
   Placing being befor itself / Placer « l'être en face de lui-même » (Carnets de Sicile, été 1994), bilingue, texte anglais par Michael Bishop, VVV Editions, 2009
   Stupeur et joie de devoirs nouveaux / Stupour and joy of new duties, bilingue, texte anglais par Michael Bishop, VVV Editions, Halifax, 2009

Jean-Paul Michel est, aujourd'hui et pour partie de ses ouvrages, traduit en huit langues.
Le 8 juin, à Paris, il a reçu le prix européen francophone de poésie Léopold-Sédar-Senghor 2013.
Le célèbre supplément littéraire du Times lui a consacré un article en 2010, et la (sélecte et) très sélective Encyclopédie Littéraire de Cambridge une entrée de huit pages, sur sa vie et son oeuvre, en 2010 et augmentée en 2012.

Pour conclure, j'avoue avoir hésité, faut-il déplacer le sujet en rubrique poésie, où il serait plus à sa place, même s'il n'a pas publié que de la poésie ?
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animal
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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Mer 1 Jan 2014 - 18:39

pour le placement c'est comme tu veux, si tu parles de sa poésie on va plutôt le mettre en poésie, des carnets peut-être le laisser ici... des deux... ici ou poésie suivant ce qui te semble le plus important.

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Sigismond
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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Mer 1 Jan 2014 - 19:09


"Défends-toi, Beauté violente!"

"Défends-toi, Beauté violente !" est un recueil à 95% de poésie, publié chez Flammarion en mars 2001, cent quatre vingt dix pages à peu près. C'est plutôt une compilation, de poèmes surtout (presque exclusivement), parus ou inédits, et composés dans les années 1980 et 1990.

Pour ce qui est de la forme, le vers est libre, et il peut même (rarement) arriver qu'il décroche parfois au cours d'un mot, en fin de syllabe et pas forcément au début, au milieu ou à la fin du mot, sans trait d'union. Pourtant ces poèmes-là sont, pour la plupart, ponctués.
Dans tous les cas, on est bien dans un jeu de mise en valeur/relief de mots, rendu par ce découpage, de mots s'accordant, si ce n'est de strophes, parfois donc suspendus, sur lesquels le lecteur achoppera s'il ne lit pas en silence, rendant ainsi une certaine singularité sonore (et visuelle) à l'ensemble. Idem, parfois des majuscules en début de vers, parfois pas, parfois un mot isolé (ou plusieurs) affublé(s) de majuscule(s).

Extrait, poème intitulé:
"Le dimanche les Trapanese..."

Le dimanche les Trapanese au frais des îles vont
chercher le vent
Siciliens à la mattanza comme
laboureurs à la moisson - en bonnets rouges de pêcheurs antiques
- ici l'on tuait comme ailleurs on moissonne - (il faut
avoir l'audace encore de ces couvre-chefs colorés vifs cela
par trop manque au pittoresque des poèmes
modernes)

Bénies soient les barques blanc-bleu qui rêvent
le passage d'une rive à l'autre de
l'infini présent
La croyance au Temps est une manière peu coûteuse de
s'alléger de ce qui demeure
- étageant dans les profonds du déjà-perdu
ce qui frémit inchangé vivace
d'hier en aujourd'hui d'aujourd'hui en
hier

Les marchands d'alors apprennent
de nos marchands - Non qu'ils n'aient su ce qu'il en est de toute chose
mais que les hommes obéissent aux mêmes désirs é
ternellement
Marsa-Allah Ô
les Vignes de ceux qui croient !
Trapani, 07.08.94
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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Mer 1 Jan 2014 - 19:10

animal a écrit:
pour le placement c'est comme tu veux, si tu parles de sa poésie on va plutôt le mettre en poésie, des carnets peut-être le laisser ici... des deux... ici ou poésie suivant ce qui te semble le plus important.
J'ai réfléchi et lui-même se classerait plutôt en poésie - allez, va pour, et merci !
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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Mer 1 Jan 2014 - 19:19

voilà qui est fait. mais je comprends que ce n'est pas ta première lecture de l'auteur ?

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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Jeu 2 Jan 2014 - 17:01

animal a écrit:
voilà qui est fait. mais je comprends que ce n'est pas ta première lecture de l'auteur ?
Oui, tout à fait.
J'ai remis à date ultérieure l'ouverture de ce fil depuis que je suis inscrit sur ce forum. Peur de ne pas bien en parler, de ne pas être à la hauteur de cet auteur-là.
Et là, sans doute porté par les résolutions du nouvel an  Laughing , je me suis jeté à l'eau, et j'en suis très déçu en me relisant, j'ai tout faux, je ne crois pas avoir donné envie de le lire. Mais, du moins, c'est fait.
J'ai présenté d'abord son ouvrage le plus facile à dégotter (du moins le crois-je ?) paru dans une grande maison d'édition, matériellement accessible donc. Et comme il se trouve que ce livre-là est assimilable à une compilation, l'échantillonnage ainsi donné me paraît propice à une découverte, à une porte d'entrée convenable. Idem le poème copié ne l'est pas par hasard, c'est à peu près ce que j'ai trouvé comme meilleur compromis entre le basique (histoire, encore une fois, de faciliter l'entrée) et, en même temps, assez illustratif de sa technique (ou méthode, ou façon d'écrire, etc... mettez ici le qualificatif qui vous convient).  

A vrai dire, je lis Jean-Paul Michel depuis...quelques lunes, mettons  innocent ; concrètement je suis un parmi les centaines, ou bien sûrement plus exact, parmi les milliers qui ont suivi son enseignement, au cours de sa (très) longue carrière professorale. Nous a-t'il assez asséné de Spinoza, de Kant, de Nietzsche, de Pascal, de Platon/Socrate  Laughing ?
Au début, c'est de la curiosité mâtinée de voyeurisme:
- Eh, vous savez quoi ? M. le professeur Michel...
- Oui ?
- Eh bien, il écrit de la poésie, il est même publié, et puis il publie aussi, il est éditeur !

Et puis, de sortie en sortie, à suivre ses parutions...
Alors je l'avoue sans détour, c'est une grande joie de le voir aujourd'hui, en 2014, parmi les poètes de langue d'expression française qui comptent, ou, si vous n'aimez pas plus ce terme que moi, qui sont sur le devant de la scène, en première ligne. En première ligne, au point de se demander si son audience hors francophonie ne va pas l'emporter sur celle de sa langue d'écriture.

Dans un genre devenu aussi confidentiel, confiné dis-je, que la poésie, ou un bon auteur est à l'instar du bon indien selon le général Custer, c'est-à-dire mort, du moins en France, c'est grande émotion que le voir accéder à une telle notoriété, certes relative, mais, ramenée à l'aune de la considération pour la poésie contemporaine en France, qui a son indéniable ampleur.

Je ne m'explique d'ailleurs pas ce désamour pour la poésie contemporaine en France, et, hors cadre strict du fil de l'auteur, si quelque(s) parfumé(s) veut bien m'apporter son éclairage, je suis par avance ravi de lire quiconque apporte une explication satisfaisante.

Vous trouverez sans peine quelques poèmes de Jean-Paul Michel sur la Toile en quelques secondes, maintenant que j'ai brisé la glace je vais continuer à nourrir ce petit fil, à ma main, tranquillement, sans assommer le topic, enchanté s'il y a quelques retours, sinon ce n'est pas grave  tchintchin !
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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Jeu 2 Jan 2014 - 22:37

si tu es déçu de ce que tu as écrit ça fera une autre bonne raison pour y revenir !

et puis ce genre de petite histoire d'un rapport à un auteur ça ne fait pas de mal.

pour le rapport à la poésie il y a potentiellement des fragments de réponse au bar de la rubrique (planqué ici). mon résumé, qui tient aussi à beaucoup de méconnaissance, serait méfiance plutôt que désamour. c'est vrai que je lis peu de poésie et que c'est encore aussi par parfum que j'ai du devenir plus perméable. enfin j'en lis peu et je passe plus volontiers par des poésies avec une force narrative et/ou descriptive. Verhaeren et Ramuz par exemple ou qui me travaille tout de même de la poésie angl... américaine ? post deuxième guerre, plus fragmentée, descriptive, et puis j'aime bien la mobilité de cette langue. à noter que j'en ai peu lu en vo (les traductions m'ont amené à chercher quelques sources). alors : méfiance du "je", de la "sensibilité supérieure", d'un artifice trop factice ou facile de la langue ? des a priori probablement. et pas beaucoup d'excuses pour cause de librairie avec un vrai rayon et de vrais éclairages pour peu que... (j'ai deux trois recueils à lire mis de côté l'air de rien au fil du temps, Jean-Pierre Lemaire et Philippe Jaccottet dans ce qui nous est plus proche, Nicolas Bouvier aussi j'ai quelque chose).

mais contemporain et pour revenir au fil : postérieur au surréalisme ?

et pour recoller aussi avec ces hypothèses qui n'engagent que moi, l'exemple que tu donnes à tout pour faire dresser l'oreille. et étant donné que le fil continuera à se développer...

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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Sam 4 Jan 2014 - 0:15

animal a écrit:
mais contemporain et pour revenir au fil : postérieur au surréalisme ?
Postérieur !
Rien qu'en France et pour rester dans les "grands noms illustres", il y a quand même eu par exemple Francis Ponge, René Char, Michel Butor, Yves Bonnefoy, etc..., depuis !

Continuons avec Jean-Paul Michel par un poème dont a été tiré le titre de l'ouvrage, intitulé "Défends-toi, sublime Beauté du monde donné !"

"Défends-toi, sublime Beauté du monde donné !"

Défends-toi, sublime Beauté du monde donné ! Défends-toi
Beauté violente ! Tu serais à mes yeux moins belle
consentante Que tu luttes, résistes, te
rends désirable davantage davantage une proie
digne Bondisse
d'éclat en éclat ta terrible
beauté surgie


Comment ce que tu es se pourrait-il entendre
dans un chant ?
Je te connais, puissance, Monde ! Féroce Désir fermé sur
le désir de ton être, sans parole, voué
à des nécessités que ne guide aucune fin pensable
Ta présence, chacun en endure
les effets


Comment garder de ta vigueur l'éclat Beauté du monde
donné ? - trop grande pour l'oeil d'un mortel mal
capable d'embrasser ensemble tes traits
contraires De loin en loin une voix aurait-elle la force de dire
ce qui est ? Laisser battre, hors le sens, sa terrible
beauté nue ?


Ou bien, divisé, le poème, luttant contre soi devrait-il
de soi devenir ennemi ? Comme il faut qu'en son cours un vers
   se brise im
prévisiblement pour
que la chose nommée se débatte bondisse crie ?
Départ neuf Ô d'Amour le
fouet !


L'être vaut par des traits contraires Sauf à te garder bataille
j'ai perdu. Beauté je te veux
vivante Cela, dans un livre, dit-on, ne se peut. Cela
connu de sûr désespéré savoir pourtant nous
ruinons en ruse sans
renoncer


Ou bien il te faudrait connaître jardin, Poème, labyrinthe !
Chose de taille & comme
silence sculpté par
des notes ? - Jardin alors à proportion plus haut que dressé
par des artistes à l'espoir au désespoir
plus hauts



                                                                     (Ou bien, ou bien)
                                                                   Monemvasia, 19.08.96

(NB: le vers "se brise im" est légèrement décalé dans la version imprimée, mais la police me joue des tours  Very Happy  ! comptez l'espace de trois lettres environ en "blanc" avant que le vers ne commence)

Voilà quelque chose d'un peu plus altier, sans doute d'un abord moins aisé que "Le dimanche les Trapanese..." . La forme -ou l'ornement- toujours caractéristiques, remarquez l'emploi de majuscule à chaque fois sauf une pour "beauté", trois virgules et un point pour "vivante Cela, dans un livre, dit-on, ne se peut." mais aucune virgule pour, par ex. "que la chose nommée se débatte bondisse crie ?".
Le jeu de décroche-accroche, que j'évoquais dans le message de présentation, est particulièrement visible. Si vous lisez ce poème, c'est-à-dire en remuant les lèvres et que les sons en sorte, le relief vous apparaîtra assez net.
En effet, les singularités de prime abord -disons de "lecture visuelle" de la scansion font place à davantage de clarté.

Jean-Paul Michel aime la netteté. Même dans ce poème-ci, à dessein choisi comme plutôt sophistiqué, il a ce souci du contour clair. Il n'encode pas ses poèmes, ne crypte pas, ne donne pas dans un hermétisme ou dans un art à destination de hauts spécialistes, d'experts.

Un autre maintenant, du même ouvrage toujours, celui-ci très coloré. Vous noterez sans doute le salut à quelques vieux maîtres (pas que Gauguin, pas que des maîtres de peinture, du reste !).
Les quatre derniers vers sont très caractéristiques de son exigence, dont nous verrons plus avant sur ce fil qu'elle est totale.

Gauguin avait bien vu

Des chevaux renâclent dans l'ombre violette.
Violet le champ. Violet les chênes
Violette la profondeur du sous-bois.
Gauguin avait bien vu ! Il n'avait pas
menti ! Le soleil rasant à six heures
du soir en septembre peint
des couleurs de bruyères ce qui
il y a peu brillait
d'éclats d'or Le peintre lui-même est
violet Si cette page
ne donne pas à voir le sang
qui sèche dans les arbres elle
est manquée



Menjoy, 7.IX.97
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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Sam 4 Jan 2014 - 0:19

Un fil que je suivrai. Très beaux extraits.

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Sam 4 Jan 2014 - 1:13

arf posé ma question de façon trop raccourcie, tu le dirais contemporain parce que postérieur au surréalisme ?

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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Sam 4 Jan 2014 - 11:14

animal a écrit:
arf posé ma question de façon trop raccourcie, tu le dirais contemporain parce que postérieur au surréalisme ?
Tout bonnement, au premier degré, parce que partageant le même temps (="époque") que nous.

On peut bien sûr abstraire la contemporanéité, nous le savons bien nous autres lecteurs, qui ne jetons pas forcément -loin de là- un regard historico-clinicien sur les écrits, et autres artefacts de façon générale, fussent-ils extrêmement anciens, comme s'ils étaient des choses révolues.

Je profite de ce message pour glisser un vieil article, paru dans le Festin en 1989.
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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Dim 19 Jan 2014 - 1:25

Le plus réel est ce hasard, et ce feu.

En quelque sorte le tome 1 de "défends-toi, beauté violente !" (voir plus haut dans la page).
Il s'agit aussi d'une compilation papillonnante de poèmes, composés entre 1976 et 1996 et permettant par conséquent de parcourir à peu de frais et de temps son oeuvre, et sa trajectoire poétique. Ce livre se trouve aisément, puisque lui aussi paru chez Flammarion (en 1997) dans la collection Poésie.
Commençons donc par une étude sur laquelle je tique parfois un peu mais qui me semble utile de vous procurer.

Le livre et les poèmes contenus suivent l'ordre chronologique. Il n'est donc pas étonnant d'y entrer par le début de "Du dépeçage comme l'un des beaux-arts", 1976, titre à propos duquel les nombreux Jamesiens du forum auront reconnu le clin d'oeil -plus exactement le pied de nez, ce me semble- à "Du roman considéré comme l'un des beaux-arts".

Et ainsi commence "Du dépeçage...":
L'AUTEUR,
A CELUI QUI LIT.
 


 L'enfance ment. Les maîtres
mentent. Le débraillé jacte. La métaphore est fade. La
mode, une pitié.

 Tout ce dont il faut débarrasser l'écriture lui est clair.

 S'il avait une crainte, ce serait seulement de manquer,
si peu que ce fût, d'énergie, dans sa demande, à soi, de
cruautés efficaces.

 Les astucieux riront d'un projet si simple.

 Leurs épigones renchériront.

 Il nous restera la musique.

                                       5 octobre 1976.

Cet article paru dans "L'étrangère" cite in extenso ce poème d'ailleurs, mais compacté et donc faussé, chez Michel, la graphie est très importante, la mise en page primordiale.

Peut-être est-il temps, sur ce fil, toujours aux fins de situer, de dire les quelques maîtres et influences que Jean-Paul Michel se reconnaît ouvertement.
Outre Arthur Rimbaud, déjà cité en présentation tout comme André Breton (dont il faudra bien un jour ouvrir le fil sur Parfum, ou alors je n'ai pas su le trouver  jypeurien scratch ), Stéphane Mallarmé, Gerard Manley Hopkins (dont il est possible sinon très probable que j'ouvre bientôt le topic), Friedrich Hölderlin (si quelque Parfumé germaniste a la bonté de nous ouvrir ce fil-là, il a par avance droit à mon infinie gratitude, je ne me sens pas à la hauteur... honte ).

...Et quelques autres noms encore... !

(citons Mohammed Khaïr-Eddine, Jean-Marie Pontévia, pour quelques autres suggestions d'ouverture de sujets de plus  Laughing ).

Je disais que chez Michel le graphisme est très important, il en souligne, il en épure le choix de mots et, pour cette raison, j'essaie de vous reproduire le plus fidèlement possible les textes.
Dans le poème suivant, tiré du cahier deuxième de: "Le fils apprête, à la mort, son chant" (1981), vous avez un bon exemple; les [...] et autres (...) ne marquent pas des passages que je saute ou dans lesquels l'éditeur a taillé, non, ils font partie intégrante du texte poétique. La seule mention que je rajoute est [saut de page] parce que je n'ai pas moyen de faire autrement, et elle vous indique qu'une page est finie et entièrement reproduite ici. Idem, ce qui est imprimé en italique dans le texte original l'est aussi ici (et vice versa); ainsi:
super
posé

ne l'est pas, ce n'est pas une coquille de ma part.

Euh...suis-je clair  intense reflexion ? Sinon demandez  Very Happy !





[...]

A l'encontre de la Vielle, il chante une fois
dernière.


"les Garçons dans la mort les..."



Il chante:

Les Garçons vont à la mort les poumons pleins
de fumée ils tirent sur des ci
garettes bon
marché plissant le front comm' Hum
phrey Bogart les phares des bagnoles d'en
face t'a
veuglent beau matin de
chasse on
roule à quatre dans la vieille D
S le pare
brise est plein de chies de sang d'ailes d'in
sectes le
jour n'est pas
levé (...)


[...]

[saut de page]

Il chante:

Le mécanicien des quais a fait un cran dans ses
cheveux d'en
fant il a lavé ses mains et son
visage avec
soin   il faut être beau pour é
mouvoir la mère d'être celle qui
souffrit de toi de
mi dieu aux grosses lèvres beau
comme fils mortel blond   tu
vas dans les fougères
bleues la
mort les
genêts
noirs (...)




Il


fusil armé bercé enfant cuisses mou
illées l'eau froide le
treillis trempé colle aux
genoux matin les chiens les brandes
hautes la mort en toutes petites fleurs vi
olettes s'égrenant dans un semis
de pin les chiens piqués de gra
minées jaunes la so
litude par
courue la tête verte pleine
d'eau (...)



[saut de page]


Il chante:


tu ceindras ton front d'un vieux
chapeau de feutre rui
sselant la
sueur colle tes cheveux dessous tu
l'enlèves tu
lèches la sueur qui te couronne beau Mé
canicien tête vide de tout
mensonge (...)


Il chante:


seu
lement aller dans la beauté cru
elle ha
leter chien
du coeur tête pure le

super
posé jaloux veillé tenu debout la
crosse sur la hanche comme
dans un film à la
télé (...)




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Sigismond
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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Dim 19 Jan 2014 - 19:35

En alternance, un poème d'un abord plus aisé (et de saison !), que l'on trouve dans le même recueil Le plus réel est ce hasard, et ce feu, sous le titre III intitulé "Merveille qu'encore jaillissent les larmes..." 1993-1996.

Et un grand merci pour les bruegeliens bonnets de laine et pour les joues comme des pommes de sang, des évocations de cette trempe vous feront elles la soirée, amis Parfumés ?
Pour les amateurs de détails plus qu'anecdotiques, insignifiants, l'imprimerie dont il est question en signature est Fanlac.

"Surgi poème du fossé comme..."  

(brugelienne)

Comme les Marmousets de l'Hiver dévalent
les pentes couchés sur des luges de rêve leurs joues
sont rouges ils rient la neige
pique leurs cheveux de strass élégant ils
jurent
clignent des yeux mordent
au ras des herbes le
gel
Au bas des pentes paraissent sauvages
jeunes animaux nés du froid et brûlant
de vie innocente
Dans leurs yeux l'éclair d'un bonheur
pur

Des brindilles les couronnent l'eau  
les pare
d'ocellations de guerre leur vertu
éclate
courage à la folie de ui
ignore toute crainte et rit
dans la chute


Surgi poème du fossé comme
d'intacte enfance - les prés en pente à Salignac
- le Bois du Roc - le
château des Fénelon ! -
Roméro, Jardel, Froidefond - Héros
(lance-pierres, blousons & luges)
- La Salle d'Armes - Le Chemin de Ronde - le Barry ! la
Beauté vivante brûlant les mains les joues les âmes
Bruegeliens bonnets de laine je
rêve poème à votre égal vos
couleurs de joie surprise
les joues comme des pomme
de sang


                                                                                                 
En voiture, route de Périgueux.
Neige sur le chemin de l'imprimerie.
                         20 février 1996.
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animal
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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Mar 21 Jan 2014 - 22:34

je tâcherai de penser à poser la question à l'occasion d'un prochain passage à la librairie.

question : parle-t-il de poésie américaine ou en lis-tu parfois ? je pense surtout aux coupes et au "graphisme" mais me sens intéressé (potentiellement séduit) par la démarche descriptive et évocatrice.

(il faudrait que je retrouve un passage au début de Vaisseaux dans le ciel qui parle de poésie).

_________________
Je suis snob, j'ai lu un Mickey Spillane.
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Sigismond
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MessageSujet: Re: Jean-Paul Michel (alias Jean-Michel Michelena)   Dim 9 Fév 2014 - 15:51

Difficile conquête du calme.
Paru chez Joseph K. en 1996.
Recueil de prose, à l'exception des trois poèmes qui closent l'ouvrage, poèmes disponibles dans les parutions citées précédemment sur ce fil.

Ce livre se compose de quatre parties:
 D'abord, ce sont des pensées, qui tiennent pour l'essentiel sur deux ou trois pages. Y sont évoqués l'art (son art, mais pas que le sien), diverses perspectives sur la vie, l'existence, la fortune (entendue au sens premier - vous savez, cette dame juchée sur le monde, qui avance les yeux bandés, etc...) et pas mal d'autres thèmes encore.
 Cette partie est l'essentiel du corpus, soixante-dix pages (sur une centaine) environ.
 Quelques comptes réglés impeccablement et la conviction ré-affirmée qu'il faut brûler d'écrire (de peindre, etc...) sinon s'abstenir, n'est-ce pas: comme vu, le plus réel n'est-il pas ce hasard, et ce feu ?
 L'ensemble devrait faire appel à pas mal de vos facultés de concentration, qu'on soit d'accord ou non avec les positions de Michel. Les notions restent ardues parfois, requièrent d'être "disposé à...".

Puis s'ensuit, impromptu, comme une agape à l'issue d'un effort cérébral, un texte de huit pages "Parfait balcon sur Starnberger see..." poétique, sur un balcon ouvrant sur un paysage lacustre et alpestre, rafraîchissant.

Ensuite trois lettres "sur la Poésie", l'une à Robert Bréchon, les deux autres à Pierre Bergounioux, dont le fil est ici. Et pour finir, trois poèmes, que l'on peut rencontrer ailleurs dans les parutions de l'auteur.

Citer un extrait de la lettre à Robert Bréchon permettra, peut-être, de répondre, du moins en partie, à l'interrogation soulevée par Animal, et d'éclairer les (...) et autres [...], ainsi que les coqs-à-l'âne, phases (ou phrases) abruptes, et diverses obscurités qui parsèment, de loin en loin, son oeuvre.
animal a écrit:
question : parle-t-il de poésie américaine ou en lis-tu parfois ? je pense surtout aux coupes et au "graphisme" mais me sens intéressé (potentiellement séduit) par la démarche descriptive et évocatrice.
Alors, la réponse est non, à ma connaissance, pour la poésie américaine.

Pour le reste, comme vous avez compris que je suis assez sensible, réactif, à son art, voici ce qu'il daigne laisser entrevoir, comme à travers les claire-voies d'une caisse emplie d'un contenu mystérieux, de sa façon de faire:
Citation :
Les choses se passent à peu près toujours ainsi: d'abord l'effusion, le mouvement lyrique. Le texte est alors écrit dans un emportement (qui dure plus ou moins, les poèmes initiaux pouvant aller de 5 à 100 lignes, la prose de 10 lignes à 10 pages). Vient, ensuite, la stupéfiante, la malheureuse la torturante découverte de l'étrangeté de ce qui s'était d'abord imposé avec chaleur. Mon expérience de la relecture d'un texte est celle d'une succession éprouvante de déceptions et de ravissements - tensions et chutes, imprévisibles - merveilles errantes, fadeur de peu de puissance d'arrêt. La beauté doit frapper comme un champion de tennis, interdire, laisser coi. La déception devient colère, pousse au refus et l'on se ramasse pour un dernier bond, qui doit toucher juste. Alors commence le travail des ciseaux. Je taille froidement, comme du dehors, dans le corps lyrique, maintenant minutieux et sec. J'écris d'autant mieux, alors, que je me laisse moins fléchir, que je cède moins à la tentation du retour aux apparences; que je tiens plus fortement la position du sacrificateur. J'élide, je coupe, j'excise. Tout ce dont m'apparaît le caractère mensonger, inadéquat, insuffisant, est éliminé.

 A ce qu'il semble, tout écrivain connaît ces expériences. Elles sont tout ce qu'il y a de classique, même. Ce en quoi je suis peut-être plus singulier concerne la conduite que je tiens ensuite: alors que chacun, dans cette position, fait effort pour ravauder, reprendre, remplir à nouveau les blancs ouverts par son désespoir du texte, je ne conserve, moi, que les fragments du texte qui demeurent, et les coupes.  
Je ne reprise pas. Aucune sauce, aucun liant - seulement les muscles et l'os. Advient alors un texte lacunaire, discontinu qui, si opère un état de grâce, ne progresse plus que d'éclat en éclat, de vérité en vérité, de miracle en miracle.
Voilà, du moins, l'horizon que je rêve.

 Vous voyez que vous êtes fondés à parler de sacrifice car ce qui a été attaqué ainsi, mis à mal, garde à jamais trace de son martyre. Le poète organise cette disparition de la convention, dément le mensonge, analyse, démembre les cohérences fallacieuses pour provoquer la venue d'un peu de beauté qui ne soit pas usée d'avance.
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